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« Les journalistes ne doivent pas oublier qu'une phrase se compose d'un sujet, d'un verbe et d'un complément.
Ceux qui voudront user d'un adjectif passeront me voir dans mon bureau.
Ceux qui emploieront un adverbe seront foutus à la porte.
. »
Georges CLEMENCEAU

« D'incolores idées vertes dorment furieusement »
Noam CHOMSKY

« Toucher au sens des mots, c'est attenter à l'ordre du monde. »
CONFUCIUS

« On ne peut pas dire la vérité à la télé. Il y a trop de monde qui regarde. »
COLUCHE

« Ma patrie, c'est la langue française »
Albert CAMUS

« J'utilise l'allemand quand je parle avec mon cheval, je converse en français avec les hommes,
je parle en italien avec les femmes, et je réserve l'espagnol pour parler à Dieu.
 »
CHARLES Quint







Colocation (néologisme) : les différents dictionnaires connaissent le mot collocation, avec deux   : action de poser, de placer, mais ignorent la colocation, qui est le substantif correspondant à colocataire. Les media parlent maintenant de colocation intergénérationnelle (sic, co-location avec des personnes d'âges différents), de colocation étudiante (resic, location à deux ou plusieurs étudiants ; emploi adjectival d'un substantif). Loteur, qui est un indécrottable rétrograde, s'obstine à écrire ce néologisme 'co-location', avec un trait d'union, pour le différencier de collocation..

Colocataire, en abrégé : coloc' (avec l'apostrophe du coiffeur, comme le dit drôlement Le petit Champignacien illustré) : La coloc' idéale à moindre coût. Ou bien : [...] Kyan y joue le rôle d'un loser adorable qui drague, qui glande, qui cherche un job, qui essaye de jouer de la guitare, qui a un coloc' (chronique Yaourt pour elles, 15.09.2011). A l'oreille, on pourrait comprendre : colloque. Les néo-rédacteurs, à défaut de savoir écrire, anglo-saxonnisent leur style à tour de bras.

Étymologie : colocation, formé de co- : avec, + location, du latin locatio, -nis : disposition, arrangement, location, louage, venant du verbe loco, locatum, locare : placer, disposer, donner à louer. La forme normale serait 'collocation', mais ce mot est déjà employé, et dans un autre sens. D'où sans doute la forme tronquée colocation, sentie comme co-location.

Colonie, colonial : ouhlala ! vous êtes tout de suite taxé(e) de racisme si vous employez ces mots. Les Noirs et les Arabes, qui ont pourtant de forts penchants esclavagistes, ne vous pardonneront pas si vous parlez de la France coloniale ou si vous avez vécu dans les anciennes colonies. Un président algérien (voir plus haut Collaborateur) ne manque pas d'accuser férocement la France pour la colonisation de son pays, mais vient se faire soigner gratuitement en métropole pour profiter des bienfaits de la mère ‘colonisatrice’. Il devrait plutôt remercier la France d'avoir étendu si loin les frontières de l'Algérie pour récolter la manne du pétrole.

Il en est de même de nombreux et anciens habitants des ‘colonies’, qui ne demandent qu'à profiter largement des bienfaits de la civilisation.

Chose curieuse, on ne demande pas de devoir de repentance, on ne songe même pas à reprocher à la Chine ses colonisations (Tibet), ni à la Turquie qui postule pour l'Europe et qui a colonisé pendant de nombreux siècles la Bulgarie (5), ni à l'Angleterre ses colonisations brutales en Afrique. Pourquoi alors le terme de colons ne semble-t-il s'appliquer péjorativement qu'aux Français ? Tandis qu'un occupant juif de territoires de Cisjordanie est nommé colon sans que cela fasse sourciller qui que ce soit.

A signaler que coloniser ne signifie pas envahir ni occuper des territoires pour les exploiter (c'est le fait du colonialisme), mais c'est implanter des colons pour cultiver la terre ou mettre en valeur des richesses.

Actuellement, il semble qu'on se trompe de colonisateur. Qui, en effet, sont les colonisés ? Qui, en effet, sont les colonisateurs ? (voir plus bas)

Étymologie : du verbe latin colo, colere : cultiver, soigner, habiter. La colonia, c'était une terre, une propriété rurale, puis une colonie au sens où on l'entendait avant la décolonisation.

Colonisalisation : c'est le grand reproche que lancent certaines nations envers la France et les nations européennes, quand il s'agit de régler un compte avec elles. La France ne saurait qu'avoir un passé de colonisation honteux. C'est ainsi qu'un ministre turc des Affaires étrangères, réagissant aux propos d'un chef d'État français sur le génocide arménien, a en octobre 2011 déclaré que ce n'était pas à la France, avec plusieurs siècles de colonisation (sic) de donner des leçon de morale. La France a été un empire colonial en gros entre la moitiés du XIXe siècle et la moitiés du XXe siècle, où commença la « décolonisation » (). Ce qui ne fait pas plusieurs siècles, mais à peine plus d'un siècle. C'est ensuite faire bon marché des violences qu'ont exercées les Turcs non seulement contre les Arméniens, mais également contre nombre de peuples près de la Turquie, dont les Bulgares, qui ont subi pendant plusieurs siècles (véritables, ceux-là) le joug ottoman. Lire à ce propos le chef-d'œuvre de l'écrivan bulgare Ivan Vazof Sous le joug.

() On distingue en fait deux colonisations : la Première colonisation à partir du XVIe siècle jusqu'à la Révolution, où furent colonisés le Canada, cinq comptoirs des Indes et certaines îles (Antilles) ; la Deuxième colonisation (Afrique, Asie, Océanie) de 1830 pour s'achever à la Décolonisation (à partir de 1958).

Mais il existe maintenant deux autres formes de colonisation :

1. celle exercée par les pays du Sud, principalement des pays d'Afrique, avec un invasion massive de ressortissants, apportant leurs coutumes et traditions, et le monothéisme islamique. C'est en quelque sorte une contre-colonisation, sans apport culturel notable ;

2. celle qui est perpétrée par les Anglo-Saxons, à savoir le fait d'imposer leurs normes et l'anglais un peu partout (commerce, industrie, diplomatie, informatique, musique). C'est aussi une colonisation massive du langage et de la pensée. Et là, pas d'acte de repentance de leur part. Voir Soft power.

Ces deux formes de colonisation semblent les fléaux les plus dangereux pour l'Europe du XXIe siècle.

Étymologie : voir rubrique précédente.

Colorectal (médecine) : on a coutume de dire que les journalistes en particulier, et les Français en général, n'aiment pas les mots de plus de trois syllabes. Pourquoi ? Un exemple nous est généreusement donné par une réclame (pub) récente (2012) à la télévision. On voit deux personnes dans un jeu du type Les chiffres et les lettres, et s'affichent en clair les lettres composant le mot colorectal. Les candidats ne savent pas composer un mot à partir de colorectal, et ne proposent que « coloré ». Une voix "off" déclare alors : Oui, le mot est difficile à dire, mais le test est facile à faire ... Cet adjectif, colorectal, ne fait que quatre syllabes, et c'est déjà difficile à dire Nos facultés intellectuelles diminueraient-elles ? Ou penserait-on désormais avec le cul ?


Étymologie : colorectal, mot formé de côlon + rectal (cancer du côlon). L'adjectif 'colorectal' est inconnu de la plupart des dictionnaires. Colo-, emprunt au latin colon ou colum : membre ou partie de quelque chose ; employé en médecine pour désigner une partie de l'intestin. Venant du grec
κω̃λον (kôlon) de même sens.

Rectal, adjectif formé sur rectum, abrégé de rectum instestinum : intestin droit, le rectum ayant une forme droite. Adjectif latin rectus, recta, rectum : droit.

Coloriser (barbarisme, anglicisme rampant) : terme de cinéma signifiant simplement colorier. Coloriser un film. Sempiternel emprunt à l'anglo-saxon (to colorize). Nous allons apprendre ici à coloriser une image initialement en noir et blanc (un forum proposant un tutoriel (manuel) de dessin sur ordinateur). Ou bien : De magnifiques films en noir et blanc on été colorisés au point d'enlever toute la force donnée par le réalisateur par l'effet des ombres, clair obscur etc (L'Internaute point com, 13.09.2010).

Substantif : colorisation (coloriage). Comme je vous l'avais promis, voici un petit tutorial de colorisation simple avec photoshop (un autre site, proposant un tutoriel (manuel) de dessin sur ordinateur).

Étymologie : coloriser, verbe fait d'après le latin color, -ris : couleur, qui se rattacherait au verbe celo; celare : cacher, céler. La couleur, au départ, servirait à cacher ou maquiller la surface de quelque chose.

Colunch (néo-barbarisme, néo-anglicisme, prononciation proposée koleuntch (?) ) : dans le Musée des Horreurs viennent d'apparaître le mot colunch, avec ses exquis dérivés coluncher, colunching et coluncheur, – souvent écrit coluncher –, de sorte qu'on ne peut faire la différence entre le verbe sous forme française et le substantif sous forme anglaise. Coluncher doit vouloir dire : manger avec quelqu'un (ami, collègue, inconnu) dans un restaurant ou une cantine avec des internautes. « Co-manger » (commanger), en quelque sorte. Et le colunch serait un repas convivial entre internautes. Il est très ennuyeux que, quand on créé des néologismes, ce soit l'anglais qu'on utilise, – surtout en matière de bouffe. On ne sait donc plus créer de mots en français ? Un exemple de ce nouveau monstre linguistique : Le Colunching est la table d'hôte version 2.0 (sic), le croisement idéal de la colocation et du déjeuner, un mixte (un mix ?) de partage et de rencontres inattendues autour d'une bonne table ! C'est le concept du réseau social enfin appliqué au déjeuner ! (divers sites P.L.C.C., 20.09.2011). Précision d'une organisatrice : A ce jour, les tables sont composées à 60% de femmes et 40% d'hommes. Messieurs restez calme (sic), "Le site n'a pas pour segment celui du dating" précise bien Sonia Zannad (= « le site n'est pas un site rencontres » ou « Le site n'a pas pour but d'être un site de rencontres », en vieux français).


COlunching à Les Buttes Chaumont. Ah ah !

Étymologie : co-, du latin cum :avec, + lunch (prononcer lʌnʧ), abréviation de luncheon. Etymonline : 1817 the only definition of lunch in Webster's is "a large piece of food." (une grande quantité de nourriture). Merriam Webster : a usually light meal (repas léger ou collation). Vieil anglais dialectal lunch : gros morceau. Il est étonnant qu'on passe d'un « gros morceau » à un « repas léger ». La lourdeur de la gastronomie anglaise, sans doute.

Com ou com' ou comm' : abréviation de commentaire, ou de communication, une des techniques essentielles de la manipulation mentale moderne (M.M.M.). Un exemple, parmi tant d'autres : Pour la phobie c'est sûr (je l'avais déjà écrit dans un et même plusieurs je crois de mes comm's) y'en à [sic] pas ! (un commentaire sur un article d'Atlantico point fr, 20.07.2014). Voir Communiquer.

Combientième (barbarisme) : entendu à la radio, de la bouche d'une journaliste qui interrogeait un peintre : « C'est le combientième salon que vous faites ? ». C'est la combientième ânerie que cette « journaliste » débite à la radio ? Et si le peintre n'avait tenu aucun salon (zéro salon, en patois néo-crétin), ce serait le zérotième (?) salon ?

Il existe bien l'adjectif « quantième », qui désigne le rang ou l'ordre numérique dans une série de nombres – exprimant surtout la durée. On ne l'emploie plus que pour signifier le jour du mois : J'ai reçu ce mois-ci une proposition intéressante, mais je ne sais plus quel quantième. Dans cet emploi, il est plutôt littéraire ou vieilli.

Origine : combientième, dérivé de combien ; de l'ancien français com (= comme) + bien.

Come-back (ou come back, ou comeback = retour, anglicisme, prononcer kʌm bæk) : terme anglo-saxon signifiant tout simplement ‘retour’, parfois avec une nuance particulière : avec des forces accrues, avec de nouveaux projets etc... Musique : le groupe ‘Police’ fait son come back. Le come back est la spécialité de chanteurs faisant chaque année leurs adieux définitifs à la scène. Titre d'un article web : Une mode qui fait son come-back (il s'agit ici de la barbe). Ne pas confondre avec coming-out.

Origine : de l'anglais comeback : "recovery, return to former position or condition after retirement or loss".

Comics (anglicisme, prononcer kɒmiks) : dans la langue des néo-crétins anglo-saxonnisés, ce terme est devenu synonyme de bande dessinée ou B.D., – même si ces B.D. n'ont rien de « comique ». Un héros de comics. Ça en devient presque comique.

Étymologie : de l'anglo-américain comics. Dérivé du français comique, venant du latin comicus : qui a rapport au théâtre, à la comédie. Comicus vient du dieu Comus, dieu de la joie et de la bonne chère, qui présidait aux festins, aux danses nocturnes et au libertinage. Beaucoup de B.D. n'ont plus rien à voir avec ce dieu.

Coming out (anglicisme, prononcer kʌmɪŋ aʊt) : aveu, révélation, terme par lequel on désigne plus spécialement un homosexuel qui révèle son homosexualité. [...] certains jeunes homosexuel(le)s se posent la question du ‘coming out’ c'est-à-dire d'informer leur entourage de leur préférence affective et sexuelle (dossier de Doctissimo point fr). Noter « homosexuel(le)s », mais « certains » (sans féminin entre parenthèses). Autre exemple : Même si son homosexualité n'est un secret pour personne à Hollywood, la star ayant fait son coming-out auprès de ses proches et de ses collaborateurs par le passé, elle n'y avait jusque-là jamais fait directement référence en public (blogue Le Nouvel Obs point com, 12.01.2013). Faire référence ? Cette expression signifie normalement 'évoquer au moyen d'une mention ou d'une référence'. Faire allusion, peut-être ? Exemple tiré de l'inépuisable actualité informatique : Le coming-out du patron d'Apple n'a surpris personne. [...] "Je suis fier d'être gay et je considère mon homosexualité comme l'un des plus beaux cadeaux que Dieu m'ait fait", écrit le directeur général d'Apple dans sa tribune (cité par La Tribune point fr, 30.10.2014). L'homosexualité comme un « cadeau de Dieu » ? Ce n'est pas l'homosexualité de droit divin, mais on s'en approche.

Ce terme peut aussi s'appliquer en politique, où des gens connus pour être de gauche révèlent soudainement et publiquement qu'ils ont une vision de droite de la société, sans qu'il n'y ait la moindre tentation de pouvoir ni d'appât du gain. Non, c'est tout simplement du pragmatisme politique. Exemple : Le récent coming out du Dr Kouchenlair... qui s'est trouvé des affinités avec la droite, au point d'accepter un poste de ministre dans le gouvernement Sarkozy, alors qu'il est de gauche, ce qui ne l'a pas empêché – de son propre aveu – de voter à gauche pour l'élection présidentielle de 2012.

En abrégé : outer (sic). Comment prononcer ce barbarisme ? A-ou-té ? Exemple tiré de l'excellent organe Vingt Minutes point fr du 12.12.2014 : Cette fois, il fait l'unanimité. L'élu FN Florian Philippot a été «outé» par le magazine people Closer, qui révèle son homosexualité dans son numéro de ce vendredi. Le style des néo-rédacteurs nous réservera toujours de divines surprises. Noter « magazine people » : magazine de potins (sur les célébrités médiatiques). En tout cas, ce néo-verbe a l'air d'être connu et reconnu, puisqu'on le trouve au participe présent : #closer en outant @f_philippot demontre que le #FN n'est pas homophobe, sectaire. effet boomerang d'1 inacceptable atteinte a la vie privée — David-Xavier White (@dxwhite) December 11, 2014 (message « tweet »). Noter le mélange d'équivalent-français (lettres sans accents, sauf pour 'privée') et d'anglo-américain (December 11, 2014), – notation temporelle aberrante, sans doute imposée par les Étazuniens.

Substantif dérivé : outing. On dira ce qu'on veut, mais le meilleur remède contre l'outing, ça reste le coming out... — Ian Brossat (@IanBrossat) December 11, 2014. Cette fois, le français est mieux respecté, malgré les deux anglo-américanismes : outing et coming out ; « le meilleur remède contre l'outing, ça reste le coming out » = si vous ne voulez pas qu'on dévoile votre homosexualité, avouez-la vous-même. Autre exemple : La directrice de «Closer» justifie l'outing de Florian Philippot par «le droit à la peoplisation des homosexuels» (Vingt Minutes point fr, 12.12.2014). Vingt Minutes et la directrice de Closer-Mag parler good français.

Origine : idiotisme anglais : to come out as gay (or lesbian) : déclarer, dévoiler, révéler son homosexualité.

Comité Théodule : expression forgée par le général de Gaulle, à propos d'une commission ou d'un comité ne servant à rien. La création de tels comités répond souvent à la préoccupation, de la part d'une autorité, de caser des camarades à l'utilité problématique pour la Nation. Depuis quelques semaines, le président de l'Assemblée nationale est parti à la chasse aux "comités Théodule" – ainsi les nomme-t-il –, parce qu'il les accuse d'accaparer le travail de réflexion attribué par la Constitution aux députés (Le Point point fr, 24.10.2012). Autre exemple : Lors de sa conférence de presse à l'Élysée, le chef de l'État a évoqué pas moins de quatre nouvelles commissions consultatives. On pourrait aussi les appeler «comités Théodule», référence à une déclaration du général de Gaulle... (Le Figaro point fr, 15.01.2014). Noter « référence à » : en référence à.

Étymologie : comité, emprunt à l'anglais committee, terme de droit signifiant d'abord « commis », puis terme politique signifiant « réunion de personnes délibérant sur une question ». Passé en français à la fin du XVIIe siècle.

Théodule, prénom venant de deux mots grecs Θεός (théos) : dieu, et δουλος (doulos) : esclave. Mais les comités Théodule ne semblent pas esclaves du boulot...

Commandante : femme qui a le grade de commandant. La commandante n'arrivera pourtant pas à nouer un lien de confiance avec la future première dame. On peut admettre cette féminisation, pas trop choquante à l'oreille ; mais par contre le pseudo-titre de première dame est choquant et lassant.

Trouvé dans lexpress point fr : Cette commandante de police que Trierweiler a fait virer. [...] Une commissaire de police du SHPH (Service de protection des hautes personnalités) se tient à son côté. Elle est chargée d'assurer sa protection. Dans un autre paragraphe, elle est simplement appelée 'policière'. On appréciera d'une part au passage l'expression a fait virer au lieu de l'expression plus élégante 'remercier'. D'autre part, la fonctionnaire de police est appelée 'commandante' dans le titre, 'commissaire' dans le paragraphe suivant. Vérification faite dans Wikipédia : le grade de commissaire est au-dessus de celui de commandant dans la hiérarchie de la police. Enfin le sigle S.H.P.H. a été rendu par « Service de protection des hautes personnalités », alors qu'il aurait été plus logique d'utiliser le sigle S.P.H.P. Vérification faite : c'est bien S.P.H.P. qui est le sigle du service. Conclusion : en quelques lignes il y a une telle accumulation d'erreurs ou d'approximations qu'il est difficile de faire confiance à la gent pisse-copie.


Le commandant appartient au corps de commandement, tandis que le commissaire
appartient au corps de conception et de direction. Source : Wikipédia.

Étymologie : commandant, dérivé du verbe commander, du latin cum : avec, et mandare : mander, ordonner.

Commandes (être aux ~ de) : qui a la direction de, qui dirige, qui commande, qui préside. Cette location concerne la commande d'engins, de véhicules, de machines, de groupes humains. Mais quel sens donner à cette phrase relevée dans pure people point com : Mort de Jean-Luc Delarue: Sophie Davant, émue, aux commandes de son hommage télé ? Aux commandes de son hommage : qui présente son hommage ? Ensuite, d'après l'article, ce n'est pas S. Davant qui a pris les commandes de l'émission, mais elle a été proposée par la direction dans un deuxième choix. Enfin, qu'une femme fasse ou rende hommage, c'est quelque peu paradoxal, – même si l'expression « rendre hommage » est une expression figée. Autre exemple, bizarroïde lui aussi : Pendant près de cinquante années, des chercheurs se sont succédés aux commandes d’une longue étude consacrée à l’alimentation. « Aux commandes d'une étude » : pour diriger une étude ?

Étymologie : voir rubrique précédente.

Comme : de plus en plus utilisé de façon explétive : « il s'est trouvé un emploi comme vendeur » ('il a trouvé un emploi de vendeur' suffit amplement).

Étymologie : du latin quomodo, composé de quo et modo : de la façon que, en quelle façon. Espagnol cómo.

Comme même : signalée à titre anecdotique l'expression comme même qui, dans la bouche de certains lettrés (surtout jeunes) tend à remplacer 'quand même' : A part ça la vie est belle comme même car je suis encore en bon état. Le même, en pire : okay les intouchables ct un gros navet mais y'avais comem des moments droles. Comme quoi le français, lui, n'est pas intouchable.

Comme quoi : disant que, spécifiant que, précisant que (français populaire ou négligé) : J'ai reçu une lettre comme quoi ma ligne était bonne.

Comme si que : expression souvent utilisée par les enfants et les ignorants dans le sens de 'comme si'. C'est comme si qu'il pleuvait

Comment : adverbe de manière, employé dans le style direct ou indirect. Comment vas-tu ? Je ne sais comment ça se fait. On observe depuis un certain temps, chez les néo-rédacteurs imprégnés de style anglo-américain, le fait de mettre une préposition devant cet adverbe, ce qui produit un très bon style charabiatesque. L'enquête [...] avait permis de rassembler de "très bons éléments", qui, "nous l'espérons, permettra de peindre une image complète de comment et surtout pourquoi cela s'est produit". « Pour savoir comment » serait dans doute trop long à écrire. Les guillemets étazuniens " ... " sont, bien sûr, dans l'original.

Étymologie : comment, venant du latin quomodo (de quelle façon) ; quomodo → comme, avec suffixe -ment.

Comment(s) (anglicisme, prononcer kɒment(s) ) : on voit souvent dans les forums des formules comme : 30 comments, 171 comments. Il ne s'agit évidemment pas du pluriel du mot comment, qui est un adverbe, et donc invariable, mais c'est le mot anglais comment (commentaire) repris tel quel par les flemmards d'informaticiens et de blogueurs qui reprennent directement les mots anglo-saxons. L'on n'est donc pas étonné de trouver des phrases comme Leave a comment au lieu de laisser, écrire, rédiger un commentaire, sur des blogues ou des forums français (français ?).

Semble avoir comme abrégé com (masculin), comme dans ces exemples : Je ne pense pas que mon com restera car en conclusion, je leur rappelle qu'il est dommage que leurs mères ne les aient pas trucidées avant. Ou bien : tout d'abord mon com etait un peu humoristique. Ou encore : Je ne parlais pas du classement de mon blog pour me vanter, juste pour illustrer la capacité qu'ont les gens à parler de ce qu'ils ne connaissent pas. Relisez mon com. Ben, mon con ! comme disent les méridionaux. La grahie 'comm' peut également se rencontrer : Je répond (sic) en partie à votre comm en répondant ci-dessous à Axel. Langage de forumeurs.

Étymologie : comment en anglais, commentaire en français viennent du latin commentarium : recueil de notes, mémoire, compte rendu. La racine est mens, mentis : l'esprit.

Comment (anglicisme) : voir No comment.

Comment (sur ~) : voir Sur comment.

Commerce équitable : néo-crétinisme mondialiste signifiant : échange de biens et de services entre des pays dits développés et des producteurs dans des pays dits en voie de développement. C'est une sorte de capitalisme à bonne conscience.

Définition trouvée sur http://www.artisansdumonde.org (c'est loteur qui graisse) :

« C'est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable (= pillage autorisé de la planète) en offrant de meilleurs (sic) conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète ».

On peut aussi trouver – quelle originalité ! – la formulation anglaise : Cette mission consiste à transmettre les informations nécessaires pour expliquer, à vous les consommateurs, d'où viennent les différentes caractéristiques d'une tasse, ce que les appellations « café biologique » ou « fair trade » impliquent, et pourquoi qualité et capsules sont rarement compatibles (Rue 89 point com, 22.04.2013).

L'adjectif équitable peut être pris seul, comme dans les exemples suivants : Leclerc affirme être le premier distributeur en France de produits équitables. Ou bien : Tel chanteur a lancé une ligne de vêtements équitables. Produits équitables ! Vêtements équitables ! On croit vraiment rêver quand on voit les prix – pas équitables du tout envers les clients. Et puis que signifie tout ce charabia ? Voir Développement durable, Mode éthique.

PS Le commerce non-équitable, c'est quand les commerçants gonflent exagérément leurs prix (arnaque), – ce qui est le cas de nombreux commerçants.

Étymologie : commerce vient du latin commercium, de cum : avec, et merx, mercis : marchandise. Merx a également donné marchand, mercantile etc. Il est loin le temps où on pouvait lire dans Molière des expressions comme 'commerce amoureux' (relations amoureuses, échange amoureux).

Équitable, équité viennent du latin æquus : égal.

Commercial : adjectif voulant dire : qui concerne le commerce, qui se rapporte au commerce : bail commercial, locaux commerciaux. Mais, en raison de la manie actuelle de prendre des adjectifs pour en faire des substantifs (des fondamentaux, un scientifique ...), l'adjectif commercial est mis pour 'agent commercial', et signifie maintenant : vendeur, personne qui appartient aux services de vente. Définition trouvée sur un site traitant d'économie : Un commercial (une commerciale) est une personne dont le métier est lié à la vente. Tandis qu'un vendeur (une vendeuse) est sans doute une personne dont le métier est lié au commerce...

Néo-verbe : commercialiser, dans le sens de 'vendre' ou 'mettre (un produit) en vente'. Commercialisées entre 700 et 1000 dollars la paire, ces modèles se vendent à près de 240.000 exemplaires chaque année (Le Point point fr, Le Parisien point fr, divers media). Dans cette phrase, commercialisées et se vendent sont quasiment synonymes. Autre exemple : Le produit, qui contient 12% de viande, a été uniquement vendu dans les pays européens et n'a pas été commercialisé dans le monde musulman, a précisé dans un communiqué le groupe (L'Express point fr, Libération point fr, Huffington-Post point fr, etc.). Remarquer la maladresse de construction : « a précisé dans un communiqué le groupe ». Manie journalistique de rejeter la principale à la fin, avec rejet du sujet à la fin.

Étymologie : voir paragraphe précédent.

Commissaire européen : sorte de super-ministre qui fait semblant d'agir dans le cadre de l'Union européenne. Ça rappelle un peu l'Union soviétique et ses « narkoms » (narodnyi komissar [народный комиссар] ou commissaires du peuple, c'est-à-dire ministres). Va-t-on parler d'eurocom pour désigner un commissaire européen ? Et on ne parlera pas de « narcotic bureau », mais de « narcomic bureau » pour désigner l'ensemble de ces narkoms. Lorsque le commissaire européen Olin décrit le monde de la drogue comme régit (sic) par la cupidité et la peur, il ne parle pas des caïds des quartiers, mais bien de nos hommes d'affaires.

Étymologie : latin médiéval commissarius, de cum : avec + mitto, missum, mittere : envoyer. Pour européen, voir Europe.

Communauté, communautarisme : une communauté, c'est tout simplement un groupe de personnes qui ont quelque chose en commun ou qui partagent le même mode de vie. Mais maintenant, dès qu'un groupe de personnes, qu'elles soient étrangères ou non, dépasse deux (2), il y a de facto communauté, et les droits et prérogatives attachés à ce groupe s'appellent communautarisme (barbarisme). Il n'est plus possible aujourd'hui en France de nier l'antijudaïsme issu des communautés immigrés (sic ; Slate point fr, 02.11.2013).

Il vaut mieux ne pas dénigrer ces personnes sous peine de représailles diverses :

1. juridiques, de la part d'associations anti-racistes ou de défense des étrangers, qui vous poursuivent – ou plutôt vous traînent – en justice ;
2. civiles, c'est-à-dire toutes sortes de repésailles.

Comme on le voit, les communautés n'aspirent qu'à une chose : s'intégrer en paix dans le Royaume français. En fait le communautarisme constitue une forme de contestation ou de négation de l'idée de société et de nation, car ces communautés n'entendent obéir qu'à leurs lois, ou plutôt leurs propres coutumes – tout en profitant des lois françaises. Voir Intégration, Repentance.

Le mot communauté tend d'autre part à être galvaudé, et on l'utilise dans le sens de groupe, groupement, ensemble, réunion, association, rassemblement ... En 2 semaine (sic), la mini série s'est construite une communauté de fans.

Étymologie : du latin communis : ce qui appartient à tous, commun. De cum (avec) + un radical mun, voulant dire lier.

Communauté internationale : la communauté internationale, ce sont théoriquement les cent quatre-vingt-onze États représentés à l'ONU. En fait mythe contemporain, aussi creux et vide qu'une baudruche, et censé représenter un groupe de nations qui partageraient les mêmes valeurs ou intérêts. Ineptie à ranger au Musée de la Connerie. Les journalistes sont très friands de cette expression : La communauté internationale cherche à relancer le dialogue avec la Corée du Nord, ou bien La communauté internationale face à la crise du Kosovo, ou encore Guinée : la communauté internationale hausse le ton etc. Il semble en fait que la communauté internationale désigne d'abord les Étazunis, avec un peu la Communauté européenne, et peut-être quelques autres états, assez riches ou puissants pour qu'on les entende. Le reste du monde n'a pas voix au chapitre, et par conséquent ne fait pas partie de la « communauté internationale ». Il s'agit en fait de quelques groupes de pression internationaux.

Communiquer : verbe pris dans un sens intransitif. On ne communique plus quelque chose à quelqu'un, mais on communique tout court, c'est-à-dire qu'on fait sa propre publicité, sa propre propagande, on vante son programme ou ses produits, on rédige un communiqué, on fait savoir, on donne des informations ou plus vaguement on « s'exprime ». De son côté, SFR a achevé son test dans le métro mais n'a toujours pas communiqué à ses clients sur la possibilité de se connecter gratuitement sur le réseau de Naxos (la tribune point fr). Remarquer la construction malheureuse : « n'a toujours pas communiqué à ses clients sur la possibilité ». Le plus souvent, communiquer peut être rendu par dire, parler ou faire savoir : Ils ne voulaient pas que je communique sur le fait que mon enfant avait été blessé (ils ne voulaient pas que je dise que mon enfant ...) Ou bien : La nouvelle avait fait grand bruit, d'autant que la journaliste avait communiqué sur cette rupture au moyen d'un texte transmis par sms à l'AFP. Communiquer sur cette rupture = plus simplement, annoncer cette rupture, parler de cette rupture. Encore un exemple qui s'approche bravement du charabia : L'ensemble des autorités ont communiqué que ce gaz ne présentait « aucun risque pour la santé » et demandent à ne plus contacter les services de secours. Ont communiqué = ont fait savoir, ont déclaré, ont indiqué. Encore un exemple : [...] si le 777 s'est posé au Kirghizistan, il a traversé les espaces aériens indien, pakistanais et chinois, sans que ces trois pays n'aient communiqué sur la question (blogue du Monde point fr, 16.03.2014).

Ceux qui communiquent ainsi sont des communicateurs ou des communicants. Réclame lue sur un site internet : « Devenez un communicateur efficace ! Objectif : décuplez votre efficacité de communicateur dans toutes les branches professionnelles. » Article lu sur internet : « Le 7 octobre 2010, Jacques Séguéla, grand communicant devant l'éternel et conseiller du régime tunisien, déclarait ... blablabla...blablabla... ». Communicant fait trop penser à “ vases communicants ”, mais ce qui passe alors, ce n'est plus que du vent.

Substantif : communication. Ce n'est tout simplement que de la publicité, ou plutôt de la propagande (les deux vont souvent de pair). Cela a donné lieu à des « techniques de communication », c-à-d de manipulation.

La communication, souvent abrégée dans l'écriture en com' (barbarisme), est donc devenue synonyme de propagande ou de manipulation. Le vocabulaire de base de la “communication” (ou manipulation) politique et journalistique se réduit à quelques mots essentiels, qui sont tous détournés de leur sens véritable : citoyen(ne) [adjectif], fracture, pluriel, numérique, global, durable, transparence, gouvernance, régulation ... Les thèmes abordés par la communication sont toujours les mêmes : droits communautaires, racisme, crise financière, pédophilie, et surtout vendre les « produits » commerciaux ou politiques en vogue. La langue de bois, la novlangue, ou comme c'est le cas dans ces pages, le néo-crétinisme sont les supports vocaux ou écrits de cette communication, destinée à chloroformer les consciences des citoyens. Au reste, la plupart du temps, le blabla de cette communication n'est pas perçu par l'auditoire. Définition de Marshall McLuhan : « La communication, c'est ce que des gens qui n'ont rien à dire racontent à des gens qui ne les écoutent pas ».

Adjectif dérivé : communicationnel, comme dans cet exemple : En faisant appel aux compétences de l'auditeur, le cliché permet du coup au journaliste de faciliter son « travail » communicationnel. Il est vrai que "travail de communication" est trop long ou compliqué à dire ou écrire.

Étymologie : communication, du latin classique communicatio : mise en commun, échange de propos, action de faire part. Vient de l'adjectif communis : commun.

Communiste : semble être, du moins dans la bouche de certaines personnes, une insulte particulièrement gratinée : On accusait les défenseurs des logiciels libres et de la gratuité numérique d'être des communistes (dixit Bill Gates). Voilà qui sent la Chasse aux sorcières ! McCarthy, Bill Gates, même combat !

Étymologie : du latin communis : qui appartient à tous, commun. Composé de cum : avec, et munus : charge.

Compact (américanisme) : en français normal, compact veut dire dense, serré, condensé, aux éléments rapprochés : foule compacte. Mais on utilise maintenant cet adjectif dans un sens anglo-saxon : 'de petite taille', 'de faible encombrement', 'modèle réduit' : voiture compacte, appareil photo compact (= de petit format, de petite taille), voire en imitant servilement les Anglo-Saxons : compact disk (CD ou disque laser).

Substantif : compacité. Exemple : [...] Devoir loger une chambre pour le miroir entre l'objectif et le film est la cause d'une compacité moindre par rapport à d'autres systèmes comme les télémétriques ou les compacts. Par quoi peut-on remplacer les mots : la cause de compacité moindre ? Accroître, augmenter les dimensions ?

Verbe : compacter, dans le sens de comprimer, condenser. Exemple : Techniquement, selon la loi de Moore, [...], les super-ordinateurs de la Nasa pourraient, d'ici une décennie, compacter toute l'expérience d'une vie humaine de 80 ans [...] en seulement un mois. Soit un rapport de 1 / 960.

Étymologie : du latin compactus : bien assemblé, où toutes les parties se tiennent bien. Participe passé de compingere : fabriquer par assemblage, rendre solide. Le sens anglo-américain est complètement à côté de la signification de base.

Compagne, compagnon (néo-crétinismes) : celui ou celle qui vit avec quelqu'un sans être marié(e). Synonymes : concubin, concubine. La starification, premier défi de Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande. Il est vrai que le mot « concubine », bien que juridiquement correct [celle qui vit maritalement avec un conjoint, sans être mariée avec lui], sonne mal avec la syllabe « con », la syllabe « cu », et « bine » que ne fait que trop penser à pine. Voir Conjoint.

Étymologie : compagnon, du bas latin companio, companionis, formé de cum : avec + panis : pain. Même étymologie que pour copain : celui avec qui on partage le pain.

Concubine, emprunt au latin classique concubina, dérivé de concumbere : coucher avec. Le concubinage, étymologiquement, ce n'est qu'une histoire de coucherie.

Comparatif : ce bâtard vient d'être repéré pas loteur à propos d'une phrase : [...] en ce qui concerne l'ichtyosaure, on n'a pas de comparatif à l'heure actuelle. C'est une manie récente que de prendre des adjectifs en valeur de substantif, sans doute hérité des Anglo-Saxons. Au lieu de comparatif, on pourrait avoir en français ‹ comparateur ›, par exemple, ou ‹ élément de comparaison ›. Cette nouvelle manie touche plus spécialement, semble-t-il, les nouvelles techniques : Comparatif ADSL, comparaison des offres internet. Remarquer la juxtaposition comparatif / comparaison. Comparatif Antivirus 2012 : quel est le meilleur antivirus ? Ou bien : Comparatif Appareil Photo Numérique : choisir son APN compact. Noter le néo-crétinisme compact au lieu de réduit, modèle réduit, de petite taille.

appel : le comparatif est un degré de comparaison d'un adjectif ou d'un adverbe : positif, comparatif et superlatif.

Étymologie : latin classique comparativus : qui sert à comparer. Verbe comparo, comparatum, comparare (cum + parare) : comparer. Parare : mettre de pair, mettre égal. Cf. en français pair, impair, parité.

Compassion : la compassion qui, étymologiquement, signifie le fait de comprendre la douleur d'autrui (com-patire : souffrir ensemble), est devenue une attitude, une philosophie, une politique visant à mettre la « souffrance » – surtout celle de populations non-européennes, par essence non-démocratiques – au centre d'une réflexion et d'une action sociale bien-pensante et politiquement correcte certes, mais dispendieuse et à la limite de l'hypocrisie. Le vocabulaire religieux (compassion, angélisme) s'infiltre dans le politique (la compassion est un vertu chrétienne).

On assiste d'autre part, dans les media, à une attitude exagérée de compassion pour des personnes, certes, qui le méritent (enfant enlevé et assassiné, jeune fille enlevée et démembrée ...). Mais cela provoque l'intervention télévisée de personnages jusqu'à la tête de l'État. Est-ce bien décent de la part de hauts personnages d'intervenir dans un fait divers, dans un drame familial, afin d'assurer leur notoriété ou de faire leur propre publicité ? Cette « récupération » est totalement immorale et démagogique.

L'adjectif dérivé est compassionnel, adjectif aussi moche linguistiquement que l'action qu'il qualifie : La démocratie compassionnelle est une démocratie dévoyée (Myriam Revault d'Allonnes, L'Homme compassionnel).

Étymologie : du latin cum (avec) et patior, pati (souffrir) : partager les souffrances d'autrui. Même chose en grec :
συμπάθεια (sympatheia → sympathie) : participation à la souffrance d'autrui. De συν (syn : avec) + παθειν (pathein : souffrir).

Compétence : dans le sens de "connaissance approfondie dans un domaine de la technique ou de la connaissance", ceci nous vient de l'anglo-américain (XXe siècle). Une compétence est une capacité d'action efficace face à une famille de situations, qu'on arrive à maîtriser parce qu'on dispose à la fois des connaissances nécessaires et de la capacité de les mobiliser à bon escient, en temps opportun, pour identifier et résoudre de vrais problèmes (François Muller). Dans cette optique, ce n'est donc pas un simple synonyme d'aptitude. Les entreprises modernes recherchent des compétences, car on remplace de plus en plus le "métier", l'expérience professionnelle et le savoir par la notion anglo-américaine et technocratique de « compétence ».

Celui qui maîtrise un domaine de la connaissance ou de la technique est donc forcément quelqu'un de compétent (quoique ...). Hollande "le compétent" face à Sarkozy "l'international", titre L'Expresss point fr. Ce qui suggère que N. Sarkozy ne serait pas compétent (voir paragraphe suivant), et que Fr. Hollande n'aurait pas d'envergure internationale. Et, en matière de compétence, on a vu les résultats avec le quinquennat de Fr. Hollande (2012-2017).

Le contraire de compétent est incompétent. SARKOZY INCOMPETENT par skidoo. Sarko allumé par Bourdin sur RMC/BFM, peut-on lire sur le site de dailymotion.

Compétence (scolaire) : de nos jours, à l'école, on n'acquiert plus de connaissances, mais on doit maîtriser diverses « compétences », traduction française du mot anglais « skill » (adresse, habileté ; aptitude, talent ; capacité, compétence). Le changement sémantique n'est pas du tout innocent : au lieu de têtes bien faites, avec des connaissances structurées, l'école se soucie désormais de têtes à peine pleines de matières juste utiles pour certains emplois. Pour ce faire, un (de) brillant(s) incompétent(s) de l'Éducation dite nationale a (ont) mis au point un livret personnel de compétences (sic), qui remplace les anciens bulletins scolaires. [Le socle de compétences] évoque non seulement les connaissances, pierre angulaire de l'instruction, mais aussi les compétences, notion plus floue qui rappelle le catéchisme pédagogiste selon lequel les élèves doivent construire leurs propres savoirs (Le Point point fr, 11.06.2014). Autre exemple, un peu long pour montrer l'ineptie de ce néo-mot : Le diagnostic sur les compétences des écoliers en français est, lui, connu. Une étude de l'Éducation nationale publiée en mai 2014 constatait que si les élèves avaient progressé en quatorze ans dans l'apprentissage de la lecture et du «décodage», les compétences «langagières» et la compréhension de texte accusaient une baisse (Le Figaro point fr, 22.01.2015). Compétence peut ici avoir le sens d'apprentissage, de connaissance ou de maîtrise ; c'est une notion très floue, et pour tout dire inutile. Noter également le mot décodage dans le sens, peut-être, de lecture ou de compréhension (?) Il ressort des phrases citées plus haut que, si les élèves savent lire et « décoder », ils ne comprennent rien à ce qu'ils lisent ou « décodent ».

Étymologie : compétence, du latin competere, de cum : avec, et petere : aller vers, demander. La compétence, initialement, c'est l'aptitude d'une autorité à effectuer certains actes.

Compétences transversales : cette joyeuse couillonnade est, semble-t-il, le fruit de l'Éducation nationale, et doit signifier quelque chose comme savoir ou connaissance complémentaire ou supplémentaire plus ou moins en rapport avec une discipline (?) Citation : « Les compétences transversales sont des compétences qui se développent parallèlement aux compétences prescrites dans les contenus des cours » (Cursus point edu, 30.03.2004). C'est transversal et parallèle en même temps Sans doute une nouvelle géométrie, non euclidienne.

Étymologie : compétence : voir rubrique précédente.

Transversal : qui passe en travers ; du latin transversus, formé de trans : en travers, et de versus : tourné. Verbe verto, vertum, vertere : tourner. D'où version, vertige, etc. Russe вертеть (vertet') : tourner.

Compilation : ce terme ne désigne plus la réunion, de type plagiat, de documents divers en vue d'en faire un document unique (« Cette thèse n'est qu'une compilation de documents déjà publiés sur la question »). Mais c'est un recueil, une anthologie, une somme, une réunion : Invités de notre émission Mediapart 2012, les candidats ont dû répondre à des questions dérangeantes. En voici la compilation (Médiapart point fr, 29.04.2012). On trouve souvent ce mot sous la forme compile : Ce cd, c'est la compile du siècle ! Ou, cédant à la manie actuelle de l'apostrophe, sous la forme encore plus horrifique : compil' (Ce CD, c'est la compil' du siècle !)

Verbe : compiler, comme dans cet exemple : Le Huffington Post a compilé les comportements étranges que nous fait faire notre portable (Gentside point com, 05.04.2013). Ici, compiler a le sens de faire ou établir une liste, recenser. Autre exemple : Plurielles.fr a compilé, pour vous, ces recettes 100% naturelles, pour que vous puissiez dire adieu à votre peau d'orange, sans forcément dépenser tout votre argent (Plurielles point fr, 04.04.2013). Ici, compiler signifie réunir, rassembler. Comme il a été maintes fois dit dans ces pages, un mot novlangais peut prendre diverses significations, ce qui est pratique pour s'éviter de rechercher des synonymes.

En informatique, une compilation est la traduction du langage source en un programme directement exécutable par un ordinateur, et le verbe correspondant est évidemment compiler : compiler un programme.

Étymologie : du latin compilatio (cum-pilare) : action de piller, larcin, plagiat. Si les prétendus chanteurs (= brailleurs) connaissaient l'étymologie de compilation, peut-être emploieraient-ils un autre mot. Mais il est vrai qu'ils passent leur temps à se plagier les uns les autres.

Complémenter (néologisme XXe siècle) : voir Supplémenter.

Complété : traduction servile et inutile de la formule anglo-saxonne completed. Lors d'un téléchargement par exemple, Windaube affiche en bon charabia : 7 626 320 sur 10 939 391 octets complétés. Il s'agit tout simplement de 7 626 320 octets sur 10 939 391 (téléchargés). Dans le second exemple (completed), il faut comprendre : achevé, terminé, effectué.

   

Étymologie : du latin cum + plenere (emplir). Vieille racine indo-européenne qui a donné plenus (latin), plein (français), pleno (espagnol), полный (russe : polnyi) ; sanscrit prâna.

Compléter (un formulaire) : tous les sites (pages) internet vous demandent de compléter un formulaire (d'inscription ou autre…). Il faut évidemment comprendre : remplir les rubriques d'un formulaire. Importation frauduleuse de l'anglo-saxon.

Compliquer, complication : les néo-crétins adorent faire compliqué là où c'est simple. C'est ainsi qu'ils n'achètent plus, mais procèdent à un achat ou font l'acquisition de ; ils ne disent plus : j'envisage de, mais disent : je n'exclus pas de : « Les États-Unis ont demandé à Musharraf de faire le ménage dans cette région, n'excluant pas le recours à des frappes aériennes »... Alors que la trêve hivernale démarre jeudi, la (sic) ministre du Logement, Cécile Duflot, n'a pas exclu de mettre en œuvre la réquisition de logements vacants en cas de besoin. Lu sur un site, rubrique « Bêtisier », citant le journal : « M. Accoyer a indiqué qu'une exclusion n'était pas exclue ».

Ou bien, relevé chez France-Téléfon, en néo-langue tortueuse : Le numéro d'appel demandé
n'est pas un numéro non en service. ‘Numéro déjà en service’ serait d'un banal pour les surdoués de France-Téléfon. Ou bien, lu sur slate point fr : L'application de glace sur la peau, non sans un linge pour la protéger, est d'ailleurs la première mesure à prendre en cas d'entorse, de déchirures musculaires et ligamentaires. Non sans un linge = avec un linge, sans doute, ou si on veut vraiment insister : en n'oubliant pas de mettre un linge.

Un simple billet (ticket) de chemin de fer est devenu un
titre de transport (quel énorme progrès surtout avec les grèves à répétition !), un facteur est devenu un préposé au courrier (peu de succès), le transfert (d'un prisonnier) est devenu un transfèrement, un(e) concierge – un(e) gardien(ne) d'immeuble etc. On se souvient des périphrases qui ont fait rire la France entière : technicien(ne) de surface, ou agent d'entretien pour homme ou femme de ménage. Sans doute manient-ils un instrument de propreté (balai) ? Le verbe décomplexifier signifie simplifier (voilà qui simplifie les choses). Le fait de compliquer (désimplifier ?) répond sans doute à un énorme besoin d'amplifier la pensée. La simplicité est sans doute trop simple pour les cerveaux surdoués des adorateurs de la novlangue. Slogan novlangais : « Plus c'est long, plus c'est laid, plus ça plaît ».

Un emploi dérivé de compliquer s'observe dans le parler journalistique, décidément très riche en inventions : La situation est toujours compliquée ce mercredi matin pour bon nombre de voyageurs à destination de l'Algérie, bloqués notamment dans les aéroports parisiens ou à Marseille. Une situation explosive, où des passagers exaspérés s'en prennent physiquement à des responsable d'Air Algérie, est qualifiée de "situation compliquée".


Pourquoi faire simple ?
Dessin de Jacques ROUXEL (les Shadoks)

Étymologie : du latin complicare, littéralement : rouler, enrouler, plier en enroulant, d'où au figuré : embarras, entrave ; 'complica notio' : idée confuse.

Complotistes : les crétins malfaisants de la presse bien-pensante et du pouvoir établi désignent par ce mot ceux qui sont sceptiques face aux dogmes officiels des pouvoirs en place qui présentent les attentats du 11 Septembre comme étant le fait de la secte mythique Al Qaïda. Il en a été de même avec l'assassinat de Kennedy, avec Pearl Harbour, etc. Mettre en doute les dogmes officiels est passible d'excommunication, comme pour certains artistes (Jean-Marie Bigard p.e.) ou journalistes (Thierry Meyssan p.e.). Principal argument avancé contre les complotistes pour le 11 Septembre : s'il y avait eu "complot", le nombre de personnes mises dans le secret serait tel que ce secret aurait rapidement été éventé. Les partisans des thèses officielles présentent les complotistes comme des paranoïaques, et le mot complotiste sert souvent à évacuer des questions gênantes.

Lu sur Wikipédia : Les théories du complot sur les attentats du 11 septembre 2001 sont celles qui génèrent le plus de trafic sur Internet. Dans cette phrase, on peut traduire sur les attentats par : concernant les attentats, génèrent par : engendrent, occasionnent, produisent, provoquent et trafic par demandes, « requêtes », visites. De sorte qu'on obtient en ancien français : Les théories du complot concernant les attentats du 11 septembre 2001 sont celles qui provoquent le plus de visites sur Internet. Voir Conspirationnistes.

Ce qui désigne l'attitude des complotistes, c'est bien évidemment le complotisme, comme dans cet exemple : Voilà peut-être pourquoi ceux qui interrogent la vérité de cette réalité médiatique prennent aussitôt le risque de se voir taxés de « complotisme » : en dehors du point de vue médiatique, qui prétend épuiser le réel, point de vérité (Acrimed, 18.04.2014).

Étymologie : complotiste, fait d'après complot, d'origine obscure. Ancien français complot : foule compacte, puis accord commun, intelligence entre des personnes.

Composite : terme d'architecture, signifiant : qui est composé d'éléments de l'ordre corinthien et de l'ordre ionique ; par extension cet adjectif désigne quelque chose qui est composé de plusieurs éléments : matériau composite. Mais l'adjectif composite peut aussi être pris comme synonyme de bigarré, complexe, composé, constrasté, divers, hétérogène, mixte, varié ... Le livre de Vincent Quivy trace un portrait composite de Jean-Pierre Elkabbach, à travers une galerie de portraits (Acrimed, 16.07.2012).

Comprador(e) (portugais) : désigne littéralement un acheteur. Il s'agit en fait d'un acheteur, implanté dans un pays, et qui négocie à bon compte pour une société étrangère (Wikipédia). Ce genre de terme surgit plutôt au détour d'une phrase dans un article traitant d'économie. Mais loteur le glisse quand même dans son glossaire pour l'édification des masses populaires. Et puis, un terme venant du portugais, c'est plutôt rare en ces temps sursaturés de globish. La grande bourgeoise compradore à la solde de l'Alliance Atlantique (France, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis) ou à la solde de l'Alliance de Shanghai (Chine et Russie) s'essuie le front (Agora-Vox, 23.05.2012).

Étymologie : du portugais comprador : acheteur. Venant du latin comparo, comparare : procurer, se procurer.

Compte : sur internet, que ce soit pour lire des articles en ligne, donner le montant de sa consommation électrique à EdF, s'inscrire à un forum, etc. il faut ouvrir un compte, avec identifiant + mot de passe, comme on ouvre un compte en banque. On vous demande en général des renseignements d'ordre personnel (nom, adresse, téléphone, adresse électronique etc.) Ce qui va permettre à des sites ou à des sociétés de vous contacter par voie électronique. Et comme on revend en général vos données à des tas de sociétés, cela va permettre à des sociétés inconnues de vous inonder de spams, qui n'ont la plupart du temps rien à voir avec le site initial. Ce sont les joyeusetés d'internet.

Les articles sur Face-Book et Twitter ont indiqué que les dirigeants de ces deux sociétés amassent des fortunes au détriment des particuliers, et ce à leur insu, en revendant des renseignements personnels à d'autres sociétés.

En ce qui concerne ces fameux réseaux sociaux justement, c'est-à-dire en fait des réseaux virtuels, pour pouvoir inonder le monde de messages aussi inintéressants qu'inutiles, il faut avoir ouvert un compte pour pouvoir jouir de cet énorme privilège. Et quand on communique par l'intermédiaire de ces réseaux, c'est, selon les néo-rédacteurs, « via un compte », c'est-à-dire avec une inscription ou un abonnement (Twitter, Face-Book). Cette sotte manie atteint même les élus de la Nation : Le président des députés PS Bruno Le Roux a jugé mardi "inadmissible", voire "diffamatoire", la diffusion sur le réseau social Twitter, via le compte d'un député UMP, d'une photo mal légendée d'un député socialiste jouant au Scrabble dans l'hémicycle en plein débat (L'Express point fr, 05.02.2013). On peut aussi directement écrire sur son compte Twitter : "Que Dieu bénisse George Martin, la paix et l'amour pour Judy (son épouse, ndlr) et sa famille (...) George va nous manquer", a écrit Ringo Starr, 75 ans, sur son compte Twitter.

Étymologie : du bas latin computus attesté au sens de calcul, quantité dénombrée, estimation, considération. La graphie étymologique « compte » s'est spécialisée au sens de calcul, la graphie « conte » étant réservée au sens de récit. Le compte, c'est l'état détaillé (crédits / débits) concernant une somme qu'un client a déposée dans une banque. Par extension, et en analogie avec un compte en banque, un compte internet, un compte face-book, etc. ce sont des opérations (relations, messages, photos ...) qu'une personne effectue sur un espace virtuel alloué par un fournisseur de services.

Computer (anglicisme, prononcer kəmpju:tə(r) ou plus simplement compiouteur) : c'est le synonyme d'ordinateur dans la langue des branchés de l'informatique. Pour arrêter votre computer, pressez les touches Alt-Ctrl-Del, puis cliquez sur Arrêter. Voir Moniteur.

Adjectif dérivé : computationnel : qui concerne la façon de fonctionner d'un ordinateur. L'actuel directeur technique du site a connu Mark Zuckerberg en cours, dans les classes de "Machines intelligentes" [sic] et d'Introduction à la théorie computationnelle (Atlantico point fr, 18 février 2014). Dans une perspective darwinienne, la théorie computationnelle de l'esprit cherche à expliquer comment, en analogie avec le fonctionnement d'un ordinateur, une structure complexe comme le cerveau humain a pu progressivement se construire par agrégations successives de circuits nerveux élémentaires. Mais ce n'est qu'une analogie, et non un modèle de fonctionnement.

Étymologie : le verbe français computer signifie calculer la date, surtout celle des fêtes mobiles dans le calendrier chrétien. On parle ainsi du comput de la date de Pâques, du comput de la date de l'Ascension etc. Dans ce cas-là, on prononce normalement : com-pu-té, com-put. Doublon de compter. Latin classique computare : calculer. De cum (avec), et putare : penser. Cf. compter, comptoir.

Con (féminin conne) : mot omniprésent dans la langue française et désignant d'abord le sexe féminin ('con' viendrait de, ou serait en analogie avec connil, cunil ou conin : lapin en vieux français, à cause de la pilosité pubienne [de nos jours : la chatte, la minette ou le minou (6)] ; une autre étymologie ferait dériver le mot du grec kônos : creux, concave).
« Source vénérienne où vont boire les mâles
Fissure de Porphyre () où frise un brun gazon,
Qui, fin comme duvet, chaud comme une toison,
Moutonne dans un bain de senteurs animales. »

CHAMBLEY
() pierre de couleur pourpre. Aucune allusion au philosophe néo-platonicien.


Le mot « con » interdit par Windaube, car « réservé ».
Windaube se réserve donc la connerie – ce « con » (qu'on) savait déjà.
Peut-être le diminutif de console (combinaison clavier + écran) ?

On trouve chez Sade le verbe « enconner », qui signifie ... ce que vous pouvez imaginez.

Con, conne et leurs dérivés connard, connasse désignent d'abord quelqu'un de bête ou de très bête (Ah, qu'il est con ce type !). Le con désigne ensuite et surtout toute personne qui n'est pas de l'avis du locuteur, qui ne partage pas ses idées ou qui n'est pas comme lui, – c'est-à-dire presque tout le monde. Les cons forment donc la population la plus nombreuse du monde. Pour les hommes politiques, les cons, ce sont les électeurs. Voir la rubrique Lapsus.

Il n'y a dans ce type d'insulte aucune notion de misogynie, de même que pour enculé il n'y a aucun relent anti-homo. Ce que disent ou font les cons habituellement, ce sont des conneries, c'est-à-dire des choses vraiment très bêtes ou nuisibles : Quelle connerie la guerre ! pouvait s'exclamer Prévert.

Augmentatif : gros con, comme dans cet exemple proféré par Sophie Halal : Les électeurs du FN sont des gros cons ! (soit environ le quart de la population française, suite aux élections européennes de 2014). Comme loteur le faisait remarquer un peu plus haut : est qualifié de con quiconque n'est pas de l'avis du locuteur, quiconque est différent du locuteur. Ça laisse peu de place à l'objectivité et à l'esprit critique.

Loteur a rencontré dans un texte du haut Moyen-Âge le mot « conhyste ». Peut-être la contraction de conne hystérique ? Ce mot pourrait parfaitement s'appliquer aux Fémens par exemple. Voir Mariage pour tous.

Un emploi particulier du mot con a amusé loteur, toujours prêt à rire de tout et de rien : Mais alors tous ceux qui nous disent con ne peut ni sortir de l'europe ni sortir de l'euro nous auraient menti? (commentaire 22:59 sur un article concernant l'Union européenne paru dans le figaro point fr). C'est vraiment con comme question.

Le « vocabulaire des orifices »

Con et enculé font partie de ce qu'on pourrait appeler le « vocabulaire des orifices ». En effet, si l'on considère la plupart des mots grossiers et orduriers dans le vocabulaire des grossièretés et des insultes, on s'aperçoit qu'ils tournent presque tous, sinon tous, autour de la zone génito-anale et des orifices du corps humain : bite (petite bite) et son dérivé (biter), con, et ses dérivés (connard, connasse, etc.) ; gland (pauvre gland) ; couilles (Par les couilles du diable !) ; foutre (va te faire foutre) ; cul et son dérivé (enculer), les fèces et les fesses (merde, emmerder, etc.), l'urine (je te pisse dessus)... D'ailleurs, un des principes de l'insulte est d'accoler à un nom l'adjectif sale (sale con, sale étranger, etc.). Et ce qui est sale, c'est évidemment ce qui sort du cul (la merde).

Sans oublier, bien sûr, la putain et le bordel. Mais outre la connotation sexuelle, putain renvoie au vieux français punais : puant. La putain, c'est celle qui pue (cf. la punaise, et aussi le putois, l'animal puant). Le pet aussi sort du cul, et il est puant (quand il parle, on dirait qu'il pète ; je te pète à la gueule). Nous sommes donc toujours dans le même registre : celui de la puanteur, de l'analité, des sécrétions et émanations du corps humains...

Les insultes ordurières concernent tout ce qui entre dans le corps humain et surtout ce qui en sort, c'est donc le vocabulaire des orifices. On observe la même chose avec la bouche : gueuler, engueuler, vomir ou dégueuler (vomir sur quelqu'un, à dégueuler de dégoût), cracher (cracher de dégoût, cracher sur quelqu'un) ; cf. aussi la morve (un morveux), les chassies. La sueur aussi, excrétion de type urine, est concernée : tu me fais suer – variante édulcorée de : tu me fais chier. Nous avons là aussi affaire à une excrétion du corps humain.

En somme, insulter quelqu'un, c'est projeter contre lui une partie de son propre corps, la partie considérée comme la plus sale, la plus puante, la plus honteuse et la plus répugnante (l'« ombre » jungienne). On se défait de sa merde, qu'on ne peut supporter, sur l'autre, qui sert d'éxutoire, de « défouloir ».

L'homme le plus con du monde

Concept (car etc ...) (anglicisme) : le mot banal 'prototype' ne suffisait plus. En anglo-saxonisant l'idée, ça fait tout de suite mieux. Au Mondial de l'automobile, telle marque a présenté un nouveau concept-car sonne mieux que : Au Salon de l'automobile, telle marque a présenté un nouveau prototype. Voir Mondial. Exemple de charabia d'un néo-rédacteur, piqué avec la fourchette à néo-crétinismes de loteur : contrairement au concept Nissan assez fantaisiste, le Peugeot 2008 Concept (sic) est très proche d'un modèle qui sera prochainement commercialisé par la marque.. Le Peugeot au lieu de la Peugeot, concept au lieu de prototype, commercialisé au lieu de mis en vente ... voilà la néo-langue en action.

Loteur livre un autre exemple, non traduit, puisé dans L'Expansion point fr du 14.11.2012, qui n'est pourtant pas un magazine technique destiné à des initiés : Mais sa dernière ouverture, un concept store à Palo Alto, en Californie, au toit entièrement en verre, n'a pas eu les retombées escomptées. Petite corvée habituelle : aller chercher la définition de cette ineptie verbale qu'est concept store. Un concept store, nous apprend Wikipédia, est « un commerce de détail thématique », multi-marque, qui tourne autour d'un type de produit donné, et qui répond surtout à un effet de mode. Là, plus de notion de « prototype », mais c'est plutôt une gamme de produits à la mode. Allez, loteur propose un néo-crétinisme : « boutique-tendance », ou boutend, comme on dit chez les gens branchés.

Il est un autre sens de concept, surabondamment utilisé par ceux-là mêmes qui n'ont aucune idée de la signification de ce mot. En effet, le mot concept est de plus souvent utilisé dans le sens d'idée, de trouvaille, de conception, de formule alors que le concept est une idée abstraite et générale, la représentation mentale d'un objet (vocabulaire philosophique). « Il nous faut encore affiner le concept et trouver un lieu, mais avec 2,5 millions de clients potentiels intra muros, cela aurait un vrai intérêt pour nous » indique M. Vanoverbeke (un directeur de magasin, cité par Le Monde point fr, 14.10.2014). « Affiner le concept » ? Avant on aurait dit : creuser l'idée. Ou bien : Cette pastille humoristique reprend le concept de la Revue de « Presque ». Ou bien encore : L'autre jour, j'ai découvert le concept des timbres personnalisés. C'est un peu la révolution pour les enveloppes, vous voyez. Ou même : «Quoi, du fromager (?) salé au chocolat?!» A l'annonce de ce concept innovant, les réactions sont parfois perplexes. Encore des exemples ? (loteur est intarissable) Un nouveau concept culinaire destiné aux "geeks" est en plein développement aux États-Unis. Ou : Reste à connaître le concept de sa nouvelle émission : s'agira-t-il d'une émission collégiale avec plusieurs chroniqueurs comme celles de ses prédécesseurs ? Le mot concept est sans doute pris ici au sens d'idée, de conception, de formule, peut-être de plan ou de projet. Noter le mot « collégial » : s'agit-il tout simplement d'une émission à plusieurs chroniqueurs, ou bien d'un groupe qui prend des décisions collégialement, c'est-à-dire à plusieurs ? Et puis tiens, encore un exemple, pioché dans Le Figaro point fr : Avec ce nouveau concept d'appareil, associé à des capsules de lait en poudre, Nestlé espère révolutionner (sic) le quotidien (sic) des jeunes parents. Autre exemple, où le mot concept pourrait être traduit par création, innovation ... Le fabricant de jouets a inauguré mercredi à Taïwan un restaurant consacré à Barbie. Un concept unique au monde, que la firme a déjà expérimenté à Shanghaï en 2009, pour le 50e anniversaire de sa poupée fétiche. Noter le mot « firme », américanisme, employé au lieu de société. Et puis encore cet exemple, tiré d'une chronique de Vingt Minutes point fr sur la télévision, créatrice comme on le sait de concepts innovants : « On ne parle pas du regard, de l'attitude générale ou du charme mais uniquement du corps, insiste Thomas Blachman. C'est le concept ».

Étymologie : du latin conceptus : action de contenir, de recevoir. Employé en latin d'église dans le sens de : conception, pensée. De concipere : concevoir, de cum (avec) et cipere pour capere : prendre, qui a aussi donné « Immaculée Conception ».

Concernant (barbarisme) : est devenu synonyme des expressions françaises : 'en ce qui concerne', 'quant à'. Concernant le RER, les interconnexions entre la RATP et la SNCF sont suspendues. Peut aussi s'appliquer à soi-même : Par exemple, me concernant (= en ce qui me concerne, quant à moi), j'ai pris connaissance du programme par hasard en zappant. Calque de l'anglo-saxon : concerning ; cette locution commence à devenir envahissante.

Étymologie : concerner, du latin concernere : mélanger, mêler, unir ; et aussi : voir, considérer l'ensemble de quelque chose. De cernere, qui signifie proprement : séparer, passer au crible, d'où : distinguer, examiner. Grec
κρίσις (crisis) : faculté de distinguer, action de séparer, d'où dissentiment, contestation. Puis jugement, condamnation.

Concerné (se sentir ~) : se sentir impliqué.

Conditionnel : de plus en plus employé à la place du temps futur (confusion due à la ressemblance phonétique) : Quelle adresse devrais-je utiliser pour accéder au portail ? est-il écrit sur le portail du célèbre fournisseur d'accès internet orange.fr ('devrais-je' au lieu de 'devrai-je'). L'emploi de la première personne (devrai-je), au lieu d'utiliser une forme neutre (doit-on), est également typique des méthodes utilisées sur les pages internet (imitation des tribus anglo-saxonnes ?)

D'autre part, en raison de leur formidable témérité d'esprit, les journalistes, surtout ceux de la french TV parlent souvent au conditionnel en ce qui concerne les nouvelles tant soit peu graves ou importantes. Enfin, et l'information est à prendre au conditionnel, il pleuvrait en Bretagne aujourd'hui. Peut-être : “ à mettre au conditionnel ”, “ sous toutes réserves ”, “ sous condition ”... ?

Un emploi que loteur trouve bizarre (mais peut-être n'y a-t-il que lui à trouver cela bizarre) : A Matignon depuis peu, il jouit d'une cote de popularité qu'il espérerait bien volontiers conserver. ... 'Qu'il espère bien' serait plus léger et plus exact, l'idée de condition n'étant pas clairement exprimée.

Étymologie : conditionnel, du latin conditionnalis, venant de condicio ou conditio : engagement, clause. Conditionnel : soumis à une clause.

Confondre : unir, réunir, identifier (des individus, des objets, des choses) jusqu'à les rendre indiscernables, prendre l'un pour l'autre : confondre deux individus. Dans quel sens doit-on comprendre le verbe confondre, utilisé ici par un néo-rédacteur : Des officiers des services de sécurité algériens sont parvenus à confondre l'arme du plus radical des chefs d'al-Qaida au Maghreb islamique (le point point fr du 02.03.2013). Loteur suppose que le néo-rédacteur a voulu dire : reconnaître, identifier. La phrase prête à confusion. Ce n'est pourtant pas difficile de prendre un dictionnaire, ou de vérifier sur internet pour ceux qui n'ont pas de dictionnaire.

Confortable : adjectif emprunté à l'anglais, signifiant commode, pratique, d'utilisation agréable ou aisée ; le confort, c'est le bien-être physique. En français, s'applique aux objets et non aux personnes : un canapé confortable. Mais on peut le trouver dans des emplois plus étonnants, comme : Ce clavier est confortable. Ce programme est d'un grand confort d'utilisation (d'utilisation aisée), Une odeur confortable (sic). On observe aussi la graphie comfortable, héritée de l'anglo-saxon. Exemple, proche du charabia, levé avec un filet à néo-crétinismes : Ainsi, les salariés peuvent travailler debout, en étant plus confortable et énergiques. Confortable, invariable, est-il ici adverbe (= à l'aise) ou adjectif ?

Substantif : confort. Il est conseillé d'avoir une bonne connection (sic) pour un meilleur conford (sic, peut-être le scipteur pensait à certaines voitures). Ou cet exemple, un peu bizarre : « [...] il (Johny Halliday) a été replongé aujourd'hui dans un "coma artificiel" " pour des raisons de confort » (= bien-être ?). Comme si un coma pouvait être une situation confortable ... A remarquer aussi les guillemets étazuniens " ... " entourant l'expression coma artificiel, pourtant bien connue. Dans les feuilletons télévisés étazuniens, on entend souvent l'expression « zone de confort », à propos des meurtres de tueurs en série (par exemple dans Esprits criminels). Il faut sans doute entendre par zone de confort : zone d'action, où le tueur aime opérer.

Antonyme : inconfort. Si l'inconfort est douloureux, allongez-vous sur un matelas plus épais et prenez des balles de mousses (sic) moins denses.

A donné l'adverbe confortablement : si les éléments de l'écran ne peuvent être vus confortablement...

Étymologie : adjectif anglois comfortable, dérivé du français confort, conforter. Conforter, formé de con + fort, littéralement : ce qui rend fort.

Confusant : qui prête à confusion ? Lu sur une page internet ce modèle de charabia : E-marqueting.fr: un site très confusant et très déceptif. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Tout cela prête à confusion et c'est très décevant. En tout cas, c'est ce style qui est confus. Dans ce sens, confusant semble venir de l'anglo-saxon 'confusing'.

On peut aussi trouver, dans ce monceau de perles langagières qu'est la néo-langue, le verbe confusionner (rendre confus) : Cette année, les cerises poussent en même temps que les fraises. Nous le devons au crash entre les mois, cette sorte de raccourci qui confusionne les garde-robes, les corps, les têtes ... (un blog d'« art contemporain »).

Étymologie : emprunt au latin confusus, participe passé de confundere : mélanger, mêler ensemble, confondre.

Confusion (des genres) : en notre époque de triomphe généralisé de la néo-langue, l'on confond de plus en plus allègrement les genres grammaticaux.
  • confusion des adjectifs et des adverbes : cuisiner léger, manger équilibré, vivre mobile, voter utile... Comment vas-tu ? – Tranquille !
  • confusion des adjectifs et des substantifs : les fondamentaux, instrument scripteur, à l'international, cultissime...
  • confusion des substantifs et des adverbes ou des adjectifs : c'est limite crétin, un film culte, un argument béton, une fille canon...
Ces confusions multiples semblent indiquer une profonde révolution dans les mentalités, voire dans les structures mentales de nos contemporains, où tout se mêle, s'emmêle joyeusement. Manque de structures, manque de repères, désir de bouleverser la langue traditionnelle, révolte contre un système grammatical coercitif ? Réaction typique d'une de nos connaissances, dont la maîtrise du français n'est pas le fort, appartenant à la classe moyenne et cadre dans son entreprise : « Il est temps de bazarder ce système, la grammaire, l'orthographe qui servent plus à rien ! ». Ça ne sert plus à rien en effet de maîtriser une langue qui a mis plus d'un millénaire à s'élaborer, et battue en brèche en quelques années seulement par l'informatique, par l'écriture électronique et les appareils tactiles. L'essentiel n'est plus de parler ni d'écrire correctement, mais de communiquer. Quoi ? Peu importe, pourvu qu'on s'exprime. D'où l'explosion des appareils de « communication » : ordinateurs, téléphones portatifs, pseudoPodes, A-Phones etc. où l'on s'échange des banalités, des photos (= j'existe, c'est moi, c'est ma famille, mes copains ...) La multiplication de l'insignifiant est à la mesure du vide inter-sidéral qui occupe les têtes. Dans une telle perspective la maîtrise de la langue, en effet, n'est qu'accessoire.

Étymologie : voir rubrique précédente.

Congratuler : féliciter en néo-langue. Entendu à la french TV cette phrase : C'est lui qu'on doit congratuler. En droite ligne de l'anglo-saxon congratulate, congratulations.

Étymologie : du latin congratulor, congratulari : féliciter, de cum : avec et gratulari : féliciter, dérivé de gratus : agréable. Gratus a donné gré (de bon gré).

Conjoint, conjointe : synonymes à la mode de mari / femme, compagnon / compagne, concubin / concubine. Ça fait quand même bizarre de dire « mon conjoint » ou « ma conjointe ». « Con-joint en deux mots ? » a-t-on envie de demander. Il est vrai que concubin / concubine ne sont pas spécialement réussis non plus. Quant à dire « mon pacsé » ou « ma pacsée », vous imaginez l'éclat de rire. Voir Compagnon, Pacs.

Étymologie : latin classique con-jungere : joindre, unir par le mariage. Cette racine jung- a donné joug, d'où conjoint : qui est sous le même joug. Sanscrit योग (yôga) : union. La racine sanscrite yuj signifie : atteler, unir. Latin jugo, jugare : lier, joindre, unir, qui a donné jugum, -gi : joug, attelage de deux bêtes. Russe et bulgare иго (igo) : joug.

Conjugaison : mot utilisé par ceux qui n'ont pas beaucoup de notions de grammaire ni de conjugaison, et pris dans le sens d'union, réunion : « Le parti doit s'adresser essentiellement à ses électeurs, la candidate a une majorité à dégager. [...] C'est ça la conjugaison. » (François Hollande). Mais peut-être parlait-il sous l'influence de son devoir conjugal (Fr. Hollande est l'ex-'compagnon' de Pyralène Ségal). En 1936, les choses n'ont pu changer que grâce à la conjugaison d'une victoire électorale et d'un mouvement social.

Avec comme verbe : conjuguer (unir, réunir). Expériences conjuguées marchés - clients – métiers. Voir Décliner, déclinaison.


Alors là, loteur avoue ne pas comprendre ; comment peut-on conjuguer un substantif ?
Je vinasse, tu vinasses, elle vinasse, nous vinassons, vous vinassez, elles vinassent.
Mais Libération, le journal fondé par J-P Sartre, nous a habitués à d'autres horreurs.
Loteur aurait plutôt aimé lire : Quand le vin se décline au féminin...
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Étymologie : joug. Conjugal : sous le même joug. Voir rubrique précédente « conjoint ».

Connerie (exemples de ~) : les alertes à la grippe aviaire (ou Sras), les alertes à la grippe porcine (ou Hachun Nénun), les alertes au nuage de cendres d'un volcan islandais. Des millions d'euros dépensés inutilement par des gouvernements frileusement enfermés dans le sacro-saint principe de précaution. C'est la connerie à l'échelle européenne et mondiale. Les hommes politiques ne sont pas exempts de connerie, comme par exemple ce ministre indien prononçant un discours à l'ONU : « S.M. Are-Krishna a ainsi eu le temps de se déclarer heureux “ à titre personnel ” de la présence dans l'assemblée de “ deux membres parlant portugais, le Brésil et le Portugal ”, et ce sans provoquer l'étonnement de son auditoire » (février 2011). C'est nous (loteur) qui graissons.

Connexion : souvent écrit connection, à l'américaine. Lu sur un blog : Et même sur les bords de Loire, il y a des connections Adsl. Après la french connection, la Loire connection ?

En raison de l'influence de l'anglo-américain, on emploie de plus en plus le mot connexion à la place de 'relation' ou 'liaison' : Le chiffre sept est intéressant, en raison de ses connexions lunaires. Ou bien : Les femmes ont une meilleure connexion entre leurs deux hémisphères cérébraux que les hommes (les exemples cités proviennent de textes traduits de l'anglais). Autre exemple trouvé, lui, dans lexpress point fr : Selon Samuel Kounaves, professeur au laboratoire de physique appliquée de l'université Johns Hopkins (Maryland, est), "il n'y a pas de connexion" entre les deux événements.

Dans le même esprit, on peut trouver réflection au lieu de réflexion : ... le web bien sur inquiete par sa capacite a rendre au peuple le pouvoir de réflection qui conduit tous les malfrats qui gouvernent a s'inquiéter ... Le scripteur n'a mis d'accent qu'à réflection et s'inquiéter. Bizarre.

Étymologie : du latin con(n)exio : lien, enchaînement. De cum : avec, ensemble et necto, nectere : lier, nouer.

Connu (des services de police) : expression serinée par les journalistes, et signifiant un délinquant, quelqu'un qui a un casier judiciaire, ou qui est tout simplement fiché pour une raison ou une autre (idéologie, religion, extrémisme etc.). Connues des services de police, les personnes interpellées continuaient leur bataille en plein commissariat (Le Point point fr, 03.01.2012). Dans le commissariat ? Voilà de quoi lier connaissance. De toute façon, la police a des fiches sur tout le monde, malgré les cris de vierge effarouchée de la C.N.I.L. Nous sommes donc tous connus des services de police. Serions-nous tous, par conséquent, des déliquants, des criminels ? Un distingué président pense que la criminalité, ça pousse dans nos gènes. Aux dernières nouvelles, sa ministresse de la police va se convertir en généticienne (généti-chienne ?) [écrit en 2007].

Étymologie : connu, participe passé du verbe connaître. Connaître : du latin cognoscere, de cum + nosco, noscere : apprendre à examnier, étudier. Cog-nosco, cog-noscere : chercher à savoir, apprendre, reconnaître, et aussi : avoir commerce charnel avec. Grec :
γνωσις (gnôsis) : connaissance, notion. D'où le français gnôse.

Service(s), du latin servitium, de servio, servire : être en état de serf, d'esclave, être soumis à, servir. Servile : propre aux esclaves.

La police, du latin politia, est d'abord l'organisation politique, puis l'ordre établi dans un État, et l'administration chargée faire respecter cet ordre. Du grec
πολιτεία (politeia) : situation de citoyen, vie de citoyen, ensemble des citoyens. De πόλις (polis) : cité.

Les deux notions : service et police, étymologiquement, sont contradictoires.

Consensus (prononcer con-sein-suce et non con-sang-suce) : ce terme prétentieux signifie tout simplement : accord. Le consensus international sur la Paix au Proche-Orient … Il est remarquer que ce consensus est tellement consensuel que depuis plus de 50 ans c'est le foutoir, pour ne pas dire le bordel (ce qui est la même chose), au Proche-Orient.

Étymologie : du latin consensus : accord. De cum : avec et sensus : sens.

Conséquences (tirer les ~) : avant on disait tirer les conclusions. Épinglé () sur le figaro point fr : En conséquence, c'est à Rémy Pflimlin, président de France Télévisions et lui seul, de tirer les conséquences du refus de Laurent Ruquier de recevoir la présidente du Front national. Écrire tirer les conséquences au lieu de tirer les conclusions n'est pas très ... conséquent (juste, logique). On remarquera au passage : en conséquence ... tirer les conséquences, et aussi "c'est à R. Pfimlin et lui seul" (au lieu de : et à lui seul). Le rédacteur est un maître du style. Autre exemple : «Il faut en tirer les conséquences administratives et organisationnelles», a dit Manuel Valls. Voir Clichés.

() Épinglé veut normalement dire fixé ou attaché avec une épingle ; attrapé, arrêté. Mais l'auteur se réfère ici à l'expression : épingler un papillon ou un insecte.

Étymologie : du latin consequor, consequi : venir après, suivre.

Conséquent (barbarisme) : cet adjectif, qui signifie 'qui agit avec logique ou avec discernement' (par conséquent : par une suite logique), est dorénavant employé à la place d'important ou de considérable. Mantis ne peut parcourir qu'une seul kilomètre par heure. Mais son concepteur estime qu'avec un budget de développement plus conséquent, cette vitesse pour très vite tripler. Autre exemple : Entre le développement actuel de Ouista et ce que devait être le projet LongMorne à son origine, la différence est conséquente. Où est la logique ? Mais il est vrai qu'il n'y a aucune logique, aucun discernement à attendre de la part des partisans de la novlangue. Encore un exemple : Apple continue d'ouvrir de nouveaux magasins à travers le pays, qui attirent un nombre conséquent de clients (lexpansion point fr). De l'avis de loteur, ces clients n'agissent pas avec logique s'ils veulent acquérir les produits de la secte Alapom. Allez, encore un exemple (courage, lecteur !) : Alors que le talk-show pertinent et rafraîchissant de Laurence Ferrari, Le Grand 8, connaît des audiences en hausse et arrive maintenant à fidéliser un public conséquent, une sombre histoire de plagiat vient entacher sa réputation. Encore un néo-rédacteur qui ne prend pas la peine de regarder le sens d'un mot dans un dictionnaire, ou dans Wikipédia, l'encyclopédie pourtant gratuite sur internet.

Étymologie : du latin consequor, consequi : venir après, suivre.

Console (informatique) : cela n'a plus rien à voir avec des parties saillantes de pierre en architecture ni avec un meuble, mais pour les informaticiens c'est l'ensemble clavier + écran. Pour ajouter ou supprimer des composants logiciels enfichables à une console… Cela peut aussi vouloir dire : service, fonction : console Opérateur de stockage amovible. Et puis, il y aussi les fameuses consoles de jeu, ou appareils destinés à consoler nos chers bambins et nos ados de la dure réalité.

Étymologie : obscure. Peut-être en rapport avec l'action de consolider. Le sens informatique (panneau de contrôle) provient des Anglo-Américains.

Consommable : ce néo-crétinisme désigne tout simplement un produit ou une fourniture. Périphériques et consommables (imprimantes et cartouches d'encre, par exemple). Dans une société de consommation, tout est devenu consommable. Sempiternel emprunt à l'anglo-saxon. Voir la rubrique suivante (consommer, consommateur).

Étymologie : voir rubrique suivante.

Consommateur, consommatrice : désormais les citoyens sont devenus des utilisateurs, des consommateurs face aux produits des géants de la grande distribution. Quant aux artistes ou aux créateurs eux-mêmes, ils sont devenus des produits de consommation courante. Nous ne sommes plus décideurs, quoique la publicité veuille nous faire croire le contraire, nous ne sommes que manipulés. De nos jours, on consomme non seulement physiquement (consommer des aliments, etc.), mais aussi abstraitement et virtuellement : [...] il conviendrait de recueillir les réactions des consommateurs des journaux parlés.

A donné l'adjectif consumériste (avec un seul m, refait à partir du substantif anglo-saxon consumer : consommateur) : qui a rapport à la consommation, aux consommateurs. « ... [protestation] contre la récupération de la fête de Noël à des fins purement consuméristes » (commerciales ?) Ou bien : Il faut malgré tout s'attendre à ce que certaines associations consuméristes aillent vérifier tout ça (associations de consommateurs ?) Substantif : consumérisme ... bien qu'on dénonce le consumérisme, on vit toujours dans une société de consommation. Question : quelle est la différence entre consumérisme et société de consommation ?

Verbe : consommer : se servir de, avoir recours à, utiliser, ou même regarder. Néanmoins une partie du public, en mal de sensations fortes,
consomma la cassette vidéo (sic). Quel appétit ! Ou bien encore : Qu'est ce qu'ont dû vivre les adultes pour en venir à consommer de telles images ? (sic). Une journaliste de la BFM-Télé en est arrivée à proférer une bêtise comme : Certains revendent leur cadeau de Noël une fois consommé (sic). En fait, il s'agissait d'un livre que la personne a revendu après l'avoir lu, et non pas d'une bûche de Noël ou du foie gras, parce que dans ce cas-là, qu'est-ce qu'on peut revendre, sinon de la m... ? Lu sur : Il irrigue désormais, sous une forme ou une autre, la plupart des formats (fictions et documentaires inclus) que nous consommons quotidiennement. Ou bien : Concrètement, le livre effaçable doit être "consommé" dans les deux mois qui suivent non pas son achat mais son ouverture. Lu sur une page internet : Beaucoup sont très hostiles aux media qu'ils consomment pourtant. Avec un grain de sel

On parle même sur-consommation : Oui, indiscutablement, la
surconsommation de télé peut entrainer de nombreux effets nuisibles (obésité mentale ?) Cela traduit le mercantilisme « consumériste », propre à nos sociétés occidentales, où le plaisir de vivre est devenu un acte de consommation.

Étymologie : un des sens courants de consommation est : action d'amener quelque chose à son terme ; emploi avec destruction. On absorbe ou on utilise quelque chose et il n'en reste plus rien (comme du pain, du vin, ou du bois qu'on brûle etc.). On se demande alors comment on peut consommer un livre ou une cassette ; on les dévore des yeux ?

Consommer, du latin consummare, de cum : avec, et summa : somme ; faire la somme, c'est achever, accomplir, porter à sa perfection ; de là le sens assez semblable à consumer, se consumer.

Voir Utilisateur, utilisatrice.

Conspirationniste (néologisme) : terme méprisant ou condescendant par lequel les journalistes politiquement corrects et au garde à vous devant la pensée unique désignent les personnes qui osent mettre en doute la version officielle des attentats du 11 septembre aux Étazunis, ou de tout événement troublant et dramatique : attentat de Boston (avril 2013), prise d'otages du centre commercial "Westgate" à Nairobi (septembre 2013), etc. L'inscription AE911 renvoie sur internet vers un site faisant écho aux thèses conspirationnistes sur les attentats du 11 septembre et comportant une pétition "exigeant du Congrès américain une enquête véritablement indépendante" sur ces attentats (Libération point fr, Le Point point fr, Le Nouvel-Obs point fr, d'après une dépêche de l'A.F.P., 08.02.2013). Autre exemple : Les "conspirationnistes", nous dit-on, citent en effet souvent, pour appuyer leur croyance, le général Wesley Clark, qui rapporte qu'un officier du Pentagone lui a confié, peu après les attentats du 11 septembre 2001, l'intention des autorités d'attaquer sept pays en cinq ans : l'Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l'Iran (Agora-Vox, 07.02.2013). Dans ce dernier exemple, pour augmenter la charge de mépris, on emploie le terme « croyance ».

Variante : conspiranoïaque. [...] le lanceur d’alerte Wikileaks et l’ex agent de la NSA, Edward Snowden, nous informant sur les graves atteintes aux droits de l’homme et à la souveraineté des pays commises par le Gouvernement des États-Unis, ce ne sont plus seulement les « conspiranoïaques » et les connaisseurs de la politique sale des États-Unis qui se posent des questions de ce genre (Eva Golinger, Mondialisation point ca). Voir Complotistes.

Étymologie : d'après le latin conspiratio, -nis : accord secret, venant du verbe conspiro, conspiratum, conspirare (de cum + spirare : souffler) : s'entendre avec, comploter. Même racine que le mot esprit.

Construction (défaut de ~) : caractérise nombre de phrases rédigées par les journalistes. Un exemple entre plusieurs millions : L'euro poursuit sa chute face au billet vert, pénalisé par l'Espagne (Le Figaro point fr, 25.05.2010). N'importe quel lecteur, normalement constitué, comprendra que c'est le billet vert (l'antécédent immédiat) qui est pénalisé. C'est en fait l'euro qui est pénalisé. Pourquoi le journaliste n'a-t-il pas écrit : L'euro, pénalisé par l'Espagne, poursuit sa chute face au billet vert ? Était-il trop pressé (ou ravi) d'annoncer la chute de l'euro face au dollar ?

Étymologie : du latin constructio, -nis : construction. Verbe construere, de cum : avec, et struere : bâtir. Racine riche qui a donné structure, construire et construction, détruire et destruction, instruire et instruction etc.

Consultant (paléo-crétinisme) : en français normal, un 'consultant' est quelqu'un qui va consulter (un médecin, un spécialiste, etc.). Maintenant, inversement, et sous l'influence anglo-saxonne, c'est quelqu'un qui donne des conseils, des consultations. En français moderne : conseil (avocat-conseil, graphologue-conseil...), conseiller. Il a parfois le rôle d'un expert. Exemple : Opérant toujours en équipe, le consultant apporte des réponses aux problématiques que rencontrent les entreprises, pour les aider à exécuter leur stratégie, à piloter leur performance et à prendre les bonnes décisions (Wall-Finance point com).

Néo-verbe : consulter, c'est-à-dire donner une consultation (et non plus demander une consultation). Un médecin, qui venait consulter cette semaine à Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis, a été roué de coups par trois personnes, qui lui ont volé sa voiture "en le jetant au dehors" (Le Figaro point fr, L'Express point fr, divers media P.L.C.C., 01.02.2013). Un médecin qui vient consulter, on pourrait penser qu'il venait demander une consultation (de médecine, ou juridique auprès d'un avocat ...), alors qu'il venait donner une consultation. Ce contresens flagrant, repris par la grande presse « mainstream », est dû, répétons-le, à l'imitation servile des Anglo-Saxons, ce que loteur, dans son langage fleuri qui est le sien, appelle le lècheculisme.

Étymologie : participe présent adjectivé et substantivé du verbe consulter. Consulter, c'est prendre conseil auprès de quelqu'un, et non donner des conseils, qui se dit justement conseiller. Latin consultare, fréquentatif de consulere, de même radical que consilium : conseil.

Contact : le mot contacts, dans les messageries électroniques conçues par les Anglo-Américains signifie répertoire. Ajouter aux contacts : ajouter au répertoire. Pourquoi utiliser un mot français ? C'est terriblement obsolète.

Étymologie : contact, du latin cum : avec, + verbe tango, tactum, tangere : toucher.

Contagion : beaucoup de personnes l'ont remarqué : nos excellents journalistes ne parlent plus que de contagion à propos de mouvements révolutionnaires qui se propagent dans le monde arabe (premier trimestre 2011). Le mot contagion est un terme médical, désignant une maladie qui se transmet de proche en proche par contact direct ou indirect. C'est donc quelque chose de préoccupant, de dangereux. C'est ainsi qu'on peut trouver ce titre d'article : La contagion de l'espoir à propos des mouvements dans les mondes arabes. L'espoir comme maladie contagieuse, au même titre que le sida ou la peste ? Ces journalistes sont malades.

Nouveau développement de la contagion, cette fois à propos de la crise grecque (faillite de l'État grec, renfloué à grands coups de milliards d'euros). Les journalistes parlent maintenant (juillet 2011) de contagion qui pourrait toucher d'autres états de la Communauté européenne. Le mot contagion a bien ici une connotation négative, mais dans un sens politique et économique.

Ces mêmes excellents journalistes n'ont pas de termes assez louangeurs pour parler des « révolutions » qui secouent les mondes arabes, et des « processus démocratiques » (sic) qui s'enclenchent. Et ils emploient tous ou presque le mot contagion (psittacisme ou contagion ?), – de même que pour l'extension de la crise financière. D'un côté, des termes laudatifs (pour les révolutions arabes), d'un autre côté, un mot péjoratif (pour la crise), désignant quelque chose de dangereux. De deux choses l'une, soit les journalistes ne maîtrisent pas le français, soit ils déprécient, consciemment ou inconsciemment, ces mouvements populaires. Loteur laisse au lecteur le soin de trancher.

Étymologie : du latin contagio (composé de cum et du verbe tangere : toucher) : contact, contagion, contamination, et au figuré : influence pernicieuse.

Contentieux (adj. substantivé) : du latin contentiosus : qui aime à se disputer, se quereller. Un contentieux, c'est quelque chose qui provoque une dispute, un débat. Sens novlangais : litige, conflit, procès. En raison de votre retard de paiement, l'affaire a été transmise à notre service Contentieux. Est-ce moins menaçant, moins comminatoire ?

Étymologie : du latin contentio, -nis : tension, fait d'élever la voix, éloquence animée ; lutte, rivalité, conflit. De cum : avec + verbe tendo, tendere : tendre, tendre à, bander (un arc).

Contenu : adj. substantivé et néo-merdisme au sens flou : sujet, article, information, teneur ou contenu d'un article, d'un message, avec du texte, des images, des vidéos. Importation frauduleuse de l'anglo-américain « content ». Vous aimez nos contenus ? Recevez gratuitement la meilleure news et vidéo du jour, et profitez des conseils de Consogazette pour améliorer votre pouvoir d'achat (message de Gentside point com). Ici, contenu signifie vaguement : ce que nous écrivons, ce que nous publions, ce que nous faisons... Noter le néo-crétinisme : « la meilleure news ». Autre exemple : Dès ce soir, "Jusqu'ici tout va bien" va être une nouvelle fois remanié afin de trouver son public. "Nous continuons à travailler à l'évolution du concept vers une émission d'accueil, divertissante, avec du contenu, autour de la personnalité de Sophia Aram, atout majeur". (Pure Media (Ozap) point com, 30.09.2013). Avec du contenu = avec des rubriques intéressantes, informatives ? Noter la formulation néo-crétine « l'évolution du concept » : l'évolution de l'idée, de la formule, de l'émission... Un troisième exemple, pour faire bonne mesure : Le réseau social a modifié ses règles de modération, qui interdisaient jusqu'ici que ses utilisateurs postent des contenus violents sur ses pages (Le Figaro point fr, 22.10.2013). Contenus violents : textes et vidéos violents ? Noter les néo-crétinismes réseau social et poster.

Étymologie : du verbe latin classique contineo, contentum, continere, formé de cum : avec, + tenere : tenir. Ce verbe signifie : maintenir uni, relié ; embrasser, renfermer en soi. A donné l'adj. français content : comblé ; cf. l'expression : tout son content.

Continent : loteur est tombé sur une phrase qui l'a hautement perplexifié : Les récriminations sont nombreuses : 'des unes raccoleuses', 'un traitement éditorial partisan en matière politique, qui semble inféoder le journal au PS', 'la mise à l'écart de continents entiers du journal, comme le social, l'environnement, l'immigration' (Le Monde point fr + divers sites et media P.L.C.C., 03.04.2012). Continents : pans, secteurs, domaines, services ??? Rebelote, avec une autre phrase pêchée dans un article de chalenges point fr du 15.03.2013 : Mais l'expression ou la locution isolées révèlent un continent entier, une manière de penser et de voir le monde qui échappe totalement aux adultes. Peut-être dans le sens de monde, voire d'univers ?

Étymologie : emprunt au latin continens [terra], participe présent du verbe contineo, contintum, continere : maintenir relié, joindre, employé substivement en latin classique au sens de : terre ferme.

Contracter : on contracte ses muscles, ses pupilles ; nos artères, notre cœur peuvent se contracter, c'est-à-dire réduire de volume. Mais loteur a été passablement surpris en lisant la phrase suivante dans un article sur l'économie mondiale : "Sachant que la zone euro risque de voir son économie se contracter au troisième trimestre, la probabilité est importante que le chômage dans la zone euro augmente considérablement dans les mois qui viennent", estime Howard Archer de IHS Global Insight (Le Parisien point fr, La Dépêche point fr, Challenges point fr, divers media P.L.C.C., 31.07.2012). Se contracter = se réduire, diminuer ? Pourquoi, en effet, faire simple ? A noter la manie, maintes fois signalée, de rejeter la principale en incise à la fin de la phrase (« estime Howard Archer... »). Noter également le hiatus « de IHS Global Insight », repris par plusieurs media.

A ne pas confondre avec le verbe contracter (établir par contrat) : contracter une assurance, une alliance, une dette...

Substantif : contraction. Mais l'exemple proposé n'a rien à voir avec le verbe contracter défini plus haut. A ceux qui l'ont oublié, ou ne le savent pas encore, BB est la contraction de "Blemish Balm" nous avertit Pure Trend point com (24.10.2013). BB n'est pas la contraction de blemish balm, mais ce sont les initiales, ou c'est le sigle de blemish balm.

Étymologie : contracter, au premier sens, est dérivé du latin contractus, participe passé du verbe contraho, contractum, contrahere, proprement : tirer ensemble, d'où : resserrer, réduire.

Le second verbe vient aussi de contrahere, au sens de : tirer ensemble, rassembler, d'où : établir des rapports étroits, se lier par contrat, conclure un accord.

Contre : bizarrement, dans l'esprit de quelques journalistes, contre a pris le sens de pour ou en faveur de. L'acquittement a été prononcé contre X, jugé pour le meurtre en 1995 d'Y.

Contre-performance : synonyme d'échec. Sport : les aliments de la contre-performance ! Ou bien : Malgré la contre-performance de son activité vêtements, Hermès prend sa part du boom du luxe (en charabia dans le texte). Qui sait ? Une réussite va peut-être devenir un contre-échec.

Étymologie : de contre + performance. Contre vient du latin contra : contre. Performance est un mot anglais signifant évaluation ou accomplissement (vocabulaire hippique), mais d'origine bien latine : préfixe per + verbe formo, formare : donner une forme, former.

Contre-productif : qui n'atteint pas le résultat escompté, ou même qui atteint le contraire du résultat escompté. Inefficace ? Inopérant ? La novlangue ou l'art de jeter de la poudre aux oreilles... Exemple tiré d'un blogue : Ils ne se rendent pas compte de ce que leur acharnement négationniste peut avoir de puéril et, finalement, de contre-productif. Autre exemple, pioché dans le terreau fertile de slate point fr : Selon un rapport, la prise trop fréquente d'antalgiques contre la migraine pourrait avoir un effet contre-productif.

Étymologie : de contre + productif. Contre, du latin contra : contre, et productif venant de produire, du latin produco, productum, producere : conduire en avant, mener en avant, produire, présenter.

Contre-vérité : synonyme soit d'erreur, si la contre-vérité est involontaire, soit de mensonge, si la contre-vérité est volontaire. Beaucoup d'hommes politiques et de journalistes énoncent des contre-vérités, ça sonne mieux que : beaucoup d'hommes politiques et de journalistes mentent. Autre exemple : Dans les déclarations des ministres et des zofficiels, il y a 99 % de mensonges et 1 % de contre-vérités. Autrement dit, quand ces gens-là prétendent dire la vérité, ils mentent quand même par faiblesse ou par habitude, ou malgré eux, etc.

Lu dans la presse : Face à un adversaire sans idées [...], spécialiste des contre-vérités et des approximations, François Hollande a démontré sa connaissance des dossiers (Libération point fr, autres media P.L.C.C., 02.05.2012). Autre exemple, où contre-vérité et mensonges se trouvent dans la même phrase : En juin 2010, Alain Juppé accuse Caroline Fourest d’avoir écrit à propos de « l'affaire Saint-Éloi » un article publié dans Le Monde qui « contient toute une série de contre-vérités ou de mensonges » (Agora-Vox, 04.02.2013). Quelle différence ? Voir le paragraphe précédent. Lu dans Le Point point fr du 29.12.2015, sous la plume de Pierre Matzneff : « Un mensonge d'État n'est pas un mensonge, c'est une contre-vérité calculée ». Subtil distinguo.

Qui sait ? Une vérité va peut-être devenir un contre-mensonge ou une contre-erreur.

Étymologie : de contre, du latin contra : contre, + vérité, du latin veritas, -tatis : vérité, venant de l'adjectif verus : vrai.

Contribuable : imposable. Euphémisme gentillet désignant un citoyen soumis à l'impôt. Les impôts eux-mêmes sont devenus les contributions, directes (impôts sur le revenu) ou indirectes (taxes, amendes, TVA et autres joyeusetés). Avant on disait taillable et corvéable à merci. Les mots ont changé, la réalité reste. Traduction anglo-saxonne : tax-payer ; cf. l'exclamation de Droopy : Hello, happy tax-payers !, que l'on rend par : Hello, joyeux contribuables !


Hello, joyeux contribuables !

Déclaration d'une ministresse (mars 2013) : Marisol Touraine a prévenu que "tous les Français" seront mis à contribution pour financer les retraites. Que les retraites ?

Étymologie : de con + tribuere : donner, d'où vient le mot tribut. Nous payons indéfiniment un tribut à l'État. Le sens premier du verbe latin tribuo, tributum, tribuere est : répartir l'impôt entre les tribus (romaines).

Contributeur (quasi-barbarisme) : chez les gens informatisés ce mot, importé frauduleusement de l'anglais, signifie « collaborateur ». Trouvé sur le site de comment ca marche point net : Qui sont les contributeurs ? Comment devenir contributeur ? Obtenir le statut de contributeur. Rejoindre la communauté des contributeurs ... (ils insistent lourdement). Wikipédia définit contributeur ainsi : Un contributeur est une personne qui collabore à l'écriture d'une œuvre commune, à la réalisation d'un projet collectif, notamment sur le réseau mondial. Un contributeur est donc un collaborateur, mais plus spécialement en ce qui concerne internet (« le réseau mondial »). Subtil distinguo. On ne peut cependant pas dire que c'est pour éviter d'employer le mot « collaborateur », de sinistre mémoire, qu'on utilise contributeur, puisque les chefs d'entreprise et les D.R.H. appellent cyniquement leurs employés « collaborateurs ».


Les contributeurs, -trices / collaborateurs, -trices du dictionnaire Harrap's de loteur.
(y'a que des femmes. Où est la parité ?)

En français un contributeur, c'est celui qui apporte sa part. Littré reconnaît ce mot, mais pas le Cntrl ni le Dictionnaire historique de la langue française. D'où la qualification de « quasi-barbarisme » qui a été adoptée.

Substantif : contribution. Ça n'a plus rien à voir avec les contributions, directes ou indirectes, c'est-à-dire les impôts, mais cela veut maintenant dire : commentaire. Peut-être espère-t-on ainsi flatter les personnes qui écrivent des commentaires, souvent dans un style délirant et remplis de fautes de syntaxe ou d'orthographe. Cette charte du contributeur présente les modalités de contribution et définit les règles de participation au site (divers blogues). Il faut apprécier au passage l'emploi du mot « charte ». Verbe : contribuer

contributions, contribuer ... au lieu de commentaires, commenter ou ajouter un commentaire.

Étymologie : du latin contribuo, contributum, contribuere : apporter sa part. Formé de cum : avec, et de tribuere : donner, distribuer, littéralement : répartir par tribu. Il est vrai que la profession d'informaticiens comporte de drôles de tribus.

Contrôle, contrôler (super néo-crétinismes) : en quelques années, les mots contrôle, contrôler sont devenus deux des pires termes passe-partout qui soient. Les sens le plus courants et normaux du verbe contrôler, c'est examiner, vérifier ou surveiller quelquechose. On contrôle des billets, des passeports ; on contrôle son poids, sa vitesse. Récemment, sous l'influence des Anglo-Américains, le verbe contrôler tend de plus en plus à remplacer un certain nombre d'autres verbes. Cet épouvantable anglicisme se propage à la vitesse de la lumière grâce à l'ignorance des journalistes de la french TV et de toutes sortes de néo-rédacteurs, et ce verbe signifie maintenant :
  • Maîtriser. Quand un incendie ou une situation sont sous contrôle, cela veut dire que l'incendie est circonscrit, que l'on maîtrise la situation. D'autre part, des partisans acharnés de la novlangue n'hésitent pas à écrire : Self-contrôle (self, mot anglo-saxon + orthographe française, avec o accent circonflexe, pour contrôle) au lieu de maîtrise de soi.


    Le feu presque sous contrôle (= presque maîtrisé)
    Il semble que les rédacteurs ne maîtrisent pas le français.

    L'incendie est sous contrôle
    Yaourt! ne renouvelle pas ses titres.

  • Et un programme informatique n'a d'autre ambition que de maîtriser les rêves et influencer leur déroulement. Titre d'un article sur Yaourt! : Une application capable de
    contrôler les rêves ?

  • Diriger. C'est prendre la direction de, être à la direction de, être à la tête de. Quand Monsieur X. prend le contrôle de la société Y, cela veut dire qu'il la dirige: ... mais ils veulent le mettre en place [le programme] a travers l'État, alors qu'ils prétendent que les travailleurs devraient contrôler les entreprises...
  • Ou bien : Le village de Néchin, distant de seulement un kilomètre de la frontière française et de la ville de Roubaix (Nord), compte 27% de résidents français, souvent très aisés, dont des membres de la famille Mulliez qui contrôle le groupe de distribution Auchan.

  • Surveiller, censurer, commander, dominer, tenir, avoir la situation en main, avoir la mainmise sur, prendre en main, soumettre, avoir de l'empire sur, discipliner, régner sur, asservir, s'assurer de, s'emparer de, asseoir son pouvoir ou son autorité sur, être à la tête de, exercer un pouvoir, une coercition ... Dans les 1001 nuits, le calife Haroun al-Rachid (qui contrôla effectivement Machreb et Maghreb à l'époque où Charlemagne régnait) (il régna sur le Machreb et le Maghreb) ... Le pouvoir contrôle l'information et les media : il surveille, filtre et censure l'information. Les rebelles contrôlent la région de l'Afrique Orientale : ils dominent cette région. Je ne connais pas les détails sur l'éventuel changement d'ambiance sur les territoires qu'ils contrôlaient (= sous leur domination). [...] Adam Weishaupt et Mayer Rothschild qui créeront les "Illuminati", secte qui aujourd'hui contrôle le monde (tient, domine, dirige). Lewis Hamilton contrôle les Lotus. Non, il ne les vérifie pas, il les domine. Avec ce commentaire à la limite de l'inintelligible : Parti de la pole [sic], Lewis Hamilton (McLaren) a patronné [sic] la 11e manche du Mondial, d'abord devant Romain Grosjean puis Kimi Räikkönen (Lotus).


  • Et puis tiens, encore un exemple pris dans le résumé d'un film étazunien, qui prouve que les mots contrôle et contrôler ont véritablement gangréné le vocabulaire des néo-crétins : Un major tente de s'opposer à une effroyable manipulation, visant à prendre le
    contrôle (diriger, dominer) d'un candidat à la présidence via une puce hypnotisante. Une puce hypnotique, peut-être ? Auparavant, une source de sécurité malienne avait annoncé que les militaires français avaient pris samedi le contrôle de l'aéroport de Gao (avaient pris l'aéroport, s'étaient emparé de l'aéroport, avaient pris possesion de l'aéroport).

    Le premier trimestre 2011, à cause des événements ‘révolutionnaires’ dans les mondes arabes, c'est la déferlante des mots contrôle, contrôler, comme dans ces exemples : Benghazi : les rebelles
    contrôlent la ville ; l'armée contrôle la ville de Tripoli ; le dépôt d'armes est sous contrôle des rebelles (ici, dans le sens de : s'emparer de). Les journalistes néo-crétins de la french TV s'en donnent à cœur joie, sans contôle aucun.

    Titre d'un article : 737 maîtres du monde
    contrôlent 80 % de la valeur des entreprises mondiales (possèdent, ont en main), titre repris par plusieurs media ; noter la répétition : du monde, mondiales. Tiré de l'excellent journal : Selon une étude de Mandiant, une société américaine de sécurité sur Internet, l'armée chinoise contrôle quelques-uns de ces hackers parmi les plus virulents du monde, rapporte le New York Times (diriger, être à la tête de). Humble observation de loteur : si vous voulez critiquer la mainmise (et non le contrôle) des grands truands mondialistes sur le monde, commencez par ne pas employer des termes étazuniens.

    Et une réclame pour une voiture fait dire à l'actrice chargée personnifier le véhicule (en vrac) : ... regarde-moi, touche-moi, excite-moi,
    contrôle-moi ... Contrôle-moi ... le niveau d'huile ?

    Plus dramatique, cet exemple : [...} il s'agit de Manoel Ferreira Moura, dit "Manoelzinho", un Brésilien de 25 ans à la tête d'un gang violent qui dirigeait un site d'orpaillage clandestin à Dorlin, à 60 km de Maripasoula, que les militaires français tentaient de
    contrôler lorsqu'ils ont été abattus (site [...] dont les militaires français tentaient de prendre possession). Cette phrase a été trouvée dans divers media, ce qui semble indiquer qu'ils ont repris telle quelle une dépêche de l'A.F.P.

  • Faire fonctionner, suivre le fonctionnement, régler, réguler.

  • Gouverner. L'hémisphère gauche contrôle la partie droite du corps, et l'hémisphère droit contrôle la partie gauche du corps.

  • Enrayer (une maladie, une épidémie), juguler (une inflation)... Chapô d'un article d' Atlantico point fr du 16.03.2013 : Quatorze Français sont parvenus à contrôler le VIH sans médicament, après quelques années de traitement. Contrôler = venir à bout de ? Enrayer ? Vaincre ? Guérir de ? Et plus loin dans le même article : On sait qu’un certain nombre de patients qui ont été traités et qui arrêtent leur traitement peuvent contrôler le virus pendant quelques temps. Contrôler = neutraliser, mettre en échec, contrecarrer l'action de ? Ou tout simplement surveiller ledit virus, le « mettre en observation » ?

    Avec un néo-substantif dérivé : contrôleur. Ainsi, nous pourrons continuer à les suivre et savoir si, d’années en années, les patients continuent à être "contrôleurs" (toujours dans le même article, cité dans le paragraphe précédent).

  • Manipuler : Faits et arguments à l'appui, le penseur qui se définit lui-même comme un "anarchiste socialiste", démonte point par point les stratégies et les mécanismes de contrôle social auxquels les populations des pays occidentaux sont soumises via l'industrie médiatique (atheles.org ; il s'agit d'un essai sur Noam Chomsky). Autre exemple : Il va de soi qu'on ne respecte pas ici la dignité de la personne humaine puisqu'il s’agit de la contrôler pour produire certains comportements sans dialogue rationnel (Agora-Vox, 18.11.2014).
Donc, d'un verbe qui signifie tout simplement examiner, vérifier (en vue ou non d'une approbation), nous sommes passés à un verbe passe-partout, et qui implique une idée de coercition, de domination. A titre d'information, contrôler en anglais se dit to check, to monitor, to verify. Voir Faux-Amis.

La gangrène est telle que des documentations sur l'histoire de France emploient systématiquement ce néo-verbe passe-partout, au lieu de : s'emparer de, prendre possession de, régner sur, soumettre, dominer ... La Guerre de Cent Ans est la dernière tentative des rois et seigneurs anglais de prendre le
contrôle de la France dont leurs familles étaient issues (prendre le contrôle de = assujettir, prendre possession de, soumettre, être ou devenir maître de...). Ou bien : 150 ans plus tard, ils contrôlent l'ensemble du sous-continent dont ils ont chassé les Français (contrôler = s'emparer de, dominer, tenir en main...). Ou bien encore : Le roi contrôlait directement le royaume à l'aide d'une administration mieux structurée (contrôler = gouverner, diriger...). L'anglo-américanisation des termes introduit une grande confusion dans les mots et les concepts. Et puis, cette remarque, maintes fois émise et dans diverses rubriques : en néo-langue (novlangue), un mot = plusieurs idées. Il n'y a qu'à jeter un œil sur les divers synonymes proposés à la fin de cette rubrique.

Le verbe contrôler peut amener à des erreurs de compréhension, car il peut être compris comme vérifier (son sens normal), comme dans cet exemple : L'usage d'armes de longue distance, à faible niveau de
contrôle [humain, ndlr] ou connectées à des capteurs placés sur le terrain mène à une automatisation du champ de bataille. À faible niveau de contrôle humain ? Les humains contrôlent peu les armes : ils les vérifient peu ? Ou ils n'ont pas de prise directement sur eux, c'est automatisé ? Quant à l'expression « automatisation du champ de bataille », ça fait vraiment jeu vidéo.

Encore des exemples ? Personnaliser et
contrôler Gougueule Nickel-Chrome, contrôler la page actuelle, charabiate un célèbre service de recherche sur Internet. Ou alors, ce résumé d'un film : Un trio courageux tente de résister aux assauts meurtriers d'un gang diabolique et guerrier, qui ambitionne de contrôler une ville entière. Ou bien : L'administration islamique en charge du contrôle [chargée de la direction] de la ville de Kismayo a interdit de faire des affaires aux heures de la prière musulmane (divers media). Les traducteurs ont besoin de leçons de français, qu'ils devraient mieux maîtriser. Malheureusement, l'emploi de contrôler au lieu de maîtriser, diriger ou dominer, etc. sous l'influence pernicieuse des ‘journalistes’ de la french TV, a tendance à se répandre.

Citation, typique du cynisme étazunien, et traduite littéralement de l'anglais par un distingué traducteur :

« Si vous
contrôlez le pétrole vous contrôlez le pays ; si vous contrôlez l'alimentation, vous contrôlez la population ». (Henry Kissinger, un grand humaniste étazunien, reprenant le slogan de 1984 de George Orwell). On voit très bien ainsi dans quelle optique se situe Kissinger, – celle de Big Brother.


« Qui tient le passé
« Tient l'avenir
« Qui tient le présent
« Tient le passé

George Orwell, 1984

Loteur est tombé, au hasard de ses pérégrinations sur internet ou cyber-flâneries, sur la phrase suivante qu'il avoue mal comprendre : Pourtant, en ballerines, je me sens hyper libre en
contrôle. Qu'est-ce que « être libre en contrôle » ? Se sentir sûre de soi ? (C'est une femme qui parle.) Se sentir en confiance ?

Sur le plan orthographique, on observe de plus en plus la manie d'écrire contrôller ou controller au lieu de contrôler. Peut-être l'influence du mot « troll » ... Beaucoup de journalistes et d'informaticiens sont de véritables trolls.


Présentation d'un projet de sécurisation de réseau P2P
Observer les néo-crétinismes : 1. controllable
(avec deux l, sans ô, et au singulier alors qu'il se rapporte à 'applications')
2. traffic avec deux f, à l'américaine.
Voir Bonnet d'âne.

Dernière remarque : l'inflation galopante de contrôle, contrôler est peut-être en relation avec la touche « Contrôle » (Ctrl) en informatique selon Bill Bugs (Micromou), où cette touche, combinée à d'autres, sert à faire des commandes au clavier (c'est sans doute la même chose avec Apple avec les commandes Pomme-quelque chose) : Ctrl-A (tout sélectionner), Ctrl-C (copier), Ctrl-F (chercher), Ctrl-N (nouveau), Ctrl-O (ouvrir), Ctrl-P (imprimer), Ctrl-S (enregistrer), Ctrl-V (coller), Ctrl-X (couper), etc.

Étymologie : le contrerolle (contrôle), c'est le « registre tenu en double pour la vérification d'un autre registre », nommé rôle. Contrôle est formé de contre, du latin contra : contre, + rôle, du latin rotulus : rouleau. Le mot rotulus est le diminutif de rota : roue. Au départ le contrôle, c'est donc un simple registre de vérification.

De Montaigne, cette phrase : « Je pourray tantost changer, non de fortune seulement, mais aussi d'intention : C'est un contrerolle de divers et muables accidens, et d'imaginations irresoluës ». Essais [Livre 3, chap. 2]

Résumé : différents sens du néo-verbe contrôler (liste non exhaustive) :

s'approprier,
asservir,
s'assurer de,
asseoir son pouvoir sur,
assujettir,
aux mains de,
avoir (exercer) une domination sur,
avoir de l'empire sur,
avoir la main sur, avoir en main
avoir la mainmise sur,
avoir la maîtrise de,
avoir prise sur,
avoir la situation en main,
brider,
censurer,
circonscrire (un incendie),
commander,
conquérir,
contenir,
contrecarrer l'action de,
corriger,
détenir,
diriger,
discipliner,
dominer,
s'emparer de,
enrayer,
être à la direction de,
être à la tête de,
être (devenir) maître de,
exercer son autorité, son pouvoir, une coercition,
faire fonctionner,
fixer,
gouverner,
guérir de,
juguler,
maîtriser,
manipuler,
manœuvrer,
mettre sous la coupe de,
mettre en échec,
mettre la main sur,
neutraliser,
occuper,
prendre en main,
prendre la direction de,
prendre la main sur,
prendre possession de,
prendre le pouvoir,
recevoir et renvoyer un ballon (fouteballe)
régenter,
régler,
réguler,
régner sur,
soumettre,
soumettre à son autorité,
suivre le fonctionnement de,
surmonter,
tenir, détenir
tenir en laisse,
tenir en respect,
triompher de,
vaincre,
venir à bout de,

et les sens classiques :

pointer,
surveiller,
vérifier.





Voir à ce sujet le roman de l'écrivain bulgare Ivan Vazov Sous le Joug (Под игото, Pod igoto).     

A ce propos, L'Est républicain, dans son édition du 29 septembre 2009, avait parlé en ces termes d'une jolie journaliste de télévision, Marie D. : « Je vois avec plaisir le très joli minou de Marie D. », confondant allègrement minou et minois. Lapsus révélateur, diraient les psychanalystes.     




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