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« Le dictionnaire est une machine à rêver ».
Roland BARTHES

« Il n'y a pas plus d'analphabètes dans l'enseignement qu'ailleurs ».
Guy BEDOS

« Le sport est le plus sûr moyen de produire une génération de crétins malfaisants ».
Léon BLOY

« Hâtez-vous lentement et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ;
Polissez-le sans cesse et le repolissez.
Ajoutez quelquefois et souvent effacez. »
BOILEAU, Art poétique

Καὶ ἐποίησεν ὁ Θεὸς τὸν ἄνθρωπον
(Et Dieu créa l'homme...)
La BIBLE




Première partie




B : la forme de la lettre B, deuxième lettre de l'alphabet latin, remonte à un hiéroglyphe égyptien, représentant une maison. Elle ressemblait à peu près à cela ou cela : une entrée et une pièce. En phénicien, le hiéroglyphe passera à . Le signe a subi une rotation de 90° vers la droite, les angles se sont arrondis. Chez les Grecs, une boucle supplémentaire a été ajoutée, le dessin s'est inversé pour donner le béta grec (Β β), puis le B latin. Le changement de direction de la graphie des lettres Β est sans doute dû au fait que l'écriture, au lieu d'aller de droite à gauche chez les Anciens, allait chez les Grecs de gauche à droite. A signaler qu'en cyrillique (russe, bulgare), le B reste proche du hiéroglyphe initial, avec une rotation de 90° vers la gauche :  → Б.

Baby-bump (anglicisme, prononcer beɪbɪ bʌmp) : cet anglicisme (littéralement : bosse de bébé) désigne dans les magazines féminins la grossesse visible d'une femme. Baby-bump = grossesse, ventre rond, bedon... On découvre ainsi la future maman vêtue d'une marinière et d'un shorty blanc, qui laisse entrevoir un beau baby-bump et des jambes superbes (Closer-Mag point fr, 10.07.2014). Noter le mot shorty, littéralement « nabot » : petite culotte, qui laisse voir les fesses. Autre exemple : A l'aéroport de Los Angeles ou en combi-pantalon transparente lors d'une conférence, le baby bump de Kim Kardashian ne passe plus inaperçu (Pure Break point com, 26.07.2015). Noter que le mot composé combi-pantalon est ici accordé au féminin. La manie des magazines féminins d'employer des mots et des expressions en anglais là où il existe déjà des équivalents français devient de plus en plus horripilante.


Plus fort que le baby-bump : le baby-pump (la pompe à bébé)

Étymologie :  « Bébé » (Nicolas Ferry) était le surnom du nain de Stanislas de Pologne (1732 - 1798). Ce qui a donné en français : bébé, en anglais : baby. Mais il est possible qu'à l'origine ce ne fut qu'une simple onomatopée, évoquant les premiers mots prononcés par l'enfant, mots centrés autour des « occlusives labiales » : mama, papa, bébé, avec redoublement des consonnes. Les labiales (sons formés avec les lèvres) évoquent le premier mode d'appréhension de la réalité par l'enfant : la succion des lèvres, la tétée.

Bump, de l'anglais bump : secousse, mais aussi bosse. To bump : secouer, cogner, butter. Cf. bumper : pare-chocs.

Baby-sitter (anglicisme, prononcer beɪbɪ sɪtə) : équivalent néo-français de 'garde-bébé', 'garde d'enfant'. Ne pas confondre avec baby-setter ou bébé setter (race de chiens).

Étymologie :pour baby, voir rubrique précédente.

Sitter, du verbe to sit : s'asseoir, couver. Baby-sitting est une expression née au XXe siècle. Racine indo-européenne *sed : être stable, qui a donné star, étoile, étable etc.

Bac : abrégé de baccalauréat. Le bac, que détenait 1 % à peine de la population française au début du XXe siècle, est en passe d’être le diplôme le plus galvaudé qui soit. Cf le cri fameux « 80 % des élèves en classe d'âge au bac ». La génération 2006, par exemple, aurait connu 82,1 % de réussite au bac. Quand on sait que les écoliers ont manifesté des semaines, si ce n’est des mois, contre le projet du C.P.E. du gouvernement en 2006, on se demande comment ils ont fait. Ou alors, l’on a affaire à des génies (de la bac-élite, somme toute). Quant à la génération 2007, elle aurait connu une taux de réussite de 83,3 %. Il est peut-être utile de rappeler que, lorsque loteur a passé son bac (en deux parties), il y avait envron 12 à 13 % de bacheliers en France. Il y en a maintenant plus de 65 %, c'est-à-dire cinq fois plus. Mais il y a cinq fois plus de cons, grâce à nozélites, toujours soucieuses de former (« formater ») des ignares abruitis et non des intelligences à l'esprit critique.

Données du Ministère de l'Éducation nationale : le taux de réussite en 2014 est de 87,9 % ; il grimpe à 90,9 % dans les filières générales. Du jamais vu. Le taux de réussite au baccalauréat 2011 est stable à 85,6 %, selon le ministère de l'Éducation nationale. Entre 1960 et 2012, le taux de réussite au bac est passé de 60, 5% à 84,5 %, selon un article de l'A.F.P. Pour le bac 2015, le taux de réussite est de 87,8 % et pour 2016, de 88,5 %. Devant tant d'impétrants, on se demande pourquoi les jeunes gens parlent de plus en plus mal français et sont de plus en plus ignorants ; de telles données laissent rêveur, quand on voit le niveau de culture et d'orthographe des élèves. En fait plus de 80 % des élèves vivent en-dessous du seuil de la pauvreté culturelle. C'est ce que l'on appelle le « nivellement par le bac ». Curiosité : le bac 2015 a vu le taux de mentions « Très bien » approcher les 20 %, – ce qui est totalement impossible dans la réelle réalité. La mention « Très bien » doit correspondre à une mention entre « Assez Bien » et « Bien » d'avant l'an 2000, et encore... Sans doute une grande victoire de Bécassine, dont les louables efforts sont sans doute de vouloir mettre le bac à la portée de tous les Kévin, Jessica et autres Mohamed. Loteur lui décerne la mention « Très bien », magna cum laude. Cette politique relève plus de l'idéologie gauchisante que de la réelle volonté de restructurer l'enseignement. Il est évident que les taux de plus en plus magnifiques et mirifiques au bac ne résultent que d'une falsification systématique des notes afin d'afficher des taux de réussite exceptionnels (l'« exception française », probablement). Depuis quelques d'années, on manipule les chiffres, on rehausse les notes afin de truquer les résultats (plus de 85 % de réussite au bac ; du jamais vu !). Loteur appelle cela de la fraude, l'État est donc coupable de fraude au bac.

Par bêtise ou malhonnêteté, les hommes politiques et diverses « autorités » glorifient ce certificat d'inculture, qui est censé assurer à celui qui l'a obtenu une place dans la société. Innovation de juin 2011 : il suffira d'avoir 9/20 de moyenne pour obtenir le bac. Peut-être, à l'avenir, suffira-t-il de se présenter aux épreuves pour être admis ? Et selon les sondages, 85 % des citoyens seraient favorables à l'introduction du contrôle continu pour le bac, car selon un media, se référant à un sondage I.F.O.P. « Plus de huit Français sur dix (85%) souhaitent une part de contrôle continu dans l'examen du baccalauréat » (Sud Ouest point fr, 16.06.2012). Et M. Peillon (ministre de le la Désinstruction publique) a indiqué qu'il n'était "pas hostile" à l'introduction d'une part de contrôle continu (Le Monde point fr, 18.06.2012). Autant dire que le baccalauréat aurait cessé de vivre, car 'examen' et 'contrôle continu' sont deux conceptions antinomiques.

Pour l'anecdote, quand l'auteur a passé son bac, il n'y avait que 60 % de reçus (12 à 15 % de la population avaient son bac), et il n'existait que trois bacs : Philo, Math Élem, et Sciences Ex. Il y en a maintenant des dizaines (?) ; plus ça se complexifie, plus le niveau baisse. Il existe maintenant des sites qui préparent au bac ; on peut même écouter des émissions de radio consacrées aux maths, et préparer le bac tout en vaquant à ses occupations habituelles.

Marronnier () inévitable : l'examen du bac donne lieu chaque année à des retransmissions télévisées, tout à fait inintéressantes (questions sur la forme physique et morale des candidats, leur régime, leur temps de sommeil, les vitamines qu'ils prennent, etc.) qui mobilisent des temps d'antenne inutiles. C'est encore une fois le degré zéro de l'information. Quant aux résultats, cela donne lieu à des scènes de liesse hystériques quand le (la) candidat(e) est admis(e) (hurlements de joie, embrassades effrénées...) ; à des scènes de désespoir non moins hystériques quand le (la) candidat(e) n'est pas admis(e) (pleurs, hurlements, effondrements dans les bras d'amis ou de parents...). Le Ministre de l'Éducation dite nationale devrait songer sérieusement à établir une cellule d'aide psychologique pour les personnes traumatisées. Ces marronniers sont d'autant plus indécents en raison du niveau de plus en plus lamentable des élèves français en toutes matières, selon les rapports Pisa. Plus le niveau baisse, plus on fait de reportages sur le bac. Pourquoi donc monter la médiocrité en épingle ? Voir Rentrée des classes.

() on appelle « marronnier » un sujet creux, qui revient périodiquement dans les colonnes des magazines ou sur les antennes : la rentrée scolaire, le beaujolais nouveau, les achats de Noël, les départs en vacances, le chassé-croisé des vacanciers, les soldes, les défilés de mode et les défilés homos, les allocutions du président de la République, etc. Par exemple, pour Pâques, la french T.V. diffusera maints et maints reportages sur le chocolat, faisant fi des recommandations d'éviter de consommer trop sucré, et le jour de Pâques elle ne manqera pas de retransmettre la bénédiction « Urbi et orbi » (sur Rome et sur le monde). La dimension spirituelle est totalement gommée.

P.S.1 Certains paragraphes de la rubrique bac ont été suggérés par Gilles D., professeur de mathématiques.
P.S.2 bac (B.A.C.) veut aussi dire Brigade Anti-Criminalité. Loteur est heureux de féliciter la police pour cet acronyme.

Étymologie : une étymologie donne baccalauréat comme : [couronne de] baies de laurier. En fait, c'est une altération du bas-latin bachalariatus, désignant un rang de débutant d'abord dans la chevalerie, et puis dans la hiérarchie religieuse et universitaire. Le bachelier, en vieux français, était une jeune noble sans terre. A donné le mot anglais bachelor.

Auguste Brachet (Dictionnaire étymologique de la langue française) fait dériver bachelier de baccalaria : métairie, venant de bacca : vache. Au départ, le bachelier était donc un gardien de vaches, un cow-boy en quelque sorte (?). Par dérivations successives, bachelier en est venu à signifier le vassal d'un seigneur, puis un jeune qui étudie sous la direction d'un maître, avant d'être un jeune diplômé. En vieux français, une bachelette était une jeune fille. Voir rubrique suivante.

bachelor (anglicisme, prononcer bæʧələ(r)) : c'est une constante de la télévision dite française que d'employer des termes anglois pour donner un nom à une émission. C'est ainsi que la sympathique chaîne NT1, filiale de TF1, suivant l'exemple de la maison-mère [qui donne sytématiquement un nom anglais à ses nouvelles émissions], a appelé une émission de divertissement bachelor, mot anglais qui signifie célibataire. Découvrez les prétendantes du bachelor. Vingt jolies jeunes filles vont tenter de séduire Adriano, le nouveau bachelor, dès lundi, sur NT1. Remarquer l'emploi de la préposition dès, au lieu de à partir de.

Féminin : bachelorette, fille célibataire qui convoite un bachelor. Exemple : Elle donne également son opinion sur ses rivales, et notamment Alexandra, déjà pire ennemie de toutes les bachelorettes (Programme-TV point net, 29.01.2013). Ici, on ne sait pourquoi, il y a une majuscule à bachelorettes. Noter également l'absence de la préposition 'sur' devant 'Alexandra'.

bachelor est aussi un titre correspondant à un diplôme après le bac. En France, un bachelor est un diplôme post-bac (sic) désignant un premier cycle de l'enseignement supérieur, comportant une dimension internationale (une partie ou la totalité des études sera suivie en anglais). La plupart des carrières ouvertes par un bachelor concernent donc le commerce international, le marketing, la gestion, la finance ... c'est-à-dire en relation avec le mercantilisme anglo-saxon. Réflexion de loteur, cet incorrigible contempteur de la langue anglaise : Y'a qu'à instituer anglais langue maternelle et unique, ce sera plus simple.

Étymologie : du vieux français bacheler ; voir rubrique précédente.

bacs (être dans les ~) : être en vente, être commercialisé. Se dit surtout des disques (albums dans la néo-langue) qui sont disposés dans des bacs (étaux [ou étals]) pour la vente. Mais que penser de l'exemple suivant ? Les responsables de la marque n'ont pas encore annoncée (sic) de date précise de commercialisation mais il se dit que la belle italienne serait dans les bacs avant l'été (chronique automobile de Yaourt, 02.10.2010). Il s'agit en fait d'une ... voiture (une Lamborghini) qui peut difficilement prendre place dans un bac.

Étymologie : peut-être en relation avec le latin baccia ou bachia : vase, pot.

background (anglicisme, prononcer bækgraʊnd) : arrière-plan, contexte, voire expérience chez les néo-crétins acharnés. background : cette rubrique regroupe tous les articles et aides de jeu spécifiques à un univers en particuliers (sic). Autre exemple : background : depuis 40 ans, Povrecom est le spécialiste du conseil et des solutions pour les acteurs du monde des télécommunications et des technologies de l’information (technologies de l'information = informatique).

backroom (anglicisme, prononcer bækru:m) : mot anglois désignant une pièce au fond d'un bar, où les homos se rencontrent. Et s'il ne pouvait revendiquer son identité sexuelle en public, le musicien se lâchait en privé avec hommes de maison en boxer moulant, sous-entendus sexuels permanents et passage ponctuels (sic) dans les backrooms par nuit de beuverie (chronique Yahoo, 21.05.2013). backroom = enculodrome ?

backstage (anglicisme, prononcer bæksteɪʤ) : mot anglois signifiant coulisses. Par snobisme, les néo-rédacteurs écrivent backstage au lieu du mot français coulisses, pour montrer peut-être qu'il connaissent deux-trois mots de la langue de l'ennemi. C'est backstage qu'il [J. Bieber] a perdu connaissance, comme le précise TMZ (Public point fr, 08.03.2013). Noter la formulation « C'est backstage » pour dire ‘C'est dans les coulisses’.

Badass : agressif, teigneux, emmerdeur, mais aussi : formidable, sensas, extra. Exemple : Connue pour son côté très badass, Michelle Rodriguez sait généralement montrer qu'elle n'a pas froid aux yeux (The Huffington Post point fr, 13.08.2015). Badass, ici = qui n'a pas froid aux yeux, impassible, flegmatique, « cool ».

Étymologie : badass (bad ass, « mauvais cul » : mauvaise personne), argot étazunien. Il y a pléonasme dans la formulation 'badass' et 'qui n'a pas froid aux yeux'. Trop de sens différents (voir premier paragraphe) tuent le sens.

Balayer : sens nouveau : exclure, rejeter. Selon un sondage CSA pour Orange, la presse régionale et RTL diffusé vendredi, les Français comme les sympathisants de gauche balaient tout retour de Dominique Strauss-Kahn en politique.

Substantif : balai, comme dans cet exemple tiré de l'excellent du 20.03.2012 : Deux jeunes collégiennes viennent à peine d'arriver sur place alors que dans la rue, le balai des ambulances et des voitures de police se poursuit. Que signifie le balai des ambulances, спрашивается (sprachivayetsa : on se le demande) ? Le va-et-vient ? Les allées et venues ? Il existe bien des voitures-balais, lors des courses cyclistes, mais ces voitures-là sont chargées de ramasser les courreurs fatigués et qui abandonnent. A moins que le rédacteur n'ait voulu écrire : « le ballet des ambulances ». Ce serait comique si le contexte n'était pas atroce (tuerie d'enfants juifs à Toulouse [mars 2012]). Le balai servirait-il à balayer les corps des victimes ? L'article est toujours (mai 2016), avec sa magnifique faute inexcusable (au 4e §). Commentaire d'un pathologiste des médias à propos du balai des ambulances : « Le rédacteur de l'article écrit comme un manche ».


Le rédacteur de l'article écrit comme un manche

Étymologie : balayer, dénominatif de balai, en relation avec le vieux français balier ou baloier, du latin ballare : danser. Grec βαλλίζειν (ballizein) : se trémousser, danser.

Bambou (coup de ~) : insolation, grosse fatigue ou accès de folie. « On sait qu'au Sud la chaleur entretient la soif et en même temps le moustique de la malaria, et que ceci allié à cela, est fort propice au coup de bambou » (Hervé Bazin, La Fin des asiles, cité par le Cnrtl).

Une réclame publicitaire pour des prestations automobiles s'est saisie de cette expression dans le sens dérivé de « coup de fusil », « coup de massue », qui se rapportent normalement à une addition trop salée de la part d'un hôtelier ou d'un restaurateur. Non seulement l'expression initiale est empruntée dans un sens famillier dérivé, mais encore elle s'applique normalement dans un autre contexte.


« Chez les concurrents, c'est le coup de bambou ». C'est plutôt le
coup de fusil ou le coup de massue. Qu'en pensent nos amis asiatiques ?


Bania (баня en russe) : un journaliste effectuant un reportage sur le bain à la russe, ou bania, s'obstina à répéter tout au long du reportage : le bania, au bania, semblant superbement ignorer que ce mot est féminin en russe. Et, de toute façon, on a tendance en français à féminiser les mots étrangers se terminant par -a. Le journaliste aurait au moins pu se renseigner quant au genre du mot bania. A moins que, ayant trop lu la littérature russe (en français), il n'ait confondu bania et bagne.

Étymologie : bagne, de l'italien bagno : lieu servant de prison. « Il y a [à Tripoli] un grand logis de ceux qu'ils appellent Bagnes ou prisons, qui servent, comme j'ai dit cy-devant, à y enfermer les pauvres esclaves Chrestiens » (lettre d'Arnoul, intendant des galères, à Colbert). Avant, on employait le mots bain ou baing, que le mot bagne supplantera. Italien bagno : bain, du latin balneum : bain, salle de bain. Le « bagno » était un établissement pénitentiaire à Livourne, construit sur un ancien bain.

Bankable (américanisme, prononcer bæŋkəbəl) : ce terme anglo-américain veut dire : rentable, qui rapporte, sur qui (quoi) on peut miser, qui constitue une valeur sûre. Cette politique éditoriale, qui privilégie la quantité de livres signés par tel ou tel auteur bankable au détriment de la qualité (Acrimed point org, 10.01.2011). Ce terme est plutôt employé dans le milieu du cinéma : un acteur bankable. Une fois de plus, avec les Anglo-Américains, l'accent est mis sur le côté vénal. Mais assez souvent, avec des artistes dits bankables on assiste à de véritables fiascos ; et bankable doit alors être traduit par : « gouffre à dollars ». Pour ajouter à l'horreur du mot, beaucoup de néo-crétins prononcent bankeïbeul, et le mot est invariable, comme pour tous les adjectifs anglais : Classement des acteurs les plus bankable de France... Ou bien : Jean Dujardin, Marion Cotillard, Guillaume Canet... Tous sont entrés dans le club privilégié des « bankable ». Cependant, on peut trouver le mot au pluriel : Hollywood : Les 10 actrices les plus « bankables » du moment (remarquer dix écrit 10).

En français : bancable (avec un 'c' au lieu d'un 'k'). Un titre bancable est un effet de commerce réescomptable par un établissement financier auprès d’une banque centrale, ce qui a pour effet de réduire le risque (Wikipédia). C'est donc un titre négociable en banque. Par snobisme ou simple néo-crétinisme, ce sont la graphie et la pronociation anglo-américaines qui s'imposent dans les milieux du cinéma – vitrine insolente du luxe et de la vanité.

Étymologie : bankable, bancable sont formés sur bank ou banque. Bank, banque viennent de l'italien banca : table, comptoir de vente. Le mot, initialement, signifiait banc.

Banlieues :   territoires sous la juridiction (ban) d’un seigneur – et non lieux de bannissement comme le prétend un histrion physiquement disgracié (). Ces communes à la périphérie de grandes villes sont devenues, à cause des journalistes, toujours enclins à dramatiser les choses, synonymes de territoires sans droit ni loi, alors que, comme chacun le sait, il y règne une paix cosmique, baignant dans une musique céleste. Les fenêtres cassées et les dégâts matériels que l'auteur (qui vit en banlieue) constate régulièrement chez lui, ainsi que quelques menus larcins, ne sont vraisemblablement que le fruit du hasard.

() Ce même histrion, à la culture immense, prétend que « l’Islam est en Europe depuis 3000 ans » (sic).


Une vitre cassée chez loteur par d'honorables banlieusards ( ? ).
Étant donné que le remplacement n'atteignait pas 150 euros, les assurances ont refusé de rembourser.
Merci les petits gars !


Les banlieusards – surtout ceux qui composent la jeune génération – parlent une langue bien à eux, sabir incompréhensible et haineux, où ils crachent leur haine envers tout ce n'appartient pas à leur « clan ». Cf. ces paroles de Finkielkraut : « Il faut que la langue française puisse reconquérir ce territoire perdu qu’est le "parler banlieue", manière de haïr la langue dans la langue, supplice infernal infligé à la langue, et surtout handicap effrayant pour le reste de l’existence ».

Enfin, et ceci n'est pas une mince affaire, les banlieues représentent pour certains l'avenir de la France : Parler de l’avenir de la France, c’est parler des banlieues. Loteur, qui réside en banlieue, n'est pas peu fier de représenter l'avenir de la France. Les banlieues ont certains aspects négatifs, certes négligeables, mais ce n'est que l'envers de la médaille : émeutes, voitures brûlées, locaux publics incendiés, lapidation [caillassage] des policiers et des pompiers intervenant sur place, trafic de drogue, etc.

Étymologie : banlieue, littéralement, c'est la lieue du ban, c'est-à-dire l'espace d'environ une lieue (± 4 km) autour d'une ville, espace sur lequel s'exerçait la juridiction du seigneur.

Bannière : semble avoir le sens de marque commerciale, de panneau publicitaire, voire de magasin, magasins à succursales. Je ne me procurerai plus jamais quelque produit que ce soit en provenance de votre bannière. Sur internet, c'est une image fixe ou animée sur laquelle on clique pour aller sur un site commercial. Ces bannières flash sont donc prêtes à être installées sur votre site, vous n'avez pas besoin de connaître le langage Flash pour les utiliser ! Importation frauduleuse de l’anglo-saxon.

appel : la bannière, en français, c'est un étandard, une enseigne. Voir Enseigne.

Étymologie : deux étymologies sont proposées :

1. soit à partir de ban, territoire sous la juridiction d'un seigneur ; la bannière était l'enseigne sous laquelle le seigneur faisait marcher ceux qui lui devaient le service militaire. Bannière serait de même racine que banlieue et bannir.

2. soit à partir du latin bandum, bandeau, drapeau (Littré). Mais cette étymologie est contestée.

Bannir : rejeter, interdire, exclure, dans le langage des internautes et surtout des « forumeurs ». Ce participant a été banni à cause du contenu de ses posts. Sempiternel emprunt à l'anglo-saxon : to ban (interdire, exclure, suspendre). Voir Forum, Modérateur.


Un internaute « banni » (exclu)
Le personnage est en gris, et il est frappé d'un signe
qui n'est ni un sens interdit, ni une interdiction de stationner,
mais un mélange des deux.

J.-M. Le Pen « banni ». Le rédacteur lit trop de forums

Substantif : bannissement, dans de nombreux sens : abandon, abolition, élimination, exclusion, interdiction, proscription, rejet, suppression, etc. En attendant le bannissement total, la convention «exige que les mines antipersonnel soient équipées d’un dispositif d'autodestruction, et que les champs de mines soient marqués, clôturés et surveillés» (cité [et traduit ?] par Libération point fr, 16.09.2014). Manie de néo-rédacteur de transposer directement des termes anglo-américains, sans passer par la case réflexion (anglicismes rampants). Noter le néo-crétinisme linguistique « les mines antipersonnel » : les mines anti-personnes, les mines anti-personnelles.

Étymologie : le mot 'bannir' vient d'un mot francique qui signifiait : proclamer, convoquer (des troupes). Quant au ban, en vieux droit français, c'était l'ensemble des individus et des territoires relevant de l'autorité d'un seigneur. Et bannir fait évidemment penser à 'mettre au ban' (= exclure). Même racine que banlieue.

Banque : établissement ayant pognon sur rue. Ceux qui travaillent dans une banque sont appelés banquiers, ou parfois banksters. Voir Assureur, Escroc. Et quand un directeur de très célèbres établissements bancaires s'appelle Tricheur, voilà qui en dit long sur les mœurs des banquiers ou banksters.

Remarque : quand un banquier vous vous fait faire de mauvais placements tout en le sachant, c'est un escroc ; on parle alors de bankster. Quand il le fait de bonne foi, c'est un incompétent ; on parle alors de saltimbank. Loteur ayant perdu ses maigres économies à cause des banquiers, il s'est promis juré qu'il ne leur confiera plus jamais le moindre sou. Mot d'ordre de loteur (cela rappelle un peu celui d'Éric Cantona) : Il faut ruiner les banquiers.

Dernière plaisanterie de l'État chypriote (mars 2013) sous la pression de la B.C.E. (Banque centrale européenne) et du F.M.I. : la taxation des dépôts bancaires, théoriquement au-dessus de 100 000 euros. Les banquiers deviennent ainsi des agents du fisc. Raison de plus de ne rien leur confier.

Relevé dans un article : « Une super entité de 50 grands détenteurs de capitaux :

Enfin, au sein de ce groupe de 147 multinationales, 50 grands détenteurs de capital forment ce que les auteurs appellent une « super entité ». On y retrouve principalement des banques : la britannique Barclays en tête, ainsi que les « stars » de Wall Street (JP Morgan, Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley…). Mais aussi des assureurs et ds groupes bancaires français : Axa, Natixis, Société générale, le groupe Banque populaire-Caisse d’épargne ou BNP-Paribas. Les principaux clients des hedge fund
( ? ) et autres portefeuilles de placements gérés par ces institutions sont donc, mécaniquement, les maîtres du monde ».

Comment les banques font de l'argent :


28 euros de frais pour un (énorme) découvert, comblé immédiatement,
et une interdiction bancaire de 5 ans.
Truander une banque de 4,9 milliards d'euros reviendrait moins cher.



Un banque before (devant) toutes les autres.
Il ne s'agit que du ... Crédit Péquenot qui vient de
se mettre à l'anglais pour séduire les jeûeûnes.
Noter le possessif Ma, pur néo-crétinisme.

Étymologie : voir Bankable.


Vu à l'aéroport de Sofia (Bulgarie) :
Il est marqué en cyrillique : Banka DSK (Banque DSK)
Le directeur de ladite banque a écrit à loteur pour préciser
que ce n'était pas une banque du sperme.

Barbare : étymologiquement, pour les Grecs, le « barbare », c'est un étranger qui ne parle pas grec, qui ne sait que dire bar-bar. « ... il existe naturellement, et pour les Grecs et pour les Barbares, une juste façon de dénommer qui est la même pour tous ». (Platon, Le Cratyle). Les philosophes grecs ont donc répandu l'idée qu'il n'y a pas de compréhension rationnelle du monde sans discours clair et intelligible. Ce mot ‘barbare’ est devenu synonyme d'un être d'une cruauté sauvage et primitive.

Substantif barbarie : la barbarie nazie. Le dévoiement du sens est intéressant à analyser. Celui qui ne sait pas parler, qui ne sait pas s'exprimer devient la proie de la violence. C'est peut-être ce qui se passe dans les banlieues françaises, où l'on affaire à des êtres ne connaissant pas plus de mille mots de vocabulaire, et donc incapables de s'exprimer autrement que par des barbarismes et des actes de barbarie : incendies de véhicules, incendies de bus, ou faire brûler des victimes de leur vindicte irrationnelle. Le feu agit-il ici comme élément expiatoire ?

Confusion intéressante à signaler : souvent sur internet on trouve le mot barbarisme au lieu de barbarie. Influence de l'anglo-américain, sans doute, qui déforme le sens des mots.

Adjectif : barbare, dans le sens de fruste, peu évolué, qui écorche l'entendement ou les oreilles. Entendu à la télé (A2, 13.04.2013, 07h 30) à propos de la découverte d'une planète : La planète porte un nom barbare : Képler-22B. L'astronome Johannes Képler, père du système solaire, aurait été flatté d'être traité de barbare.

Étymologie : emprunt au latin barbarus, qui l'a lui-même emprunté au grec βάρβαρος (barbaros) : étranger, non grec. Puis : incorrect, grossier, non civilisé. Cf. sanscrit बर्बर (barbara) : les barbares (peuples non Aryens). Barbarâ : qui bégaie, qui parle mal.

Barbarisme : violence contre la langue, devenue un procédé moderne de création ou d'utilisation de mots, très prisé des néo-crétins, c'est-à-dire des journaleux [ce mot lui-même est un barbarisme], des hommes ou femmes politiques, des publicitaires, des informaticiens, des agents administratifs, etc. Barbarismes en vogue : alternatif, basic ou basique, citoyen (adjectif), jeunes, sociétal, etc. On trouve aussi des barbarismes que pondent royalement nozélites : bravitude, héritation, méprisance ... Autres barbarismes, classiques ceux-là : aéropage (aréopage), confusionner (confondre), connection (connexion), dilemne (dilemme), hynoptiser (hypnotiser), infractus (infarctus), omnibuler ou obnibuler (obnubiler), pécunier (pécuniaire), renumérer (rémunérer), solutionner (résoudre), etc. De Gaulle lui-même, le grand de Gaulle, commit un barbarisme à la mesure de sa grandeur en stigmatisant les quatre généraux putchistes (1961), évoquant un quarteron de généraux félons. Quarteron désigne la quatrième partie d'un cent, et correspond donc à vingt-cinq. Le Littré, quant à lui, affirme cependant que « le quarteron est de 26 à Paris, et de 32 dans quelques villes de France ».

appel : le barbarisme, en français, c'est l'utilisation d'un mot dans un sens qu'il n'a pas, ou d'un mot forgé en dépit des règles grammaticales. Les jeunes des banlieues, n'ayant pas de réels moyens verbaux pour exprimer leurs révolte, truffent leurs discours de barbarismes, et se livrent à des actes de barbarie (voir rubrique précédente). Les uns ne vont pas sans les autres.

Il existe une utilisation fautive du mot barbarisme, qui le fait confondre de plus en plus souvent avec « barbarie » ou « actes de barbarie » qui représentent, eux, une violence physique : Mobilisation arabe contre le barbarisme israélien, ou bien : Le communautarisme est un barbarisme (il ne s'agit pas du mot communautarisme, mais de l'esprit communautaire, présenté ici comme une barbarie). Autre exemple : Excision et infibulation. Religion ou barbarisme? Ou encore : Sakineh, martyre de la vague de barbarisme (à propos d'une jeune femme condamnée en Iran). Autre exemple : Nous avons besoin, non pas d'idéaux mais d'hommes vigilants pour que le barbarisme n'envahisse pas nos institutions et nos modes de vie. Loteur, amoureux du français, est bien d'accord là-dessus ; cependant le scripteur a voulu écrire : barbarie. Encore un exemple : La cour d'assises de la Sarthe doit juger à partir de lundi l'affaire de la mort de la petite Marina qui n'a pas survécu aux actes de barbarisme de ses parents.

Un exemple qui a fait beaucoup de bruit : Soldats tues (sic) en Afghanistan: l'UMP "condamne cet acte de barbarisme sans nom" (titre repris par plusieurs media, avec ou sans accent aigu pour tués. Ce titre serait repris d'un communiqué de J.F. Copé, relayé par l'A.F.P.) Loteur condamne ce barbarisme regrettable. A noter l'expression « barbarisme sans nom », alors que l'auteur du communiqué donne justement un nom à cet acte, à savoir « barbarisme ». Cette faute (barbarisme au lieu de barbarie) tend à se répandre ; dans Google, au moins le tiers des rubriques sur le « Barbarisme » concernent en fait la barbarie. La violence contre la langue se confond avec la violence physique, – signe des temps. Par exemple, vu dans un article sur internet : Barbarisme ou néo-colonialisme en 2008-07-01. Le néo-colonialisme ou la neo-barbarisme ? L'auteur pense tellement à « barbarie » qu'il écrit LA neo-barbarisme.

Peut-être que la finale en -isme (libéralisme, stalinisme, vandalisme, macarthysme, socialisme, colonialisme, nazisme...) y est pour quelque chose dans cette confusion. Cause supplémentaire de confusion due à l'anglais : dans cette langue le mot "barbarism" signifie barbarie et barbarisme. Encore une incorrection barbare, due à l'influence pernicieuse et regrettable de l'anglo-saxon, et on ne peut que conseiller à ceux qui utilisent barbarisme au lieu de 'barbarie' de faire l'effort de regarder la définition dans un dictionnaire. Mais c'est sans doute là trop leur demander.


La couverture du livre « Le Nouveau Léviathan ».
« ... la Civilisation et la Barbarie », avec en regard l'annonce publicitaire « ... Civilisation et Barbarisme »



« Socialisme ou Barbarie » sur la couverture du livre ; « Socialisme ou Barbarisme » dans l'annonce publicitaire.
On peut multiplier les exemples de ces scotomisations (annonce parue sur Ebay).

Et si vous tapez « Barbarisme » dans le service de recherches Google, celui-là vous fournit obligeamment nombre de de liens vers « Barbarie ».

Il existe un néo-verbe barbariser : envahir, inonder de barbarismes, exemple : Actuellement le français est gravement barbarisé par l'anglais.

Curiosité : un site vous propose de conjuguer le verbe barbarisme (sic) : Conjugaison du verbe barbarisme. On peut maintenant décliner des verbes (voir ICI). Pourquoi pas conjuguer des substantifs ?

Certains auteurs sont très friands de créations barbaresques, les meilleurs au XXe siècle étant sans conteste Louis-Ferdinand Céline et Frédéric Dard, dont le personnage de Bérurier cultive les barbarismes avec une verve à nulle autre seconde. Quelques inventions et néo-barbarismes sanantoniens : collisionner pour entrer en collision, estravaguer pour dire des choses extravagantes, gohomer pour rentrer chez soi, standinge au lieu de standing, véquande au lieu de week-end, œuf corse au lieu d'of course, doré de l'avant pour dorénavant, etc.

A signaler que l'AFNIC, qui gère les noms de domaine, avait interdit le nom de domaine 'barbarisme', qui était un crime selon elle (un crime contre la langue, certes, mais de là à interdire de le prendre comme nom de domaine, y'avait de l'abus). Il y a pour réglementer cela une charte de nommage (sic, autre barbarisme). Par contre, on pouvait prendre le nom de domaine 'solécisme', qui est une faute contre la syntaxe, pire qu'un barbarisme donc qui n'est, lui, qu'une faute contre le vocabulaire. Ou on pouvait prendre sans problème 'trou-du-cul-champignon-tabatière point com' ou 'mon-zizi-dans-zazie point com'. Les noms Liberté (sic), ou les noms Bouddha, Dieu, Diable, Christ et christianisme étaient jusqu'en juillet 2011 interdits.

Étymologies : pour barbarisme, voir barbare.

Dieu, d'une vieille racine indo-européenne *div qui signifie briller, et qui a donné d'une part deus (latin), Ζευς (Zeus, grec), dieu (français), dios (espagnol), etc. et d'autre part : dies (jour, en latin), day (jour, en anglais), jour, diurne en français, etc.

Diable, du grec Διάβολος (diabolos) : séparé, coupé en deux. Le Bailly dit à propos du mot Διάβολος : qui désunit, qui inspire la haine ou l'envie ; puis médisance, calomnie. Le diable, c'est le grand calomniateur.

Bouddha, du sanscrit बुद्धा (buddhā) : éveillé, participe passé passif du verbe बुध (budh-) : s’éveiller. Cf. en russe будить (boudit') : éveiller, будильник (boudil'nik): réveille-matin.

Christianisme, venant de Christ, en grec Χριστός : oint ; χρι̃σμα (chrisma) : onguent, parfum, onction. D'où le Saint Chrème, charisme.

Barbe (mal rasée) : c'est à la mode maintenant pour les hommes occidentaux que se présenter avec une barbe de quelques jours. Peut-être pense-t-on que cet aspect négligé fait viril, séduisant ou érotique (sexy) ? Un grand initiateur du genre avait été Lucien (Serge) Guinzbourg, peintre amateur et compositeur de chansons. Mais maintenant, n'importe quel jeune (ou moins jeune) mochécon arbore sans complexe une barbe de plusieurs jours, ce qui fait « crado ». Un ami de loteur, jeune acteur, devait se présenter à un sélection (casting) ; il demanda à la production : « Dois-je me raser ? » – « Surtout pas ! », telle fut la réponse. D'après une étude anglo-saxonne, publiée sur internet, le fait de porter la barbe n'est pas seulement une question de mode. Cet attribut pileux protègerait aussi les hommes du cancer de la peau et des crises d'asthme (Top-Santé point com, 20.02.2013). C'est ce qu'on peut appeler une étude alacon. Rome avait imposé à ses légionnaires le fait d'être glabres. Ils étaient peut-être asthmatiques, mais cela ne les a pas empêché de conquérir tout le bassin méditerranéen.

Ces barbes mal rasées font aussi un peu trop allusion au clan des « barbus » venu d'Orient, et le fait que nombre de jeunes hommes portent une barbe mal rasée pourrait faire penser à des salafistes, ou qu'ils suivent une certaine mode en cours chez les islamistes (comme chez l'Iranien Ahmanidejad) ; mais cette hypothèse ne résiste pas à l'analyse. Il est plus vraisemblable que ces hommes suivent le mot d'ordre de l'acteur belge Benoît Poelvoorde qui préconisait de se laisser pousser la barbe tant qu'un gouvernement belge stable ne sera pas trouvé (révolution des barbus). En France, c'est peut-être la même chose, – mais en vue d'avoir un vrai gouvernement démocratique, chose qui nous manque cruellement actuellement (2015 : état d'urgence, censure, restriction des libertés, etc.).

 
Benoît Poelvoorde
et la révolution des barbus

Tenue vestimentaire débraillée, jeans délavés et déchirés, mocheté généralisée, langage dégénéré, le néo-crétinisme avance à grands pas. Mais le fait de porter la barbe ne constitue pas forcément un acte de barbarie, c'est seulement crado. Au fait, que pense ou ressent une femme devant un homme mal rasé, avec une tête de balai à chiottes ? Ça la pique en l'embrassant ? Ça l'excite ? En tout cas, loteur ne trouve pas ce que peuvent avoir d'érotique ces jeunes cons, exhibant avec ostentation leur barbe de plusieurs jours, comme un certain nombre de présentateurs de la télévision dite française, comme des acteurs de pub vantant les mérites d'une automobile ou le délice de certains chocolats, et même comme un sous-ministre à quelque chose. Il était un temps où les individus pourvus d'une certaine pilosité faciale allant d'une oreille à l'autre, en passant par le menton, étaient catalogués « électeurs de gauche ». Apparemment, maintenant, tous les hommes jeunes ou moins jeunes, pourraient être catalogués électeurs de gauche – ou salafistes ou crados, au choix. Sans oublier le fait qu'une barbe, surtout mal entretenue, vieillit un visage de cinq ou dix ans.

Par un curieux contrecoup, les hommes ont tendance à s'épiler (torse, fesses, jambes) et ce, pas uniquement pour des raisons « sportives » (nager ou courrir plus vite). Quant aux femmes, elles sont de plus en plus nombreuses, paraît-il, à s'épiler le sexe, ce qui leur donne une apparence de petite fille. D'un côté, on stigmatise la « pédophilie » ; de l'autre, on fait en sorte que le sexe ressemble à celui d'une fillette. Nous vivons une époque illogique.

Étymologie : du latin barba, barbe. Vieille racine indo-européenne ayant donné beard en anglais, Bart en allemand, борода (boroda) en russe.

Barbecue (américanisme, prononcer ba:bɪkju, ou bâbikiou à l'américaine, ou barbe-kiou à la française) : synonyme néo-français d'appareil à griller la viande, ou la grillade elle-même. Viens à la maison ce week-end, on va se faire un petit barbecue ! Ou bien : Le barbecue est très convivial pour faire un repas en été avec des amis (hiver exclu, donc). A donné le mot français barbaque. Vu sur une enseigne étazunienne de resto de viande grillée : « Barbe Q » (il faut évidemment prononcer bâb kiou, comme les Anglo-Saxons). Sigle : B.B.Q. Variante turque : (chich) kebabcue.

Le mot français « gril » ne répond pas vraiment à la définition de barbecue, car il désigne la grille en métal sur laquelle on fait griller de la viande, et non le dispositif entier contenant la braise. Brasero (mot espagnol) conviendrait mieux. Les Marocains utilisent un canoun (ou kanoun), – qui est un petit brasero.

« BARBECUE : appareil dont se sert votre voisin pour vous enfumer », comme le définit drôlement le dictionnaire Sympatico. En général, ces barbecues consistent surtout à faire griller des merguez, des sardines ou des maquereaux, dont l'odeur épouvantable rend allergiques aux joies du plein air des régiments entiers de citadins.


Pour que les voisins en profitent...

Étymologie : barbecue viendrait du haïtien ‘barbacoa’, par l'intermédiaire de l'espagnol, et qui désigne un dispositif pour griller la viande en plein air (un brasero).

Une autre étymologie, française, propose (une pièce de viande embrochée de la) barbe au cul (de la tête jusqu'à l'arrière-train). ( ??? )

Barbu : dans la langue des journaleux, autre appellation pour islamiste intégriste. La question est de mise et c'est sur l'épreuve du Bikini que les barbus sont attendus pour prouver leur bonne foi (slate point fr). Avant il y avait les barbudos cubains, mais maintenant l'on a affaire à des barbus soucilleux sur la morale, et volontiers poseurs de bombes. Les objectifs changent, les barbes restent. Oh, la barbe !

On veut faire de la barbe, des poils un signe de virilité. Par mesure d'hygiène; les légionnaires romains étaient glabres ; cela ne les a pas empêché de conquérir le monde occidental, et une partie de l'Orient.

L'on assiste à un paradoxe : alors que les hommes contemporains s'épilent de plus en plus (bras, jambes, fesses, corps entier...), il y a maintenant tendance, surtout chez les jeunes hommes, à adopter un maintien négligé, en arborant une barbe mal rasée. Veut-on par cela afficher sa virilité ? Voir plus haut Barbe mal rasée.

NB. Les barbus n'ont rien à voir avec les poilus, qui étaient, eux, de vrais hommes.

Bariatrie, bariatrique : qui concerne le poids, l'obésité : chirurgie bariatrique, ou chirurgie de l'obésité. On évite ainsi d'employer deux mots gênants : gros et obèse. Exemples : Du coup, les interventions en chirurgie bariatrique (technique pour restreindre l'absorption des aliments) ont explosé ces dernières années (lexpress point fr). Définition trouvée sur Wikipédia : « La chirurgie bariatrique est un type de chirurgie consistant à restreindre l'absorption des aliments ». Le rédacteur de lexpress a dû copier la définition de Wikipédia.

En raison de l'augmentation inquiétante du nombre d'obèses dans les pays développés (face à la sous-alimentation chronique en Afrique, par exemple), la médecine a développé un type particulier de soins adaptés. Quant au néo-crétinisme, pas de techniques de soins prévues pour le moment, à part revenir aux « Humanités ».

Étymologie : bariatrie, composé du grec
βάρος (baros) : poids et de ιατρός (iatros) : médecin.

Barrage (faire ~ au F.N.) : aux élections régionales de 2015, les Français ont pu assister, écœurés, à une cuisine électorale peu ragoûtante. La gauche, battue au premier tour par le F.N., d'un commun accord avec la droite a appelé ses électeurs à « faire barrage au FN ». Ce mot d'ordre de faire barrage est un procédé anti-démocratique, un déni de démocratie consistant à appeler les veaux-électeurs à voter contre leurs convictions pour ne pas faire passer un parti chargé, à tort ou à raison, de tous les maux. Synonyme : holp-up électoral. Voter contre ses convictions, il faut vraiment être con, ajoute loteur. Dans ce cas-là, on vote blanc pour être honnête et pour respecter ses convictions démocratiques. Mais la démocratie, peut-être est-ce trop demander aux hommes, plus affairistes que politiques, au pouvoir ? (on l'a vu avec certains qui cumulent plusieurs mandats, malgré leur affirmation haut et fort d'abandonner un mandat au profit de l'autre).

Même chose pour l'élection présidentielle de 2017 : tous les anciens partis prétendument démocratiques (c'est-à-dire néo-impérialistes, qu'ils soient de droite ou de gauche) ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen, sous prétexte qu'elle serait porteuse de valeurs nationales et patriotiques, c'est-à-dire racistes et rétrogrades, dans l'esprit de ses opposants.

« On court les risques du dégoût quand on voit comment se font la cuisine, l'amour et la politique »

(Nicolas-Sébastien Roch, dit Chamfort).

Quelques exemples, glanés dans la presse couchée : Dany Boon appelle les électeurs du Nord à faire barrage au FN au second tour des régionales. [...] Dans un court message publié sur Facebook ce lundi 7 décembre en début de soirée, la star de "Bienvenue chez les Ch'tis" appelle ses "biloutes" à faire barrage au parti frontiste (The Huffington Post point fr, 07.12.2015). (Rappel : Dany Boon [Daniel Hamidou] vit à Londres, où il n'a pas à craindre le F.N.). [...] le Premier ministre Manuel Valls a appelé sans ambiguïté à voter pour le candidat des Républicains encore en lice dans les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence Alpes-Côte d'azur et Grand Est pour faire barrage au Front national (Paris-Match point com, 07.12.2015). Autre exemple : L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a appelé lundi au retrait des listes arrivées troisième à l'issue du premier tour des régionales pour faire barrage au Front national, ce qui est le cas pour la droite dans la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (Libération point, 07.12.2015). Encore un exemple ? Mais pas seulement: nombre des électeurs de ces régions ont aussi choisi de voter contre leur convictions pour faire barrage au FN (Slate point fr, 14.12.2015). Noter « contre leur convictions » : contre leurs convictions.

Étymologie : barrage, venant de barre, barrer, du latin médiéval barra : barrière.

Barre : terme qui semble issu du vocabulaire du sport. Mettre haut la barre (pour sauter). L'on aura maintes fois l'occasion de le signaler dans ce glossaire, le vocabulaire du sport a fortement envahi le vocabulaire de tous les jours, surtout dans le parler savoureux des journalistes : tacle, cartons jaunes ou rouges, être au coude à coude, être dans les starting-blocks, pole position, dernière ligne droite etc. etc. etc.

Autre explication : la barre est un terme de marine et désigne une partie du gouvernail. Mais on se demande ce que cette explication vient foutre ici, pour parler comme les membres de notre gouvernement. Voir Le vocabulaire du sport.

Baseline ou base-line (anglicisme, prononcer beɪslaɪn ou baselaïne à la française) : texte très court, commentaire, devise, légende à côté ou au-dessous d'un logo publicitaire. Parfois traduit par « signature » (les as du marketing ne sont pas eux-mêmes d'accord là-dessus). Voir Marques publicitaires.


« Bureau de Recherches Alternatives en Intelligence Neuronale » est la baseline du logo BRAIN.
(Baseline de la pure invention de loteur)

Étymologie : base, du français base (voir plus bas). Line, du français ligne. Ligne vient du latin linea, venant de linum : lin, littéralement fil de lin. Le mot baseline est apparu vers 1983.

Baser (sur) : paléo-crétinisme, ayant acquis droit de cité, signifiant fonder sur, établir sur : Ma conviction est basée sur des faits réels.

Étymologie : voir basique, plus bas.

Bashing (anglicisme et néo-crétinisme, prononcer bæʃɪŋ) : loteur a appris ce mot-là au détour d'une phrase d'un article sur le web : Interrogée à ce sujet sur Europe 1, Valérie Pécresse a indiqué "ne pas vouloir participer au Morano bashing" (Pure medias (Ozap) point com, 08.02.2012). Bashing, dans ce contexte, signifie théoriquement dénigrement. Pour celle qui a affirmé que « le français était une langue en déclin », il semble normal qu'elle ne daigne pas parler français. Nos ministres jugent sans doute le français trop pauvre ou sans intérêt. Autre exemple, lu dans un article internet : Ce week-end, Marine Le Pen a fait du bobo bashing. Avec ce sens de l'exagération qui la caractérise, elle a réussi a placé (sic) tous les clichés bobos (vélib', yoga, Hollande) dans une seule même phrase (chronique de Bobo de merde point com). Une troisième exemple : Mercredi 22 mai, les médias français et étrangers s'en sont donnés à coeur joie dans une opération de "SNCF bashing" mémorable, suscitée par un article du Canard Enchaîné. (Matin point fr, relayé par Yaourt, 22.05.2014). Le mot bashing peut être rendu ici par campagne de dénigrement, ou par lynchage médiatique.

Étymologie : bashing, de l'anglais to bash : frapper, cogner. Cet emprunt à l'anglais est non seulement stupide, mais aussi complètement inutile, les mots charge, clabaudage, critique, dénigrement, discrédit, médisance, persiflage – et les verbes correspondants – suffisent amplement en français. De plus, le mot bashing (fait de cogner, de frapper) fait penser au « jeu de massacre », où on lance des projectiles divers contre la tête de quelqu'un censé représenter un ennemi. On pourrait donc traduire bashing par jeu de massacre verbal. Certains esprits chagrins répliqueront que le mot bashing et plus court, c'est donc une économie. Ah, ces radins de l'écriture et de la pensée ! Puissent-ils être maudits jusqu'à la dixième ou onzième génération !

Basic english (anglicisme, prononcer beɪsɪk ɪŋglɪʃ) : volapük, ou langue internationale, réduit à 500 ou 1.000 mots de base, que le monde entier est censé comprendre. C’est en basic english que sont rédigées les notices informatiques et, de plus en plus, toutes sortes d’informations destinées au grand public. C'est une sorte de charabia immonde, truffé de contresens et d'approximations, qui n'a plus rien à voir avec l'anglais véritable. Voir Globish. Pour les étymologies, voir plus bas : basique, et Anglais.

Basique (barbarisme) : adjectif qui s'impose de plus en plus face aux termes français classiques 'de base', 'élémentaire', 'fondamental', voire 'banal'. Un concept basique. Certains néo-crétins particulièrement acharnés n’hésitent pas à écrire ‘basic’ : Menu basic (au lieu de Menu de base). Importation frauduleuse de l'anglo-saxon ‘basic’. Autre exemple : Vous pouvez aussi la jouer plus basique mais très efficace, en confiant d'un air préoccupé : "Il a une petite mine, Will, en ce moment ..." (= Vous pouvez aussi procéder de façon plus simple, mais très efficace...)

Nouvelle idée, nouveau mot : le basic ou basique est devenu un élément de base dans la garde-robe féminine. Titre d'un articulet paru sur Yahoo pour elles : Les basics, c'est fantastique. Définition : Il s'agit d'une pièce intemporelle ( ? ), un passe partout (sic) de la mode qui se caractérise par sa polyvalence et qui se portera de ce fait aussi bien dans des tenues dites « casual » () que dans des tenues un peu plus chic. Autrement dit un objet d'utilité publique pour les ()modeuses que nous sommes. Ce style laisse pantois. Démonstration, une fois de plus, que le ridicule ne tue plus.

() Pour loteur, qui a eu une éducation religieuse, le casuel était la somme d'argent qu'on remettait à un prêtre pour qu'il célèbre une messe. Les autres sens : accidentel ou occasionnel, sont plutôt rares en français. Quant à intemporel, est-ce que ça signifie : qu'on peut mettre par tous les temps, en toutes circonstances ?

En français « normal », basique est un terme de chimie qui signifie : qui a rapport avec une base : 'colorant basique'.

Étymologie : base, du grec βασις (basis) : action de marcher, pied et aussi avoir une assiette ferme. Latin, basis : plante du pied, fondement, piédestal. Le terme 'base' en chimie vient du fait que la propriété fondamentale des bases est celle de neutraliser complètement ou partiellement les acides en formant avec ces corps un composé salin stable.

Bateau (être dans (sur) le même ~) : calque de l'anglais to be in the same boat, signifiant = être dans le même cas, dans la même situation, être logé à la même enseigne. Juifs, chrétiens, musulmans et autres, tous sur le même bateau ... (allons-nous couler ?)

Étymologie : origine germanique (bat), qui a donné boat en anglais. La forme française indique qu'elle est dérivée d'un diminutif (batel).

Batterie : ce terme, utilisé normalement pour désigner le système d'alimentation électrique, s'utilise maintenant, à l'imitation des Anglo-Américains, dans le sens de pile. Une batterie plate pour la montre. Des batteries de 1,5 volts (sic) pour la télécommande. Normalement, une pile est un élément sec, alors que le mot batterie désigne une alimentation électrique par réaction avec de l'acide (batterie de voiture).

Étymologie : la racine est battre, le fait de se battre. Puis batterie a désigné des pièces d'artillerie disposées en un lieu donné pour se battre. Le sens de batterie électrique est apparu au XXe siècle pour désigner un groupe de piles ou accumulateurs disposés en série ou en parallèle pour produire de l'électricité. Batterie désigne donc un ensemble de piles, et non une pile unique, comme on le voit souvent.

Battle (anglicisme, prononcer bætəl) : bataille en anglais. Mais on voit de plus en plus ce mot dans les articles sur internet, et on l'entend de plus en plus dans la bouche de présentateurs de télévision dans le sens de ... bataille, et aussi d'épreuve, d'affrontement, voire de duel. Exemple piqué avec la fourchette à néo-crétinismes de loteur dans Yaourt! : The Voice : place aux battles (en français dans le texte). Autre exemple : France 2 a pris un risque un (sic) diffusant en prime time, et en direct, La Grande battle, une nouvelle émission musicale (télé première point fr). Un autre exemple : C'est une très très bonne chanteuse qui a fait face à une battle très difficile contre Blandine l'année dernière. Le néo-mot battle est donc pris au féminin, comme bataille. Ou encore cet exemple : Mais, dès les battles, les choix de chanson seront imposés par les coachs. [...] Coachée par Garou l'an dernier, elle avait été éliminée lors des battles (émission de TF1 The voice). Ici, battle peut être remplacé par épreuve, affrontement ou duel, coach par juré, et coachée par guidée.

Dans certains cas, battle est rendu par ‘duo’. En fait, il y a certaines situations dans lesquelles on se demande à quoi sert de faire une battle. Je m'explique : dans le duo entre Rachel et Sean, c'est Rachel qui a été choisie (Yaourt!-Télé, citant les paroles d'un ex-candidat de l'émission The Voice).

Le terme battle viendrait des affrontements entre rappeurs, – référence utile à une forme de sous-culture étazunienne. On voit tout de suite où se situe la chanson « française » : un titre d'émission en anglo-américain, et une référence au rap, la plus dégénérée des musiques. Et où est l'intérêt de remplacer bataille ou duel par battle ? Même nombre de syllabes, et un mot imprononçable. Il faut être maso. Et inutile d'ajouter que la plupart du temps les chansons dites « françaises » sont composées sur des rythmes anglo-américains, avec des paroles en anglais. Même les noms des chanteurs sont anglicisés (Jenifer – avec un seul n, John, Laura, Ralf, Sean...)

Étymologie : du français bataille (tiens donc !). Latin batalia, venant de battualia : escrime. Verbe battuo, battuere : battre, frapper, s'escrimer.

Bavure : ce mot désigne, en graphologie ou en typographie, les traces d'encre qui débordent d'un trait. C'est devenu le synonyme de violence policière ou militaire, ayant entraîné des blessures, ou même la mort de quelqu'un sans défense. Peut-être que les flaques de sang, accompagnant cette mort, sont considérées comme des bavures ? Un journal ose même parler de bavure à propos d'une écolière palestinienne tuée par des soldats israéliens qui « avaient pris son cartable pour une charge explosive » (sic). Ou encore, cette information sur internet : « Une nouvelle bavure américaine a tué 40 civils afghans, dont des femmes et des enfants, dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé mercredi le président Hamid Karzai » (Le Parisien point fr, 05.11.2008). C'est maintenant clair : pour les journalistes, un assassinat commis par une autorité, policière ou militaire, n'est qu'une simple bavure. Pas de quoi baver des ronds de chapeau.

Étymologie : de bave, baver. Origine peut-être onomatopéique.

BB cream ou BB crème (sic, et non crème BB) : contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas une crème pour bébé, ni lancée par notre B.B. nationale. Trouvé sur un article web : La BB Crème est une alternative naturelle au fond de teint. Elle permet d'unifier sans masquer ou occulter. Dans l'article consacré à cette crème de maquillage ou de rajeunissement, pas une seule fois il n'y a d'explication sur les initiales « BB », – ce qui en dit long sur le professionnalisme de la rédactrice. Ces initiales veulent dire ‹ blemish balm ›, ou baume contre les imperfections (blemish veut dire tache, défaut ou imperfection en anglais ; un blemish balm, ce n'est donc pas un baume pour rendre blême, mais une crème de rajeunissement, ou une crème réparatrice). Pourquoi ne pas dire en français : crème réparatrice (CR), ou crème de rajeunissement (CR) par exemple ? Lu sur Pure Trend point com : Peut-être qu'à ses débuts sur le marché français, la BB cream a fait se hausser pas mal de sourcils, mais elle est très rapidement devenue un incontournable de notre vanity. Le vanity n'est pas ici la vanité, mais la mallette ou le nécessaire de toilette. Mais, comme on l'a maintes fois noté, les magazines féminins sont, avec les journalistes et les magazines techniques, ceux qui emploient le plus de termes anglais. Il faut apprendre l'anglais (le globiche) pour lire les magazines féminins français. Les magazines féminins, ou le cheval de Troie des Anglo-Américains.

L'ambiguïté de l'expression BB crème (crème pour bébé / crème de rajeunissement) ajoute à la néo-crétinerie anglicisante. Voir Anti-âge.

B.C.B.G. : « Bon chic, bon genre ». Expression vieillie, désignant une personne bourgeoise, élégante, chic, au physique avantageux, et de niveau socio-culturel plutôt élevé. Ceci concerne l'apparence physique, – mais pas uniquement : mode BCBG, salon de coiffure BCBG, mariage BCBG, etc. Une autre interprétation de BCBG est « Beau cul, belle gueule », où seul le côté érotique est souligné : une fille B.C.B.G. (élégante et bandante).

Le concept de bobo ne répond pas exactement à cette définition, car il existe des bobos pas beaux, et ils sont trop snobs () ou de mentalité trop vulgaire. Le concept de glamour ne répond pas non plus strictement à la définition de B.C.B.G., car dans glamour il manque le côté élégant et socio-culturel.

() Une étymologie de snob suppose que c'est la contraction de l'expression latine 'sine nobilitate' = sans noblesse. C'est bien en tout cas l'impression que donnent les bobos.

Beau, beauté : pour Platon, le Beau est l'expression du Bien. Pour Dostoïevskiï « La beauté sauvera le monde » (le prince Mychkine dans L'idiot). Il semble, hélas, qu'avec la laideur affichée universellement (langue, architecture, peinture, musique, mode, cuisine, etc.) le monde actuel, ne connaissant ni le Beau ni le Bien, ne soit pas sauvé de si tôt. Dorénavant, le Beau est l'ennemi du Bien. On attend un nouveau Messie. Voir Art, Art abstrait.

Étymologie : beau, du latin bellus : joli, charmant, aimable.

Beauf : abréviation de beau-frère, terme inventé par le dessinateur Cabu, assassiné par des fanatiques islamistes le 11 janvier 2015. Le beauf symbolise le mauvais goût satisfait de soi, avec une intelligence aussi plate que son écran de télévision à 1 500 euros ; il est en général grand amateur de bière et supporteur braillard d'une équipe de fouteballe. Ses préjugés lui tiennent lieu de culture. C'est l'image d'un nouveau type de Français moyen, passionné de « tuning » (accessoires auto) dernier cri et merde in China. Excitée par le pastis et la bière, sa libido lui permet, hélas, de se reproduire. Il donne volontiers comme prénoms à ses enfants ceux de héros de séries B américaines : Kevin, Eliott, Jason, Quentin... Féminin : beaufette ; antonyme : bobo.

Beïjing (sinisme) : voir Pékin.

Best of (anglicisme, prononcer best ɒf) : « le meilleur de » ; il s’agit des meilleurs titres (de chansons), ou des meilleurs moments ou des meilleurs extraits (de scènes, de sketchs etc…). Expression souvent utilisée par les animateurs de radio ou de télévision, qui semblent ignorer les mots français palmarès, anthologie, florilège ... Avec un superlatif : maxi best of (sic). Voir Top.

Lu sur internet cette 'pub' : Les 25 Best Offres, en jouant lamentablement sur les mots best of et offres Le plus curieux, c'est que le créateur de ce crétinisme semble fier de sa trouvaille, puisqu'il la répète souvent.

On observe quelquefois la graphie best off, en supposant sans doute que le mot anglais off signifie 'extrait de', 'tiré de'.

Étymologie : d'un mot anglais bet ou bot (cf. le comparatif better), superlatif : betst réduit en best. Bot signifierait au départ : remède, réparation.

Best-seller (anglicisme, prononcer best selə(r) ) : ce paléo-crétinisme désigne depuis longtemps un succès de librairie. On doit manquer de mots français, sans doute, surtout dans les milieux de l'édition et des libraires.

Lu sur capital point fr cette phrase, ou l'expression best-seller peut être traduite par 'meilleure vente', 'le plus vendu', 'succès commercial' : Alors qu’elles envahissent le rayon biscuits, les marques de distributeurs calent devant l’empire de l’américain Kraft Foods : Pépito, Petit Ecolier, Mikado, Petit Beurre... -Derrière ces best-sellers, pas mal d’innovations et beaucoup de marketing. On se demande aussi ce qui signifie le tiret ( - ) accolé à Derrière. En tout cas, on ne nous avait pas habitués à ce mot best-seller en dehors du monde littéraire.

Bêtisier : à chaque fin d'année, le téléspectateur n'y coupe pas. Il a droit au fameux bêtisier, ou émission sur les ratés des hommes politiques, des artistes ou autres citoyens d'importance, passant surtout à la télévision. Ce ne sont que chutes, lapsus, erreurs, ou gags déplorables pour amuser le bon peuple, et lui faire voir les personnalités comme étant faillibles, elles aussi. Si, de plus, il y a quelque détail croustillant (comme dans une célèbre séquence sur les fameux “ rapports ” entre Edith Cresson et Laurent Fabius), alors là, ça passe durant des années sur toutes les chaînes. Ça donne aux gens importants un semblant d'humanité d'une part, et ça permet au bon peuple de se gausser des huiles à moindres frais d'autre part. Variante : bêtisier des animaux, où ces braves bêtes vivent des situations parfois cocasses.

Il existe aussi des émissions, navrantes de stupidité, qui projettent des vidéos privées, où les gens se cassent la gueule de toutes les façons, ce qui met en joie le brave téléspectateur, qui veut en avoir pour son argent.

Certains se souviennent de La Foire aux cancres, de Jean-Charles, où cet auteur présentait un florilège de perles de cancres () ; il existe aussi les perles des appréciations des professeurs, les perles du facteur, les perles de l'administration, etc.

() On disait encore en ces temps reculés : un cancre et non pas un élève en situation d'échec, prériphrase absconse et stupide, mais très idéologiquement et politiquement correcte.

Tout cela permet de rire des bévues des autres. Finalement, un des fondements du rire, c'est bien la malveillance.

Étymologie : bêtise, vient de bête, latin bestia : bête. La bêtise, c'est littéralement ce qui est propre aux bêtes.

Beur, beurette : verlan du mot 'arabe', avec sa féminisation. Ces momoches désignent les descendants d'immigrés maghrébins en France. Non seulement les mots sont moches, mais encore ils présentent une réalité déformée, – réalité non seulement sur le plan linguistique (arabe → beur), mais aussi sur le plan géographique (Afrique du Nord → France ; la réalité maghrébine en Afrique du Nord n'a rien à voir avec la réalité française). Quant aux enfants des beurs, ce ne sont pas des petits beurs, mais des djeunz.

C'est ainsi qu'on parle de culture beur (et non pas beure, donc sans marque du féminin , ce qui est une marque d'anglo-saxonnisation de l'accord des adjectifs) qui consiste en films, musiques et coutumes relatives à l'Afrique du Nord et la Mauritanie. Il existe aussi beur-TV (télé beur), beur-FM (radio beur). Loteur donne un exemple (et un seul) où apparaît le mot beur : L'intellectuel médiatique (Finkelkraut) faisait évidemment référence au label « black-blanc-beur » cuisiné à toutes les sauces dans le chaudron euphorique de la victoire tricolore en Coupe du monde, en 1998 (Rue-89 / Le Nouvel-Obs point com, 01.07.2010).

Étymologie : voir Chiffres arabes.

Bi (abrégé de bisexuel) : quand on dit de quelqu'un qu'il est bi, cela veut dire qui est porté à la fois sur les hommes et sur les femmes. Il est parfois bien vu, dans certains milieux, d'être bi. Lu sur une page internet : « Bi'cause : Une association créée par et pour les bisexuel(le)s, ayant pour objectif de promouvoir l'émergence d'une identité bisexuelle ». A remarquer le double américanisme : bi'cause (because) et l'apostrophe à l'intérieur d'un mot. Constat : ceux qui recherchent une identité bi le font en américanisant leur langage. Phénomène de mode, ou impossibilité d'avoir une réelle identité ?

P.S.1 : il existe une association qui s'appelle BI, mais cela veut dire Balkans Infos. Donc, rien à voir avec les bi(s). Quant à BI (Business Intelligence), il s'agit de l'intégration de données avec les ETL, au datawarehousing et les solutions SGBD et autres bases multidimentionnelles et passant par le reporting et le datamining. Élémentaire, mon cher Watson.

P.S.2 : un présentateur du bulletin météo a dit que 2012 était une année bisexuelle ; lapsus révélateur ?

Étymologie : préfixe qui s'ajoute à un mot pour indiquer que la chose est double : bi-ailé, qui a deux ailes. Vient du latin bis : deux fois. Cf. besson (jumeaux). Dans le Berry, on prononce bson (information donnée gracieusement par loteur).

Bible : il ne s'agit pas des saintes écritures, mais d'un document réunissant l'ensemble des informations concernant les personnages d'une série télévisée. La réunion durera une semaine et elle devrait nous permettre d'écrire la bible de la série, la liste des personnages mais aussi d'esquisser quatre ou cinq scénarios (Allo ciné point fr, 31.10.2007). Encore une fois, les néo-crétins désacralisent tout.

Bible signifie aussi 'document de travail' : Ceci va constituer notre bible, s'écrie un auteur en étalant des feuillets.

Étymologie : du latin biblia: livres sacrés, du grec τὰ βιϐλία, pluriel neutre de τὸ βιϐλίον : papier à écrire, lettre, livre ...

Bien (adverbe) : de valeur, qui a de la valeur. Quelqu’un de bien. Avec maintenant un pluriel aberrant biens : les « gens biens » de notre époque aiment fouiller les poubelles. Ou alors : Les chaussures que tu as eu (sic) à Noël, elles sont biens ? Ou enfin : Mille pardons pour tous les qualiticien(nne) (sic) qui me lisent, il y en a peut-être des biens.

Étymologie : de l'adverbe latin bene. A noter qu'au XIIe siècle, bien pouvait être adjectif : un bien plaisir.

Bien-pensance (barbarisme) : ce terme, aussi lourdingue que la pensée politiquement correcte, et aussi affligeant, tend apparemment à remplacer l'expression politiquement correct et désignerait un moralisme hypocrite et bon marché. Il ne s'agit donc plus de désigner des personnes à l'esprit étroit, plutôt réactionnaires et confites en dévotion. La bienpensance est-elle une forme évoluée de bêtise ? se demande un blog sur internet.

C'est ainsi que depuis le fameux « détail de l'histoire » de J-M Le Pen, il ne fait pas bon utiliser le mot détail dans un discours politique. La police de la pensée politiquement correcte et bien-pensante veille, même sur les discours de nos ministres. Le clan des bien-pensants s'arroge le droit de juger et de condamner quiconque n'est pas dans le droit-fil de l'idéologie officielle : Eric Zemmour, Alain Finkielkraut et Michel Onfray (et même Nadine Morano : son affirmation sur la « race blanche » [sept. 2015] a fortement déplu aux minus habens et aux métissés de la pensée) subissent critiques, persécutions ou mises au pilori en règle. Le débat démocratique est mort depuis longtemps en France ; ne restent plus que les oukazes journalistico-politico-anti-racisco-etc. édictés par la racaille boboïsante de gauche (il y a aussi une racaille boboïsante de droite, mais elle est moins bête).

Le contraire d'un bien-pensant est un mal-pensant, c'est-à-dire un homme normal, de bon sens. Bien qu'il y ait, en toutes lettres, les termes 'pensance', "pensant', aucune indice de pensée ne semble avoir été relevé dans ces expressions et chez ceux qu'elles désignent. Voir Censure.

Verbe : bien-penser. Ceux qui bien-pensent sont ipso facto des bien-pensants. Ceux qui mal-pensent sont des mal-pensants. Ceux qui non-pensent sont des abrutis.

Étymologie : de bien et pensance, à partir de penser. Penser vient du latin pensare : peser, apprécier, évaluer. Pensare est le fréquentatif de pendere : laisser pendre, peser, soupeser.

Bienvenue : l'on trouve cette formule d'accueil chaque fois qu'on lance le système Windaube, et ça commence à devenir agaçant. On la trouve aussi dans nombre de pages d'accueil internet. Là, ce n'est plus agaçant, c'est cucul. 'Bonjour' – voire rien du tout – serait sans doute trop simple. Imitation servile du « Welcome » anglo-saxon. Voir Félicitation.

Big Brother ou B.B. (anglicisme, prononcer bɪg brʌðə(r) ou à peu près big breuzeur). Expression tirée de 1984, l'œuvre de George Orwell : grand frère mythique, qui surveille tous les citoyens, à l'instar de l'œil de Moscou. Parfois appelé Pig brother. Ce grand frère s'insinue partout : internet, téléphonie, paiement par carte de crédit, télévision, politique, religion, langage ... Les Étazunis et les Anglo-Saxons ont développé de formidables moyens techniques pour seconder les actions de B.B. : Big Data, N.S.A., Prism, Réseau Echelon, etc. A notre époque de féminisme outrancier, Big brother tend à être secondé par Big sister, autre entité mythique, mais néanmoins malfaisante. Le couple Big brother – Big sister n'a pas d'enfant officiel, mais de nombreux bâtards : journalistes de la french T.V., publicitaires, informaticiens, police de la pensée, avec leurs instruments de contrôle : réseaux de surveillance, informatique et ordinateurs, internet, téléphones portatifs et smartphones, sans oublier la correction politique, la néo-langue, le néo-crétinisme, etc.

En France, Big brother a été remplacé depuis 2007 deux fois de suite par Little brother, – mais tout aussi présent et pesant. En même, et pendant quelques années, il est apparu une entité rondouillarde, que d'aucuns ont nommée Big mother, et qui prétendait s'occuper avec grande sollicitude de la santé des Français, à coups de milliards d'euros et de vaccins. Par la suite, Big mother a perdu du poids et de l'assurance, et s'est reconvertie dans la télévision, –  instrument favori de Big brother.

Il est à signaler que l'expression Big Brother ne fait que trop penser au grand frère, sorte d'éducateur pour jeunes délinquants dans nos paisibles banlieues. La politique de la ville (sic) tomberait-elle dans l'utopie ?

Étymologie : bien que loteur n'ait pas à cœur de se pencher sur les étymologies anglaises, il peut indiquer que l'adjectif big est signalé comme ayant une unknown origin, possibly from a Scandinavian source. Quant à brother, il dérive d'une vieille racine indo-européenne ayant donné Bruder (all.), frater (lat.), брат (brat, russe), frère (français) etc.

Biker (anglicisme, prononcer baɪkə(r) ) : motard. Ça devient horripilant de voir l'envahissement du vocabulaire français par des mots anglais, qui n'y ont que faire. [...] cela me fait penser à ces gros bikers avec un mini chien qu'ils mettent dans un petit sac et trimballent avec eux sur leur moto. Une réclame télévisée montre un homme en cuir et plein de poils ; à la question : « Est-ce que vous savez qui c'est ? », un femme répond : « Un biker ? »

Étymologie : biker, venant de bike : bicyclette. Bike est un diminutif de bicycle.

Billets (euros) : les billets de banque européens pour les coupures de 5 à 500 euros représentent toujours bêtement sur le recto une porte, un portail, des vantaux et sur le verso un pont, un arche, un aqueduc. Des portes et des ponts ; est-ce que symboliquement on veut nous faire croire que l'Union européenne est un lieu qui favorise les passages ? Pas un seul visage pour humaniser le tout. A-t-on eu peur de froisser des susceptibilités nationales ? Petit illogisme : la Banque de France, qui a le sens de l'humour, en présentant chaque billet parle de la valeur faciale du billet, alors évidemment qu'il n'y a aucune face humaine présente.






Les billets de l'Union européenne : des ponts, des portes... Du vent, du vent.
A remarquer qu'il n'y a jamais de ' s ' à euros pour les billets de 20, 50, 100 €, etc.


Étymologie : ancien français billette : lettre, sauf-conduit, altération de bullette : bulletin.

Bimbo (italianisme et anglicisme). Emprunt à l'anglo-saxon, qui l'a lui-même emprunté à l'italien bimbo, bimba : jeune garçon, jeune fille. Définition : bimbo est un terme populaire ayant émergé dans les années 1920 aux Étazunis pour désigner d'abord un homme fruste, puis une jeune femme pourvue d'un physique avantageux, aguicheuse, mais un peu écervelée (cela correspond à nos blondes) et dans ce cas-là, on devrait plutôt dire : une bimba. Équivalents français : poupée, (une belle) pépée, (super) nana, (jolie) nénette, voire bombe sexuelle, etc. Le concept est redoutable: une bimbo avec des gros seins, très court vêtue, encourage les spectateurs à passer un appel surtaxé pour jouer à un jeu complètement bidon.

Étymologie : bimbo, contraction du mot italien bambino : petit garçon. Bambino est lui-même un diminutif de bambo. Peut-être une racine commune avec l'anglais baby. Il est possible qu'à l'origine ce ne fut qu'une simple onomatopée, évoquant les premiers mots prononcés par l'enfant, mots centrés autour des « occlusives labiales » avec redoublement des consonnes : mama, papa, bébé. Les labiales (sons formés avec les lèvres) évoquent le premier mode d'appréhension de la réalité par l'enfant : la succion des lèvres, la tétée.

Binge-drinking : (anglicisme, prononcer bɪŋʤ drɪŋkɪŋ) : expression angloise signifiant 'cuite' ou 'beuverie' (voir votre Harrap's préféré, – ou celui de la voisine, si vous n'avez pas de Harrap's) ou, de façon plus moderne, 'hyper-alcoolisation' ou 'défonce alcoolique'. Curieusement, les néo-crétins préfèrent utiliser cette expression presque imprononçable plutôt que les termes français de 'cuite' ou de 'biture' pour désigner une mode de beuverie rapide, en vogue surtout chez les jeunes gens, où il s'agit d'absorber le maximum de boissons alcoolisées en un minimum de temps pour obtenir une ivresse forcée. On adopte cette expression angloise, sans doute parce que cette mode vient des Anglo-Américains. Comportement suicidaire, bien sûr, tout comme la consommation de drogues, mais typique de la jeunesse, où l'on suit aveuglément n'importe quelle mode, du moment qu'elle choque ou qu'elle est dangereuse. Cette conclusion est bien entendu également valable pour une autre drogue légalisée qui fait des ravages chez les jeunes : l'alcool et la pratique du binge-drinking (Agora-Vox, 15.10.2012). Autre exemple : Au Royaume-Uni et en Irlande, le binge drinking est considéré comme un problème majeur de santé publique (Wikipédia). Encore un exemple ? Quant aux chercheurs britanniques, ils ont clairement fait le lien entre la pratique du binge drinking chez les senior (sic) et le risque accru de démence (Top-Santé point com, 05.12.2012)). On apprend là que le binge-drinking, ou ivresse rapide, touche aussi les personnes âgées (senior, dans le patois néo-crétin).

Dans le même esprit, on trouve binge-watching (prononcer
bɪŋʤ wɒtʃɪŋ), ou gavage télévisuel, qui consiste à regarder des émissions de télé ou des séries à la file pendant plusieurs heures. Sorte d'accoutumance scopique, dont on ne peut se guérir que par la lecture d'auteurs classiques et d'ouvrages sérieux de littérature générale. Avec l'arrivée de la vidéo à la demande sur internet et la démocratisation de l'internet illimité, le binge-watching a évolué et gagné en ampleur (Slate . fr, 08.06.2016). Néo-verbe barbaresque : binge-watcher (prononcer comme vous voulez ; de toute façon, on s'en fout). Alors que le Revival de Gilmore Girls est enfin disponible sur Netflix, découvrez trois raisons de binge watcher absolument cette série mémorable ! (Melty . fr).

(La rubrique binge-watching a été rédigée sur le suggestion de Gilles Dubois).

Étymologie : to binge, en anglais : boire énormément. Originellement, semble avoir eu le sens de tremper. To drink, boire, d'un ancien verbe *drincan : boire, venant d'une racine germanique qui a donné trinken en allemand, d'où trinquer en français.

Bingo ! (anglicisme, prononcer bɪŋgəʊ) : bravo ! Bien ! Gagné ! Touché ! Dans le mille ! Youpi ! Et voilà ! (etc.) dans le langage des néo-crétins américanisés. Bingo peut être suivi ou pas d'un point d'exclamation. Quand il en est suivi, la plupart du temps, le point d'exclamation se place à la façon des Étazuniens, c'est-à-dire directement accolé au mot. Et bien sûr, dans le langage parlé, l'accent tonique est sur la première syllabe bingo. Et là, bingo, le risque diminue nettement avec une consommation supérieure à 50 grammes par semaine (Le Point point fr, 22.03.2012).

Étymologie : bingo veut normalement dire loterie en anglais. Etymonline se perd en conjectures quant à l'étymologie du mot bingo (exclamation de joyeuse surprise ?). Voir cette explication.

Bio : une foultitude de mots, écologiquement corrects, commencent avec le préfixe bio : bio-carburant (carburant d'origine végétale), bio-climat (conditions climatiques influençant les êtres vivants), bio-diversité (diversité des espèces vivantes) (), bio-énergie (énergie résultant de la combustion de la biomasse), bio-éthique (problèmes éthiques posés par les manipulations biologiques sur le vivant), bio-masse (quantité totale de matière des espèces vivantes) ... Le préfixe bio désigne donc tout ce qui a rapport avec le vivant. Comme on l'a fait remarquer ailleurs, ce principe est typique de la novlangue : agglutination + inversion ; deux procédés anti-naturels au français. Ce principe qui dénature le français est tel que l'on n'écrit plus maintenant ces expressions qu'en un seul mot : biocarburant, biodiversité, biomasse etc. Un pas de plus vers la novlangue.

() Entendue à la french TV cette pub (réclame) faisant dire à un père à son fils de 10 - 12 ans : « Oui junior (sic), il sème des fleurs [l'agriculteur] autour de ses champs pour favoriser la bio-diversité ». Si junior (fiston) sait à son âge ce qu'est la bio-diversité, nous lui décernons un diplôme de néo-crétinisme avancé. Une preuve de plus, s'il en fallait, que les pubeux manipulent la connerie bêtise avec un rare bonheur.

Autre exemple, lu sur un media : Aux îles Marquises, un trésor exceptionnel de biodiversité. Diversité ou richesse de la faune ? (il s'agissait en l'occurence de la découverte d'une vingtaine d'espèces de poissons).

Aux dernières nouvelles, le mot bio-carburant est remplacé par décision gouvernementale par le mot "agro-carburant" : Les sénateurs ont décidé vendredi de remplacer le mot "biocarburants" par celui d'"agrocarburants", dans le cadre de l'examen du projet de loi sur le Grenelle 1 de l'environnement. Question : est-ce que ces bio-carburants ou agro-carburants (il faut admirer au passage les inversions de type anglo-saxon) comprennent trop d'acides gras saturés ? Auquel cas, le taux de cholestérol des moteurs de voitures va dangereusement augmenter. Remarquer ensuite l'expression crétinoïde « Grenelle 1 de l'environnement ».

Mot d'ordre actuel : le bio. Acheter bio, manger bio, rouler bio etc. Cela permet aux paysans (ou agriculteurs, qui sont devenus des bioculteurs) de vendre deux fois plus cher leurs produits, qui ne sont même pas garantis « bio ». Revenir à des formes anciennes de culture, c'est le progrès, – ou plutôt de l'escroquerie, vu les prix pratiqués (les produits « bio » presque le double des produits ordinaires). C'est une manie à la mode que de parler surabondamment de bio de nos jours. Y compris pour désigner l'agriculture (label AB pour agriculture biologique). Comme si l'agriculture pouvait être autre chose que biologique ! Qualifier de bio l'agriculture ou un légume (tomate bio, carotte bio, pomme de terre bio, etc.) est donc une preuve non seulement de néo-crétinisme, mais de connerie stupidité, car tout ce qui pousse, tout ce qui vit ne saurait être que bio (cf. Étymologie au paragraphe suivant).

Bio peut aussi être l'abréviation de « biographie », comme dans l'exemple suivant. Dans ce cas-à, il s'agit d'un substantif féminin, et non plus d'un néo-adjectif.


Anecdote : loteur a longtemps vécu dans le Berry ; quand il entend : « C'est bio », il comprend : « C'est biau » (c'est beau). Ce qui est, à son avis, totalement faux, car le bio n'est pas forcément beau.

Étymologie : du grec βίος (bios) : vie ; même racine que le latin vita. Les écolos semblent dire que le bio, c'est la vie. Racine indo-européenne ayant donné en latin vita : vie, en grec βίος (bios) : vie, en espagnol vida, en italien vita, en russe жизнь (jizn') : vie etc.




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