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« Je me suis remis à la clarinette. C'est ce qui rapproche le plus de l'anglais. »
« Lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache ! »
Raymond DEVOS

« On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui »
(variante : On peut rire de n'importe quoi, mais pas de n'importe qui)
Pierre DESPROGES

« La médiocrité réussit parce qu'elle rassure »
Auguste DETŒUF

« Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple »
DANTON

« Le patriotisme, c'est aimer son pays.
Le nationalisme, c'est détester celui des autres.
 »
Charles de GAULLE

« Chose paradoxale : c'est avec les gens intelligents qu'on déconne le mieux »
Frédéric DARD






Deuxième partie




Dérégulisation (barbarisme) : terme administratif, signifiant bêtement changement de règlement, réforme. Il ne s'agit donc pas de dérégler, ni de dérégulariser ; peut-être faudrait-il payer des cours du soir de français à nos hauts (ou bas) fonctionnaires ? L'état social, Bolkestein et les droits des femmes, libéralisation et dérégularisation des marchés. Autre exemple : La dérégularisation du marché postal (???).

Il existe aussi un terme dérégulation, qui consiste à supprimer la régulation d'un secteur économique, par exemple les autorités de régulation, ou bien à libérer davantage les prix, par rapport à la situation précédente.

Et il existe encore la déréglementation (en anglais deregulation), qui consiste en la suppression de contraintes règlementaires, avec un verbe déréglementer : Doit-on déréglementer le Service public ?.

Dérégulariser, déréguler, déréglementer : c'est enlever les règles, enlever les règlements. Néo-verbes bizarres, sans doute en relation avec la novlangue. Seuls les spécialistes, devenus experts, soucieux d'établir leurs propres règles et règlements, s'y retrouvent.

Étymologie : vient du latin regula : règle, équerre.

Dérembourser (barbarisme) : un haut fonctionnaire a inventé les barbarismes dérembourser, déremboursement dans le sens : ne plus rembourser certains médicaments, car ils n'étaient pas assez efficaces. Outre l'effet désagréable sur le public (ah bon, on nous fourguait de la merde ?), les mots eux-mêmes sont d'une inénarrable beauté. Un peu comme défatiguer au lieu de reposer, débriefer au lieu de faire le point sur, déconner au lieu de cesser d'être con etc.


A mettre en parallèle, sur le plan poétique, avec les médicaments généricables, c'est-à-dire dont le brevet de la molécule active est tombé dans le domaine public. Par conséquent les laboratoires ont le droit de produire des remèdes génériques (même molécule, nom différent – en général stupide ou imprononçable –, emballage moche, prix un peu plus bas). Observer le néo-barbarisme : participe en -able formé sur un adjectif. Voir, à ce sujet, micro-ondable.

Étymologie : fait à partir de rembourser avec suffixe dé-. Rembourser, c'est littéralement remettre dans la bourse. Bourse, du latin byrsa, venant du grec
βιρσα : cuir, petit sac en cuir.

Dernier, dernière : on entend de plus en plus Les derniers cinq jours au lieu de : Les cinq derniers jours. La célèbre émission policière Les 5 dernières minutes aurait sans doute été rebaptisée Les dernières 5 minutes par les néo-crétins. Importation frauduleuse de l'anglo-saxon. Voir Prochain, prochaine.

Petite curiosité de formulation trouvée dans le media-web bakchich point info : mar, 05/02/2013 - 23:45 Oecuménisme autour du prépuce germanique. Le 26 juin dernier, le tribunal régional de Cologne décidait que la circoncision rituelle était un acte criminel. Outre la mocheté de la date (mar, 05/02/2013), on lit : le 26 juin dernier. Étant donné que l'année vient à peine de commencer (février), le 26 juin dernier ne peut que renvoyer au 26 juin de l'an dernier. Éternelle remarque : il manque la ligature œ à œcuménisme (qui se prononce ékuménism et non eukuménizm).

Étymologie : d'un mot fictif deretranus, formé de de-retro : de derrière (Littré).

Déroulé (barbarisme) : ce participe passé du verbe dérouler a maintenant, par la grâce des contempteurs du français, valeur de substantif, et remplace presque, voire tout à fait, le mot déroulement. Enfin, elle a menti sur les déroulé (sic) des faits présumés (Vingt Minutes point fr, à propos de l'affaire DSK, 03.07.2011). Voici le déroulé des opérations, déclare avec l'air le plus sérieux du monde une journaliste à propos du déroulement d'une opération militaire. Autre exemple : La situation sur place et le déroulé des évènements sont particulièrement confus : les informations qui filtrent dans la presse algérienne sont contradictoires (Le Monde point fr, 16.01.2013). Cette audience de mercredi respecte le même déroulé que les autres depuis huit ans, même si Joseph Ratzinger a fait un tour plus long en papa-mobile (La Dépêche point fr, Libération point fr, Rtbf point be, autres media P.L.C.C., 27.02.2013). On peut citer de nombreux autres exemples dans la presse écrite, parlée ou télévisée, preuve que la contagion se développe chez les néo-rédacteurs et les néo-journalistes : loteur ne leur déroule pas le tapis rouge.

Il faut signaler au passage que c'est une manie des journalistes et des néo-crétins que de prendre des adjectifs en valeur de substantifs. Un des exemples les plus fréquents est l'adjectif possible, dans le sens de possibilité : une possible mise en examen (une possiblité de mise en examen).

Étymologie : dérouler, composé préfixe dé-, + rouler. Rouler vient du bas latin *rotulare : rouler. De rotula : petite roue, venant de rota : roue.

Dès : signifie maintenant 'à partir de', mais dans un sens qui n'est plus forcément temporel. Vous trouverez sur I-buy de bonnes affaires dès 10 euros. Aussi dans une réclame pour une marque de cosmétique : Résultat dès huit jours (et non à partir du huitième jour).

L'emploi de dès dans un sens non temporel ou bizarre se répand comme le feu comme dans une traînée de poudre, et les gens de la publicité ou du journalisme l'assaisonnent à toutes les sauces. Les impôts augmenteront dès juillet. Ou bien : Bon plan : 50 euros d'offerts (sic) dès 100 euros d'achat. Ou encore : Blu-ray et séries TV : 50 euros de réduction dès 100 euros d'achats. Ou bien encore cette réclame publicitaire : Pour bénéficier de l'offre, inscrivez-vous ci-dessus et dès 50 euros d'achat, un tablier collector et la livraison vous seront offerts. Noter le néo-crétinisme « tablier collector », au lieu de « tablier de collection ». Cette nouvelle manie de dire dès au lieu de « à partir de » se répand, surtout dans les expressions mettant en jeu des prix, comme dans les exemples ci-dessus. Peut-être en analogie avec l'anglo-saxon 'from' : de, depuis, à partir de.

Loteur a lu dans un forum cette graphie bizarre : Pourquoi avoir peur, on sait d'avance que madame Sans-Gêne sera renvoyer (sic) dans les choux d'est le premier tour. Question : pourquoi “ choux ” est-il orthographié correctement au pluriel ? (N.B. « madame Sans-Gêne » est une allusion à N. Morano).

Voir la rubrique Dès sur tv5monde : Merci professeur ! qui explique très bien le sens de 'dès'.

Étymologie : venant d'une double préposition latine 'de-ex' : venant de.

Désamour (barbarisme) : fait de ne plus aimer ; ce n'est pas exactement de la haine, mais de la tiédeur, de l'indifférence, du désintérêt, de l'acédie, sans cependant d'hostilité manifeste. Le désamour des Français envers leurs hommes politiques. Peut-être en relation avec le mot anglais dislike (aversion). On pourrait tout aussi bien dire 'mésamour'.

Étymologie : du préfixe dés- + amour. Pour l'étymologie d'amour, voir Ami.

Descendre (familier) : déjà ancien, dans le sens de tuer, flinguer, abattre, tuer, saquer, voire déprécier, attaquer, discréditer ... Nanni Moretti descend The Artist (voici point fr à propos du film The artist). Ce qui est admissible dans le langage parlé ou familier ne se justifie pas dans un titre d'article.

Étymologie : du latin descendo, descensum, descendere : descendre, composé du préfixe des-, et de scendere, pour scandere (scando, scansum, scandere) : monter. Descendre, en latin, c'est dé-monter.

Déséquilibré (mental) : c'est ainsi que les media, sur ordre sans doute de nozélites politiques, appellent désormais un assassin islamiste opérant en Europe (Allemagne, France, Grande-Bretagne, etc.) Afin d'éviter d'écrire ou de prononcer le mot « islamiste », on a recours à ce piètre moyen apotropaïque pour conjurer le sort. On ne dit, on n'écrit même pas « fou ». Non, c'est un déséquilibré, scandaleux euphémisme pour désigner un assassin. Agression d'un enseignant juif à Marseille : le suspect s'est revendiqué de l'Etat islamique [...] Selon une source policière citée par Le Point, l'adolescent, vraisemblablement déséquilibré, a blessé légèrement avec une machette un enseignant juif âgé de 34 ans (Atlantico point fr, 11.01.2016). Le suspect de l'attaque sanglante au couteau aujourd'hui près de Munich (sud) avait des "problèmes psychiques et de drogues" et les enquêteurs n'ont pas établi "jusqu'ici" de motivation islamiste, ont annoncé les autorités allemandes, quelques heures après avoir avancé la piste islamiste (Le Figaro point fr, 10.05.2016). Noter la manie de certains media d'indiquer sommairement la localisation par un point cardinal [sud]). Moins de vingt-quatre heures après l'assassinat de deux policiers à leur domicile dans les Yvelines par un partisan de l'État islamique, une lycéenne a été gravement blessée à Rennes, ce mardi vers 16 heures, par un déséquilibré qui a déclaré vouloir faire un «sacrifice» pendant le ramadan (Le Figaro point fr, 14.06.2016 ; les guillemets collés à sacrifice sont dans le texte original). Autre exemple, avec « santé mentale » : Un homme de 19 ans dont la santé mentale fait question a tué une personne mercredi soir à Londres et en a blessé cinq autres dans une attaque à l'arme blanche (dépêche Reuters, 04.08.2016). Noter l'expression « fait question » : pose problème.

Le nombre d'assassinats perpétrés par ce type de déséquilibrés (= assassins islamistes) augmente de façon inquiétante. A ce rythme-là, les mosquées ne vont-elles pas bientôt devenir des hôpitaux psychiatriques ? C'est en tout cas, de la part des journalistes, une insulte grave envers les victimes que de qualifier de déséquilibré un assassin ou un terroriste. Les journalistes n'ont nulle pudeur, nulle conscience.

Désescalade : voir Escalade.

Désertification (barbarisme) : transformation d'une région en désert (étendue sèche et aride, impropre à la culture et au peuplement). Ce phénomène semble particulièrement toucher la France, où l'on assiste à une désertification culturelle massive. Par contre, quant aux terres, pourquoi parler de désertifier, désertification, alors qu'il ne s'agit que d'un « exode rural » ? La désertification des campagnes n'est pas inéluctable si l'on veut bien s'en donner les moyens (L'Humanité point fr, 29.06.2002). Ou bien ce titre lu sur internet : Désertification des campagnes : la poste menacée de privatisation. La France bientôt envahie par des étendues de sable ? Plus de problèmes pour Paris-Plage.

On parle aussi de désertification médicale en France ; ou bien même de désertification scolaire, comme dans cet exemple : Le point sur les actions contre "la désertification scolaire" en Dordogne (titre de Sud-Ouest point fr, 14.04.2015). C'est un phénomène qu'on pourrait plutôt nommer raréfaction, aucune région de France ne ressemblant vraiment à un désert total.

Étymologie : formé à partir du mot désert. Désert, du latin desertus, participe passé du verbe desero, deserere : se séparer de, abandonner. La désertification, au sens d'abandon, vient sans doute de l'anglais (to desert : abandonner, déserter, faire désertion).

Déshérence : la déshérence, c'est l'absence d'héritier(s), tout simplement. Dans quel sens les journalistes emploient-ils ce mot, comme par exemple : ... les banlieues en déshérence (à l'abandon ?) Les journalistes ne sont pas en tout cas héritiers de Molière.

Autre exemple : Dans un communiqué, l'Université du Colorado a confirmé avoir reçu un "paquet suspect" le lundi 23 juillet - le massacre a été commis aux premières heures de la journée du vendredi 20 - mais a démenti qu'il soit resté en déshérence pendant plusieurs jours (laissé de côté, abandonné ?) Encore un exemple ? Mais oui, bien sûr : On a décrit l' Espagne comme étant en déshérence économique et sociale. Ah !? L'Espagne n'a pas d'héritiers ? Loteur se porte candidat.

Le contraire de la déshérence est l'héritation, mise à l'honneur par un certain président.

Étymologie : formé du préfixe dés-, et de hoir ou heir : héritier, altération de heres, heredis : héritier. Vieux français : hoir (héritier).

Design (anglicisme, prononcer dɪzaɪn) : forme, dessin, apparence, conception, présentation, ligne, stylisme (ce ne sont pas les équivalents qui manquent) : La chanteuse a participé personnellement au design de la bouteille [de parfum]. Ou bien : « Le but est d'inciter à fumer, notamment les jeunes et les femmes qui sont très sensibles au design » (les hommes ne sont que des brutes). Aimez-vous son nouveau design ? (sa nouvelle ligne).

A donné le substantif designer (dizaïneur ; ne pas confondre avec le verbe français désigner, qui s'écrit de la même façon) : créateur de formes, de modèles, styliste, concepteur. Si l'on veut à tout prix employer ce terme inutile en français, il serait préférable de modifier l'orthographe : dezign, dezigneur, par exemple.

Il existe l'expression novlangaise web-design, qui doit vouloir dire habillage, apparence (d'un site) : Surtout que le web-design de ce site (que je découvre à l'occasion, bravo) évoquerait plus facilement la bonne vieille France réac. Et ceux qui excellent dans le web-design sont des web-designers.

Verbe : désigner ou designer, comme dans cet exemple piqué dans Yaourt-Phynance : The Kooples : pensé en France, designé en Angleterre, fabriqué en Asie. Question : comment prononce-t-on designé : désigné ?
dɪzaɪné (dizaïné) ? Autre exemple, ‹ entendu à la télé › : Cette société a commencé par désigner des machines à café. Pour éviter toute confusion avec le verbe désigner, loteur propose l'orthographe « dézigner », avec un 'z' comme 'zozo' ou 'zéro'.

Étymologie : du latin designare, venant de signum : signe. Design dérive du français dessin (doublon de dessein).

Dé~, dés~ (préfixe) : sert à indiquer le contraire d'une action. Suffixe productif, voir plus bas quelques exemples.

Désimlocker (néo-barbarisme) : débloquer, déverrouiller. « ... un iPhone désimlocké et en français sous toutes les coutures ». Sous toutes les coutures ? Vous m'en direz tant ! Substantif : désimlockage. Message envoyé par SMS par un opérateur : « Vous pouvez finaliser maintenant le désimlockage de votre A-phone depuis aïe-tunes ». Aïe, aïe, aïe !

Étymologie : du verbe anglais to lock : fermer, verrouiller, avec le préfixe français dés- élargi en désim-.

Désincarcérer (néo-barbarisme) : n'est pas le contraire d'incarcérer (jeter en prison), et ne signifie donc pas “faire sortir de prison”, mais signifie “dégager” (d'un amas de tôle ou de ferraille) : Les pompiers ont réussi à désincarcérer le conducteur de son véhicule. Peut-être confond-on tôle et taule ? Voir Incarcéré.

Étymologie : le verbe désincarcérer est fait d'après incarcérer : jeter en prison, avec le préfixe dés- qui annule l'action. Substantif latin de base 'carcer' : prison, venant du grec
κάρκαρον (karkaron) : prison.

Désinformation (néo-barbarisme) : avant, on parlait de conditionnement ou d'intox. Maintenant on parle de désinformation. La désinformation, c'est d'après les spécialistes, user de tous les moyens pour tromper l'adversaire. En ce qui concerne les organes de presse, comme on n'informe plus (cf les journaux télévisés : 2 % d'infos, 101 % de délayage), il n'y a pas beaucoup de différence entre information et désinformation.

Étymologie : désinformer, désinformation sont formés à partir d'informer, d'information. Venant du verbe latin informo, informare : façonner, former, se représenter, se faire une idée de. Le verbe vient de forma : forme ; informer c'est littéralement donner une forme.

Désinquiéter (barbarisme) : il faut croire que ça veut dire rassurer, calmer, apaiser. Le langage de la rue les (= les jeunes voyous) désinquiète.

Étymologie : désinquiéter est formé du suffixe dés- + inquiéter. Du latin inquietare : troubler, agiter, inquiéter. Quies, quietis : repos. Cf. en français rester coi.

Désinscrire (néo-barbarisme) : calque du terme anglo-saxon unsubscribe : résilier (un abonnement par exemple), rayer ou radier (des listes). Utilisateur désinscrit à sa demande le 3-9-2009. Il faut en tout cas absolument inscrire les informaticiens à des cours de français. Principe de la novlangue : pour prendre le contraire d'un mot, il suffit d'ajouter un préfixe ; ainsi on n'a plus le couple inscrire / radier, qui encombre inutilement la mémoire, mais inscrire / désinscrire.

Étymologie : formé du préfixe dés- + inscrire, c'est écrire sur ou dans. Du verbe latin scribere : écrire.

Destresser (ou déstresser) (néo-barbarisme) : (se) reposer, (se) relaxer, (se) calmer, littéralement : faire disparaître le stress. Idéale pour déstresser, cette activité physique (le yoga) peut se pratiquer facilement n'importe où.

appel : en novlangue, pour avoir le contraire d'un mot, l'on n'a pas recours à un autre mot, de racine différente, mais on prend le même mot auquel on adjoint un suffixe négatif. On a ainsi le couple stresser / destresser au lieu de stresser / calmer ou relaxer. Autre exemple : voyant / non-voyant (au lieu d'aveugle). Ce rappel est valable pour presque tous les mots avec un suffixe négatif (mal~, non~ etc.)

Étymologie : voir à Stress.

Destroy (anglicisme, prononcer dɪstrɔɪ, mot adopté dans l'argot de jeunes et de moins jeunes) : dérangé, bizarre. Signifie aussi casser, détruire, destructeur : un comportement destroy. Repêché dans les eaux stagnantes de Yaourt pour elles : Adepte des fringues destroy (quand elle en porte), la chanteuse prouve qu'elle sait aussi s'habiller avec classe (à propos de Rihanna). Des fringues destroy ? Elle se barde d'explosifs ? Encore un martyre de la foi.

Destruction : c'est le triste bilan général qu'on peut dresser en France, – et en Europe –, comme conséquence de la mondialisation, destruction voulue, décidée, planifiée par la classe politique, aux ordres des grands oligarques :
  • destruction des États souverains par le prétendu fédéralisme européen ;

  • destruction des régions françaises par un découpage récent (2014) aussi abstrait qu'arbitraire, ne répondant à aucune logique historique, et ce dans le but de détruire le sentiment d'appartenance à une histoire, à un passé, à un enracinement local. Pour enfoncer le clou, on débaptise les régions, et on leur donne un nouveau nom : Grand Nord, Grand Sud, Avant Centre, etc., c'est-à-dire avec des noms qui n'évoquent plus aucune appartenance historique. Un rapport préconise même la suppression des 36 600 communes de France pour les intégrer dans des « intercommunalités » (sic) ;

  • destruction des monnaies européennes par l'imposition brutale de l'euro, entraînant un appauvrissement des classes moyennes et une clochardisation des classes pauvres ;

  • destruction de la société française par les immigrations massives venus d'Afrique et d'Asie, par le métissage et, récemment (2015), par l'accueil d'envahisseurs syriens, irakiens ou kurdes (musulmans), pompeusement renommés « réfugiés » ou « migrants » ;

  • destruction du concept de race, en niant les différences physiques entre les individus ;

  • destruction systématique et acharnée de la chrétienté en favorisant l'intrusion massive de l'islamisme, religion étrangère à l'Europe. Quand va-t-on convertir les églises, désertées, en mosquées ?

  • destruction de la spirirualité, remplacée par des valeurs vénales, le capitalisme « libéral » et les valeurs d'une prétendue « laïcité » qui est la plus corrompue et la plus vulgaire des valeurs sociales contemporaines, qui ne met pas en valeur l'individu dans ce qui a d'unique, mais prône la médiocrité facile et populacière ;

  • destruction de la famille par le pacs, l'homo-parentalité, le mariage homosexuel, la P.M.A. et la G.P.A.. D'un autre côté, il y a de plus en plus de célibataires, de sites internet de rencontres et de mariages arrangés, portes ouvertes à beaucoup d'arnaques ;

  • destruction des différences sexuelles en permettant que s'affichent et s'épanouissent diverses pratiques, autrefois considérées comme déviantes. La notion de sexe (homme - femme) est remplacée par la notion de genre (sexe psychique) ;

  • destruction de la nourriture et de la gastronomie par la multiplication des restaurations rapides et des plats surgelés, par le développement de la nourriture frelatée (fruits et légumes sans goût, élevages en batterie, viandes insipides, multiplication des apports chimiques dans les végétaux (« pesticides », O.G.M.) et l'alimentation, fraudes alimentaires, etc.) ;

  • destruction des métiers, souvent repris de père en fils, remplacés par l'« emploi », qui demande une formation courte, sans grande maîtrise. La flexibilité géographique, tant souhaitée par les employeurs, est la traduction sur le plan social de la destruction des liens parentaux et du « tissu social » ;

  • destruction de la langue par l'intrusion massive d'anglicismes, par la destructuration du langage, la perte de l'orthographe, la prédominance de l'audio-visuel et de l'image en général sur l'écrit. Les zélites essayent à tout prix d'imposer l'anglais, ou plus exactement le globish, et ce à des fins purement mercantiles. Cet abécédaire essaie d'analyser les dégâts sur le plan linguistique ;

  • destruction de l'école et de l'enseignement par l'adoption et l'imposition de théories fumeuses et sans fondement rationnel pour dés-instruire et dé-former les élèves. Certains fanatiques prônent même la disparition de l'école. L'histoire n'est plus enseignée, surtout dans ses grands repères chronologiques, qui permettaient d'avoir une représentation assez précise du déroulement de notre civilisation ; on coupe les élèves, que les cerveaux embués de crétinisme appellent apprenants, de leurs racines historiques, de leur apppartenance à une histoire. Les néo-crétins gouvernementaux n'ont surtout pas besoin d'élèves instruits et à l'intelligence critique. « La République n'a pas besoin de savants » affirma le président du tribunal révolutionnaire, Jean-Baptiste Coffinhal, en condamnant Lavoisier à mort (1794). Notre Réplique mercantile n'a pas beoin, elle, de têtes bien faites ;

  • destruction des arts et de la culture. L'architecture et les arts plastiques sont à vomir, la musique a été remplacée par des rythmes barbares et assourdissants (techno, rap), opérant véritablement comme une hypnose sonore (tamtamisation). On prône un « métissage culturel » (sic) pour battre en brèche les vraies valeurs européennes (harmonie, ordre, mesure, beauté) ;

  • destruction de la culture personnelle et valorisante par l'abêtissement systématique des citoyens au moyen de la télévision, qui glorifie – comme TPMP – le divertissement grotesque ou vulgaire (engourdissement de l'esprit) et répand le mensonge par l'intermédiaire de la propagande journalistique (anéantissement de l'esprit critique). Internet d'autre part contribue à couler (formater) tous les gens dans un même moule mondialiste afin de niveler toutes les pensées, tous les sentiments, toutes les aspirations. Il n'est pas étonnant que parmi les plus grandes fortunes du monde on trouve Bill Gates et Marc Zuckenberg, les propagateurs cyniques de nouvelles formes de communication. On assiste ainsi au glorieux avénement du con universel, héros voulu et préfabriqué par le néo-crétinisme mondialiste.
Sur le plan linguistique, on peut observer les coups de boutoir assénés par l'anglo-saxon sur plusieurs plans :
  • pour la jeunesse, on observe cette destruction avec les jeux vidéos où prime l'anglo-saxon, avec les chansons où sévit aussi et surtout l'anglo-saxon, avec le sport où de plus en plus de termes sont anglo-saxonnisés ;

  • pour les femmes, les magazines féminins truffent leurs articles concernant la mode ou la beauté de termes anglo-américains, comme si la féminité ou la beauté étaient d'essence anglo-saxonne ;

  • pour beaucoup de métiers où entrent un certain nombre de termes techniques, ceux-ci sont la plupart du temps anglo-saxonnisés. Inutile de parler de l'économie, de la finance, du marketing ;

  • pour le commun des mortels utilisant l'informatique, l'intrusion de termes anglo-américains ou de calques de l'anglo-américain, pollue ce système de traitement de données.
Les media se font un plaisir de transmettre cette nouvelle culture anti-française, sans doute pour une uniformisation de la pensée, une uniformisation des façons de vivre et de consommer. Les media agissent en véritable Cheval de Troie des Anglo-Saxons. Tout cela est la conséquence de ce que les Étazuniens appellent le
soft power, c'est-à-dire le pouvoir insidieux, où les valeurs européennes et françaises sont progressivement remplacées par les peudo-valeurs étazuniennes et globalisantes.

Il y a bien d'autres pans de la vie qui sont en passe d'être détruits ; loteur y reviendra plus longuement dans d'autres chapitres. La France apparaît d'orénavant comme un immense chantier de destruction, comme le tombeau d'un passé immense et glorieux, tombeau à l'édification duquel ont contribué des politiques désastreuses : capitalisme libéral éhonté, vénalisation et laïcisation des citoyens, perte de repères patriotiques et spirituels, perte de la langue et de l'esprit de la langue, immigration massive dont on est en droit de chercher les avantages, lavage de cerveau et mensonges médiatiques à jet continu, etc.

La crise que traverse l'Occident actuellement n'est pas en fait une crise sociale ou économique. C'est surtout une crise spirituelle, où les individus n'ont plus de repères spirituels ; l'auteur ne parle pas ici de religions exotériques, ces formes abâtardies de la foi, mais du dialogue entre soi et Soi – au sens jungien. Espérons que notre période n'est qu'une traversée du désert. Il y a un veilleur en chacun d'entre nous.

Conclusion : il n'y a plus qu'à tirer l'échelle – s'il en reste une.

Détail : voir Mots interdits.

Étymologie : détail, détailler viennent du préfixe dé- + tailler. Détailler, c'est couper en morceaux.

Détention : synonyme “ allégé ” (puisque la mode est au light) de prison. Et un prisonnier est devenu un détenu. Encore un effort, et rétention remplacera détention (comme dans centre de rétention), et un prisonnier sera simplement retenu (contre son gré, on imagine).

Étymologie : du verbe latin detineo, detinere : tenir éloigner, arrêter, empêcher, retenir.

Détestation : haine, tout simplement, ou sentiment hostile. Plus un mot est long, plus il donne de l'importance à la chose. Pierre Moscovici lui-même, qui est d'origine juive, a déclaré dimanche que M. Mélenchon "est en train, par détestation de la social-démocratie, par détestation du parti socialiste, de franchir certaines bornes".

Étymologie : du latin detestor, detestari : détourner en prenant les dieux à témoin, écarter avec des imprécations, repousser avec horreur, maudire. Le sens moderne français est beaucoup moins fort que le sens latin. De testari : témoigner, testis : témoin, d'où en français tester, testament.

Détonnant : veut normalement dire : qui détonne, c'est-à-dire qui n'est pas dans le ton, qui n'est pas en harmonie. Confusion fréquente chez les néo-crétins avec tonnant = qui fait un bruit violent, comme le tonnerre. Un exemple, pêché dans Yaourt pour elles du 10.01.2014 à propos de vernis à ongles : En effet, humidité et chaleur forment un cocktail détonnant si vous avez envie de devoir refaire votre manucure en un temps record. Cocktail détonnant = mélange tonnant ? Est-ce que le fait de manucurer les ongles produit un bruit de tonnerre ? Ou la rédactrice a-t-elle simplement voulu dire que ça détonne, que ce n'est pas dans le bon ton, que ça manque de goût ?

Étymologie : détonnant, de détonner : ne pas être dans le ton. Formé du préfixe dé- ou des- + tonner : sortir du ton juste. Du latin tonus, venant du grec
τόνος (tonos) : corde, tendon, action de tendre les cordes de la lyre, puis ton.

Tonner : faire un bruit de tonnerre. Du latin tonare : retentir fortement, faire retentir comme le tonnerre. Védique stan : tonner, anglais thunder : tonnerre, russe стонать (stonat') : gémir.

Détoxifer, détoxifier (néo-barbarismes) : sens ??? Vu sur une chronique de Yaourt!, une mine pour la novlangue : Commencez l'année en forme : Détoxifer son corps avec des tisanes, de l'eau, des fibres, des fruits et des légumes... Ou bien : Au premier rang des conseils à prendre avec recul figurent ceux sur les régimes amaigrissants ou « détoxifiants ». Il faudrait savoir ce que veut dire les barbarismes détoxifer ou détoxifier : désintoxiquer, assainir ?

Substantif : détoxification. Malgré tout, le spécialiste note que "la capacité de détoxification des bébés est moins forte que celle des adultes" (Magic maman point com). Désintoxication ?

Abréviation : détox. Le dictionnaire en ligne Etymonline signale que cette forme est « colloquial » (familère). Cuisiner détox : une illusion ? Les néo-journalistes publiant de tels articles ont sans doute l'illusion de parler français. Autre exemple : Pour conclure, il me suffit de vous dire que dès que j'observe une période d'abstinence, notamment pendant les détox, la plupart de mes symptômes disparaissent. Les détox : les périodes de désintoxication ?

Trouvé sur internet cette réclame : Détoxez-vous en cinq étapes. La détoxication, ou détoxination, est une théorie de médecine non conventionnelle qui recommande l'élimination des toxines et toxiques présents dans l'organisme par divers moyens.

Étymologie : détoxifier et détoxification sont des anglicismes, formés à partir de toxique, toxine, mots qui viennent du grec
τοξον (toxon) qui veut dire arc, puis arc et flèches, puis poison, à cause du poison qu'on mettait sur les pointes des flèches. Toxicum ou toxicon, en latin, c'était le poison dont on enduisait les flèches ; grec τοξικόν (toxicon) : poison.

Les toxines sont aussi des instruments de mort. Détoxifier, détoxification, c'est littéralement enlever le poison, assainir. Quel est l'intérêt de tels mots face à désintoxiquer, désintoxication ?

Développement durable (ou développement soutenable. Développement soutenu aurait été une meilleure traduction de sustained development ; les Espagnols ont, eux, adopté le terme sostenible) : néo-crétinisme mondialiste se rapportant à la fois au développement économique et à la préservation des ressources de la terre, mais dont on ne connaît pas la véritable signification. Semble être, en plus pédant, le synonyme d'écologie, et non pas une science pour engraisser des lapins (le développement du râble de lapin est très apprécié des fins gourmets). Tous les économistes distingués se gargarisent de ce terme : ils veulent nous faire croire qu'on peut piller la terre, tout en la préservant. A donné naissance à l' « agriculture durable » (sic). Pièce maîtresse à ranger au Musée (durable) de la Connerie. Voir Commerce équitable.

Le fait d'accoler durable à une expression n'est pas forcément un signe de durée (et non de durabilité, comme diraient les néo-crétins). Un ministre de l'Écologie et du Développement durable (A. Juppé), nommé en mai 2007, et battu aux législatives, n'a été en poste ... que quelques jours.

Étymologie : développement, formé du préfixe dé- + une racine viluppo : enveloppe. Durable, du latin durabilis : qui dure.

Développer, développeur : en informatique, on ne conçoit pas, on ne programme pas, on développe, ce qui donne des développeurs (programmeurs) : Notre société recherche des développeurs en C++. L'informatique est une science en plein développement. A signaler qu'on peut parfois trouver la graphie developeur au lieu de développeur. Les informaticiens trop fatigués pour développer à leur table de travail pratiquent le développé-couché.

appel : développer un programme, une technique, ne se disent théoriquement pas en français ; il s'agit d'un anglicisme rampant.

Étymologie : voir rubrique précédente.

Devoir : depuis qu'il y a les Droits de l'Homme, de la Femme, des Enfants et même des Animaux, il n'y a plus de devoirs – à part le devoir de mémoire. Voir plus bas.

Étymologie : du latin debeo, debere : devoir, dans les deux sens (obligation et dette).

Devoir de mémoire : l'expression 'devoir de mémoire' est très utilisée de nos jours. Ce 'devoir de mémoire' peut ainsi, comme l'espèrent les idéologues de la manipulation et de la Pensée unique, servir à éviter le retour de l' « antisémitisme », de l'extrême-droite et des idéologies racistes, d'images violentes ou traumatisantes, et surtout médiatisées (l'Holocauste, l'attentat des Tours jumelles à New York, la mise en scène macabre de Timisoara). L'idéologie politiquement correcte se doit, selon eux, d'éduquer les citoyens de demain. Comme disait un certain Georges Santayana : « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter ». C'est ainsi que le président français N.S. voulait que chaque écolier se souvienne d'un enfant victime de la Shoah (1). De toute façon, l'histoire se répètera toujours, quel que soit le soin que l'on prenne à gommer la crudité et la cruauté des faits. Mais les idéalistes y croient toujours : « C'est l'élève lui-même, à travers ses tâtonnements, qui doit se construire une mémoire, une conscience, basées sur une connaissance rigoureuse des faits. » Rien qu'ça ! On se conforme ainsi à un impératif formulé par les dogmes politiques, qui consiste à demander aux livres d'histoire, non pas de refléter la réalité telle qu'elle est, mais de la refléter telle qu'elle devrait être, ou telle qu'elle aurait dû être.

Aux dernières nouvelles, il ne semble pas que les Étazunis aient imposé le devoir de mémoire à leurs concitoyens pour se repentir des bombes lancées contre le Japon, le Viet-Nam ou l'Irak, qui ont fait des centaines de milliers de victimes. Chaque nation a la mémoire qui l'arrange.

En relation avec le devoir de mémoire, il existe des lois dites mémorielles (qui imposent le point de vue d'un État sur l'histoire). Robert Badinter s'oppose aux lois mémorielles telles que la loi Gayssot : « Les lois mémorielles, que j'appelle des lois compassionnelles, sont faites pour panser des blessures et apaiser des douleurs [...] et n'ont pas leur place dans l'arsenal législatif. [...] La loi n'a pas à affirmer un fait historique, même s'il est indiscutable. Et j'ajoute que la Constitution ne le permet pas » (déclaration à France-Info, 14.10.2010). Les lois mémorielles apparaissent donc comme une imposture de la conscience et de l'histoire.

Paradoxalement, l'on ne va plus commémorer le 11 Novembre (armistice de la guerre 1914-1918), que le french government entend remplacer par le jour de l'amitié franco-allemande (sic). Il est vrai qu'il n'y a plus de « poilus » de la guerre 1914-1918, et qu'on faire plus facilement passer cette insulte à nos morts. Devoir de mémoire, avez-vous dit ?

Étymologie : mémoire, du latin memor, memoris : souvenir.

Dévisser : chuter, chuter fortement, être en grande difficulté, s'écrouler... Ce verbe, qui signifie normalement enlever une vis, sert maintenant pour indiquer quelque chose qui va mal. Les actions de BNP Paribas, du Crédit Agricole et surtout de la SG ont dévissé ce lundi. Ça fait populo. Mais le style des rédacteurs d'article ne fait pas dans l'élégance.

Dézinguer (néo-barbarisme) : démolir, bouziller, faire voler en éclats, dessouder ? ... les antitout en prennent pour leur grade, tout autant que les ultralibéraux, largement dézingués tout au long du bestiaire (talent point paperblog point fr). Ou bien : Quand Nicolas Sarkozy dézinguait Jacques Chirac. Ou encore : Dans son livre « l'Impasse », Jospin dézingue Ségolène Royal (telle est ma tele point com). L'auteur propose les titres suivants : La dézinguitude, ou bien : L'impasse, l'autre non plus.

Synonyme de dézinguer : plomber (on reste dans les métaux). Titre relevé dans l'excellent Yaourt! : DSK plombe la candidature Aubry. Plombs de chasse ? Chevrotines ? Ce vocabulaire de la chasse dit très bien l'atmosphère à couteaux tirés qui règne dans les partis politiques. Autres synonymes : clash(er), tacler.


Les animateurs de télévision se reconvertissent en plombiers-(dé)zingueurs

Étymologie : barbarisme formé à partir du préfixe dé- + zinc, d'une vieille forme zain ou zin : antimoine, étain.

Dhimmi : mot arabe signifiant soumis, infidèle soumis, infidèle « protégé ». C'est d'après l'islam(isme) un statut réservé aux « gens du Livre » (juifs et chrétiens). Moyennant finances – rien n'est gratuit en ce monde –, le dhimmi bénéficie d'une protection et de droits très réduits en terre d'islam(isme). C'est ce que les musul-men appellent la « tolérance ». Le terme de "protégés" est une imposture ; ce terme "protégés" [dhimmi] correspond à celui qu'utilisent les racketteurs vis-à-vis de leur victimes (Wikipédia).

L'état dans lequel sont les dhimmis s'appelle la dhimmitude. Ces mots, avec l'expansion de l'islam(isme) en Europe et en France, viennent avec force au-devant de la scène. Bat Ye'or est une essayiste spécialiste des minorités religieuses dans le monde islamique. Elle a forgé le terme dhimmitude pour désigner le statut cruel des minorités non-musulmanes (Dhimmis) dans les pays islamiques ou « en terre d’islam » (Véronique Chemla point info). Autre exemple : Car le monde de la dhimmitude est celui de l'esclavage spirituel, de la souffrance, de l'avilissement, de l'insécurité, de la haine de soi et des autres (Riposte laïque point com). Ces deux exemples ont été cités pour montrer le sort cruel qui est réservé aux dhimmis par nos amis musul-men. D'autre part, la tolérance politiquement correcte envers les musul-men de la part du gouvernement et des media français s'apparente à une véritable dhimmitude ; on peut dire que beaucoup de responsables politiques se comportent comme de vrais dhimmis envers nos frères musul-men. Les signes de dhimmitude ne se comptent plus : dans les cantines scolaires, on ne sert plus de viande de porc ; dans les soupes populaires, on ne sert plus de soupe au cochon ; quand un chef d'État musul-man est invité à un dîner officiel, on ne sert pas de vin ; quand des Français – dont un général –, protestent contre des envahisseurs, la plupart musul-men, ce sont des Français qu'on arrête, et non des envahisseurs ; on laisse des envahisseurs non-chrétiens souiller la statue du général de Gaulle ; les media ne mentionnent jamais les noms de délinquants musul-men – sauf quand leurs crimes sont trop barbares (actes de terrorisme) – et préfèrent donner des initales ; ils parlent de dérapages quand des Français insultent prétendument des musul-men, mais ne signalent jamais les agressions de nos amis musul-men contre les Européens. En Italie cette fois, quand un chef d'État musul-man va à Rome, on voile la nudité des statues (il est étonnant que nos amis musul-men ne demandent pas de voiler les femmes). La classe politique française, surtout celle de gauche, voit d'un bon œil la dhimmitude des citoyens, ce qui lui permet de mieux asseoir sa volonté de domination totale sur l'individu. En fait, tout se passe comme si les hommes politiques se faisaient complices de la volonté de soumission exigée par l'arrogance des musul-men. A tel point qu'on peut maintenant parler de « classe politique dhimmie ». Une mention spéciale doit être décernée aux organes de presse (media), qui se comportent pour la plupart en véritables dhimmis face aux musul-men. Synonyme de dhimmi : beni oui-oui. Qu'est devenue la force de la résistance ? Voir à ce propos le livre de Michel Houellebecq Soumission, le livre de Jean Raspail Le Camp des Saints, et celui d'Héléna Tchoudinova La Mosquée Notre-Dame de Paris (Мечет парижской Богоматери).

Étymologie : un dhimmi (en arabe : ذمّي) , c'est un citoyen non-musulman d'un État musulman, lié à celui-ci par un pacte, la dhimma. En arabe, ḏimma : ذمة, « engagement », « pacte », « obligation » (Wikipédia). C'est véritablement pactiser avec le diable.

Diable : esprit ou expression du mal dans toutes les religions. Il est souvent représenté par une bête hideuse (l'animalité en l'homme), avec des dents de rapace (pour dévorer l'humanité), des cornes (symboles d'un certain savoir ésotérique), avec souvent une queue et des pieds fourchus ou griffus (toujours l'appartenance animale). De nos jours, la représentation des cornes pointues s'est adoucie, et l'on montre le diable avec deux excroissances rondes au-dessus de la tête, comme dans l'exemple suivant :


Une représentation classique du diable.
Remarquer les cornes et
les mains à quatre doigts.

Représentation moderne du diable. Noter la main à quatre doigts
au lieu de cinq (il n'appartient pas à l'espèce humaine).
Les cornes pointues sont devenues deux ronds.
Les griffes des mains et des pieds sont remplacées
par des extrémités arrondies.
Objectif visible : rassurer coûte que coûte.

Étymologie : diable, du grec Διάβολος (diabolos) : séparé, coupé en deux. Le Bailly dit à propos du mot Διάβολος : qui désunit, qui inspire la haine ou l'envie ; puis médisance, calomnie. Le diable, c'est le grand calomniateur. Et quand on diabolise quelqu'un (voir la rubrique diaboliser), n'y a-t-il pas une part de médisance ?

Le contraire de
Διάβολος, c'est συμβαλλω (symballo) : jeter ensemble, réunir, d'où vient le mot symbole, en grec σύμβολον : signe de reconnaissance (objet coupé en deux, dont deux personnes conservaient chacune la moitié). Le symbole unit, le diable désunit.

Diable, au sens de levier et chariot, date de 1764. Même étymologie que pour le diable au sens 1, par un phénomène d'analogie assez obscur (en raison de la forme primitive des ces engins ?).

Diaboliser (néologisme) : ce mot appartient maintenant surtout au vocabulaire politique ; il signifie le fait de présenter son adversaire politique comme un élément mauvais, à rejeter, car sentant le soufre ou propagateur d'idées nauséabondes. 'Attaquer', 'critiquer', 'dénigrer', 'honnir', 'stigmatiser', 'vilipender', peut-être ? Diaboliser, c'est une technique et un politique tendant à présenter comme nocives, « diaboliques », des opinions ou des personnes qui ne vont pas dans la ligne définie par le politiquement correct. On a affaire à un vocabulaire archaïque, irrationnel, et la chasse aux sorcières n'est pas loin. Le diable semble être le symbole de l'irrationnel absolu, alors que l'esprit politique demande un minimum de conscience claire et de lucidité.

Mais cela peut concerner aussi bien les individus que des procédés, des actions ou des politiques, des états etc. Doit-on diaboliser la géolocalisation ? La droite libérale veut diaboliser les écologistes. Doit-on diaboliser l'Iran ? Les politiques de tous bords ne sont pas en manque d'invectives diabolisantes : le Grand Satan (les Étazunis) et le Petit Satan (Israël), vus de l'Iran (diable ! doit-on les lapider ?), l'Axe du mal (les états terroristes), vus des Étazunis etc. Et quand quelqu'un ou un parti sont diabolisés, cela revient à dire qu'ils sont pestiférés : on doit donc les éviter comme la peste.

Avec comme substantif diabolisation : mise à l'écart, ostracisme, rejet, avec des idées de malfaisance, des idées « nauséabondes ». Deuxième explication à cet échec de la diabolisation : la "droitisation" des Français, confrontés à la crise et de plus en plus en phase avec les thèmes "historiques" du Front national (Valeurs actuelles point com, 28.05.2014). Autre exemple : La réinvention des classes dangereuses (diabolisation des jeunes dits de banlieue, stigmatisation de la figure de l'étranger, pénalisation de la misère [...]) s'accompagne d'une volonté de domination par la langue (Réseau Terra point eu, juin 2008). (pourquoi, diable, dits de banlieue ?)

Le contraire est évidemment la dédiabolisation ou quête de respectabilité : Les historiens retraceront un jour la résistible ascension du Front national. Ils devront alors étudier les intellectuels qui ont œuvré à sa « dédiabolisation » (Le Monde point fr, 29.05.2014). Noter le très littéraire et plaisant adjectif « résistible » : auquel on peut résister. Les deux substantifs ensemble : On répète à l'envi que la diabolisation du FN était contre-productive, c'est exact. Mais la dédiabolisation que Marine elle-même a amorcé [sic], aidée en cela par l'ensemble de la société, qui semble presque hypnotisée, fascinée par ce qu'elle représente, ne fonctionne pas non plus (une jeune femme, citée par Le Monde point fr, 29.05.2014). Il semble en tout cas que les phénomènes de diabolisation / dédiabolisation concernent en France presque surtout les Le Pen et le Front national.


Le F.N. : Hitler ou le diable, dans l'inconscient collectif de la gauche ?

Étymologie : voir la rubrique Diable.

Diagnostiquer : c'est le fait de poser un diagnostic, c'est-à-dire d'identifier une maladie d'après ses symptômes. Le médecin diagnostiqua un cancer à un stade avancé. Mais, comme pour un certains nombre de verbes, les néo-rédacteurs emploient diagnostiquer avec une formulation qui n'est pas exacte : L'acteur de 45 ans vient d'être diagnostiqué par son docteur : il est atteint d'un cancer de la peau. (Public point fr, 21.11.2013). Ce n'est pas l'acteur qui est diagnostiqué, c'est sa maladie. Noter le substantif « docteur », dans le sens de médecin. Autre exemple : Les premiers à s'être prêtés au jeu sont deux américains, Peter Frates, 29, ans victime de la maladie neurodégénérative depuis 2012 et Jeannette Senerchia, dont le mari a été diagnostiqué il y a dix ans. (Les Échos point fr, 29.08.2014). Ce n'est pas le mari qui a été diagnostiqué, c'est sa maladie. Noter la virgule illogique entre 29 et ans, et le substantif « américains » sans majuscule.

Étymologie : du grec διαγνωστικος (diagnôstikos) : capable de discerner. Cf. γνωσις (gnôsis) : connaissance, qui a donné le mot français gnose.

Dialogue : un des maîtres-mots du néo-crétinisme ambiant. Dialogue social, dialogue avec les jeunes, dialogue avec les communautés étrangères, dialogue avec les défavorisés ... tout est question de dialogue. Curieusement, les catégories mentionnées plus haut n'entendent pas trop dialoguer. A moins qu'elles ne soient sourdes. Auquel cas, un dialogue avec un oto-rhino s'impose (remboursé par la Sécurité sociale).

On s'aperçoit en tout cas que, au lieu de prendre des mesures responsables et/ou énergiques (drastiques, diraient les néo-crétins), les autorités préfèrent ne pas se mouiller, mais entendent dialoguer avec tout groupe à problème. Ah, le pouvoir de la parole, cette grande conquête des singes anthropoïdes !

Étymologie : du grec
διάλογος : entretien, dialogue. D'où vient le mot dialecte. Précision : un dialogue ne met pas nécessairement en jeu deux personnes, mais deux ou plusieurs personnes, le préfixe grec διά (dia) signifiant la séparation, ou à travers, entre, parmi – et non deux.

Diariste (anglicisme ; venant de diary [prononcer daɪərɪ] : journal intime) : mot introduit par l'écrivain Michèle Leleu en 1952, et qui désigne l'auteur d'un journal personnel. Loteur, quant à lui, ne voit pas Anne Frank comme une diariste (car elle est qualifiée de diariste depuis le livre de Ruth Ashby : Anne Frank, young diarist), le mot faisant trop penser à ... diarrhée. Mais il est vrai que, avec certains auteurs, c'est à une vraie diarrhée écrite que l'on a affaire, surtout sur internet, où l'on assiste à l'éclosion, à l'explosion plutôt de milliers de blogs, qui sont pour la plupart autant de journaux personnels ou intimes. Question : qu'y a-t-il d'intime à être lu par des milliers de gens ?

Étymologie : voir à D-Day.

Dictateur : tout chef d'état non occidental déchu ou décédé, plus rarement encore en exercice. C'est ainsi que récemment, suite à la prétendue Révolution tunisienne (janvier 2011), le président Ben Ali, un grand ami de la France et de ses élites, s'est transformé par la magie des journaleux et des merdias en dictateur. Attrapée au lasso cette phrase dans un article de Buzz moi ça point fr, relayé par Yahoo (21.01.2011) : Alors que le dicatateur (sic) tunisien Zine El Abidine Ben Ali a quitté le pays il y a quelques jours pour se réfugier en Arabie Saoudite, le peuple tunisien a décidé de prendre sa revanche en pillant ses palais, ses villas, et ses...voitures. Hé oui, les journaleux nous refont le coup de la roche tarpéienne ou du coup de pied de l'âne. Il en va de même avec Pinochet, Gbagbo, Saddam Hussein, Kim Jong-il (toujours des pays du tiers-monde ou du « Sud »). Les Bush et consorts, même déchus, ne sauraient être des dictateurs.


Un chroniqueur de Yahoo n'hésite pas à traiter Raúl Castro de dictateur

Variantes chez les journaleux : despote, tyran, autocrate. Cependant ces qualificatifs ne sont appliqués, la plupart du temps, qu'après la chute ou la mort de la personne concernée.

Dictature. En octobre 2012, un Autrichien qui a franchi le mur du çon en sautant dans l'espace, a prôné l'établissement d'une dictature modérée, dirigée par des personnalités expérimentées issues de l'économie privée. Ce dont beaucoup de media, brillant par leur objectivité, et beaucoup de gens, brillant par leurs connaissances, en ont fait des gorges chaudes. Mais ils semblent ignorer que nous avons affaire en France, et dans l'Union dite européenne, à une dictature ou à une tyrannie molles sous la coupe de grands oligarques, – ce qui n'est pas beaucoup mieux. Et puis, tant qu'à faire, pourquoi ne pas parler du « despotisme éclairé » et de Frédéric II de Prusse ? (Prusse, Autriche, tout ça, c'est germanique, ça mange à la même cantine).

Étymologie : du latin dictator : dictateur, venant de dicto, dictare : répéter, dicter, prescrire, ordonner.

Diététique : « La diététique est la science de l'alimentation équilibrée » (Wikipédia). Mais c'est devenu synonyme de cuisine imbouffable. Sous prétexte de ne pas prendre de poids, de ne pas avoir de cholestérol, des tas de restaurants ou de sociétés proposent des « repas diététiques », où les aliments n'ont plus de goût et vous laissent sur votre faim. La cuisine diététique va de pair avec le light (allégé). Mais c'est surtout votre porte-monnaie qui est allégé.

Étymologie : du grec
διαιταω (diétaô) : soumettre à un régime, vivre de telle ou telle façon

Dieu (féminin : Déesse) : concept obsolète grâce aux coups des théories socialisantes en Occident. Sans l'idée de Dieu tout n'est que cendre (Mircéa Éliade), mais nos contemporains s'accommodent fort bien de Son absence – à part les musulmans qui s'obstinent à croire en Lui (mais est-ce le même Dieu ?)

Le féminin de Dieu est Déesse, mais même dans les hiérarchies divines, les Déesses ont en général un rang inférieur à celui des Dieux. Mais il est vrai qu'à l'époque où naquit l'idée de la divinité (Sumer ?), les partis féministes n'existaient pas encore.

Admettons que les hommes soient réprésentés par des fourmis, et que Dieu soit un homme ; admettons qu'Il entende des fourmis jurer et maudire Dieu, Lui lancer mille imprécations, Lui adresser les insultes les plus grossières. Admettons qu'Il voit qu'on Le caricature de façon abominable. Devant l'insolence de ces fourmis que voudriez-vous que Dieu fît ? – Qu'Il rît ! Ceci met à sa juste place l'idée de blasphème. Dieu est tellement haut qu'Il ne saurait être touché pas de si misérables choses ou propos (loteur n'est pas dans le secret des dieux, mais il est à peu près sûr que Dieu réagirait ainsi).

Ce qui est dit du négatif est également valable pour le positif : quel effet peut avoir une prière sur un Être tellement loin de nous et de notre entendement ? (d'où la nécessité d'intercesseurs, d'intermédiaires).

Postulat : si Dieu n'existe pas, le blasphème n'existe pas. On peut donc L'insulter à loisir. Traduisez Dieu par n'importe quel nom de divinité qu'il vous plaira.

Étymologie : d'une vieille racine indo-européenne qui a donné d'une part deus (latin), Ζευς : Zeus (grec), dieu (français), dios (espagnol), etc. et d'autre part : dies (jour, en latin), day (jour, en anglais), jour, diurne en français, etc. Voir D-day.

Différence : concept nébuleux, et donc politiquement correct, que l'auteur ne saurait définir avec précision. Ceci englobe de nombreuses significations et / ou dérives de sens, comme le féminisme, l'orientation sexuelle ou le racisme. Tout minorité, – ethnique, confessionnelle, culturelle ou autre –, réclame maintenant un « droit à la différence (2) ». Le remettre en question peut vous valoir une citation à comparaître. Ceux qui réclament le droit à la différence, réclament aussi, en toute logique, le droit à l'égalité. En fait, il semble que les revendications de droit à la différence n'aient qu'un seul but : avoir plus de droits que les autres. Et c'est ça, la vraie différence. Voir Communautarisme, MBH, Multiculturalisme, Parité, Politiquement correct.

À signaler un emploi novlangais de différence comme celui relevé dans cette phrase : Côté républicain, M. McCain a réussi à faire la différence avec M. Huckabee dans les trois Etats de la région de Washington. Prendre l'avantage ? Distancer ? Creuser l'écart ?

Différenciation : lu sur une page internet, consacrée à la langue française : Le barbarisme et le solécisme : différenciation entre barbarisme et solécisme, définition des termes. La différenciation, en biologie, est l'ensemble des processus qui aboutissent à la formation de cellules spécialisées (différenciation cellulaire). Il s'agit, dans l'exemple cité, tout simplement de différence. (Mai 2014 : l'erreur a été corrigée, mais cette rubrique a été maintenue, pour montrer que nul n'est à l'abri de l'erreur).

Étymologie : du latin classique differentia : différence, caractère distinctif. Du verbe differre, formé de 'di', exprimant l'écartement, et de fero, ferre : porter, porter au loin.

Différentiel : signifie tout simplement écart, différence. Ce terme est utilisé par nos économistes certes distingués, mais connaissant mal le français. Un différentiel de 3 points dans la TVA entraînerait de sérieuses difficultés… En langage encore plus chic, on dit « delta », parfois écrit sous la forme de la lettre grecque Δ (delta).

Relevé dans Acrimed, citant l'Observatoire des sondages : Pour Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos-France, Mme Aubry "cherche manifestement à compenser son différentiel de présidentialité" en étant "très réactive à l'actualité". Différentiel de présidentialité ? Ses chances moindres d'être présidente ? Les sondageurs (), ou l'imposture non seulement des sondages, mais aussi du langage. C'est révélateur de l'esprit de tromperie des instituts de sondage.

() sic, loteur est coupable de cet odieux barbarisme, moins barbaresque cependant que le différentiel de présidentialité cité plus haut. Et puis, sondeur fait trop penser aux véritables sondeurs, qui mesurent les niveaux d'eau avec une sonde.

Nota : en mécanique, le différentiel est un ensemble de pignons coniques liant deux roues, et qui leur permet de tourner à des vitesses différentes. En électricité, c'est un appareil qui protège l'installation contre les pertes de courant.

Digital (anglicisme et néo-crétinisme à la mode) : de l'anglo-saxon digit : chiffre. Cela n'a rien à voir avec les doigts, à moins que les Anglo-Saxons, comme les enfants, ne continuent à compter sur leurs doigts. Horloge digitale : horloge à affichage numérique, comme dans cet exemple : Montres digitales : retour vers le futur ! Le digital effectue un beau retour, surfant notamment sur la tendance vintage actuelle (GQ Magazine, 09.03.2011). Dans ce petit exemple, il y a quatre néo-crétinismes : digital, futur, surfant, vintage, de telle sorte que loteur ne sait pas très bien dans quelle rubrique citer ces deux phrases. Un article informatique, rédigé en néo-langue, affirme : [les critiques ont porté sur] l'inclusion d'un système de gestion de droits digitaux (sic). Il vaudrait mieux utiliser 'droits numériques'. Ou encore, dans un article sur les réseaux sociaux et traduit à la va-comme-je-te-pisse(-copie) : Voulez-vous être mon voisin digital? (sic ; Non-fiction point fr, 29.11.2007). Va-t-il faire agir le doigt de Dieu ? Ça continue ainsi : Selon une étude récente conduit [sic] par le Pew Internet and American Life Project [sic], plus de la moitié des Américains entre douze et dix-sept ans utilisent des sites de réseaux sociaux. Et que dire de cette phrase relevée dans Pure people point com : Cette publication américaine établit chaque semaine le top des ventes albums, singles, digitales et diffusions radio dans tous les styles (Actualité stars people point com, 12.12.2011). Loteur s'est demandé si le mot 'digitales' faisait référence à la digitale, la plante toxique. Et puis il y a cette marque « Clairblue Digital » pour les tests de grossesse. Est-ce qu'on fait les test avec un doigt introduit dans l'endroit ad hoc ? Si le doigt ressort bleu, la dame est enceinte ? Ou bien ce magazine féminin, Mamour, qui propose à la rubrique « Abonnez-vous » : Au magazine papier. A l'edition (sic) digitale. On lit, on feuillette avec les doigts ? Ou bien encore (les exemples sont en nombre infini) : [...] on assure que David Plouffe y a [seulement] donné deux conférences sur la technologie mobile et les communications digitales et n'a tenu aucune réunion avec la direction de l'entreprise (La Tribune point fr, 06.08.2012). Communications digitales ? C'est le langage des signes ? On ne peut que déplorer la fatigante manie des néo-rédacteurs qui utilisent des calques de l'anglo-américain au lieu de prendre les mots français exacts.


Édition digitale ? A lire avec le doigt ?

A donné le verbe digitaliser : numériser. Selon les observations de loteur, la pensée moderne a tendance à se digitaliser. Peut-être que, de même que certains mangent avec les doigts, d'autres pensent avec les doigts. En tout cas, les tablettes et différents I-podes, I-pades et autres gadgets sans grand intérêt tendent à prouver que oui.

Quant aux prétendus smartphones (téléphones dits intelligents, c'est-à-dire perfectionnés), ils ne font appel qu'à deux doigts, à savoir le pouce droit et le pouce gauche. Les autres doigts, les smartphoneurs ne les utilisent plus, et ils ont tendance à s'atrophier. Avant, on disait d'un incapable : « Il ne sait rien faire de ses dix doigts ». On dit maintenant : « Il ne sait rien faire de ses deux pouces », – en tout cas, sûrement pas écrire, grâce à notre Éducation nationale.


Votre vie digitale ... à portée de main (selon Yahoo)
Jeu de mots volontaire ou involontaire ?

Langage digital

Étymologie : du latin classique digitalis : qui a la grosseur d'un doigt, venant de digitus : doigt.

Dilemme : souvent écrit dilemne. Synonyme moderne de problème. Voir ICI.


Dilemme ou alternative ?

Étymologie : du latin dilemme, venant du grec
διλημμα (dilemma) : raisonnement à deux prémisses contraires. Le grec λημμα (lemma) veut dire : prise, et par suite proposition qu'on prend d'avance (Littré).

Diplôme : les diplômes ne servent plus à rien. Loteur s'en sert parfois pour découper du saucisson dessus.

Le symbolisme des diplômes en France a adopté celui des Étazuniens : couvre-chef ridicule, diplôme roulé et entouré d'un ruban, comme dans l'illustration ci-dessous, et toge noire :


Inutile d'ajouter que dans les cérémonies de remise des diplômes en France on ne voit jamais un récipiendaire accoutré de la sorte. Pourquoi alors beaucoup de pages internet françaises suivent-elles ce symbolisme pour désigner les impétrants ? En France, le diplôme est plutôt symbolisé par une couronne de laurier ou un parchemin. D'où l'expression : “ obtenir un parchemin ”. Cf. Bac.

Étymologie : du latin diploma, -atis : brevet, pièce officielle, lettres octroyant certains droits. Du grec
δίπλωμα : tablette ou papier pliés en deux. De là viennent aussi diplomate, diplomatie.

Directives européennes : c'est un ensemble de mesures destinées à contraindre les états et les citoyens à suivre des politiques décidées en haut lieu par des fonctionnaires irresponsables et anonymes, et qui accaparent tous les pouvoirs. Cette forme moderne de tyrannie attire toutes sortes de peuples, y compris des non-européens, comme les Turcs par exemple, qui aspirent à se soumettre à ce nouvel esclavage.


Les directives européennes concernent tout, ou presque tout, jusqu'à la façon dont on fait les sandwichs, la fabrication du fromage, comment ou doit gaver ou non les oies, les canards etc. Impossible d'échapper à cette tyrannie fonctionnariale, aussi exigeante que bornée. Elles sont tellement efficaces, ces directives, que pendant des années les sociétés agro-alimentaires ont pu fourguer des plats préparés en truquant les étiquettes (scandale de la viande de bœuf / cheval de 2013). Toutes ces sociétés ont participé à cette fraude à l'échelle du continent européen.

Les directives, ce sont normalement des textes, des actes qui permettent de fixer une ligne de conduite ; en ce qui concerne l'Union européenne, le mot est dévoyé, et signifie de lourdes lois normatives, tout en laissant un certain délai aux États membres pour se mettre en conformité afin de les appliquer (« délai de transposition »). Voir aussi Europe, Euro-fonctionnaire.

Étymologie : du latin dirigo, dirigere : mettre en ligne droite, aligner ; donner une direction déterminée, diriger.

Disclaimer (anglicisme, prononcer dɪskleɪmə(r)) : terme utilisé en informatique, littéralement : décharge. En anglais, to disclaim veut dire renoncer. Avertissement au début de l'installation d'un système ou d'un logiciel, dans lequel le concepteur dudit système ou logiciel fait valoir ses droits, tout en se dégageant de toute responsabilité en cas de défaut dudit système ou logiciel. En clair : il se fout totalement si ça marche ou pas, du moment qu'il encaisse ses sous. De plus, il interdit férocement de copier quoi que ce soit de son « produit », sous peine de poursuites judiciaires et de châtiments épouvantables : enfoncement du petit bout de bois dans les oneilles, découpage en dix-mille tout petits morceaux, sodomie intra-rectale et associée, après quoi le contrevenant sera libre d'aller se faire pendre où bon lui semblera car grande est la magnanimité du concepteur de la Micromou Corporation (merci à Alfred Jarry).

En général, les notices d'avertissement (disclaimers) sont rédigées ainsi :

Félicitations pour avoir acheté le dernier produit de notre société Informe-à-tics. Nous expérons qu'il vous donnera entière satisfaction. Sachez cependant que, en lisant ce texte rédigé en langue fondamentale, vous vous engagez à prendre notre produit « en l'état », et que nous ne sommes pas responsables d'un éventuel défaut. Aucune réclamation ne sera admise, aucun remboursement ne sera fait, aucun retour ne sera accepté. Sachez encore que la publication de contenus socio-linguistiques et intellectuels est autorisée, mais qu'il est obligatoire de placer une protection cutanée vis à vis des néo-crétins qui iraient sur votre site afin d'empêcher l'entrée dans votre site d'un fonctionnaire, d'un publicitaire ou d'une personne n'ayant pas l'âge mental pour visionner ce genre de contenu. 1. Droits d'auteur : Ce site web contient plusieurs types de données et d'informations qui sont protégées par le droit des marques et les droits d'hauteur. C'est pourquoi il est interdit de télécharger, de copier ou de distribuer, de regarder, même de loin, en tout ou en partie, ce site web. Cependant, nous vous autorisons à réaliser des copies pseudo-techniques pour la lecture ou la navigation en haute mer, ainsi que des copies conformes pour votre usage personnel, à condition de me payer. Par contre et en revanche, vous n'êtes pas autorisé à réaliser un lien, lien hypertexte ou lien image vers le site web sans l'autorisation préalable de Moi. 2. Téléchargements : Les téléchargements se font intégralement à vos risques et périls (attention aux radars flasheurs). Nous ne pouvons être tenus responsables des dommages pouvant résulter des téléchargements, de l'installation, du stockage ou de l'usage de logiciels ou des taches d'huile qui se répandraient. Bien que nous utilisions des programmes antivirus de pointe (Bic), toute responsabilité pour dommages ou perturbations de fonctionnalités concommitantes causés par des virus ou des vers, des lombrics ou des sangsues est exclue (c'est bien d'accord, hein ?). 3. Contenu : a) Le contenu des pages, qui est en partie automatisé et publié au nom de la loi et pour le bien de tous, n'est pas testé pour sa parfaite conformité légale. Au passage, le fait de donner votre accord vous lie entièrement à moi, et vous me serez redevable de dix mille quatre-cent vingt-huit euros trente et un centimes par an. De plus, cet extra-logiciel ne représente pas notre opinion, mais celle du voisin. Naturellement, nous examinerons immédiatement tout indice de contenu potentiellement illégal ou de violation de droits de tiers et même de quarts (de rouge), et si nécessaire nous supprimerons les pages dont le contenu est illégal (ah mais !) b) Nous sommes responsables du contenu de nos sites web dans la mesure où ce contenu est régi par le droit féodal et le droit de cuissage. Cependant, nous n'acceptons aucune responsabilité, aucune critique pour l'exactitude, l'exhaustivité, l'adéquation à un but particulier ou le caractère actuel de l'information publiée ou non publiée, même à l'état larvaire du sus-mentionné ayant-droit.
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NB. L'avertissement, qui fait quinze pages et demie, dont un peu plus de quatorze en anglo-saxon de base, a été abrégé pour ne pas fatiguer la vue et la patience du lecteur.

Se dit également de tout avertissement placé en tête d'un site internet : à qui s'adresse le site, droits de reproduction ou copyright etc.

Étymologie : to disclaim, verbe venant du français déclamer (préfixe dé- + verbe clamare : crier). En anglais moderne, to disclaim veut dire démentir, renoncer à.

Discount (anglicisme, prononcer dɪskaʊnt) : on ne peut plus lutter, hélas, contre ce terme anglo-saxon, et qui signifie remise, rabais ou à prix réduit : un discount de 15%, des prix discount (au singulier), un magasin discount. Entendu à la french TV : une pub pour une société discounter d'équipements. Apparemment, le terme discounter est employé par certains magazins à prix réduits : ImmoDiscount, le 1er discounter du diagnostic immobilier à Paris. Voir Low-cost.

Étymologie : du français décompte : réduction sur la somme à payer.

Discrimination : c'est le fait de séparer un groupe social des autres en le traitant plus mal. On entend aujourd'hui par discrimination (influence probable de l'anglo-américain) : le racisme (discrimination raciale), la ségrégation, la séparation ou l'exclusion (discrimination par l'âge, le sexe, la maladie)... Les mesures discriminatoires, qui établissent donc des différences entre les individus, sont réprimées par la loi en France. Tout le monde est égal, libre et fraternel. Qu'on se le dise !

appel : en français « normal », la discrimination est le pouvoir de séparer, de distinguer, de discerner une chose précise : 'facultés discriminatrices'. C'est une haute faculté de l'esprit. Du latin discriminatio : séparation, du verbe discerno : séparer, distinguer, discerner. « Une habileté particulière dans la discrimination est cependant nécessaire si on veut dégager des caractérisations différenciées dans le champ mythologique » (un ancien traité de mythologie). Autre exemple : « Les mots permettent la discrimination. L'univers s'enrichit donc avec notre vocabulaire » (Paper-blog point fr). Que le sens de discrimination soit tombé au niveau du rejet, de la ségrégation, voilà qui est symbolique. L'intelligence, le pouvoir de discerner, – c'est l'ennemi.

Discrimen, en latin, c'est la ligne de séparation, la différence, la faculté de distinguer, le discernement.

Adjectif discriminatoire : qui opère une discrimination. Une mesure est dite discriminatoire quand il s'agit d'une décision prise par l'employeur de ne pas traiter de la même manière des salariés placés dans une situation identique (Psycho-travail point com).

Participe discriminant : outre son acception mathématique (discriminant d'une équation), ce participe signifie : qui permet d'établir une distinction entre des éléments (sens normal). Néo-sens = qui établit une différence ou une discrimination entre les individus. Ne pas avoir de portable est discriminant (une sociologue citée par Libération point fr, 13.05.2009).

Verbe discriminer, dans un emploi fautif : rejeter, exclure (pour une raison 'discriminatoire' quelconque). Arizona: une loi donne la permission de discriminer les homos (Yagg point com, 21.02.2014). Autre exemple : Discriminer les noirs, les musulmans ou les femmes, même positivement, c’est déjà leur dire : vous êtes différents... (Agora-Vox point fr, 21.07.2006).

Étymologie : verbe latin discrimino, -atum, -are : mettre à part, séparer, diviser, distinguer. Même racine que discerno : séparer, discerner. Racine *cern, qui a donner cerne, cerner, cirque, etc. On tourne en rond.

Discrimination positive : c'est la traduction approximative de l'anglo-saxon affirmative action, politique pour avantager certains groupes. La discrimination positive est une politique discriminatoire délibérée, affectant un avantage social à une catégorie jugée défavorisée. En français 'normal' : quotas. La discrimination, qui consiste à isoler un individu ou un groupe d'individus, a une connotation négative en français. Pourquoi l'utiliser dans un sens positif ? Toute discrimination, positive ou négative, est illégale et anticonstitutionnelle. Mais les néo-politiques – surtout de gauche – n'ont que faire de la légalité et surtout de la constitution.

D'autre part, ceux que l'on discrimine positivement n'en sont pas moins toujours discriminés, malgré le semblant de reconnaissance sociale qu'on leur accorde. Il s'agit d'un marché de dupes.

Étymologie : Discrimen, en latin, c'est la ligne de séparation, la différence, la faculté de distinguer, le discernement. Quant à positif, il vient du latin positivus, par l'intermédiaire du supin positum du verbe pono, ponere : poser (ponere a également donné pondre). Le contraire du positif, c'est le négatif, du latin negativus, venant de nego, negatum, negare : dire non, nier.

Dispatcher (néo-anglicisme) : répartir, distribuer, attribuer avec un substantif dispatching (prononcer dɪspæʧɪŋ), d'après le verbe to dispatch. C'est le chef de service qui assure le dispatching (la répartition) du travail.

Étymologie : le mot anglais dispatch vient du français 'dépêche'. Étymologie contestée, le mot a peut-être été fait à partir du verbe dépêcher : en finir rapidement, expédier ; contraire d'empêcher : im-pedicare : prendre au piège.

Disponible : en vente, qu'on peut se procurer, qui est sur le marché, voire offert. Le nouveau système Windaube -7 est disponible chez tous les revendeurs informatiques (= on peut se procurer le nouveau système Windaube -7 etc.)

En français « normal », disponible veut dire : qu'on a à sa disposition, dont on peut disposer (quotité disponible), ou : qui a du temps libre (je suis disponible). L'usage récent (p.e. logiciel disponible) est un calque de l'anglo-saxon available. Encore un anglicisme rampant, propagé par les informaticiens (?).

Étymologie : du latin disponere, préfixe distributif dis- + verbe pono, positum, ponere : placer, mettre. Ce même verbe a donné en français position, pondre etc.

Disposer de : cela veut normalement dire utiliser à sa convenance, avoir en libre disposition. Les journalistes de sports, au style parfois étonnant, utilisent ce verbe dans le sens vaincre, être vainqueur de, dominer, maîtriser : Les All Blacks disposent de l'Australie et rejoignent la France en finale.

Autre exemple, que loteur trouve bizarre : Twitter annonce disposer de 140 millions d'utilisateurs actifs (disposer = avoir ?) Disposer de, dans le sens d'« avoir à sa disposition », serait vraiment dépréciatif.

Étymologie : du latin disponere, préfixe distributif dis- + verbe pono, positum, ponere : placer, mettre. Ce même verbe a donné en français position, pondre etc.

Dispositif médical : « Un dispositif médical est un instrument, appareil, équipement ou encore un logiciel destiné, par son fabricant, à être utilisé chez l'homme à des fins, notamment, de diagnostic, de prévention, de contrôle, de traitement, d'atténuation d'une maladie ou d'une blessure » (Ansm point santé point fr [A.N.S.M. = Agence nationale de sécurité du médicament]). On entend maintenant (2015) dans nombre de réclames publicitaires la phrase rituelle : Ceci est un dispositif médical à propos de tout ce qui se vend en pharmacie (ou ailleurs) : crèmes contre l'eczéma, sirops pour la toux, bas de contention, suspensoirs, bandages herniaires, voire préservatifs... Même les montures de lunettes sont devenus des dispositifs médicaux.

appel : un dispositif est la manière dont sont disposées les pièces d'un appareil ou les parties d'une machine ; par extension : mécanisme, appareil. C'est également un ensemble des moyens déployés en vue d'une fin stratégique : dispositif de sécurité. Le fait d'appliquer le terme « dispositif » à tout adjuvant ou produit paramédical est un détournement de sens caractéristique de la néo-langue.

Étymologie : de dispositum, supin du verbe latin dispono, disposui, disponere : placer en séparant, disposer. Formé du préfixe dis-, indiquant la séparation + ponere : placer.

Médical, du verbe medeor, mederi : traiter, soigner. Medicus : médecin.

Disque dur : support numérique destiné à recevoir des données dans un ordinateur. J'ai un disque dur de 180 giga(s). Entendu de la bouche d'un kinésithérapeute particulièrement en forme ce matin-là : « Je masse la peau, comme si c'était le disque dur de l'histoire de la personne ». Ici, le disque dur désigne la mémoire ou l'histoire de la personne. Autre exemple : Manque de pot, sous les grandes oreilles, il n'y a plus de disque dur... (à propos de la maladie de J. Chirac ; loteur aurait plutôt écrit : entre les grandes oreilles, et non sous). Cette fois, le disque dur désigne apparemment le cerveau. Encore un exemple ? "Tout cela a fini par occasionner une névrose et un personnage clivé. A un moment donné, le disque dur a fondu" (Le Monde point fr, 29.10.2011, à propos de DSK). Ici, le disque dur désigne le personnage tout entier. Pratique, n'est-ce pas ? Disque dur remplace un peu tout ce qui a des connexions neuronales.

Cette réduction du corps humain à des fonctions informatiques ou des parties d'un ordinateur, outre l'effet de mode (l'informatique selon les Anglo-Américains est très à la mode), est l'indication d'une certaine robotisation ou bionisation du corps humain. Very bad, indeed.

Étymologie : disque, du latin discus : plat, plateau, qui a donné disque en français, disk et aussi desk en anglais. Grec
δισκος (discos) : palet rond, disque. Dur, du latin durus : dur, rude, âpre.

Distancier (se ~, néo-barbarisme) : prendre ses distances, prendre du recul. L'équipe de campagne du président démocrate sortant s'est distanciée des propos de De Niro, sans toutefois formuler d'excuses.

Dithyrambe : éloge obligatoire en termes pompeux chaque fois que la secte Micromou ou la secte Alapom pondent une nouvelle mer(de)veille : « A chaque sortie d'un nouveau système d'exploitation, Micromou nous comble en matière d'innovations toutes aussi intéressantes les unes que les autres ... jamais Micromou n'avait autant porté d'attention aux graphismes que dans cette nouvelle interface ... Le style d'Aroé est tellement pur que l'utilisateur baigne dans un environnement séduisant qui le pousse à oser et avoir envie de se surpasser (sic !) » etc. etc. etc. Combien le rédacteur de cet article sur Ouista a-t-il été payé pour lécher autant le cul fessier du gourou de la secte Micromou ? Noter le terme graphisme, au lieu de dessin.

Étymologie : en grec, poème en l'honneur de Bacchus (Dionysos). Du grec
διθύραμϐος : chant en l'honneur d'une divinité, en particulier de Dionysos

Diversité : novlangue officielle. Définition : la diversité est un terme correct socialement et qui désigne, pour les tenants de la pensée unique, un non-européen, – un Noir ou un Arabe surtout (les Jaunes semblent ne pas trop compter), – bref, un immigré, quelqu'un issu de l'immigration (mais ce terme fait trop « banlieues », ça fait désordre), ou appartenant à la minorité visible. Slogan de la Mairie de Paris : « Une ville solidaire (?) et généreuse (?) ouverte aux rêves et à la diversité (?) ». Il n'y a que les mots “ ville ”, “ ouverte ” et “ rêves ” que loteur comprenne ici. Paris, ville-lumière, obscurcit le sens des mots.

Pour que ni votre adresse, ni votre nom, ni votre origine ne puissent constituer un frein à votre embauche, ici les entreprises s'engagent pour la diversité (). Un organe de presse se demande on ne peut plus sérieusement : Peut-on aussi parler en politique de candidats de la diversité ? Autre exemple relevé sur Yaourt!, citant Reuters : Composée pour moitié de femmes (49,5% exactement), la liste respecte la parité (sic) et contient (sic, au lieu de comprend) des personnalités issues de la diversité (sic). Les néo-crétins se torturent les méninges pour trouver des mots qui ne fassent pas allusion à une couleur de peau, à une race, à une ethnie. D'où l'incommensurable bêtise de ces termes qui, en soi, ne veulent rien dire.

() Une technique particulère pour que ni le nom ni l'adresse ne constituent un frein à l'embauche a été le fameux C.V. anonyme (Loi du 31 mars 2006), qui a tellement bien marché que les candidats issus de la diversité étaient cinq fois plus rejetés. Encore une brillante idée d'un brillant fonctionnaire.

La diversité est donc tout simplement le multiracisme – mais dans multiracisme, il y a race, mot proscrit par la Très Sainte Inquisition du politiquement correct. Le contraire de la diversité est l'uniformité. Les candidats de l'uniformité, qui sont-ils ? Portent-ils un uniforme ? Une chemise brune ? Et quelqu'un issu de la diversité serait-il un divers ? Quelle est votre nationalié ? – Française, mais diverse.

Retombée de l'élection du 44e président des Étazunis, le métis Obama : la Présidence de la République vient de nommer un préfet noir (novembre 2008). Coïncidence des agendas (sic), rétorque le nouveau préfet en néo-langue (agenda : ordre du jour en anglo-saxon). Peut-être faut-il s'attendre à un avalanche de diverses nominations ?

P.S. 1 : le mot diversité est été fort mal choisi car on pourrait penser que, quand on dit que quelqu'un est issu de la diversité, cela signifie que diverses personnes seraient passées sur le ventre de sa mère. Alors qu'il n'en est évidemment rien. Voir Caucasien, Minorité visible.

P.S. 2 : chassée à la sagaie cette phrase sortie de la bouche d'un représentant de la diversité : « Il faut plus de non-Blancs à la télévision ». Mais loteur croit savoir que la télévision en couleurs, ça existe déjà. Et puis, soit dit en passant, dire un "non-Blanc", c'est-y pas un peu faire acte de racisme ?

P.S. 3 : Brian True-May, le réalisateur de l'intéressante série policière télévisée Inspecteur Barnaby, vient d'être limogé suite à sa déclaration selon laquelle la série ne comporterait pas exprès d'éléments divers parmi ses personnages. Ce qui lui valut les foudres des bien-pensants britanniques (qui sont aussi féroces – sinon plus – qu'en France).

Étymologie : du latin diversus : tournant dans un sens, puis dans l'autre ; opposé, qui va dans le sens opposé. Du verbe diverto, divertere (di-vertere) : se détourner de, se séparer de, aller dans un autre sens, être différent de. Racine verto, vertere : tourner, faire tourner. Russe вертеть (vertiet') : tourner. Ce verbe a donné en outre en français le mot version.

Divertissement : ce terme, qui correspond à l'anglo-saxon entertainment (divertissement, loisir), désigne toutes formes de programmes, de produits ou de services agréables à regarder, utiliser ou exécuter. La nouvelle conception stylée et silencieuse [de cet ordinateur] offre un divertissement familial à un prix abordable. Divertissement pascalien, sans doute. Maintenant pour les émissions de la french TV on emploie le terme de divertissement au lieu tout simplement d'émission, série etc. 20h 30 Inspecteur Lewis Divertissement (1h35). Pas très divertissant, tout ça... Voir Ordinateur.

Parfois on trouve carrément le mot anglo-saxon entertainment (pas facile à prononcer : entəteɪnmənt) au lieu de divertissement ou loisir. Flemme de traduire ? Snobisme d'ignorant ? Simple connerie ? Yahoo! Entertainment : La Starac dit adieu à Grégory Lemarchand. Le résumé du prime (dans cette phrase de treize mots, il y a quatre néo-crétinismes). Voir ci-dessous une captécran de Vingt Minutes point fr, où ce mot anglo-saxon s'étale de façon insultante.


NB. Il ne faut pas confondre entertainment avec entretènement, qui est l'action d'entretenir, l'action de pourvoir à l'entretien de quelqu'un ou de quelque chose : entretènement d'un feu, d'un fief, d'une femme... C'est ainsi qu'à propos d'Henri II, l'histoire note que Le 9 février 1540, Henri est investi de la jouissance de son duché (de Bretagne), « pour son entretenement ».

Étymologie : le divertissement, au sens propre, c'est le fait de détourner quelque chose ou quelqu'un (de quelque chose). Latin diverto, diversum, divertire (de-vertere) : se détourner de. Dans le cas de la french TV, c'est le fait de détourner les citoyens des questions et valeurs essentielles en mettant l'accent sur le futile. La french TV reconnue de futilité publique.

Dixit (latinisme) : 3e personne du singulier du verbe latin dico, dictum, dicere : dire. Sert à rapporter, parfois de façon ironique, les paroles de quelqu'un. Lu dans une revue d'informatique : Le principe est de fédérer les ingénieurs de demain autour des technologies Micromou dans le cadre de Jeux Olympiques de l'informatique, dixit les organisateurs de la soirée. A remarquer que dans toute cette phraséologie prétentiarde le sujet de dixit est ici ‘les organisateurs' (pluriel) avec dixit au singulier. Normalement il aurait dû y avoir 'dicunt' (disent). On n'en finira jamais de gloser sur l'ignorance des informaticiens, dixit loteur. Le même, mais en français cette fois : Les salafistes sont dirait [sic] Sartre ou BHL les idiots utiles du sionisme (Agora-Vox, 06.09.2012). Loteur a respecté la ponctuation ; il faut évidemment mettre entre virgules « dirait Sartre ou BHL ».

Il en est de même avec exit (il, elle sort ; terme surtout utilisé au théâtre) : Exit les grèves pendant les vacances. Ou bien : Exit les kilos en trop avec Sha Wellness. Il faut évidemment écrire 'exeunt', 3e personne du pluriel. Mais si l'on ne sait plus écrire français, inutile de demander de respecter la grammaire latine. A noter qu'en langue moderne, exit veut dire 'sortie' (emprunt aux Anglo-Saxons). Voir Vive.

Dizaine (accord avec les nombres de ~) : L'accord avec les nombres de dizaine se fait de plus en plus par le sens, c'est-à-dire que l'accord est au pluriel : Une trentaine de cadavres ont été brûlés.

Djihad ou jihad (arabisme) : le djihad, que l'on traduit souvent par guerre sainte, est en fait un concept plus complexe. L'islamisme compte quatre types de jihâd : par le cœur, par la langue, par la main et par l'épée. C'est ce dernier aspect, belliqueux et conquérant, que l'on retient surtout. Le Christ ne disait-il pas lui-même qu'il était venu porter sur terre l'épée (pour combattre contre soi-même) ? Précision donnée par Alain Finkielkraut : Mais enfin, voyons, les vrais orientalistes nous le disent depuis longtemps : le djihad est une obligation léguée par Mahomet à tous les musulmans ! Et pas le djihad au sens d'effort intérieur, non, le combat armé pour la défense et l'expansion de l'islam (Le Point point fr, 11.12.2015). Conclusion : tout musulman est un djihadiste potentiel. Méfiez-vous, citoyens !

Autres exemples : Mokhtar Bel Mokhtar, un professionnel du djihad et des prises d'otage, titre France 24 point com. Ici, djihad est pris dans son sens guerrier. Ceux qui respectent le djihâd et veulent le faire respecter sont appelés djihadistes. 41 Occidentaux pris en otage par des djihadistes sur le site de BP (titre de France 24 point com, 16.01.2013). On rencontre aussi la graphie jihadiste : La maison du défunt "Guide" libyen Mouammar Kadhafi à Tombouctou, utilisée par les jihadistes qui occupaient la cité malienne, n'est plus que ruines, dévastée par des missiles français (Le Nouvel Obs point com, Vingt Minutes point fr, 30.01.2013). On a l'impression que la plupart des media utilisent le terme de djihadistes comme synonyme de terroristes islamistes pour désigner ceux qui reviennent de Syrie, où ils ont subi des entraînements avec l'organisation terroriste Daech. Voir Charia.

Tiré d'une dépêche de l'A.F.P. : Quatre personnes ont été interpellées mardi matin dans le cadre d'une enquête sur une filière de jihadistes vers le Sahel. Même que pour le paragraphe précédent : on a l'impression que djihadiste est pris dans un sens négatif, chose soulignée par le terme « filière ».

Étymologie : djihad (جهاد) est un mot arabe qui signifie effort, exercer une force. Le djihad est normalement une lutte dans le sens spirituel. Mais au sens guerrier, il sert le plus souvent d'argument à différents groupes musulmans pour légitimer leurs guerres contre les « mécréants », les kouffars, les souchiens.

D.M.Z. (langage militaire) : une D.M.Z. (DMZ pour les néo-rédacteurs) est un sigle anglo-américain pour De-Militarized Zone (zone démilitarisée). Il est vrai qu'écrire Z.D.M. serait trop compliqué en français. Une D.M.Z. est, en langage militaire, une zone-tampon entre deux régions. Historiquement, la D.M.Z. désigne la zone qui séparait la Corée du Nord de la Corée du Sud sur 30 km aux alentours du 38e parallèle depuis la Guerre de Corée. Une zone similaire fut créée lors de la partition du Viêt-Nam. [Cette carte] reste fort rudimentaire en dehors de Pyongyang, en particulier aux abords de la DMZ, la frontière militaire qui déchire la péninsule en deux depuis 1953. Dans cet article du journal-web , le sigle D.M.Z. n'est pas expliqué, mais traduit par « frontière militaire », – alors que D.M.Z. signifie justement zone démilitarisée.

Outre son emploi militaire de zone-tampon, ce sigle a été repris par les informaticiens pour désigner une sorte de protection, de pare-feu, entre un serveur et l'extérieur : On parle ainsi de « zone démilitarisé (sic) » (notée DMZ pour DeMilitarized Zone) pour désigner cette zone isolée hébergeant des applications mises à disposition du public.

Étymologie : zone : emprunt au latin classique zona : ceinture, du grec ζώνη (zônê) : ceinture, en particulier ceinture de femme. À partir de l'époque impériale « zona » devint en latin un terme de géographie.

Démilitarisé, composé du préfixe dé- + militarisé, p.p. du verbe militariser, composé à partir de militaire. Du latin militaris : qui concerne la guerre, le soldat ; militaire, guerrier, venant de miles, militis : soldat.

Docteur : il y a longtemps qu'on ne relève plus cette faute : Je suis allé voir mon docteur aujourd'hui (au lieu de : mon médecin). Pendant la nuit, « une cellule de veille de la préfecture [...] avec des docteurs de la Ddass » renseigneront les familles sur leurs proches hospitalisés. Docteurs en médecine ? en psychologie ? en lettres ? en théologie ? Autre exemple : Selon lui, sa première épouse s'en est même pris une fois à un docteur en train de le soigner (lexpress point fr). On imagine d'autre part un docteur en théologie palpant le ventre d'une femme. De saints attouchements, sans doute, pour l'opération du Saint-Esprit. Si le même docteur en théologie caresse la joue d'un enfant, alors là tout le monde crie au pédophile.

Si on s'adresse, en France, à un médecin en l'appelant ‘docteur’, en revanche aux Étazunis on appelle docteur toute personne qui possède ce titre universitaire : Dr Martin Luther King, par exemple. Mais quand un journaliste titre « Obama et le rêve du docteur King », il s'agit d'une erreur de traduction, car cela voudrait dire que Martin Luther King était médecin.

Étymologie : du latin doctorem, de doctum, supin de doceo, docere : enseigner, instruire. Cf. l'adjectif docte : érudit, savant. Cf. également la rubrique documenter.

Doctorant (néo-barbarisme) : thésard, qui prépare un doctorat, une thèse de doctorat. L'auteur présumé (sic) du massacre qui a fait douze morts et 58 blessés était doctorant en neurosciences (Métro-News point fr, Le Figaro point fr, autres media P.L.C.C., 26.07.2012). Autre exemple : La doctorante en psychologie Isabelle Labrecque veut brosser le portrait psychologique des hommes touchés par un mal peu connu : la dysmorphie musculaire (Première point fr, 09.10.2012). Voir Apprenant.

Étymologie : voir rubrique précédente. Il n'existe pas de verbe doctorer en français, et on ne voit pas la logique de cette formation.

Docu : documentaire. La finale "cu" est particulèrement déplorable, et cette abréviation devrait être évitée. Lu dans Yaourt! : Dans “Part of Me”, son premier docu, la chanteuse [Katy Perry] prend des risques et affiche son vrai visage. « "Part of me", son premier docu... son vrai visage » : à quelle partie d'elle songe-t-on, avec une telle phrase ? Et encore, cette merveille relevée sur internet : Le docu qui accuse la télé-réalité : Selon un docu que Canal+ va diffuser, un candidat comme FX n'aurait jamais dû intégrer une télé-réalité.

Étymologie : voir paragraphe Docteur.

Documenter : montrer, écrire, décrire, rapporter, analyser, rédiger. Pour cette jeune fille, un contact avec de la volaille malade a pu être documenté. Plusieurs autres personnes suspectées d'avoir contracté la grippe aviaire sont actuellement en cours d'investigation. (Charabia d'un communiqué officiel sur un site du gouvernement). Une vidéo de 30 minutes, qui fut jouée à travers les USA [Etats-Unis], documentait les derniers moments de Martin. Semble être une importation frauduleuse de l'anglo-saxon (to document). Autre exemple par le député J. Cahuzac : J'entendais encore hier (jeudi 16.02.2012) François Hollande dire qu'on avait fait 70 milliards d'euros de cadeaux aux plus riches : personne n'est capable de documenter cette affirmation, c'est juste un mensonge ! Documenter : étayer, confirmer par des documents ?

Étymologie : du latin documentum : exemple, modèle, leçon, enseignement, démonstration. La racine est le même que pour docteur, c'est le verbe docere : instruire, enseigner. Le sens normal de documenter en français est instruire, renseigner, donneer des documents.

Dollar : monnaie d'échange étasunienne. Le dollar tend à être concurencé par l'euro (guerre économique). On construit un certain nombre de mots avec dollar : narco-dollars, pétro-dollars … Il existe même la langue-dollar ou asservissement volontaire de grandes entreprises françaises qui imposent l'anglais, ou plus exactement la langue-dollar, à leurs employés. Pas une langue de bois en tout cas.

Étymologie : dollar vient du mot thaler, ancienne monnaie allemande. D'une racine qui signifie val, vallée, racine qu'on trouve dans Néanderthal.

Domestique (anglicisme) : vol domestique : vol intérieur ou vol national. Traduction littérale d'un idiotisme (expression propre à une langue) anglais. C'est vraiment idiot, ça, vol domestique ! Alors, on va nous mettre avec des valets ou des cuisinières ! Pourquoi pas dans la soute à bagages ?

Autre emploi de domestique, qu'on entend souvent dans les séries B étazuniennes : violences domestiques à propos d'un mari battant sa femme ou exerçant des violences envers elle. Il s'agit, dans ce cas, de violences conjugales. Exemple typique, entendu à la french TV : Les agressions contre les femmes enceintes ou les fœtus représentent 3 % des violences domestiques.

Et puis encore cet emploi qui, pour loteur, est assez mystérieux : L'interview est bien programmée à 17 heures, mais sur un autre fuseau horaire, celui de la côte Est des Etats-Unis, 23 heures à Paris. Ce sera donc une interview domestique. Interview domestique ? Va-t-on interroger la personne dans la cuisine (pour le cuisiner) ? Ou alors s'agit-il peut-être ici d'une entrevue à l'intérieur des Etats-Unis ? Ce modèle de style journalistique est issu de l'excellent du 21.08.2012. Le reste de l'article est ICI, et il est digne d'éloge, en raison de son style inimitable (par exemple bateau écrit bâteau, utilisation abusive de termes anglais sans traduction, utilisation de majuscules pour parler d'un simple champion sportif, etc. – même si le ton de l'article est dans l'ensemble ironique).

Étymologie : domestique veut normalement dire : qui concerne la maison, attaché à la maison. Du latin classique domesticus : de la maison, de la famille. De domus : maison. Vieille racine indo-européenne ayant donné domus (latin), dominus (seigneur en latin), дом (maison en russe), domaine, dominer, dompter ...

Domaine (de compétence) : équivalent de compétence, spécialité, spécialisation, maîtrise ... L'Agence XYZ : Six domaines de compétence : l'électrification, l'éclairage public ...

Étymologie : domaine vient du latin dominium : pouvoir, autorité, propriété, droit de propriété. Venant de dominus : maître, seigneur. Pour compétence, voir la rubrique Compétences.

Dominance (barbarisme) : synonyme de domination. La totale dominance aérienne de Tsahal n'a aucunement servi ses objectifs de guerre (Voltaire-Net point org, 06.09.2006). Le suffixe ~(in)ance est un suffixe néo-crétin à la mode. Il est d'autre part de bon ton d'écrire Tsahal, avec un T majuscule, au lieu d'armée israëlienne.

Étymologie : voir Domaine.

Dommageable : normalement le sens de dommageable est : qui cause ou porte dommage. Cet adjectif doit maintenant avoir vaguement le sens de 'dangereux', ou de 'qui créé un dommage', 'préjudiciable', regrettable', voire tout simplement 'dommage'. Thompson accuse Daniel Alonso, adjoint de Cyrus Vance Jr d'avoir organisé des "fuites dommageables" à destination de la presse afin de discréditer sa cliente. Ou bien : Ce tir est dommageable pour la défense adverse annonce pédantement un chroniqueur sportif de la french TV. Ou bien : Il est cependant dommageable que cette initiative n'ai pas été portée à la connaissance de tous pour que nous échangions sur ce sujet. Il est simplement dommage que les chroniqueurs et rédacteurs n'apprennent plus le français. Mais inutile de rappeler que « plus un mot est long, plus forte est l'idée qu'il représente ».

Étymologie : dommage serait de même racine que dam (au grand dam de), damner, condamner.

Dommages collatéraux : expression qui remplace “bombardemens aveugles”, “victimes civiles” ou “victimes innocentes”, ou tout simplement bavure, comme par exemple les bombardements américains pour prétendument « libérer » la France. Bombarder des populations civiles au cours d'interventions militaires ne peut être appelé un massacre, à partir de (sic) moment où ces populations ne constituent pas la cible de ces interventions. D'où le terme de « dommages collatéraux ». Autrement dit, tant pis pour eux, ils n'avaient qu'à ne pas être là. Peut aussi être pris dans un sens abstrait : ... « en votant pour un projet de loi qui menace de dommages collatéraux un véritable pôle d'excellence technologique et économique français ».

De Coluche, cette remarque : « La guerre de 14-18 avait fait un civil tué pour dix militaires. La guerre de 39-45, un civil pour un militaire. Le Viêt Nam, cent civils pour un militaire. Pour la prochaine, les militaires seront les seuls survivants. Engagez-vous ! » Voir Collatéral, Frappe.

Don : les premières vertus d'un don, c'est d'être désintéressé et anonyme. C'est pour cela que certaines vedettes outre-Atlantique ont publiquement fait savoir qu'elles ont fait un don d' « un million de dollars » aux sinistrés d'Haïti (janvier 2010). On jugera l'élégance de cette publicité chère et tapageuse. Quant aux simples quidams, qui n'ont donné que trente ou cinquante euros, ils doivent se sentir bien piteux.

Étymologie : du latin dare : donner, donum : don, présent. Timeo Danaos et dona ferentes (je crains les Grecs, même s'ils apportent des présents).

Donation (anglicisme rampant) : synonyme de 'don' chez les internautes. Les sites web vous appellent constamment à faire une donation pour rémunérer les services qu'ils vous proposent gratuitement : Si vous êtes satisfait de mes utilitaires et de leur gratuité, vous pouvez me remercier pour les nombreuses heures passées à les mettre au point en faisant une donation (Utilfr42 point free point fr). Ou bien, cet autre exemple : « Nous avons perdu ce que nous aurions pu gagner avec cette popularité puisqu'on nous a bloqué toutes les donations » (Agora-Vox point fr, 07.02.2011 ; il s'agit ici des dons faits au site Wikileaks). Dernier exemple, piqué avec la seringue à néo-crétinismes de loteur : Il [Donald Trump] s'était à ce titre rendu quelques jours avant son discours de lundi, et ce pour la première fois, au Memorial des tours jumelles, pour y faire une donation de 100 000 dollars (plus de 90.000 euros) (M6-Info, 19.04.2016).Les rédacteurs de M6-Info rendent le mot anglo-américain « donation » (don) par donation (voir ci-dessous).

appel : la donation, en français, est un acte enregistré par devant notaire, pour donner un bien à telle ou telle personne.

Dont : pronom relatif, signifiant de qui, duquel, de laquelle, desquels, des quelles ... J'ai deux voitures, dont une ne marche pas (= au nombre desquelles, parmi lesquelles). Mais dans quel sens faut-il comprendre dont dans la phrase suivante (entendue, bien sûr, à la télévision prétendument française) : Nombreux sont les Français qui veulent participer aux cérémonies d'inauguration, dont le Prince Charles ? Le Prince Charles est-il Français ? Ou le journaliste a-t-il voulu dire : 'parmi lesquels', 'et on compte aussi'. C'était notre rubrique « La syntaxe française échappe totalement aux chroniqueurs de la french TV ».

Deuxième exemple, oû le rôle de dont n'est pas très clair : Ils reprennent l'ancienne affaire de meurtre de Timothy Farragut dont Bret Stiles était impliqué et qu'il connaissait (dont = dans lequel ?) Autre exemple, étonnant : « La famille Spanghero n'a rien à voir » avec cette affaire dont la justice a été saisie, a déclaré vendredi matin Benoît Hamon (= ... cette affaire pour laquelle la justice a été saisie). Sont-ce les paroles du ministre, ou les mots du rédacteur de 20 minutes point fr ?

Autre exemple, dû à une maladresse de formulation : Elle qui aime les relations possessives, dont celle qu'elle noue avec ses fils, a détesté le voir s'échapper (Gala point fr, 19.08.2015). « Dont celle qu'elle noue avec ses fils » : comme celle(s) qu'elle noue avec ses fils.

Étymologie : dont, du latin de-unde : d'où. Cf. en espagnol dónde.

Dopage, doper (néologisme, XXe siècle) : mots à signification double. Lourdement condamnés quand il s'agit de sportifs, mais hautement valorisés quand il s'agit d'économie ou de toute autre chose. En effet, si on dit l'économie de ce pays a été dopée par la multiplication de commandes d'automobiles, ou Elle a été dopée par l'annonce de son succès, c'est positif, et le journaliste de la french TV ne tarira pas d'éloges sur ladite économie ou ladite personne. Mais si on dit Cet athlète a été surpris en flagrant délit de dopage, alors là le journaliste de la french TV ne trouvera pas assez de termes négatifs pour stigmatiser ledit sportif, qui « déshonore » le sport, la profession, la France, son ou ses sponsors ...

Apparemment, le dopage est une pratique courante et universelle. On se dopait avant avec ce qu'on pouvait, y compris avec le café ou le tabac. Maintenant, en raison du sportivement correct, c'est très mal vu. Le grand déballage à propos de L. Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France, accusé de dopage et de mensonges, va peut-être permettre d'assainir la situation

Pour sacrifier à l'anglo-saxonisation ambiante, les journalistes disent souvent dopping au lieu de dopage.

Étymologie : anglais doping, du verbe to dope [dɔp] = administrer une drogue : doper un cheval.

Doublonner (néologisme, date ?) : faire double emploi, être en double. Son cas fut très vite un problème : doublonnant avec la petite nouvelle, ses attributions n'étaient pas très claires. Loteur aurait vu le verbe doublonner plutôt employé à propos de choses, et non d'êtres humains.

Étymologie : fait à partir de doublon : fait en double. Double, venant du latin duplus : double, deux fois aussi grand. Racine duo : deux.

Douvres (en anglais Dover) : ville d'Angleterre. Cf le dicton bien connu Wogs begin at Dover. Douvres et son arrière-pays sont peuplés de gens (appelés Anglois) qui ne parlent même pas français (who don't speak white).

Downloader (anglicisme, prononcer daonn-lodé, d'après le verbe anglais to download, prononcer daʊnləʊd): les informaticiens ne reculent devant rien quand il s'agit de défigurer le français. Ainsi, ils nous ont concocté le verbe downloader en remplacement des verbes importer, transférer, décharger ou télécharger. Downloadez le navigateur IE 7, customisé par Google. Avec en prime ici le participe customisé au lieu de personnalisé. On peut aussi trouver sur les pages internet : Download [importation, déchargement, téléchargement] de la brochure. Le contraire de download c'est l'upload [exporter, exportation].

Étymologie : load, d'un ancien mot anglais signifiant fardeau. Down, of O.E. ofdune "downwards", from dune "from the hill".

Doxa (hellénisme) : ensemble plus ou moins confus d'opinions diverses et de préjugés sur lesquels se fonde la communication moderne. Inutile d'ajouter que l'opinion publique est une doxa, amplement nourrie par la gent pense-menu de la french TV, et par les instituts de sondage, véritables machines à manipuler. Petit exemple piqué sur internet : La doxa occidentale et la diabolisation de l'Islam : Les media occidentaux acquis dans leur immense majorité à ce discours tendent graduellement vers une lepénisation des esprits par une doxa incantée comme une certitude (Dounia-News point com, 16.07.2009). Estimer que l'islamisme constitue un danger pour l'Europe est devenue une doxa (opinion confuse, sans fondement). Noter le participe incantée : sous le coup d'une incantation ? Prononcée comme une incantation ?

Ce qui est très étonnant, c'est que nombre de groupements, d'associations ont pris le nom de Doxa, jusqu'à un cabinet d'avocats. Voir Google pour des recherches.

Étymologie : du grec
δόξα (dóxa), opinion, conjecture.

Drag queen (anglicisme, prononcer dræg kwi:n) : avant on disait travesti, travelo. Même évolution que pour le mot homosexuel, qui est devenu gay. Même la sexualité est phagocytée par les Anglo-Saxons. Quant au mot ‹ normal › (il est normal, il a une sexualité normale), il ne s'applique plus qu'à certains présidents en exercice, qui deffrayent la chronique en allant voir leurs maîtresses en scooter (loteur généralise, ici) et les font entretenir aux frais du contribuable.

Étymologie : to drag en anglais : traîner, puis se travestir en femme dans l'argot des théâtres (allusion à de longs vêtements féminins qui traînent par terre).

Queen : reine en anglais, d'une racine proto - indo-européenne *gwen : femme, en grec γυνή (gynê) : femme, épouse.

Drame : toute pièce de théâtre, comique ou tragique. Par la suite, œuvre ou pièce représentant une action violente ou douloureuse. Le sens de nos jours est devenu : "suite d'événements terribles, tragiques, catatastrophiques". Avec un adjectif dramatique. C'est ainsi qu'on parle maintenant d'un drame de la route dans le Cantal, où quatre personnes sont décédées ; de drames de l'alcoolisme, de drames du chômage, du drame de Nantes (affaire Ligonès, où un père de famille est soupçonné d'avoir assassiné sa femme et ses enfants), etc.

Étymologie : emprunt au bas latin drama, venant du grec
δρα̃μα (drama) : action, action jouée sur scène, pièce de théâtre. Même racine que pour le mot drastique (voir rubrique suivante).

Drastique : signifie en français : énergique, en parlant de médicaments, et surtout de remèdes purgatifs. Mais l'expression venue de l'anglais 'mesures drastiques' (énergiques, draconiennes, rigoureuses, radicales) a depuis longtemps acquis droit de cité dans la bouche ou sur le clavier des journaleux ou des informaticiens, sans doute favorisé par le rapprochement avec draconien. Ce tutorial montre dans le détail différents moyens pour diminuer drastiquement le temps de chargement et de fermeture de Windaube. Il faut purger le français de tous ces calques de l'anglais, qui sont vraiment ... chiants. Et quand on parle de mesures drastiques, loteur pose invariablement la question : dragées Fuca ou pruneaux d'Agen ? L'emploi abusif de cet adjectif amène des ambiguïtés : Il y a deux choses simples à faire pour améliorer de manière drastique la sécurité d'un serveur ssh. Dans quel sens est employé drastique ? Forte ? Radicale ? Efficace ? Très efficace ?

Époustouflant, cet emploi de drastique, signalé par Le bœuf qui pleure : « La prochaine version du navigateur [Mozilla Firefox] (numérotée 3.1), qui devrait arriver cette année, se concentre surtout sur une augmentation drastique des performances et sur l'intégration de nouveaux standards du web ». Une traduction devient nécessaire.

Emploi possible : Si l'on devait virer de l'UMP tous les homophobes et les racistes, la purge risquerait d'être drastique (Médiapart). Oui, tous ces homophobes et tous ces racistes, c'est vraiment la chiasse selon Médiapart.

Étymologie : du grec δραστικός (drastikos) : actif, énergique, qui opère, surtout en parlant des médicaments. Verbe δραν : faire (selon Littré).

Dreadlocks (anglicisme, prononcez comme vous voulez) : trouvé dans un article web la phrase suivante : Entre 1952 et 1960, les guérilleros Mau-Mau, souvent vêtus de peaux d'animaux et coiffés de dreadlocks ont semé la terreur chez les colons britanniques (La Dépêche point fr, 05.10.2012). Petite corvée habituelle : jeter un coup d'œil sur Wikipédia pour savoir ce que sont des dreadlocks, puisque le mot n'était pas expliqué, le néo-rédacteur supposant que tout le monde connaît ce mot anglois. Selon cette encyclopédie, les dreadlocks sont des nattes ou mèches de cheveux, popularisées depuis Bob Marley, et auraient une symbolique solaire ou spiritualiste, comme les plumes des couvre-chef des Amérindiens. Apparemment, il n'y a aucun équivalent français à dreadlocks, les mots mèche ou natte ne répondant pas tout à fait à ce que sont les dreadlocks.

Étymologie : dreadlocks, de l'anglais to dread : craindre, redouter (car cet ornement donnerait un air redoutable), et lock : mèche. La traduction littérale de dreadlocks serait donc : mèches de terreur, mèches terribles.

Dress code (anglicisme, prononcer dres kəʊd) : 'tenue vestimentaire' ou tout simplement 'tenue' sont trop compliqués à dire ou à écrire. On a donc décidé de remplacer ces expressions françaises par l'anglaise expression dress code. Plusieurs syllabes de gagnées ! Le dress code de Lily: "Bien dans sa peau" en couleur menthe à l'eau. Ou encore : Le dress code de Lily:La tendance Tie-Dye by Isabel Marant. Conclusion vraiment pas marrante : pour suivre la mode, il faut apprendre l'anglais.

Lu sur L'Express point fr du 25.08.2013 : "AVIS DE MOBILISATION : RDV lundi 26 août pour une action coup de poing devant le Panthéon ! Venez nombreu-x-ses ! Dress code : noir (tout ou partie)..." Et c'est signé par des organisations féministes. Le moins, pour manifester devant le Panthéon qui abrite les corps de grands Français, c'est de rédiger en français. Et puis, surtout, il faut mériter d'y être inhumé. Le Panthéon ne répond pas à la loi des quotas, comme pour l'attribution de logements de H.L.M. Noter également la graphie fantaisiste : nombreu-x-ses. Apparemment, les associations féministes n'ont toujours pas compris que le masculin en français était non marqué.

D.R.H. (américanisme) : ou Directeur des ressources humaines. Staline disait que l'ouvrier était le capital le plus précieux ; tel est apparemment l'avis des néo-capitalistes, qui ont renommé leur personnel « ressources humaines ». Voià qui ne manque pas de ressource, mais l'on est ici dans le mercantilisme le plus puant. Avant, on faisait partie du personnel, on était donc une personne. L'on n'est plus maintenant qu'une ressource, comme il existe des ressources énergétiques, des ressources agricoles, etc. Voir Collaborateur.

Étymologie : directeur, du latin director, formé sur le supin du verbe dirigo, dirigere : mettre en ligne droite, aligner, donner une direction, diriger. Pour ressources, voir Ressources.

Driller : loteur a été intrigué par ce verbe, rencontré plusieurs fois lors de ses pérégrinations sur internet : J'ai une connaissance professeur de Français qui serait éventuellement intéressé d'utiliser toute tes leçons pour driller un peu ses élèves, cela poserait-il un problème quelconque ? (Forum point hardware point fr, 29.08.2004. Driller semble avoir ici les sens de : mettre dans la tête, éduquer, enseigner, interroger (?). Noter le F majuscule à français (professeur de Français). Noter aussi l'accord bizarre : une connaissance ... intéressé (la connaissance est donc un homme). Autre exemple : Viktor Klemperer s'exprimait ainsi à l'égard des enfants drillés par le nazisme pendant la seconde guerre mondiale (Forum point politics point be, 01.07.2006). Driller semble avoir ici le sens de conditionner ou de laver le cerveau, dresser (comme un animal).

Encore un exemple ? Carrie Lukas se sent orgueilleuse du travail réalisé par les femmes de Independent Women's Forum (dont elle est vice-présidente) qui ont drillé des femmes irakiennes pour qu'elles puissent participer à la vie démocratique (Chroniques patagones point blogspirit point com, 21.10.2006). Driller semble vouloir dire ici : conditionner, éduquer ou briefer, néo-verbe très apprécié des rédacteurs et journalistes. Bref, à chaque fois, on est obligé d'avancer des interpétations. Loteur répète ici ce qu'il a toujours affirmé : l'emprunt immodéré à l'anglais est une source d'imprécisions – et donc d'erreurs.

Étymologie : Littré fait remarquer que : « L'origine en paraît être le verbe anglais to drill, qui signifie percer, s'échapper ». Merriam Webster précise : to fix something in the mind or habit pattern of by repetitive instruction « drill pupils in spelling » (to drill : mettre dans la tête). Etymonline indique que drill serait d'origine germanique, d'un verbe signifiant : tourner, faire tourner, creuser.

Drive (anglicisme, prononcer draɪv) : on connaît les drives, qui sont une technique de vente de produits à venir chercher sur place avec son véhicule, technique directement importée des Étazunis : MacDucon-Drive par exemple. Il y a aussi les drive-in, ou cinémas en plein air. Nos as de la mercatique ont ainsi développé divers drives, c'est-à-dire des services de livraison – ou plutôt de semi-livraison. Par exemple le magasin à succursales « Casino » a créé un service spécial Casino-Drive : on commande ses articles sur un catalogue, le chariot est prêt en quelques minutes, et on vient chercher sa commande en voiture. Casino Drive, c'est toujours un service gratuit, simple et rapide et vous pouvez maintenant en profiter dès 1 euro d'achat seulement. Ce service occupe les salariés qui auraient tendance à ne rien fiche, et vous êtes quand même obligé de venir chercher votre commande. Où est l'avantage ? Et puis, plus de plaisir de choisir vos achats. Noter au passage « dès 1 euro » au lieu de : à partir d'un euro.


Le DRIVE, avec un dessin explicatif, au cas où on n'aurait pas compris
Remarquer la tête du conducteur, loin du pare-brise avant.
Il doit avoir de très longues jambes !

Enfin, fin du fin, la Suisse vient de mettre au point (août 2013) des drive-in du sexe (le mot drive est invariable, apparemment). Loteur ne résiste pas au plaisir de donner un large extrait d'un article de Vingt Minutes point fr (25.08.2013) pour l'édification des lecteurs. Une nouveauté qui va peut-être ébranler (sic) le monde de la prostitution. La ville de Zurich s'apprête à ouvrir lundi un drive-in du sexe, une première en Suisse. [...] Situé à Altstetten, dans un ancien quartier industriel à l'ouest de la ville, le site sera uniquement accessible aux automobilistes qui devront impérativement être seul (sic) à bord de leur véhicule pour passer la grille. [...] Le drive-in du sexe, au contraire, leur assure un environnement sûr, a plaidé Ursula Kocher, rappelant qu'en cas de danger chaque «sexbox» est équipé d'un bouton d'alarme pour appeler le service de sécurité. C'est le progrès : le drive-in du sexe est équipé de sex-box avec une alarme pour la sécurité des travailleuses du sexe. Le mac a été remplacé par l'électronique, voire la vidéo-surveillance.

Étymologie : le mot anglo-saxon drive vient du français 'dérive', 'dériver'. C'est vraiment le français à la dérive.

Driver (anglicisme et barbarisme, prononcer drivé) : veut vaguement dire : piloter, mener, conduire, voire instruire, enseigner et tout un tas de verbes qui signifient apprendre quelque chose à quelqu'un : Ils ne font que relayer servilement la prose aseptisée d'agences bien drivées ou de dircom (dir-ecteur de com-munication : manipulateur professionnel).

Étymologie : le mot anglo-saxon driver vient du français 'dérive', 'dériver'. Voir rubrique précédente.

Driver (anglicisme informatique, prononcer draɪvə(r) ou plus simplement draïveur [à peu près] ) : ça écorcherait la gueule langue des informaticiens que de parler français et de dire 'pilote' pour un programme d'installlation et de reconnaissance d'un matériel. Il faut régulièrement updater (mettre à jour) les drivers de votre modem usb.

Étymologie : voir Drive.

Droit : « Nous refusons de respecter votre droit mais, par contre, nous reconnaîtrons volontiers les droits que vous n'avez pas » (U.N. Nanti).

Étymologie : du latin directum, substantivation de l'adjectif directus : droit, attesté au VIe siècle au sens général de : justice, application des règles du droit. Le latin emploie le mot jus, juris.

Droite (en politique) : synonyme de gauche, mais en pire. Une preuve ? Le communiste Robert Hue a fondé le Mouvement unitaire progressiste (MUP), qui est l'anagramme de l'UMP (Union pour un Mouvement Populaire). Mouvement, mouvement ... Tout ça donne l'impression de bouger, mais en fait il n'en est rien. En un temps de mondialisation, toutes les valeurs sont confondues, pour céder la place aux géants de l'industrie, de la phynance et de la grande distribution. De telle sorte en effet qu'il n'y a plus de conflits d'opinions politiques, car la seule question est : à quelle sauce voulez-vous être mangé ? Et la gauche ressemble de plus en plus à un loup déguisé en agneau au vu des nombreux scandales qui distinguent le parti dit socialiste depuis plusieurs années. Il faut signaler aussi les résultats des élections régionales de 2015, avec les désistements ahurissants de la gauche en faveur de la droite, son ennemie de toujours, – comme pour la présidentielle de 2002, qui a vu la victoire de la droite, grâce aux voix de la gauche. Preuve que la gauche et la droite ne sont pas ennemies, mais apparaissent comme les deux faces d'une même entité : la République des prébendes et des passe-droit, – et des passe-gauche, peut-être un peu plus islamisés –, avec un égal mépris pour les électeurs ou citoyens (cf. leurs consignes de vote pour « faire barrage » à une autre parti).

Loteur pensait naïvement que la différence entre la droite et la gauche était purement sexuelle, à savoir : droite = enculer à sec ; gauche = enculer avec de la vaseline (ou du beurre, comme dans le film La dernière valse à Paris). De toute façon, le citoyen est toujours baisé.

Chose étonnante : pour les gens qui votent à gauche, être de droite est un vice rédhibitoire, qui fait taxer de fascisme. "C'est un sujet que je n'aborde pas car aussitôt, les gens haussent le ton". Si certains collègues savent qu'elle vote à droite, ou "s'en doutent", elle ne le dit pas à tous car "pour les autres, si on est de droite, on est facho" (Vingt Minutes point fr, 07.09.2012) Ou bien, cet autre exemple : Auteure (sic) de plusieurs livres aux titres provocants [...] Véronique Bouzou affirme avoir reçu "un nombre impressionnant de témoignages de profs victimes d'ostracisme lorsqu'ils se disent de droite" (ibid.). Les professeurs (enseignants), qui forment notre belle jeunesse, ont-ils donc une pensée binaire : gauche = bon, droite = mauvais ?

A donné le verbe droitiser : une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par son soutien à la guerre d'Irak (lu sur un blogue). Autre exemple : Mme Bachelot avait provoqué en juin [2012] le mécontentement des sarkozystes en publiant un livre, À feu et à sang", dans lequel elle dénonçait la "droitisation" de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy (Le Point point fr, L'Express point fr, 10.10.2012). Tiens, pourquoi des guillemets (étazuniens) fermants après 'sang', sans guillemets ouvrants ? On peut même trouver le néo-verbe extrême-droitiser : Nicolas Sarkozy a été accusé par Jean-Luc MÉLENCHON "d'extrême-droitiser la droite" (BFM-Télé point com, 28.04.2012). Est-ce que J-L Mélanchon n'extrême-gauchise pas la gauche ?

Substantif : droitisation. Je crains que la droitisation ne soit qu'un mirage douloureux (Ch. Jouhanno).

Citation :

« La France, c'est tout à la fois, c'est tous les Français. Ce n'est pas la gauche, la France ! Ce n'est pas la droite, la France ! [...] Prétendre faire la France avec une fraction, c'est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d'une fraction, cela c'est une erreur nationale impardonnable ».

Général de Gaulle, interview télévisée du 15 décembre 1965.

Voir Gauche.

P.S. qui n'a rien à voir : loteur ne saurait être soupçonné de parti pris : il est anar.

Étymologie : du latin directus : sans courbure, direct, à angle droit, d'où au figuré : direct, sans détour, juste. A remplacé l'ancien français dextre. Historiquement, la Droite représente l'ensemble des parlementaires qui siègent à droite du président de l'Assemblée.

Droits de l'Homme : encore une tarte à la crème des journalistes, des media, et de tas d'associations. En prenant prétexte que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », les « populations accueillies », ou des associations les défendant, nous flanquent cette expression à la tête quand il y a une injustice quelque part. Comment la France, patrie des Droits de l'Homme, peut tolérer (ou dire, faire) cela ? Les media (organes de presse) occidentaux, et surtout français, relaient ce concept jusqu'à la nausée.

Les partisans des Droits de l'Homme sont des droits-de-l'hommistes. Les Droits de l'Homme devraient être renommés Droits de l'Humain, pour quelques féministes enragées (). Et, encore pire, cédant à la manie anglo-saxonne de tout adjectiver, on parle maintenant de Droits humains, ce qui est un contresens : ce ne sont pas les droits qui sont humains, mais ils concernent les humains. On peut aussi trouver : Droits de l'humain.

() Le mot latin homo (être humain) a donné homme en français, qui est “ non marqué ” : il désigne d'abord un être humain, et ensuite l'homme par opposition à la femme. Le latin disait 'vir' pour l'homme masculin, d'où 'viril'.

Selon le modèle des « Droits de l'Homme », il y a maintenant les « Droits de l'Enfant » et même les « Droits des Animaux ». C'est ainsi qu'un article titre : « Où en sont les droits de la femme aujourd'hui ? » Voir Citoyen, Différence.

Étymologie : voir rubrique précédente.

Dû à : il existe bien en français l'expression ‘dû à' : cela est dû à (provoqué par, occasionné par). Mais la traduction servile de l'anglo-saxon ‘due to' s'emploie de plus en plus souvent au lieu de : en raison de, à cause de, à la suite de. Dû à la vitesse excessive, ce carambolage a fait de nombreuses victimes. On peut aussi trouver l'accord avec le mot précédent : [...] plutôt que de manger le porc venant d'un grand producteur insouciant et dont la viande est surconsommée dûe à sa facilité d'accès. Ou encore cet exemple : Si vous avez des problêmes (sic) dûs à une mauvaise manipulation de la base de registres... Ou bien encore : 3. Les radis facilitent la digestion: dû à leur quantité en fibres et minéraux, ils aident les estomacs flemmards à améliorer leur transit (plurielles point fr). On admirera l'élégance du style. Un peu plus loin, la rédactrice poursuit ainsi son Éloge des radis : ils font partie de ces aliments qui ont la capacité de nous aider à diminuer un peu la quantité totale des calories ingurgiter (sic) durant un repas.

Depuis la prétendue réforme de l'orthographe de 1990 et quelque (loteur se fiche de la date), la graphie du participe passé 'dû' est souvent réduite à 'du', comme dans cet exemple pioché dans la terre féconde du Figaro.fr : « Le ministre avait alors du revenir sur ses propos pour dissiper le doute » ...

Loteur a pu pêcher cette forme étonnante sur un site : Quant aux paroles de ses chansons, elles reflètent ce trait de caractère éternel (due sa modestie en souffrir)... Loteur aurait écrit 'dût', mais cela n'engage que lui.

Étymologie : du latin debere : devoir.

Ducon : nom d'une société spécialisée dans le contrôle de la pollution atmosphérique. « Ducon is a world leader, since 1938, in providing the most advanced technologies & equipment for controlling & measuring atmospheric emissions, greenhouse gases and related systems for a wide variety of industries ... » (www.ducon.com).

Traduction approximative :

Ducon est le premier du monde, depuis 1938, dans la fourniture de techniques et d'équipements les plus avancés pour maîtriser et mesurer les émissions atmosphériques, les gaz à effet de serre, et les systèmes pour une grande variété d'industries ...

Comme aurait chanté Boby Lapointe « Pour une sonnerie, c'est une belle sonnerie ! » Voir Pollution.

Dudit (de ladite, desdits, desdites) : en langage administratif, évite une redite du nom ou d'une personne. Les héritiers dudit défunt... Mais, méthode globale oblige, les emplois à contresens ne se comptent plus. Exemple : Cette décision est d'autant plus difficile pour la société de production Coyote [...], que le programme avait créé la polémique concernant la véritable identité des dits-princes... Pourquoi pas : des dix princes, Monseigneur ?

Dur, dure : bon, voilà maintenant que les sciences, comme les disques, peuvent être dures. Elle [l'intelligence] est par exemple mise en pratique lorsque l'on cherche à résoudre des problèmes de logique dans diverses sciences dures. Loteur connaissait les sciences pures, elles sont devenues dures. Les sciences dures, ou sciences viagra, s'opposent aux sciences molles, qu'on appelle aussi « sciences humaines ».

Durabilité, durable : la durabilité, c'est le caractère de ce qui est durable. On emploie ce terme pour dire tout simplement durée, longue durée, quelque chose d'étendu dans le temps (Plus le mot est long, plus il donne l'impression de durée. Cf Perdurer, Pérenniser). Cette carte est destinée à un public professionnel qui exige performance, qualité et durabilité. Ce genre de suffixation lourdingue semble emprunté à l'anglo-saxon.

Quant au néo-adjectif durable, il signifie écologique, ou qui répond aux normes, règles ou diktats de l'écologie, qui prétend qu'on peut piller impunément les ressources de la terre tout en les préservant pour les générations à venir : agriculture durable, développement durable...

Voir Acceptabilité, Défectuosité, Employabilité, Faisabilité, Infectuosité, Payabilité, Pénibilité, Utilisabilité, Vérifiabilité (etc.)

Étymologie : ce terme était déjà attesté au XIIIe siècle. Du latin durabilitas : état de ce qui est durable, durée, solidité.

DVD (anglicisme, Digital Versatile Disk) [versatile signifiant : polyvalent] : disque numérique polyvalent. Disque numérique de grande capacité, à usages divers (audio, vidéo, multimédia…) La capacité des disques polyvalents numériques est supérieure à celle des cédéroms (= disques laser) et nécessite des appareils appropriés. On pourrait proposer 'DNM' : Disque Numérique Multimédia.

Dysfonctionnel (néo-barbarisme) : calque de l'adjectif anglais dysfunctional qui signifie : qui a des problèmes. Dysfunctional family : famille à problèmes. Exemple cueilli avec des gants de protection dans Wikipédia : Lorsque Groening comprit que l'animation de Life in Hell demanderait qu'il renonçât aux droits de publication, il décida d'aller dans une direction différente et esquissa rapidement une famille dysfonctionnelle... (à propos des Simpson). Autre exemple, cueilli avec moult précautions dans un forum : La France n'est-elle pas en voie de devenir une de ces familles dysfonctionnelles à l'air irrespirable, dans lesquelles la majorité des enfants, encadrés par des parents irresponsables, incohérents ou incompétents, ne se sent pas reconnue ? Effectivement, je me le demande moi-même, dixit loteur.

Étymologie : calque intempestif de l'anglais dysfunctional. Composé du préfixe dys- + fonction. Du latin functio, -onis : accomplissement, exécution, dérivé du verbe fungor, functus, fungi : s'acquitter de, accomplir. De defungor, defunctus vient défunt : celui qui s'est acquitté.

Dysfonctionnement : un des principaux atouts de la secte Micromou. Bugs, bogues, anomalies de fonctionnement, défaillances, dysfonctionnements, erreurs fatales … tout cela est pain bénit pour cette société qui vous propose de corriger toutes ses erreurs de programmation par une nouvelle version ou une mise à jour (payantes), – mais qui contiennent curieusement d'autres bugs, bogues, anomalies de fonctionnement, défaillances, dysfonctionnements, erreurs fatales… Et c'est reparti pour un tour !

Dysfonctionnement, c'est une anomalie fonctionnelle. Apparemment c'est pire qu'un défaut. Semble être la traduction de l'anglo-saxon malfunction. Ce terme, cependant, est maintenant très fréquemment employé, à propos d'un défaut physique ou autre : dysfonctionnement d'un appareil (= appareil merdique), dysfonctionnement d'un service (= des bandes de bons à rien), dysfonctionnement d'un organe (= organe presque foutu), dysfonctionnement de la police (= bavure)...

Étymologie : néologisme médical introduit au début du XXe siècle.




(1) Ce serait plutôt aux Allemands à faire ce travail de mémoire, non ? Qu'en disent Angéla Merkel, et les descendants des nazis ?     


(2) Dans quel sens est pris le mot « droit » ?     






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