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« Le vocabulaire politiquement correct est le principal vecteur
de contagion du politiquement correct
»
Vladimir VOLKOFF

« Pour faire du commerce, il faut, de nos jours, être américain ;
mais si on se contente d'être intelligent, on peut aussi bien être français. »

Boris VIAN

« Toute phrase qui a besoin d'être expliquée ne mérite pas qu'on l'explique ».
« Si vous ne pensez pas, créez donc de nouveaux mots ».
VOLTAIRE

« La grammaire est, après le cheval, et à côté de l'art des jardins,
l'un des sports les plus agréables
. »
Alexandre VIALATTE







V : en latin le V était confondu avec la lettre U. Voir à la Lettre U.

Vacances : période pendant laquelle les Français sont censés prendre le soleil loin de chez eux. La plupart des services publics (RATP, SNCF, EdF...) en profitent pour relever leurs tarifs. Ce sera la bonne surprise de la rentrée.

Étymologie : du latin vacans : vacant, verbe vaco, vacatum, vacare : être vide. Cf. vacuité.

Vacances : les vacances de Noël sont devenues les vacances d'hiver, évacuant par là le merveilleux lié à Noël. Quant aux vacances de Pâques, ce sont les vacances de printemps. Les grandes vacances, écourtées, restent les vacances d'été. Il n'y a pas de vacances d'automne, mais l'on parle encore des vacances de la Toussaint. Il va falloir que les Mr Smith (1) de la novlangue remédient à cela !

Bientôt :

Les vacances de printemps remplaceront les vacances de Pâques ; les vacances d'été, les grandes vacances ; les vacances d'automne, les vacances de la Toussaint et les vacances d'hiver, les vacances de Noël. Les vacances répondront désormais aux saisons, et non plus aux fêtes religieuses chrétiennes. Une grande victoire du néo-crétinisme officiel et peut-être aussi des pro-islamistes. Merci à tous les Mr Smith gouvernementaux.

Plus de vacances de la Toussaint.
Mais des vacances d'automne !

Étymologie : voir rubrique précédente.

Valeurs : le mot valeur, en français « normal », a une polysémie importante : mesure, grandeur, qualité, intensité, etc. Mais, employé au pluriel (« les valeurs »), ce mot à la mode, et forcément galvaudé, désigne un ensemble de qualités morales, civiques, politiques, culturelles ou autres. Même une réclame pour de la charcuterie industrielle s'est emparée de ce mot pour promouvoir la qualité de ses produits (« Parce que nous n'avons pas les mêmes valeurs »). En vrac, les valeurs ce sont de grands principes : la démocratie, la laïcité, la France, la République (Liberté-Égalité-Fraternité), vivre-ensemble, la citoyenneté, la morale sociale, le progressisme, la tolérance, la solidarité, le bizounoursisme, et peut-être même – ce qui n'est pas obligatoirement français (l'Union dite européenne), définissant ainsi une nouvelle axiologie. Chacun place sous le mot valeurs ce qu'il pense être le plus important : travail, respect, dignité, identité nationale, libéralisme, etc. Autant dire que le mot valeurs n'a plus aucune valeur ; ce n'est plus qu'un énorme fatras de vagues qualités civiques ou morales. « Les valeurs du sport, c'est le dépassement, c'est l'engagement, c'est la solidarité [sic] et c'est le rassemblement » (Fr. Hollande, cité par l'AFP, 09.11.2015) (). Autres exemples : Or, ce que l'on nous propose aujourd'hui, ce que Nicolas Sarkozy présente comme valeurs, c'est à mes yeux la négation même d'un certain nombre de ces valeurs qui ont fait la France !... (Fr. Bayrou). Et de titrer : François Bayrou veut incarner les "valeurs" face à Nicolas Sarkozy. Autre exemple : ... il [N. Sarkozy] a prévu de parler de "la France" et des "Français", ce qui devrait lui permettre d'exalter à nouveau les "valeurs" du travail ou de l'identité nationale. Ou encore : Je fais en sorte que sur mes valeurs, mes principes, il y ait un vote d'adhésion (Fr. Hollande). Ou bien encore : Le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu'elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d'humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir (D. de Villepin, dans Le Monde point fr, 27.04.2012). Le mot valeur fait donc partie de ces mots sensibles, connotés, et donc pratiques à utiliser dans la canelangue politique et médiatique.

() On se demande où sont les valeurs du sport quand on voit des gaillards aux poches pleines de fric, avec nombre de scandales, sexuels ou autres, accrochés comme autant de casseroles à leurs basques. Noter également la manie lassante de l'anaphore, dont le président est coutumier (c'est..., c'est..., c'est...).

Pour l'érection pestilentielle (selon l'expression de Coluche) de 2012, tous les candidats parlaient de valeurs (sic), alors que la plupart d'entre eux ne valent pas grand chose.

Ce qui ne représente pas une valeur, en revanche, c'est une contre-valeur, par exemple : le nationalisme, le drapeau français, la Marseillaise, le saucisson-pinard, et bientôt un teint trop blanc...

Étymologie : le sens premier de valeur est la force, et par suite le courage. En latin valeo, valere : être fort, être en bonne santé, valoir. Le sens "être en bonne santé" a donné "valide" (voir plus bas).

Valeurs françaises : quand les « jeunes » (voyous ou délinquants, assez souvent non-européens) ont été blessés ou tués par des policiers, cela donne lieu à de violentes scènes de rues, où les voitures, d'abord, sont brûlées ; puis l'ire des manifestants se tourne contre les valeurs françaises, à savoir : écoles, bibliothèques, administrations, commerces divers ... Il n'y a manifestement que très peu de rapport entre tous ces bâtiments et l'objet de leur colère, mis à part que c'est français. Et pour lutter contre ce genre de violence, les politiques de gauche proposent le « dialogue » et des « rencontres » – sans doute pour leur expliquer que ce n'est pas bien du tout, au lieu de sévir légalement. Les victimes de voitures brûlées et les assureurs doivent s'marrer.

Étymologie : pour valeur, voir rubrique précédente. France, français, de Franc. Le mot Franc désignait le peuple germanique qui se sédentarisa en Gaule. L'étymologie de Franc semble être frei : libre.

Valide, non valide : au sens de valable, non valable. Calque de l'anglais valid, invalid. Mot de passe non valide ou invalide (mot de passe non valable), – tel est le message d'erreur en néo-langue informatique que vous obtenez si vous tapez un mot de passe erroné sur votre ordinateur. A ce compte-là, il y a beaucoup d'invalides ou de personnes handicapées (du langage ou de la pensée) – surtout en ce qui concerne les informaticiens qui traduisent de façon inepte les messages à l'écran (cf ci-dessous), et l'informatique est devenue une annexe de la Cotorep (2).


Mais il n'y a pas que l'informatique qui abuse de cet adjectif, comme en témoigne cette description d'un ouvrage : Il s'agit d'un ouvrage de référence concernant la psychologie sociale et constitue un classique dont les théories sont toujours valides aujourd'hui. Théories valides ? Pourquoi pas valables ? Remarquer la construction un peu bancale du verbe « constitue ». Il manque le pronom « il » ou le pronom relatif « qui ». Autre exemple : Personnellement, je pense que cette loi est totalement valide et s'applique toujours.

appel : valide en français signifie « en bonne santé » (un homme valide), ou qui n'est entaché d'aucune cause de nullité, « réglementaire » : passeport valide, c-à-d en cours de validité.

A donné d'une part le verbe valider : accepter, approuver, confirmer, retenir, rendre valable : Validez en cliquant sur OK ; Monsieur X a validé (accepté, approuvé) votre candidature vendredi soir ... Les socialistes ont validé la candidature de Bertrand Delanoix à sa propre succession. Ou bien : Les Sages valident (approuvent) la taxe sodas (sic) et la TVA à 7% (le point point fr). Lu sur la page internet de Laposte : Confirmez-vous la suppression de 20 courriers ? Annuler / Valider. ‘ Annuler / Valider ’ au lieu de ‘ Oui / Non ’, trop difficiles à comprendre sans doute ; et puis il faut remarquer la manie actuelle d'employer le mot courrier au lieu de message ou de lettre. Laposte est tout, sauf championne de français. Comme beaucoup de néo-verbes, les sens sont multiples et flous, comme cela convient à la néo-langue : Manger des choses dont l'odeur risque de ne pas unanimement être validée par votre entourage (valider, ici = accepter, être bien reçu).

Le verbe valider a pour antonyme invalider : suspendre, fermer, clore, annuler : invalider un compte internet, invalider une élection. Principe de néo-langue : on forme des paires antonynimes avec un seul mot, auquel on adjoint un préfixe négatif : valider / invalider (au lieu de confirmer / annuler), fertile / infertile (au lieu de fécond / stérile).

On a enfin le substantif validation : acceptation, approbation, confirmation, fait de rendre valable. Votre commentaire sera publié après validation.

Voir Cliquer, Informatique, Micromou, Mochécon, Néo-crétin, OK.

Étymologie : du latin validus : bien-portant, fort, robuste, du verbe valeo, valere : être en bonne santé. Voir plus haut le mot valeur.

Vapoter (néologisme) : doit signifier quelque chose comme ‘tirer sur une cigarette électronique en faisant de la fumée ou de la vapeur’. Tout le monde vapote! Ils sont plus de 500000 Français à avoir adopté ces dernières semaines la cigarette électronique (Le Parisien point fr, 04.03.2013).

Substantif : vapoteuse : appareil à fumer électronique. En fait, il s'agit d'un atomiseur électrique de produits chimiques potentiellement dangereux. Vivent les cancers de la gorge et des poumons ! L'argument financier n'est pas non plus des moindres, le budget du fumeur électronique avoisinant les 50 € par mois – amortissement de la « vapoteuse » compris – contre 200 € par mois pour celui qui grille un paquet par jour (Le Parisien point fr, 04.03.2013).

Autre substantif : vapoteur, féminin vapoteuse : celui ou celle qui fume une cigarette électronique. Ambiguïté : une vapoteuse désignera aussi bien une fumeuse, que l'appareil à fumer. De fait, une bonne part de la communauté des « vapoteurs » a d'abord été motivée par l'envie de décrocher de la clope traditionnelle (Le Parisien point fr, 04.03.2013).

Étymologie : visiblement refait d'après le mot vapeur = amas de fines gouttelettes d'eau. Emprunt au latin vapor, -ris : vapeur d'eau, exhalaison, fumée. En latin impérial : chaleur, figuré : bouffées de chaleur, état d'excitation (de l'esprit). Grec καηνος (kaênos) : fumée, sanscrit kapi.

Vécu : participe passé du verbe vivre pris dans un sens substantivé ; désigne quelque chose de vague et d'indéfini, qui s'apparente à la vie, mais de façon subjective, la vie avec tout son poids de sentiments, de pensées, d'émotions, de rêves ... bref un mot riche de toute l'histoire qui compose une vie. Mais loteur pense qu'avant, on disait expérience.

Lu sur un site de psychologie : « Le vécu d'un être humain est à mon avis, la chose la plus respectable qui soit ». Pour loteur aussi, bien qu'il se demande pourquoi. Titre d'un article : Troubles de l'érection : le vécu des victimes. Une situation difficile à vivre, sans nul doute. Le vécu des classes de 5 e durant toute l'année scolaire a pris la forme d'une belle exposition, inaugurée vendredi soir. Tiens, voilà qu'on expose son vécu, maintenant Ça change des expositions de cul.

Inutile de revenir sur l'expression sur-médiatisée « au niveau du vécu », dont maintes personnes se sont gaussées – à juste titre, et qui signifie ... loteur ne sait pas trop.

Végétarien, végétarisme : ceux qui refusent de manger de la chair animale sont des végétariens. Le fait de refuser de manger de la chair animale s'appelle végétarisme. On peut comprendre à la rigueur que le végétarisme, c'est refuser de participer au meurtre des animaux. Mais quand les végétariens disent que le végétarisme met un frein à l'agressivité humaine, certains s'empressent de rire et de rappeler qu'Hitler était végétarien (en fait, son “ végétarisme ”, apparu en 1931 après le suicide de sa nièce Geli Raubal, contrebalancerait d'une part ses fortes pulsions sadiques, et d'autre part serait aussi sans doute dû à des problèmes de santé [estomac, intestins]).


Geli Raubal, peinte par Adolf Hitler
Ou elle était moche, ou Adolph n'avait pas de talent pour peindre les femmes.
A noter l'usage du téléphone portable, que Geli tient à l'oreille gauche,
et qui faisait déjà fureur (führer ?) à l'époque.

Le végétarisme que prônent certains est un retour à un mode de vie prétendument sain et naturel (tout comme le naturisme, par exemple), et fait partie de ce qui est le plus fortement marqué par les tabous, les mythes et les fantasmes, – à savoir la nourriture (nourriture kasher, nourriture halal, jeûnes rituels, macrobiotes, etc. etc. etc.) Pour les tenants de ces différents modes de vie, tout ce qui entre dans la bouche (c'est-à-dire dans le corps humain) doit être pur. Il est vrai qu'avec tout ce que fourguent les industriels de la bouffe et de la malbouffe, tout ce que nous balancent les marchands de pizza, on peut comprendre cette réaction.

Il existe des végétariens radicaux, qui sont les végétaliens (substantif : végétalisme) ; ils ne doivent rien manger ni porter qui provienne d'un animal. Pas de viande, pas d'œufs, pas de lait, ni même de vêtements en peaux ou poils d'animaux. Cela fait penser à des interdits édictés par une secte. Ces extrémistes se privent ainsi de nombre de protéines et d'éléments nutritifs indispensables pour la santé. Les néo-crétins qui n'aiment rien tant que ce qui vient des Anglo-Américains appellent ces gens des végans (ou vegans, sans accent) – ce qui est la même chose ; pourquoi donc adopter un mot étranger ? Et le fait d'être végan, c'est le véganisme. La rue du Jambon à Lille va-t-elle devenir la rue des Gens Bons ? C'est ce qu'espère une association de défense des animaux à l'occasion du mois vegan. Elle en a fait la demande auprès de la mairie (LCI . fr, 03.11.2016). Ben, mon cochon ! L'adjectif végan peut être invariable, comme en anglais : L'alimentation vegan est bénéfique pour les animaux, la santé et l'environnement : informez-vous et lancez-vous grâce à Vegan Pratique ! (Vegan-pratique . fr).

Étymologie : emprunt à l'anglais vegetarian, venant de vegetable : plante, puis légume. Vieux français vegetable : qui pousse, qui vit. Latin vegeto, vegetare : animer, vivifier. Racine indo-européenne qui a donné vita (vie, en latin), vigor (vigueur), etc.

Vélocité : le mot vitesse ne suffisait plus ; on a adopté 'vélocité' – sans doute pour aller plus vite. Adjectif : véloce. Vélocité est un vieux mot français, qui appartient au vocabulaire soutenu. Un exemple : Je suis confronté pour la première fois à des passages rapides au piano. Je me suis posé la question : comment acquiert-on cette vélocité nécessaire à certain morceaux ?

Un autre exemple explicite de l'emploi du mot vélocité éclairera le lecteur curieux : Une fois connue, la vélocité peut être utilisée pour valider ou réviser la planification de l'ensemble du projet, en partant du principe que la vélocité lors de futures itérations sera approximativement égale à la dernière vélocité constatée. Loteur a vaguement compris qu'il s'agissait ici de construction de modèles informatiques. Vélocité, de l'anglais velocity). Encore une fois, les Anglo-Américains déforment le sens des mots.

N.B. une association nommée Vélo-Cité s'emploie à promouvoir l'usage du vélo dans les villes.

Adjectif : véloce, comme dans cet exemple : C'est finalement le gardien de but de Zurich, David Da Costa, qui parvient à maîtriser cette petite bête véloce, agile et qui aime mordre (Le Parisien point fr, à propos de l'irruption d'une fouine dans un stade).

Étymologie : de l'adjectif latin velox : preste, agile, rapide.

Vendre (se ~) : pour une pute travailleuse du sexe : monnayer ses charmes ; pour un chômeur demandeur d'emploi : convaincre un employeur de l'embaucher. Il faut bien savoir se vendre assènent avec conviction les placeurs de l'ANPE, devenu le pôle emploi. Un exemple, tiré de Psychologies point com (octobre 2013) : Si nous doutons d'elle [notre valeur] et dévaluons nos compétences, nous aurons du mal à nous vendre. Autre exemple : 2e partie: vendez-vous en exprimant aussi vos souhaits en relation avec les compétences que vous avez développées (Le Figaro point fr, citant un directeur du personnel, 07.05.2014). Chômeurs, prostituées, même combat ! La prostitution est pourtant théoriquement un délit en France. Le chômage le sera-t-il aussi ? Et puis maintenant, mercantilisme anglo-américain oblige, une prostituée est devenue une travailleuse du sexe, – et là, ça ne chôme pas, même si une ministresse d'origine étrangère entend pénaliser la prostitution.

Étymologie : verbe vendre, du latin vendo, vendere : vendre, formé de venum + do : donner en vente (venus, veni : vente ; do, dare : donner). De venus vient évidemment vénal.

Venir : dans le sens d'« aller ». « Comment a-t-on pu laisser cette association venir au Tchad ... ? » a demandé le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, lundi sur France 2.

Étymologie : latin venio, venire : venir.

Vent (mettre ou foutre un ~) : trouvé sur un article de sport : A l'occasion de la cérémonie du Ballon d'or, Pep Guardiola a eu la riche idée de mettre un gros vent à Cristiano Ronaldo (chronique sportive Yaourt). Mettre un vent = ignorer, mépriser, rejeter, « snober » ? Il s'agirait apparemment d'une expression argotique. Cf. les expressions Du vent ! (dégage, fiche le camp !) ou Bon vent ! (bon débarras !). Cette expression mettre un vent est reprise par les néo-chroniqueurs de sport de Yaourt, qui nous étonneront toujours par l'élégance de leur style. Voir Râteau.

Prendre un vent = se faire rejeter, être ignoré, méprisé. La comédienne vue dans Intouchables, Un village français et Engrenages racontait alors avoir été saluer le réalisateur sur le plateau et s'être pris un vent mémorable (chronique cinéma Yaourt, 14.10.2013).

Étymologie : vent, du latin ventus : vent, flatuosités.

Verbatim (barbarisme et anglicisme, prononcer vɜ:beɪtɪm) : apparemment il s'agit d'un texte intégral, d'une transcription, d'une retransmission intégrale mot pour mot. Le verbatim est une citation textuelle, mot à mot d'une allocution ou d'un discours, la teneur en un mot. En français normal, on peut dire sans craindre le ridicule : 'textuellement', 'texto', 'mot pour mot', 'compte-rendu mot à mot', 'rapport intégral'. Le président a déclaré, verbatim (sic), lors d'une confrontation avec les syndicats qui se plaignaient, entre autre, de la flambée des prix du pétrole, que les centrales EPR étaient la solution ... Néologisme abusif, mais que les journalistes emploient avec délectation. Adieux de Jacques Chirac: le verbatim, peut-on lire sur un 'site' internet. Ou bien ce rapport sur le chien d'une ministresse ayant mordu un policier : Verbatim : "Le policier municipal a-t-il pu montrer la moindre trace sur son vêtement ? Non. A-t-il pu expliquer pourquoi il s'est dirigé vers moi, ... ? Non" etc. etc. etc. Ou encore cet exemple pris sur un site du gouvernement français (french government) :

« Les trois derniers verbatims :
Par Modérateur : Stopper partout la perte de biodiversité
Par Groupe 2 du Grenelle de l'environnement : (blablabla)
»
etc.

NB : Verbatim est aussi le nom d'une marque de matériel informatique.

Étymologie : le mot n'existe pas dans le Gaffiot de 1934. Composé à partir de verbum : mot, terme, expression, parole. Sans doute un emprunt à l'anglo-saxon verbatim : "in the exact words", "word for word". Encore un mot anglais qui a su séduire la néo-crétinerie journalistique.

Verbes : apparemment les verbes, outre le fait qu'ils perdent nombre de leurs temps, subissent des transformations morphologiques. C'est ainsi qu'en plus des verbes en -er, en -ir et en -re, on commence à voir apparaître des verbes faits n'importe comment, selon le modèle anglois. On a déjà vu le néo-verbe clash (entrer en conflit, affronter) : Pulvar clash Wauquiez (exemple donné pour illustrer clash). On trouve aussi pécho, verlan de choper, et qui signifie attraper, choper, séduire, draguer. Je me suis fait pécho (je me suis fait attraper). 3 conseils pour pécho [séduire] George Clooney (Yaourt! pour elles). Conjugaison limitée, semble-t-il, à l'infinitif et au participe passé (verbe défectif). Il existe bien d'autres verbes, issus des argots, comme pénave, qui veut dire parler (argot gitan) : J'vois que des grandes pédales avec des grandes bouches. Moi, j'ai pas le temps de pénave avec des tantouses. Il y a d'autres mots ou verbes, issus du parler gitan : mirave (voir, regarder), courave (combattre), toubab (un Blanc), etc.

Autre exemple : le verbe sarkozyr, trouvé sur un blogue, et qui signifie ... ce qu'on veut, mais dans un sens négatif. Je me suis fait sarkozyr mon sac par un mec que j'ai réussi à rattraper donc j'ai récupéré mon bien et avec, j'ai tellement tapé sur la tête du voleur qu'il a un peu sarkozy, j'te jure. Sens du premier verbe : piquer, voler, attraper, prendre, choper ; sens du deuxième verbe : ??? Y'a pas à dire, les néo-verbes, c'est la classe. Autre exemple, totalement étonnant : En fait, on s'en contrepète un peu de ces petits combats de petits esprits mesquins incapables de faire un mot-valise mais [...] en sarkozonant dans leurs allées pleines de parquets rayés (Lingua-Pop point com, 10.01.2007). Des personnalités connues, ici Nicoilas Sarkozy, ou bien le fouteballeur Zlatan Ibrahimovic, peuvent donner lieu à des créations verbales délirantes.

Étymologie : emprunt au latin verbum, -i : mot, parole, également attesté comme terme de grammaire (verbe), traduction du grec
ρη̃μα (rêma) : parole, verbe.

Véridicité : caractère véridique ? véracité ? c'est à lui [l'auteur] d'en valider la véridicité avant de les soumettre (à propos d'un formulaire d'enregistrement sur internet). Substantif sans doute fait sur l'adjectif véridique, attesté dans le Littré mais assez lourd. Et à côté du terme soumettre, le style n'est pas d'une élégance éblouissante.

Étymologie : fait à partir de véridique. Du latin veridicus, de verus : vrai, + dico, dictum, dicere : dire.

Vérité : « ll n'y a pas de religion supérieure à la Vérité », proclamait Héléna Pétrovna Blavatsky (ésotériste russe). Mais ceux qui prétendent détenir la Vérité, que ce soit en philosophie, en religion, dans les sciences, en politique, en matière sociale, sont ou de grands imposteurs, ou de grands imbéciles.

Étymologie : du latin veritas, -tatis : vérité, dérivé de l'adjectif verus : vrai.

Vérifiabilité : caractère de ce qui contient du matériel fiable et vérifiable. La vérifiabilité n'est pas la vérité. On parle aussi de fiabilité, de viabilité etc.

Voir Acceptabilité, Défectuosité, Durabilité, Employabilité, Faisabilité, Infectuosité, Payabilité, Pénibilité, Utilisabilité (etc.)

Étymologie : visiblement fait d'après vérifier, qui vient du latin verificare : vérifier, de verus, vera, verum : vrai, + facio, facere : faire.

Verrouiller : fixer, bloquer. Le tir a été verrouillé sur la cible, le rendez-vous a été verrouillé pour vendredi huit heures. Semble provenir du vocabulaire militaire.

Loteur a trouvé un emploi intattendu du verbe verrouiller, dans une liste de conseils d'un recruteur : « Cela peut être un raisonnement gagnant, un contre raisonnement inattendu, une formule qui déstabilise, une expression qui décoiffe, un calembour qui étonne, une analogie qui verrouille, une citation qui claque, un mot d'esprit qui force l'admiration... » (Kel job point com, 21.05.2013). Une analogie qui verrouille : qui clôt la discussion ? Noter la formulation écrite, prêtant à confusion « un contre raisonnement inattendu » : un contre-raisonnement inattendu.

Étymologie : verrouiller, formé sur verrou, du latin veruculum : petite broche, brochette, petite pique. Diminutif de veru : broche, dard, pique.

Versatile (anglicisme, prononcer vɜ:sətaɪl) : ce mot n'a rien à voir avec l'adjectif français 'versatile', mais il signifie : polyvalent, à usages multiples. Pub informatique : Notre produit est performant, léger et versatile (réclame pour Micromou ; on n'a vraiment pas envie de l'acheter !) C'est pourtant vrai que les produits de Micromou sont versatiles (lunatiques, inconstants, sans ligne directrice).

Étymologie : du latin versatilis : qui tourne, mobile. Verbe verso, versatum, versare : tourner, faire tourner.

Versus (anglicisme, prononcer vɜ:səs) : du latin versus : vers ; voir Vs. En anglais versus signifie contre, en opposition à ou comparé à. On emploie très souvent vs ou versus pour signifier 'par rapport à', 'comparé à', 'opposé à' : Nikon D70 Versus Canon 10D (avec plein de majuscules pour faire joli ou sérieux). Tiens, et pourquoi ne pas carrément parler ou écrire en anglais ?

Étymologie : de la préposition latine versus : vers, en direction de. Du latin versus vient évidemment la préposition vers.

Vert : synonyme d'écolo. Sous les pressions du groupe d'influence écologiste (la secte Ekollo), maintenant tout est placé sous le signe du bio, du propre, du vert. Tout est devenu vert, à tel point qu'on pourrait se demander si l'invasion des petits hommes verts (Mars attaque) n'a pas eu lieu. Pub : Power Planète, 100% Électricité verte (sic). Et inutile de parler de l'association Green Pisse. Les « Verts » nous font rire jaune.

Il ne paraît pas inutile à loteur de signaler que le vert est la couleur de Lucifer, l'ange déchu. Loteur est fortement déchu, zut ! déçu, que les Verts ignorent ce détail.

Étymologie : latin viridis : vert.

Vertueux (néo-crétinisme) : dorénavant synonyme de : « qui répond aux critères édictés par la secte écolo politiquement correcte » : une voiture vertueuse (qui ne pollue pas). Le vocabulaire de la morale descend dans les moteurs de voiture. La morale est-elle désormais affaire de garagistes ? Avant, on mettait un tigre dans le moteur ; maintenant, c'est Monsieur Propre qu'on y fourre.

Autre exemple, péché sur internet (en charabia dans le texte) : « Les enjeux de développement durable qui menacent la pérennité de notre système de santé offrent à l'industrie pharmaceutique l'opportunité de faire évoluer ses pratiques de promotion vers un modèle plus vertueux [...] ».

Étymologie : vertueux vient de vertu, du latin virtus : force virile, venant de vir : homme. La racine initiale est vis : la force. Rien à voir, a priori, avec la propreté ou l'écologie.

Veteran (anglicisme, prononcer vetərən) : les néo-crétins de la presse écrite ou télévisée ne disent plus 'anciens combattants', mais veterans, qu'ils francisent en vétérans : les vétérans de la Guerre 14-18 (sur le modèle : 'les vétérans de la Guerre du Viêt-Nam'). Entendu à la french TV : un vétéran de guerre. 'Ancien combattant' doit être trop compliqué à comprendre, sans doute. A quand le Secrétariat d'État aux vétérans ? Lu sur Yaourt! Sport : Pierre Quinon travaillait sur le projet des Mondiaux vétérans de 2015, dont l'organisation a été attribuée à la ville de Lyon. Des Mondiaux vétérans ? Ce sont des vieux, des anciens connus à l'échelle mondiale ? Des championnats du monde de vieux (athlètes) ? Nous sommes à l'ère du charabia systématisé.

Un emploi du mot vétéran qui a surpris loteur : Time explique qu'en 1963, Richard Eggers, avait remplacé une pièce de 10 centimes par un morceau de carton dans une laverie automatique, une tentative de «blanchiment d'argent», ironise le magazine. Le vétéran de 68 ans qui travaillait aux relations clients de la banque Wells Fargo depuis sept ans a été renvoyé au mois de juillet (Slate point fr, 03.09.2012). Le salarié n'étant pas ancien combattant, ni même apparemment à la retraite, malgré ses soixante-huit ans, – mais c'est simplement un homme âgé, comment diable peut-il être un vétéran ? Il faudrait avoir l'original en langue étazunienne.

Et maintenant on peut trouver pour le féminin la graphie vétérane, voire vétérante : Lara Logan, une journaliste vétérante de de (sic) CBS a été battue et agressée sexuellement (Vingt Minutes point fr, 16.02.2011). Vétérante : cette graphie est délirante. Imitation servile des Anglo-Américains ; anglicisme à bannir vigoureusement.

Étymologie : du latin veteranus, venant de vetus, veteris : vieux, ancien ; cf. vétuste. À l'origine, le mot vétéran s'appliquait aux anciens légionnaires romains, qui avaient fini leur temps, et que Rome récompensait par l'attribution de terres. Est-ce que les présidents des Etats-Unis vont attribuer des terres, prises en Irak, aux vétérans des marines ? Voir D Day, Vieux.

Via (anglicisme, prononcer vaɪə). En français, il y a bien la préposition via, qui signifie : par le chemin de, en passant par : de Paris à Bordeaux, via Angoulême. Mais de nos jours on fait un grand usage de cette préposition, dans des sens empruntés à l'anglo-américain, et elle signifie désormais : par, par le biais de, par l'intermédiaire de, par le moyen de, avec, voire grâce à, à cause de : Malheureusement, via ces moyens financiers, « la culture » est de plus en plus utilisée pour faire la promotion d'une ville (AV), ou bien : Affirmez votre présence en ligne, via votre blog, vos photos, vos centres d'intérêt..., ou encore : Notons qu'Orwell connaissait l'espéranto via (sic) son long séjour chez sa tante Ellen Kate Limouzin, femme d'Eugène Lanti, l'un des fondateurs et principaux moteurs de l'espéranto ouvrier. Ou cet exemple à contresens (c'est le cas de le dire) : « Il vous faudra en effet voyager via le Transsibérien, à partir de Saint-Pétersbourg ou Moscou ». Autre exemple tiré d'un blogue : Le mariage pour tous existe déjà depuis longtemps via le pacs. La préposition 'avec' a-t-elle disparu de l'esprit de nos contemporains ? Et, comme on a pu le remarquer, la néo-préposition via remplace un certain nombre d'autres prépositions. Paresse d'esprit.

Cette manie agaçante provient des Anglo-Américains, qui le mettent à toutes les sauces, surtout en informatique : ...when the data set is changed via requery()... Il semble en effet que ce soit particulièrement la gent informaticienne qui use et abuse de cette particule : Concrètement, le boîtier devra être relié à l'ordinateur via une prise USB. ‘Avec une prise U.S.B.’ serait tellement compliqué à dire, mon lieutenant.


Via du Saint-Nectaire ...
Avec ou bien en mangeant du Saint-Nectaire ne se disent plus ?

Même les Anglois utilisent via dans le sens de : en passant par

Étymologie : viā, ablatif singulier de via, viæ : voie, chemin ; cf. la fameuse Via Appia. Viā signifie littéralement : en passant par, par le chemin de, comme il a été rappelé au début de cette rubrique.

Viabiliser (néo-barbarisme) : rendre viable, opérant. L'inclusion des premières polices TrueType viabilise le système comme solution crédible de travail. Loteur ne sait pas si les informaticiens viabilisent les choses, mais en tout cas ils enlaidissent le français.

appel : viabiliser est un néologisme (≈ 1965) qui signifie : « effectuer l'ensemble des travaux d'aménagement indispensables à l'urbanisation d'un terrain » selon Cnrtl.fr

Étymologie : le mot dérive de viable, qui vient de 'vie' (et non de via : le chemin).

Viande (à chier) hachée : depuis les scandales alimentaires concernant nombre de plats préparés à base de viande hachée (pains de viande), loteur ne désigne plus cette sorte de viande que par l'expression viande à chier. Pour que le lecteur puisse s'en convaincre, il n'a qu'à lire les différents articles concernant les scandales alimentaires de 2013, liés à la viande de cheval, ou cet article. Il sera édifié.


Élément de base des steacks hachés
vendus par la distribution alimentaire

Étymologie : viande, altération du latin vivenda : ce qui sert à vivre, venant de vivendus, adjectif verbal formé sur le verbe vivo, vivendum, vivere : vivre.

Chier, du latin caco, cacatum, cacare : aller à la selle, faire caca.

Vibes (good ~) (anglicisme, prononcer gʊd vaɪbz) : to have good vibes signifie : avoir de bonnes vibrations, ou se sentir bien avec quelqu'un. La manie de truffer les phrases de mots ou d'expressions anglais, alors que les équivalents français existent, devient franchement horripilante. Exemple trouvé sur Pure People point com : Il [A. Manoukian] revient ensuite sur la chance qu'il a eu de rencontrer sa femme et lui formule une véritable déclaration : "Mon épouse est une femme solaire et je peux vous dire qu'avec ce qu'elle supporte, il y en a beaucoup qui seraient parties en courant ! Elle est une sorte de Miss Good Vibes". « Miss Good Vibes » = miss bonnes vibrations ? Remarquer la formulation curieuse ou maladroite : il lui formule une véritable déclaration.

Victime : synonyme de mort dans le langage des néo-journalistes : Les trois victimes se trouvaient dans des immeubles voisins et cinq des quinze blessés se trouvent dans un état grave, selon le ministre de l'Intérieur (d'après Actualités-Yaourt!, citant Reuters). Les trois « victimes », ici, ce sont les trois morts dans l'attentat dAnkara du 20.09.2011, qui a fait trois morts et quinze blessés. Voir d'autres exemples à la rubrique Mort.

Substanbtifs dérivés : victimologie et victimisation, avec le nouvel adjectif victimaire et le néo-verbe (se) victimiser (néologismes). La victimologie consiste en l'analyse des raisons qui amènent un individu à devenir victime, des processus de victimisation, des conséquences que cela induit pour lui et des droits auxquels il peut prétendre. Il faut noter que la victimologie est souvent entretenue par des associations anti-racistes, qui préfèrent rejeter la faute sur une société française prétendument raciste, afin de mettre à nu notre « mauvaise conscience ». Elle forgerait une culture de victimisation endémique qui est le symptôme d'une société malade de sa correction politique (Lmsi point net, 27.05.2004). Ou bien : Les apostats (...) ont aujourd'hui un statut de victime quasi intouchable (...) qui s'inscrit dans la dérive victimaire de notre système judiciaire (Sectes Infos point net). Une dérive victimaire ? Fichtre, le système ne serait-il pas victime de l'angélisme ? Ou bien, encore un exemple : Il (B.-H. Lévy) affirme par ailleurs que le terme «diabolisation» est «un mot avancé, habilement, par les Le Pen pour se victimiser» (Atlantico point fr, 27.04.2012).

Étymologie : du latin victima : animal destiné au sacrifice, et ensuite toute créature offerte aux dieux en sacrifice, – y compris Jésus-Christ. Le sens moderne a totalement gommé l'aspect sacré et sacrificiel. Origine obscure (du latin vinco, victum, vincere : vaincre, parce qu'un animal était sacrifié aux dieux au retour d'une victoire ?)

Video (anglicisme, prononcer vɪdɪəʊ) : le mot, bien que latin, vient de l'anglais et il désignait d'abord les programmes télévisés. Puis le mot, francisé sous la forme vidéo, signifia images électroniques, surtout diffusées par la télévision, les magnétoscopes, les lecteurs DVD, les ordinateurs. Cette animation donne à ceux qui les regardent une impression de vie. De vie … ou de vide ? Lu sur internet : « pour ceux qui ne parlent pas anglais, voici une explication du Vidéo » (avec une très jolie majuscule à vidéo).

A donné le substantif vidéocratie, ou pouvoir de l'image, qui marque le régime politico-médiatique français actuel.

Étymologie : du verbe latin video, visum, videre : voir. En fait vidéo est la première personne de l'indicatif présent du verbe videre.

Vidéo-surveillance : moyen moderne d'espionnage des citoyens. Rien qu'en Grande-Bretagne, on compte plus de 4 millions de caméras de surveillance (chiffres d'octobre 2007 ; certains avancent le nombre hallucinant de vingt-cinq millions de caméras pour la même année), installées dans les rues, les gares, le métro, les pissotières, devant les édifices publics ou les immeubles... Tout individu ayant un comportement différent de celui de la masse risque d'être abattu par des policiers pour, prétendument, éviter tout risque d'attentat, comme ce fut le cas à Londres en juillet 2005, lorsque des policiers anti-terroristes ont exécuté de 6 balles dans la tête un innocent identifié à tort comme terroriste. C'est la victoire du néo-crétinisme policier et anglo-saxon poussé à l'extrême. Ne soyez pas différent ! La France, envieuse de ces résultats, va installer de telles caméras dans tous les lieux publics. Le maire de Nice vient de se faire récemment épingler par les « Big Brothers Awards » (trophées du néo-flicage) pour avoir installé un réseau de caméras de surveillance onéreux, mais dont l'efficacité reste à démontrer. Subtil distinguo, ce n'est plus de la vidéo-surveillance, mais de la vidéo-protection – et ce, prétendument, pour protéger la liberté. Le système de vidéoprotection de Berlin aura-t-il bientôt besoin d'être protégé à son tour? Un groupe d'activistes allemands opposé à l'installation de caméras de surveillance a en tout cas décrété sa mort (le figaro point fr). La novlangue, ou l'art de détourner les mots de leur sens originel ; la novlangue, ou l'art de mentir aux citoyens.

Essai de justifications par les autorités : Le mot de « vidéosurveillance » est inapproprié car le terme de « surveillance » peut laisser penser à nos concitoyens, à tort, que ces systèmes pourraient porter atteinte à certains aspects de la vie privée. Nous sommes émus par tant de sollicitude. Et pour Alex Türk, de la C.N.I.L. « la querelle sémantique ne [lui] paraît pas avoir beaucoup de sens ». 'Suveiller' au lieu de 'protéger', ça n'a pas de sens. Bravo pour la mauvaise foi, – ou le cynisme.

L'avis d'un internaute averti : « En résumé : Dans la pratique elles (les caméras de vidéo-surveillance) n'ont pratiquement jamais aidé à prévenir ou résoudre des crimes. Les bandits n'en ont généralement rien à foutre, ou savent comment faire pour ne pas se faire identifier. Les policiers ne sont pas assez nombreux pour surveiller les caméras, et même quand ils sont assez nombreux, le boulot est tellement chiant que leur attention ne suit pas et il y a plein de choses qu'ils ne voient pas. Et quand ils voient quelque chose, les trois quarts du temps les vidéos ne permettent pas d'identifier les suspects. Il y a eu et il y aura encore et toujours des abus. Enfin, le système de surveillance monopolise des énergies, budgets et personnels policiers qui seraient bien plus efficaces ailleurs. Tout faux. » Bien sûr, et nos sympathiques délinquants sont le plus souvent cagoulés. Impossible de les reconnaître.

Si pour le docteur Knock, tous les hommes sont des malades qui s'ignorent, pour les néo-flics de la « vidéo-protection », tous les hommes sont des coupables qui s'ignorent.

Il y a un verbe vidéosurveiller (vidéo-surveiller), comme par exemple : Mais au-delà des caméras, c’est tout notre mode de vie moderne qui est vidéosurveillé ; ou bien : J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer que, dans le meilleur des mondes, on devrait pouvoir vidéosurveiller les chambres à coucher, puisque c'est là qu'ont lieu la majeure partie des viols et abus sexuels. Ou enfin : Grande-Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes (ce qui constitue un exercice illégal de la pédophilie).


La police anti-terroriste britannique abat un suspect

Étymologie : pour vidéo, voir plus haut. Surveillance, du verbe surveiller, composé de sur + veiller. Veiller, du latin vigilo, vigilare : veiller, être éveillé. Adjectif vigil, -lis : éveillé, vigilant, attentif. D'où viennent vigile, vigilant etc.

Vie : une aventure dont personne ne ressort vivant (Frédéric Dard ?) Voir Enfance, Mort.

Phrases rituelles apparues récemment un peu partout : « Plus belle la vie » ou « Elle n'est pas belle la vie ? » (télévision, France-Téléfon etc.). Les néo-crétins essayent de nous persuader qu'en ces temps de fausse crise, tout va bien, que tout est formidable. Synonyme de « Tout va très bien, Madame la Marquise » du regretté Ray Ventura.

Vie privée : certains ont une vie privée, d'autres sont privés de vie. Ainsi va la vie.

Étymologie : du latin vita : vie. Cf. le grec
βίος (bios) : vie, de même racine.

Vieux : concept dépassé, grâce à nos jeunes et fringants néo-crétins, politiquement corrects. On est loin des paroles du roi Alfonso XI (1311-1350, mort assez jeune donc) : « Vieja madera para arder, viejo vino para beber, viejos amigos en quien confiar, y viejos autores para leer » (Du bois vieux pour brûler, du vin vieux à boire, de vieux amis à qui faire confiance, et de vieux auteurs pour lire). Voir Senior.

Étymologie : du bas-latin veculus, mis pour vetulus : d'un certain âge. Vetulus est le diminutif de vetus : vieux. Voir Vétéran. La forme masculine est vieil ou vieux, la forme féminine est vieille.

Vetus, vieux en latin, est en relation avec le grec
έτος (etos) : an, année. Sanscrit vatsa : année.

Vigilance, vigilant (et aussi alerte) : parmi les mots laids à la mode, les mots vigilance et vigilant se servent à toutes les sauces. Il faut assumer une vigilance (surveillance, attention) de tous les instants (fichtre !). Météo-France, vigilance (= alerte) orange en raison des risque verglas sur (= dans) le Territoire de Belfort. Ou encore : Vigilance orange sur (= pour) le littoral breton (= alerte orange). Ou bien encore : La moitié de la France a été placée en vigilance orange après les fortes chutes de neige de la nuit (= alerte orange). Ou enfin cet exemple en néo-charabia : Carte nationale de vigilance crues (prévision des crues, des inondations ?). Donc quand un présentateur ou une présentatrice du bulletin météo dit : Vigilance orange sur telle région, il faut traduire : alerte orange (de niveau 3) pour telle région.

Codes des couleurs de « vigilance »




vert : tout va très bien (madame la Marquise)
 



jaune : il faut être prudent
 



orange : danger imminent prévu
 

255,00,00



rouge : danger absolu ()

 

255,24,00



écarlate : danger encore plus absolu, sauve qui peut ! (plan « Vigipirate ») (★★)


() Les nombres à l'intérieur des cadres rouges indiquent les codes-couleur RGB. La différence entre rouge et écarlate est à peine visible. Les deux alertes [rouge, écarlate] ne sont donc surtout fondées que sur la différence de mots. Pour quelqu'un qui voit mal, ou qui est daltonien, il est difficile de faire la différence entre 'rouge' et 'écarlate' (voir les couleurs ci-dessus). Cela marque le manque de clarté de la part des services administratifs qui ont établi un tel code.

(★★) Et, en ce qui concerne le dispositif Vigipirate, si les deux syllabes -vigi- évoquent l'idée de vigilance (= état d'alerte), pirate n'a rien à voir avec les pirates, qu'ils soient informatiques ou autres. Pirate est l'acronyme de « Protection des Installations contre les Risques d'Attentat Terroriste à l'Explosif ». Il n'y a pas encore de plan Vigipirak (Protection des Innocents contre les Risques d'Attentat à la kalachnikov), mais on va sans doute créer cet acronyme en l'honneur de nos amis musul-men.

Grande victoire : on remplace les mots par des couleurs, ce qui fait la joie des analphabètes, des victimes de la méthode globale et des marchands de couleurs. Même l'Éducation Nationale entend adopter un code fondé sur des couleurs (du vert au rouge) au lieu de la notation traditionnelle sur vingt points.

Quelques exemples supplémentaires : Grenelle : satisfaction et vigilance (attention ? prudence ?). On ne compte plus les comités de vigilance, ou les missions de vigilance, comme par exemple : Comité de Vigilance et d'Action pour le bien-être animal. Enfin, cette perle : La MIssion Interministérielle de VIgilance et de LUtte contre les DÉrives Sectaires . Ça doit les empêcher de dormir, les dérives sectaires. Voir le mot Secte.

La vigilance, étymologiquement, c'est l'état de veille, le fait de veiller.

Adjectif : vigilant (prudent). Les automobilistes invités à être "extrêmement vigilants". L'alerte a été déclenchée en raison "de la première tempête automnale d'intensité habituelle pour la saison", mais qui "nécessite une vigilance particulière en raison d'un feuillage encore dense" (tous les guillemets étazuniens sont dans le texte original du Nouvel-Obs point com du 28.10.2013). Vigilant, vigilance = prudent, prudence. Pourquoi changer de mots ?

Autre exemple de l'adjectif vigilant, surabondamment utilisé par les gens de la french TV dans le sens de ‘prudent’. On prévoit un épisode neigeux sur les Pyrénées ; automobilistes, soyez vigilants, annonce la bouche enfarinée une présentatrice du bulletin météo.

Il existe aussi la notion de « voisins vigilants » (sic), qui rapportent à la gendarmerie ou à la Préfecture les actions de citoyens qui leur paraissent louches. Ces magnifiques actes de civisme nous viennent tout droit des pays anglo-saxons, champions de la liberté individuelle. Le régime de Vichy, en tout cas, n'est pas mort.

Étymologie : du latin vigilo, vigilare : veiller, être éveillé. Adjectif vigil, -lis : éveillé, vigilant, attentif. D'où viennent vigile, vigilant, vigilance etc.

Vigneron : n'existe plus ; on dit viticulteur. De même que nos braves paysans ont été remplacés par des agriculteurs, et que nos savants sont devenus des scientifiques. C'était notre rubrique : « On n'arrête pas le progrès ». Voir Paysan.

Étymologie : vigneron, de vigne. Du latin vinea, venant de vinum : vin. Cf. grec
οίνος (oinos) : vin.

Village olympique : synonyme de bordel de luxe. Ces habitations pourvues de tous les conforts, avec restaurants, buvettes, discothèques etc., construites lors des fameux Jeux Olympiques dont les retransmissions télévisées font chier la terre entière, sont devenus des centres de baise tous azimuts. De quoi dévaloriser l'image de nos vaillants sportifs, déjà fortement amochée par des problèmes de fric et de drogue... Le magazine américain ESPN a recueilli plusieurs témoignages d'athlètes sur les coulisses des Jeux Olympiques... "Je n’ai jamais vu une telle débauche de toute ma vie, se souvient ainsi le tireur américain Josh Lakatos... "Il y a beaucoup de sexe au village", confirmait récemment sa compatriote Hope Solo, gardienne de l'équipe féminine de football, qui a vu "des gens faire l'amour dehors, sur l'herbe, entre les bâtiments", en 2008 à Pékin. Et puis, cet aveu candide : "Lors des jeux précédents, j'avais une petite amie, regrette le nageur Ryan Lochte. Grosse erreur. Cette fois, je suis célibataire donc Londres s'annonce bien. Je suis super excité". Ou bien encore, cette nouvelle étonnante : Lors de ces Jeux de Sydney, les 70.000 préservatifs commandés pour le village olympique n'ont pas suffi. Il a fallu en recommander 20.000 et cette année, pour les JO de Londres, 150.000 préservatifs seront à la disposition des participants dans le village des athlètes. Même les capotes leur sont fournies gratuitement. Mais au moins, les sportifs ne rapporteront pas la chtouille, à défaut de rapporter des médailles. Et, inutile de le souligner, la consommation d'alcool bat tous les records.

Villepinien : Loteur parcourt la presse sur internet, et il lui arrive souvent de tomber sur des perles (« pépites ») : Aboul Fotouh n'accuse personne, mais ne manque pas de rappeler sa détermination : "Je servirai mon pays jusqu'à la fin de mes jours", affirme-t-il, villepinien. Loteur ne sait absolument pas ce que signifie cet adjectif pris adverbialement, et fait manifestement d'après l'homme politique français D. de Villepin. Forte récompense à qui le lui expliquera.

Un lecteur (Yohann S.) a bien voulu écrire à loteur pour lui signaler que villepinien doit vouloir dire "relatif aux manières, au comportement de Dominique de Villepin", c'est-à-dire avoir un style ampoulé, exagéré, peut-être un peu grandiloquent comme il sied à ce pseudo-aristocrate... Après une enquête longue et minutieuse, loteur a appris que cette phrase faisait allusion à l'affaire Clairstream et au fameux « Nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes » de Mirabeau.


Je n'en sortirai que par la force des micros-baïonnettes !
Le Parisien, sept. 2009

Vintage (anglicisme, prononcer vɪntɪʤ) : ce mot anglais signifie millésime, millésimé, de grand cru. Champagne vintage. Mais le mot vintage est aussi utilisé dans le sens : de grande marque, de collection, voire d'époque ou « rétro ». Voiture vintage, vêtement vintage. Ce titre sur internet : Anne Hathaway, glamour vintage (charme rétro ?). Et comment comprendre cette annonce : Une vente aux enchères rétro et vintage ? Et la politique s'en mêle aussi : ... le fameux tee shirt « Yes we Kahn » entrevu dans le documentaire « Un an avec DSK » de Canal+, devenu depuis un objet vintage pour les Strauss Kahniens. Emprunt inutile à l'anglais.

Étymologie : vintage, en vieil anglais, signifiait vendange, récolte, moisson. Vintage, c'est d'ailleurs le mot français vendange. Vendange, en latin vindemia, venant de vinum : vin, raisin, grappe, + verbe demo, demptum, demere : ôter, enlever, détacher, cueillir.

Viol : “ Toute pénétration non consentie est un viol, il en va ainsi des humains, comme des sociétés, de la culture comme de la nature. ” (Franck Michel, anthropologue). Une pénétration forcée du territoire français par certains groupes ethniques peut-il être considéré comme un viol ?

Le viol est un comportement machiste, c'est une pulsion de domination sur plus faible que soi. Longtemps sinon excusé, du moins non culpabilisé, il fait maintenant à juste titre l'objet de sévères mesures juridiques et répressives.

Un viol commis par plusieurs hommes contre une femme (ou un homme) est appelé viol collectif, en argot c'est une « tournante » (chacun son tour). Le langage aseptisé de la néo-langue a adopté l'expression « viol en réunion ». Ça a un petit côté five o'clock tea tout à fait politiquement correct.

Étymologie : viol, du verbe violer : faire violence. Même radical que le grec
βια (bia) : force, vigueur, violence.

Violence : dans tout pays, démocratique ou non, seul l'état a le monopole de la violence (police, armée, justice). Tout acte de violence de la part de citoyens est sévèrement réprimé – à part les actes de violence commis par des divers ou des visibles. C'est l'égalité des citoyens devant la loi.

Au pluriel, le mot violences signifie maintenant dans le langage édulcoré des journalistes néo-crétins : actes de barbarie, assassinats, exécutions sommaires, actes de pillage, incendies de véhicules ou de bâtiments : L'Arabie saoudite (= séoudite) a protesté officiellement contre les actes de violences en Syrie (plusieurs centaines de morts). Grande-Bretagne : les violences se propagent dans le pays (incendies, pillages, saccages). Les journalistes ont vraiment la vue courte et le jugement tout aussi court.

Étymologie : latin violentia : caractère violent ou emporté, violence. Venant de violentus : violent, emporté. Verbe violo, violare : faire violence.

Virale (promotion ou communication ~) (cet emploi de viral est un néologisme anglo-américain) : c'est nouveau, ça vient de sortir. Viral veut normalement dire : qui est propre à un virus ou qui a les caractéristiques d'un virus. Ce n'est pas spécialement positif, c'est même tout à fait franchement négatif. Dans quel sens doit-on comprendre ce néo-crétinisme bon teint, tout droit sorti de chez nos amis Anglo-Saxons (virus-like promotion) ? Cela signifie quelque chose comme : qui se répand rapidement d'une personne à une autre, à la manière d'un virus, ces personnes faisant ainsi la promotion d'un produit. Exemples : « donnez votre avis », « notez ce produit », « recommandez ce produit » ... Ce sont les clients qui font office d'agences de publicité.

Exemple qui a laissé loteur interloqué : ... on peut faire un premier bilan des nouvelles séries qui ont été lancées aux États-Unis il y a maintenant presque un mois, avec moult campagnes de pub et de promotion virale. Aïe aïe aïe la contagion ! Autre exemple, qui a laissé loteur pantois : Twitter est en effet devenu l'outil de promotion virale par excellence. Et puis, cette définition de marketing viral : On parle de marketing viral puisque l'offre se déploie (= propage) comme un virus d'une personne à une autre. Ou encore cet exemple qui a laissé loteur hébété : Ce qui nous donne l'occasion d'apprécier un nouveau trailer viral (???) de la part de Sarif Industries. Loteur soupçonne que cela veut dire : qui se propage rapidement, qui se fait connaître, surtout par l'intermédiaire de réseaux virtuels, ou par des techniques modernes de communication : En 1981, internet n'existait malheureusement pas et le potentiel viral de cette danse resta confiné à un petit cercle New Yorkais (Yaourt! pour elles). Le potentiel viral = les possibilités de diffusion ?

Question : devant le succès du livre des professeurs Even et Debré 4 000 médicaments inutiles ou dangereux, peut-on se demander si ce livre n'a pas bénéficié d'une promotion virale ?

On rencontre donc l'adjectif viral dans le sens de : contagieux, qui se répand rapidement d'une personne à l'autre, qui se fait connaître rapidement, surtout par des techniques modernes de communication (Facebook, Twitter...) La scène de dix minutes, attristante et embarrassante, est rapidement devenue un phénomène viral très partagé sur Internet, puis un phénomène de société (Slate point fr, divers blogues). Un phénomène viral C'est une pandémie ? Ou bien encore cet exemple issu du C.N.R.S. : Il s'agit visiblement d'une inter-connexion des adresses électroniques et autres informations d'identification associées à ces cartes, qui rendent virales, par des algorithmes astucieux, nos faits et gestes et surtout nos habitudes (Cil point Cnrs point fr). Merde alors ! Des algorithmes qui rendent « virales » (sic) nos faits et gestes et nos habitudes. Encore un exemple ? Twitter a fait la preuve de sa vélocité et de sa puissance virale à diffuser de l'information et à agir directement sur la société (Agora-Vox). Vélocité, puissance virale, diffuser de l'information ... un beau charabia néo-crétin dans cette phrase. Et puis, tiens, encore un exemple qui a laissé loteur sur le flanc : «C'est sans aucun doute le post le plus viral», a affirmé au New York Times Barbara Chen, la porte-parole de la police new-yorkaise qui a participé à la page Facebook (Slate point fr, divers blogues). « Le post le plus viral » ? Loteur pense en tout cas que ce genre de connerie vocabulaire stupide, c'est contagieux.

Substantif barbaresque : viralité. En choisissant d'attaquer Twitter, la première adjointe de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris [Anne Hidalgo] a commis une double erreur. La première: le réseau peut se révéler d'un extrême viralité, surtout lorsqu’il est attaqué [...] (slate point fr). Viralité : force de diffusion ou de propagation, surtout par l'intermédiaire des réseaux prétendument sociaux. L'Air de la Calomnie du Barbier de Séville de Gioachino Rossini a plus belle allure :

C'est d'abord rumeur légère,
Un petit vent rasant la terre.
Puis doucement,
Vous voyez calomnie
Se dresser, s'enfler, s'enfler en grandissant.
Fiez-vous à la maligne envie,
Ses traits dressés adroitement,
Piano, piano, piano, piano,
Piano, par un léger murmure,
D'absurdes fictions
Font plus d'une blessure
Et portent dans les cœurs
Le feu, le feu de leurs poisons.
Le mal est fait, il chemine, il s'avance ;
De bouche en bouche il est porté
Puis riforzando il s'élance ;
C'est un prodige, en vérité.
Mais enfin rien ne l'arrête,
C'est la foudre, la tempête.
Mais enfin rien ne l'arrête,
C'est la foudre, la tempête.
Un crescendo public, un vacarme infernal
Un vacarme infernal
Elle s'élance, tourbillonne,
Étend son vol, éclate et tonne,
Et de haine aussitôt un chorus général,
De la proscription a donné le signal
Et l'on voit le pauvre diable,
Menacé comme un coupable,
Sous cette arme redoutable
Tomber, tomber terrassé

(traduction française, version Castil-Blaze, 1824)

Étymologie : virus, venant du latin virus : suc, bave, poison ; sanscrit visam : poison. Avec une telle étymologie, qui mettrait en doute le fait que les communications modernes sont empoisonnées ?

Virginité : mot galvaudé et qui s'emploie hors de propos : Alain Juppé cherchait par ailleurs une nouvelle légitimité, une nouvelle virginité après ses soucis judiciaires (Agora-Vox). Par qui a-t-il été dépucelé ? Peut-être est-il du signe de la Vierge ? L'Eglise de Scientologie cherche, aux Etats-Unis, à se refaire une virginité (prevensectes point com). Peut-on parler ici de culte marial ? Loteur, pour éviter toute polémique inutile, évitera de parler du mythe de la virginité, si prégnant si l'on ose dire (pregnant signifant : enceinte en anglais) auprès d'une certaine partie de la population.

Étymologie : latin virginitas : virginité, de virgo : vierge. Quant à l'étymologie de virgo, elle est intéressante car il semblerait que le mot "virgo" soit une forme féminisée du mot "vir" (homme). On a aussi d'autre part le terme "virago", dérivé aussi de vir, qui signifie "femme robuste", "femme courageuse". Ce terme est parfois appliqué aux déesses, et il a un sens péjoratif : femme tyrannique et autoritaire. En tout cas la chasteté des vierges, c'est une vertu virile sous la forme de la continence, la capacité à maîtriser ses passions ou à résister à la tentation.

Virgule : les journaleux aiment gloser sur les déclarations des gens en poste. Et c'est pourquoi ils ont piqué la phrase suivante : « Aubry/Royal : une virgule mal placée. Elle est un petit peu impatiente, la Ségolène » (Martine Aubry, 24 janvier 2011). En fait la patronne du P.S. aurait déclaré : « Elle est un petit peu impatiente là, Ségolène ». Et un journaliste de commenter : Une histoire de virgule mal placée donc... Il s'agit, évidemment, plus qu'une histoire de virgule, mais de différence entre un adverbe (là) et un article (la).

L'on imagine les commentaires égrillards de Coluche sur cette histoire de virgule mal placée... Mais ces commentaires seraient pas ici forcément déplacés (voir l'étymologie de virgule).

Autre problème de place de virgule, soulevé par la phrase suivante : « France 3 est allé (sic) rendre visite à un détective privé, Vincent "Vinny" Parco, qui a déjà travaillé sur des histoires similaires à celle de Dominique Strossky. Il explique ce que lui ferait : "La première chose que je ferai... » Que représente "lui" ? Vincent Parco ou Dominique Strossky ? Le sens est clair quand on rétablit les virgules : Il explique ce que, lui, il ferait ... Lui est en effet le cas régime du pronom personnel il, qui renvoie soit au détective, soit à Dominique Strossky.

Autre usage aberrant de la virgule, relevé dans l'excelent Yaourt! :

Bref
, c'est l'histoire d'une mini série qui fait vachement parler d'elle depuis la rentrée du Grand Journal de Michel Denisot sur Canal+
. Une virgule en début de paragraphe. L'article a dû être récupéré à partir d'un magazine par copié-collé, et l'ouvrier non qualifié chargé de la mise en page n'a sans doute pas vérifié le résultat.


Autre problème de virgule dans la phrase : « Il faut dire que même s'il n'a pas le physique de sa consœur,
Kyan Khojandi est super rigolo ». Il manque une virgule entre que et même, alors qu'il y en a une après consœur.
La virgule doit servir en effet de séparateur entre les propositions Il faut dire que et même s'il n'a pas
...

Sous l'influence des Anglo-Saxons, on utilise de plus en plus la virgule maintenant comme séparateur au lieu du point : 21,201 personnes aiment La-conjugaison.fr. La formulation est absolument néo-crétine, car l'on pourrait croire qu'il y a vingt-et-une personnes et un cinquième de personne. Voir Point.

Enfin, avec les guillemets, la place de la virgule est parfois aberrante : Accusée de plagiat dans son ouvrage Plaidoyer pour une instruction publique [...] « Je fais tout de A à Z, » avait-elle plaidé (Pure people point com).

Étymologie : du latin virgula : petite branche, petite tige, petit signe (pour marquer une acentuation). Diminutif de virga : baguette, verge.

Virtuel : le virtuel désigne normalement ce qui est potentiel, – alors que l'actuel désigne ce qui est en acte, en activité, et le réel ce qui ancré dans la réalité. Selon Denis Berthier, cité par Wikipédia, « est virtuel ce qui, sans être réel a, avec force et de manière pleinement actuelle (c'est-à-dire non potentielle) les qualités du réel ».

Il semble cependant que le virtuel, avec sa promesse d'actualisation, dépasse maintenant la réalité avec les techniques modernes liées à l'informatique et à l'électronique. Nombre d'appareils plongent dans un monde en deux dimensions ou même à trois dimensions qui non seulement imite la réalité, mais explore une réalité autre. C'est l'heureux univers des Wii, des casques virtuels et autres gadgets modernistes, dont raffolent les petits et les grands, au cerveau intoxiqué par la recherche d'une autre réalité. On peut ainsi appartenir à une communauté virtuelle, nourrir un animal virtuel etc.

En ce sens, le virtuel ressortit quelque peu au ludique. Exemple de réclame pour un site de jeu virtuel : Adoptez un bébé virtuel et occupez-vous de lui chaque jour. Vivez une expérience ludique et amusante avec votre bébé virtuel. Autre exemple : Lancez vous dans le développement de votre propre ville virtuelle ! Dans le monde de la politique : Candidat virtuel, Nicolas Sarkozy met en avant son grand emprunt. Là, ce n'est plus ludique, mais potentiel, en potentialité. Il semble en fait qu'il règne le plus grand flou à propos de cette notion. Et virtuel a donc un certain nombre de synonymes plus ou moins approximatifs : fictif, imaginaire, irréel, potentiel...

Étymologie : virtuel vient du latin virtus : vertu, force virile. Venant de vir : l'homme. Un terme désignant la virilité est passé dans le domaine des potentialités. Est-ce symbolique ? A moins que la projection dans les potentialités à venir ne soit le propre du « vir », de l'homme.

Virus : programme informatique, souvent malveillant, qui a la faculté de se reproduire et de se propager par l'intermédiaire de disquettes, de disque lasers ou sur Internet, pour exécuter sur l'ordinateur de la victime telle ou telle tâche : destruction de données, mais aussi usurpation de mots de passe, vol de codes bancaires etc... Une des victoires du néo-crétinisme informatique, qui a fait la fortune de quelques sociétés d'édition de programmes anti-virus. Les concepteurs de virus, qui avant avaient souvent le profil d'étudiants doués se lançant des défis pour mettre à mal l'impérialisme de Micromou, ont plutôt maintenant le profil de maffieux et aussi de terroristes, cherchant à nuire par n'importe quel moyen. Nombre de sites pornographiques mettent aussi des virus dans les photos que les internautes naïfs transfèrent sur leur ordinateur. Aux dernières nouvelles, les virus informatiques pourraient se transmettre à l'homme. Loteur a en effet entendu un jour un médecin dire d'un de ses patients : Il a le virus de l'informatique. C'est contagieux, docteur ?


(faux-message)
Un virus est en train d'infester (= infecter)
le secteur 0 (le 1er secteur) et menace de
le détruire de façon permanente (= définitive).

Comme les concepteurs de virus deviennent de plus en plus malins, et que les concepteurs d'anti-virus ont de la peine à suivre, les utilisateurs assidus de l'informatique et d'internet n'ont désormais qu'une solution pour se protéger : posséder trois ordinateurs. Un sur lequel travailler, un autre muni d'un anti-virus et connecté à internet, et un troisième muni lui aussi (et surtout) d'un anti-virus sur lequel tester les documents récupérés sur l'ordinateur connecté à internet, avant de les transférer sur l'ordinateur de travail (). Quitte, bien sûr, à reformater le disque et à réinstaller Windaube en cas d'attaque virale. Précision supplémentaire : ces trois ordinateurs, bien sûr, ne doivent pas être reliés entre eux. Coût : trois ordinateurs (+ une « licence » anti-virus pour les deux autres postes). L'informatique selon les mochécons de la secte Micromou revient cher.

() Ceci est justifié par le fait que certains virus ont un « effet-retard » (« bombes à retardement »), et ne sont pas détectés tout de suite, – ou alors uniquement au moment du redémarrage de Windaube.

Étymologie : latin virus : suc, jus, poison, venin ; mauvaise odeur, infection.

Visibilité : la visibilité, c'est normalement la possibilité d'être vu : Les plongeurs sont parvenus à pénétrer dans le bâtiment, dont la partie avant a totalement été détruite, mais leur progression est difficile en raison de la faible visibilité et des décombres qui flottent (dépêche A.F.P. du 16.08.2013).

Mais le mot visibilité a pris sous la plume ou le clavier des journalistes et des néo-rédacteurs les sens de : présence, fréquence, fréquentation, exposition, perception, renommée, notoriété, poids, impact, force, importance, etc. un moyen pour les sites et autres applications intégrant ce système d'accroître leur visibilité, et une façon pour Facebook de, déjà, centraliser un maximum d'information dans ses pages (Pro-Clubic point com, 23.09.2011). Ou bien : Augmenter la visibilité de son site internet pour se faire connaitre, c'est primordial (WP-Formation point com, 08.02.2012 ; pas d'accent circonflexe sur le i de connaître). Autre exemple : Après avoir envoyé des curriculum vitae (sic, sans la ligature æ) sans succès depuis des mois, elle décide de créer un CV, dynamique à son image, spontanée et créative, pour acquérir une plus forte visibilité (Le Figaro point fr, 03.05.2012). Pour acquérir une plus forte visibilité = pour qu'on la remarque davantage ? pour attirer davantage l'attention ? Noter l'adjectif néo-crétin créative : originale ? Et puis encore cet exemple : « La réunion de samedi est surtout l'occasion de donner un peu de visibilité à l'Observatoire des journalistes et de l'information médiatique » (Acrimed point org, divers sites, 18.10.2012). Le moins que puisse être un observatoire, c'est d'être visible, car les observatoires sont en général haut perchés. Autre exemple : Une licence a été accordée au groupe hôtelier taïwanais Sinlaku pour ouvrir ce restaurant hors norme. De quoi donner attirer la clientèle et donner de la visibilité à Mattel (Grazia point fr, 30.01.2013). Ici, visibilité pourrait être traduit par publicité, voire renommée, notoriété, réputation, popularité. On ne sait plus comment rendre les mots novlangais, à la signification très floue et polysémique. Remarquer la négligence de style : de quoi donner attirer. Et puis, un dernier exemple, avant l'autoroute : Six Français sur dix (60 %) estiment que l'influence et la visibilité de l'islam en France sont aujourd'hui 'trop importantes' (Le Monde point fr, 25.10.2012). Solution : adopter le port du tchador ou de la burqa pour diminuer la visibilité.

Il est possible, encore une fois, que le mot visibilité dans le sens de poids médiatique, de reconnaissance publique, de renommée, soit un emprunt à l'anglo-saxon. Exemple cité par le site Merriam Webster : The extra publicity helped to increase the company's visibility. (Loteur a la flemme de traduire).

Étymologie : latin visibilitas : qualité de ce qui est visible, venant de visibilis, participe formé sur le verbe video, visum, videre : voir.

Visiter : visiter, c'est aller voir, rendre visite, ou examiner attentivement (visiter une plaie). Mais loteur a rencontré un emploi bizarre de ce verbe : Cette image : Droit au but a été visitée 1188 fois. Cette image ... a été vue ?

Vista (prononcer Ouista): nouvelle merde merveille pondue par la secte Micromou. Cri du cœur d'une victime de la secte : « Je suis partisan des capitales accentuées, mais avec Vista c'est devenu un calvaire... » Et inutile de parler des « droits d'élévation » (sic), ce qui signifie en clair que vous n'avez pas le droit d'utiliser votre ordinateur comme bon vous semble. De toute façon, tous les produits de la secte sont conçus par et pour des Étazuniens, c'est-à-dire pour des sur-doués.

Ouista ne tourne qu'avec deux giga-octets de mémoire (et encore !), un processeur puissant, une super carte graphique, – ce qui implique pour la plupart des gens de devoir changer d'ordinateur. Et on ne parle pas du prix auquel la secte Micromou vend ce produit (Ouista) aux utilisateurs.

Nouvelle mouture de Ouista : Windaube Sept (ou Seven, pour parler comme les Étazuniens ; référence sans doute aux sept péchés capitaux), qui n'est qu'une version à peine plus pratique que Ouista, c'est-à-dire tout aussi merdique foireuse. Voir Dithyrambe, Micromou.

Étymologie : espagnol vista : vue, panorama.

Visu (barbarisme) : un visu ? une visu ? Dans le sens de visualisation, affichage, présentation photographique. Je vais mettre ici quelques photos du visu de Metz des 17 et 18 mars derniers.

Étymologie : diminutif probable de visuel, visualisation, dans le sens de vue, spectacle, ou quelque chose de ce genre.

Visuel (en ~) (néo-crétinisme) : signifie tout simplement visible, en pleine vue, qu'on voit, qui se trouve dans son champ de vision. Je l'ai en visuel dans la salle d'attente signifie bêtement et simplement : je le vois dans la salle d'attente. Expression sans doute dérivé de la langue militaro-médiatique étazunienne, et des séries B étazuniennes : feuilletons policiers ou films de guerre avec des militaires admirateurs de beau langage. Le pendant auditif est, chez les néo-crétins des media français, en sonore, comme dans cet exemple “ entendu à la télé ” : Il n'est pas possible d'avoir le Premier ministre en sonore, déclare un journaliste-reporter de la french TV.

Visuel : aperçu, image, vue, dessin, photo, graphisme, illustration, ensemble des éléments visibles d'une image, documentation par images, plaquettes ou affiches, voire site internet à but publicitaire. L'explorateur que nous connaissons aujourd'hui fait son apparition sous la forme de WinFile, qui permet d'avoir un visuel rapide sur l'organisation de son disque (une vue, un aperçu ?) Encore une fois, pourquoi faire simple ? Autre exemple : Afin de repérer plus facilement les sites, un petit visuel représentant chacun d'eux a été introduit. Les pontes de l'Éducation Nationale parlent ainsi de « visuels » : Cet espace a vocation à proposer aux journalistes [...] des visuels : logos des IUFM, affiches de certaines manifestations nationales... Autre exemple : Il faut illustrer les quiz et jeux par des visuels, issues des sources suivantes, dans l'ordre de préférence... Ou encore : Et c'est encore ce qui est arrivé dans un magazine anglais, dans lequel deux visuels se sont malencontreusement retrouvés face-à-face (ici, ce sont des images de réclames publicitaires). Ou bien encore : C'est l'histoire d'une jeune ado de 13 ans, en pleine puberté, visuel à l'appui, qui s'est mis en tête de chanter. Autre exemple, assez stupide : A qui est-ce déjà arrivé d'acheter une pizza surgelée en grande surface, au visuel plaisant grâce à tous (sic) ce fromage... Ou encore : Quatre mois après avoir provoqué la colère d'un certain nombre d'associations avec une série de visuels décalés, le film à sketchs porté par Jean Dujardin et Gilles Lellouche est au centre d'une nouvelle polémique. Alors, pour des cassettes audios (K7 odio en néo-langue), parle-t-on de sonores ? Encore un exemple ? La prestigieuse marque de lingerie s'était déjà illustrée l'été dernier en retouchant des visuels de mannequin en maillot de bain afin d'obtenir un effet thigh gap () (Slate point fr). Manie sans doute imitée des Anglo-Saxons de tout adjectiver. En tout cas, le but est atteint : visuel veut désormais dire tout et n'importe quoi en ce qui concerne le fait de parler d'une image.
() thigh gap (prononciation : mot imprononçable) : espace entre les cuisses, espace naturel ou dû à une cure d'amaigrissement. Des visuels de mannequin : sans doute des photos de mannequins.


... avec le visuel que vous aimez.
On voit, avec les sonneries de téléphone débiles, ce que donnent
les personnalisations. A quel déluge de mauvais goût aurons-nous droit ?


Quand on lit les « conditions générales du service », on remarque la phrase suivante à propos des visuels refusés :

•  les visuels présentant une connotation violente, raciste, obscène ou sexuel (sic) etc. Ça commence bien.



Étymologie : visuel, ici adjectif substantivé, venant du latin visualis : visuel, à partir de visus : action de voir, dérivant du supin du verbe video, videre : voir.

Vitamine (néologisme, 1912) : s'il est une chose qui exaspère loteur, ce sont les réclames publicitaires vantant des produits pour l'alimentation humaine (ou animale). Ces réclames vantent leur teneur en vitamines ou éléments minéraux. Pour du lait, des yaourts, des boissons gazeuses aux fruits, les pubs proclament ce genre de stupidités malhonnêtes : Riche en vitamine C, riche en vitamines B et P, ou bien : c'est bon pour les os, c'est bon pour la croissance, c'est contre l'ostéoporose, contre le cholestérol, etc. Franchement, si on veut des vitamines ou des éléments nutritifs, on consomme des citrons, de la levure de bière, des fruits, des légumes, de la viande, des poissons, c'est-à-dire des produits naturels et vivants ; ou bien alors on achète des comprimés de vitamines ou d'oligo-éléments dans une pharmacie, c'est plus simple, et surtout meilleur pour la santé, plutôt que de consommer des produits hautement nocifs et facteurs de futures obésités, vendus par les géants de l'agro-alimentaire. Les géants de l'agro-alimentaire sont devenus de véritables malfaiteurs de l'humanité.

Cela est inquétant à deux titres : 1. cela veut dire que les fruits actuels ne contiennent plus assez de vitamines (poussés trop vite et pourris de produits insecticides (« pesticides »), et 2. qu'il faut donc y remédier en ajoutant des vitamines chimiques – aux dépens de notre santé. Conseil de loteur : ne jamais acheter de tels produits, et revenir au naturel (produits bio, associations A.M.A.P.)

Peut-être que, à cause des règles de la distribution commerciale en usage aux Zétazunis, les géants du secteur agro-alimentaire ajoutent vitamines et minéraux, en veux-tu en-voilà, dans leurs produits : lait, jus de fuits, barres chocolatées, biscuits et autres saloperies cochonneries destinées à toutes sortes de populations : enfants, adolescents, adultes, personnes âgées... Inutile d'ajouter que le consommateur paie les vitamines et les minéraux – chimiques, bien entendu – ajoutés au prix fort. Il n'en reste pas moins que le simple et naturel plaisir de s'alimenter est devenu un acte pharmaco-dépendant (tant pis pour le néologisme, peste loteur) où, quand on lit l'étiquette d'un des ces damnés produits, on croit lire la composition d'un médicament vendu en pharmacie. Et, évidemment, les tristes néo-crétins de l'Union dite européenne laissent passer ça sans sourciller. Les groupes de pression (lobbies) font bien leur travail de tâcherons de la mort. Un seul mot, une seule attitude : REJET (boycott).

Découverte : la première vitamine fut découverte par le biochimiste polonais Kazimierz Funk qui, le premier, isola la vitamine B1 dans l'enveloppe de riz en 1912. Le mot vitamine contient le suffixe « amine » qui est le nom d'un radical en chimie (toutes les vitamines ne possèdent pas pour autant le radical amine). D'après Wikipédia.

Étymologie : le terme vitamine vient du latin vita, vitæ qui signifie vie + suffixe amine. Cf. en grec
βίος (bios) : vie.

Vite (à plus ~, à très ~) : entendu de la bouche d'un héros de série télévisée : À plus vite ! Qu'est-ce que ça veut dire ? À bientôt ? À plus tard ? Variante entendue de la bouche d'une animatrice d'émission de télévision, navrante de stupidité : À très vite ! (à très bientôt ?)

Vite était un adjectif : il est très vite (il est très rapide). Il existait aussi un adverbe que l'on n'emploie plus : vitement, comme dans l'exemple ci-dessous :


Exemple tiré d'une partition d'orgue (Fantaisie en sol majeur BWV 572 de J.-S. Bach)

Étymologie : inconnue. Certains étymologistes rattachent le mot au latin vita : vie (cf. mort ou vif). D'autres supposent que vite vient d'un radical onomatopéique vist- exprimant un mouvement rapide, subit.

Vive ... ! : Il y a longtemps que cette expression est sentie comme un adverbe, un peu comme voici ou voilà, d'où l'orthographe illogique : Vive les vacances ! Vive les femmes ! (au lieu de : vivent les vacances, vivent les femmes). L'auteur a même trouvé sur un « blog » la graphie Vives les barbarismes! (sic).



Dessin de Siné

Dans le même esprit, on peut trouver sur l'excellent Yaourt! : Fini la chasse aux ovnis ! (et non Finie) ou bien Fini les tickets-restaurants! (et non Finis). Cependant certaines illustrations de Yaourt! sont correctement sous-titrées. Y a-t-il plusieurs rédacteurs ? Ou bien quelqu'un a-t-il fait des remarques ?


On peut aussi trouver l'orthographie exacte dans certaines pages internet : Finis les clichés ! Même chose avec le participe passé du verbe terminer : Terminé les congés payés. Peut-être faut-il sous-entendre avant ces participes passés "C'est" : c'est fini, la chasse aux ovnis ; c'est fini, les tickets-restaurants ; c'est terminé, les congés payés.

Étymologie : forme impérative du verbe vivre. Variante vivat : qu'il vive.

Vivier : signifie un bassin d'eau constamment renouvelée pour l'élevage de poissons ou de crustacés. Mais le sens est dévoyé de nos jours, et un vivier est devenu un lieu ou un centre de formation, ou bien désigne les personnes nouvellement formées et prêtes à l'emploi. En particulier pour les jeunes qui constituent le vivier des nouveaux services en ligne... Prend-on maintenant les jeunes pour des poissons ? Pêcheurs de tous bords, à vos lignes ! Les jeunes vont mordre à vos hameçons. Autre exemple : Avec un tel vivier de consommateurs potentiels, pas étonnant qu'un véritable business du créationnisme voie le jour (Le Point point fr). Ici, vivier a le sens de stock, de réserve, de réservoir.

Étymologie : latin vivarium : parc à gibier, garenne [garenne signifie réserve, chasse ou pêche gardée], vivier. Venant de vivus : vif, vivant. Racine indo-européenne ayant donné en latin vita : vie, en grec βίος (bios) : vie, en russe жизнь (jizn') : vie etc.

Vivre ensemble : on nous assène quotidiennement ce mot d'ordre à la mode et bien-pensant – et donc politiquement correct –, préconisant la coexistence pacifique des différentes communautés en France. Il y eut, en son temps, un mot d'ordre similaire : « Aimez-vous les uns les autres ». Mais il n'eut aucun succès, et les braves gens ont continué de s'étripailler joyeusement. Voilà qu'on nous remet ça. Et on sait depuis longtemps ce à quoi ont mené les politiques dites de « coexistence pacifique ». Parole mémorable de la ministresse de l'Éducation dite nationale, madame Najat Belkassem, à propos des classes d'impro sous le haut patronnage d'un histrion : « L'improvisation est une façon d'apprendre à vivre ensemble ». C'est plutôt son programme scolaire qui semble porter la marque de l'improvisation.

Au-delà de ces mots d'ordre, il y a bien longtemps existait un code qui respectait la place de chacun dans la société, et que tout le monde observait : ça s'appelait la politesse. Mais ça, c'était avant, comme le souligne une réclame publicitaire. Les « incivilités » étaient inconnues...

Anecdote : quand loteur vivait dans le Berry, il y a quelques années de cela , il a entendu dire de la bouche d'une Berrichonne pur jus qui habitait Sancergues, à propos d'une autre femme : « Oh, celle-là, elle n'est pas d'cheu nous, c'est une étrangère, elle est de Sancoins » (une commune à quelques km de là). Vivre ensemble ? Quelle blague !

Étymologie : vivre, du latin vivo, vivere : vivre. Ensemble, du latin insimul (in-simul) : à la fois, en même temps.

Vocabulaire (de base) : ce sont les 1 000 ou 1 500 mots de base de la néo-langue dans lesquels nous précipitent les pubeux et les journalistes de la french TV. C'est un vocabulaire « basique », très réduit, à la syntaxe élémentaire et fautive, en petit règne (ou petit ) du néo-français.

L'Instruction publique ne remplissant plus son rôle d'instruire publiquement depuis qu'elle est devenue l'Éducation nationale, les générations qui ont moins de quarante ans [écrit en 2009] parlent un français affligeant, charabiatesque, et qui s'appauvrit de plus en plus, de jour en jour, d'heure en heure.

Étymologie : vocabulaire, du latin médiéval vocabularium, venant de vocabulum : dénomination, appellation, vocable. Verbe vocare : appeler, venant de vox, vocis : voix. Sanscrit वाच् (vak) : voix, parole, son ; verbe, langage, discours.

Pour base, voir la rubrique Base.

Vocation (avoir ~) : à l'origine, c'est un terme de droit : Avoir vocation à est une locution utilisée dans les jugements et d'une manière générale, dans les actes juridiques, pour exprimer que la personne dont on parle réunit dès à présent l'ensemble des conditions pour faire valoir un droit. Ainsi tout enfant a vocation a être appelé à la succession de ses parents.

Mais le mot vocation, noble, sert maintenant dans des sens plus banals ; avoir vocation à signifie de nos jours : être destiné à, être fait pour, permettre, avoir pour but de, avoir pour mission de, parfois tout simplement devoir... ce poids lourd de plus de 70 millions d'habitants (c'est-à-dire la Turquie) a vocation à trouver sa place dans le giron européen (= est destiné à), ou bien : Le MoDem a vocation à avoir des élus. Ou encore, sur une page internet : Le service de documentation n'a pas vocation à se substituer aux bibliothèques et centres institutionnels existants (= ne doit pas se substituer). Et quelques lignes plus bas : [...) une collection de 7 500 photos de provenances diverses, collection dont la vocation n'a aucun caractère commercial. Un autre exemple, pour montrer le dévoiement du terme : Depuis plus de 80 ans, Nutro™ Choice™ n' a qu'une seule vocation (= but) : celle de proposer les meilleurs aliments pour chiens et chats pour leur garantir vitalité, santé et bien-être. L'espace présente entre n' et a (n' a qu'une seule vocation) est dans l'original. La vocation peut descendre jusqu'aux pieds : L'os du talon n'a pas pour vocation d'amortir [les chocs] = n'est pas fait pour amortir les chocs (chronique sportive yaourt).

On est loin de la vocation sacerdotale. Les néo-crétins désacralisent tout.

Étymologie : du latin vocatio, -nis : assignation (en justice), appel (de Dieu), vocation. Verbe voco, vocare, appeler ; vox, -cis : voix. Sanscrit वाच् (vak) : voix, parole, son ; verbe, langage, discours. Vocatus atque non vocatus, Deus advenit (Qu'Il soit appelé ou non, Dieu viendra, phrase que Carl Gustav Jung inscrivit à l'entrée de sa demeure).

Voice-over ((anglicisme, prononcer vɔɪsəʊvə(r) ou voïss ovaire) : technique de narration par un personnage qui n'apparaît pas à l'écran (cinéma), "voix off". Malgré la demande du traducteur d'indiquer ces caractéristiques linguistiques dans des passages en voice over... Décidément, les Français « normaux » ont de plus en plus besoin de traducteurs ou de machines à traduire.

Étymologie : vieux français voiz : voix, du latin vox, vocis : voix.

Over, d'une racine indo-européenne *uper ayant donné over en anglais, über en allemand, super en latin.

Voie / voix : cette rubrique n'est introduite qu'à titre anecdotique. Pour certains, c'est la confusion la plus totale entre voie et voix. Pour celui ou celle qui entend des voix, les voies du Seigneur sont impénétrables.

Si vous êtes musulmane pratiquante et possedez une voie en or, cette annonce va peut être vous interesser :
http://mejliss.com/2011/03/05/une-soeur-pour-chanter-mes-chansons
.
Et le blog précise : Salam alaykoum, Je suis à la recherche d’une voie féminine à faire pâlir d’envie Céline Dion.

A-t-il trouvé sa voie ?

Étymologie : voie, latin via : voie, chemin. Voix, latin vox, vocis ; voix.

Voilà : signe de ponctuation orale, au même titre que heu, ben, bon ... Le mot voilà, en tant que signe de ponctuation, peut apparaître plusieurs fois dans la même phrase, à tel point que cela peut froisser les oreilles sensibles. Voilà peut aussi mettre un point final catégorique à une affirmation, auquel cas il devient presque synonyme de point barre : C'est comme ça, voilà !

Étymologie : voilà, littéralement "vois là". Impératif du verbe voir + préposition là. Cf. voici : "vois ici".

Voile (islamique) : le dessinateur Siné écrit dans Charlie Hebdo (11 juin 2008 ; depuis il en a été démissionné) : « Je n'ai jamais brillé par ma tolérance mais ça ne s'arrange pas et, au risque de passer pour politiquement incorrect, j'avoue que, de plus en plus, les musulmans m'insupportent et que, plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j'ai envie de leur botter violemment le cul ! J'ai toujours détesté les grenouilles de bénitier catholiques vêtues de noir, je ne vois donc pas pourquoi je supporterai mieux ces patates à la silhouette affligeante et véritables épouvantails contre la séduction ! Leurs maris barbus embabouchés et en sarouel coranique sous leur tunique n'ont rien à leur envier au point de vue disgracieux. Ils rivalisent de ridicule avec les juifs loubavitchs !

Je renverserais aussi de bon cœur le plat de lentilles à la saucisse sur la tronche des mômes qui refusent de manger du cochon à la cantoche. Quand on a des parents aussi bornés que les leurs, le seul remède est de leur désobéir et de les envoyer se prosterner […] La bêtise n'a pas de limites, c'est connu, mais arrêtons de la respecter et, qui plus est, de l'entretenir au nom d'une indulgence dont ils ne font, eux, aucune preuve !
».

Hélas pour les vertueuses indignations de Siné, nous assistons de plus en plus à ce qu'on pourrait appeler la révolution des sacs-poubelles. Voir Burqa.


Sine commentario (prononcer : siné comenntario = sans commentaire)

Étymologie : voile, du latin velum : voile de navire, toile, tenture, rideau. Pour islamique, voir Islam.

Voir (se ~) : construction idiomatique lourdingue, sans aucune utilité. Entendu à un journal télévisé : « L'auteur du méfait (l'incendie d'un hôtel) pourrait se voir être mis en examen (= pourrait être inculpé). »

Étymologie : voir Voir.

Voire : souvent utilisé de façon pléonastique dans l'expression voire même. Cette voiture est peu sûre, voire même dangereuse. En France les journaux titrent à l'optimiste, une grande avancée vers la libération des otages, voire même une grande avancée vers la paix (AV). Il est assez fréquent de rencontrer l'orthographe voir ou voir même, comme s'il s'agissait du verbe voir. Le français de certains est à revoir. Exemples : Il est étrange voir surréaliste de devoir rappeler des droits élémentaires comme celui de vivre et de s’exprimer librement pour chaque être... Ou : Ce soir, j'ai bu avec des amis approximativement 3 coupes, voir 4, de champagne. C'est à voir, à voir, à voir, c'est à voir qu'il nous faut. Encore un exemple, tiré d'un magazine « sérieux » : Avec un taux de croissance oscillant autour de 8 % durant près de sept années consécutives (à l'exception de 2009), certains commentateurs y ont vus (sic) « une réussite insolente » voir, à nouveau, l'expression d'un « miracle ».

Étymologie : voire, du latin verum : vraiment. Étymologiquement, l'expression voire même ne serait donc pas un pléonasme et signifierait 'et vraiment même'.

Voisin : un site a lancé une enquête sur les voisins que les femmes aimeraient avoir. Curieusement, les résultats recoupent ceux des enquêtes sur les personnalités préférées des Français. C'est ainsi que des personnalités issues de l'immigration (ou de la diversité) arrivent en tête : chanteurs, comédiens, hommes ou femmes de scène, sportifs ... Voici les résultats publiés par un magazine féminin. Pour commencer, l'enquête révèle le palmarès des voisins rêvés des Français (sic) :
  • Omar Sy. Pour son capital sympathie.
  • Gad Elmaleh. Pareil que pour Omar Sy.
  • Yannick Noah. Parce qu’il pourrait nous donner des cours de tennis gratos (entre voisins, ça se fait).

  • et aussi :

  • Patrick Bruel. Parce qu’il pourrait tomber amoureux de nous et nous épouser.
  • Florence Foresti. Parce qu'elle est drôle. Et qu'on adorerait la (re)voir imiter Madonna ou Isabelle Adjani dans la cage d'escaliers.
etc.

Le côté people doit attirer les ménagères. Curieusement, personne ne semble désirer avoir comme voisin un Prix Nobel, un lauréat de l'Académie des Sciences, ou un écrivain.

Étymologie : voisin, du latin vicinus : voisin, dérivé de vicus : rue, qui se rattache au grec οίκος (oikos) : maison. Voir Ecologie.

Voiture : les voitures font l'objet d'une réclame (publicité) qui frise l'acharnement. On vante leurs faibles émissions de CO2, leur respect pour l'environnement, leur prix intéressant, leur technique (technologie) avancée ... Une publicité s'abaisse à faire dire à une actrice, de façon indécente, à propos du prix d'une voiture : « On ne va quand même pas dépenser si peu », à une époque où la pauvreté augmente.

Les voitures françaises portent de plus en plus des noms étrangers, des noms en globish, pour attirer le chaland non-français sans doute. Ce "Technospace" comme l'a baptisé Citroën bénéficie d'une face avant très agressive mariant joncs chromés et barres de Led surmontant les feux (chronique automobile Yaourt!). Vous avez bien lu : une, ou plutôt un « Technospace ». Accessoirement, loteur a appris qu'un « jonc » était un ruban de plastique ou un rouleau de quelque chose qui se pose sur un élément de voiture (pare-brise, aile, calandre...), bref un accessoire pour beauf, – surtout quand il est chromé.

En plus d'un nom en pur globish (tourer, cross-over etc.), les voitures sont affubblées d'un code, que loteur – qui connaît pourtant quelques langues étrangères – ne parvient pas à comprendre : CDI, e-HDi etc. avec un mélange de majuscules et de minuscules du plus bel effet. Et que veut dire cette annonce : CONCEPT Renault Captur : futur crossover compact ? Les seuls mots vraiment français sont Renault et futur, les autres mots sont du globish ou du pur néo-crétin. Et encore ! Futur veut ici sans doute dire : de l'avenir. Quant à compact, cela veut maintenant dire : de petite dimension, ou tout simplement : voiture de ville. Et, nouvelle tendance, il n'y a plus d'article devant Renault : Renault Captur: première vidéo. Pour des motifs purement vénaux, les publicitaires et les industriels n'hésitent pas à défigurer la langue.

Quant au genre des voitures, il semble que les publicitaires, en accord avec les constructeurs, mettent maintenant les noms de voitures au masculin : le nouveau Volkswagen Touram, le Renault Espace, le nouveau Ford C-Max, La renaissance du Jaguar (sic ; il s'agit ici de la voiture, et non du félin) (3)… À une époque où l'on a tendance à féminiser à outrance, cela est plutôt bizarre. Sursaut de virilité ? Ou est-ce à mettre en relation avec le fait que les règlements du fisc américain ont récemment (2011) abandonné le genre féminin pour parler d'un navire ? (les grosses machines, en anglais, sont du genre féminin : locomotives, automobiles, navires ...) Et les publicitaires de tous les pays suivent comme un seul homme (c'est le cas de le dire).

N.B. Il semble que la masculinisation des noms de voitures porte surtout sur les grosses voitures ou les 4×4. Mais la masculinisation gagne du terrain pour les petites voitures de ville, dites compactes, et le féminin perd de plus en plus du terrain. Idiot, n'est-il pas ?

Étymologie : voiture, de même que véhicule, dérivent du latin veho, vectum, vehere : porter, transporter. Racine indo-européenne *voghnos, ayant donné Wagen en allemand, wagon en anglais.

Voix : sons émis par la bouche, et destinés à communiquer quelque chose (émotion, idée...) Loteur a pêché avec un hameçon de 12 cette phrase sur internet (topsanté point com) : Pourtant on a tendance à la [la voix] sous-estimer, notre culture française nous inculquant davantage l'art d'écrire plutôt que de parler. La « culture française » privilégiant l'art d'écrire ! Voilà qui laisse sans voix. Par contre l'autrice () de l'article a bien raison de souligner implicitement que l'art de parler est négligé (cf. le ton hystéroïde des présentateurs / trices de journaux télévisés).

() Ben quoi, loteur a bien le droit d'écrire l'autrice ; d'autres écrivent bien l'auteure, – ce qui est pire.

Adjectif : vocal, comme dans ce magnifique exemple : "(La bonne voix), c'est celle qui donne une impression d'être agréable et facile à ses locuteurs", explique Jean Sommer, coach vocal (sic). Il existe donc maintenant des coaches vocaux, et finis les professeurs d'élocution. Et, dans un autre article, la même autrice pose ces graves questions : Qu'est-ce qui fait une bonne voix ? Comment la travailler ? Le point avec Jean Sommer, expert de la voix. Ce coup-ci, J.S. s'est mué en expert de la voix. Coach = expert ?

Étymologie : voix, du latin vox, vocis : voix. Cf. vocal, vocalise. Espagnol : voz, italien : voce.

Voix (la ~ de son maître) : autre nom pour journaliste à la french TV. Mais il y a longtemps que le disque est rayé, la voix éraillée, et le journalisme raillé.

Votation : Cette pétition qui si elle réunit 4,5 millions de signatures sera plus efficace que la votation citoyenne. Quel sens ici pour votation ? Vote ? Élection ? Suffrage ? ... Vieux mot français, employé par les Suisses (la votation suisse).

Étymologie : votation, d'après le verbe voter, venant de vote. Du latin votum : vœu, promesse faite aux dieux (cf. les ex-voto dans nos églises), offrande. Verbe voveo, votum, vovere : faire un vœu à une divinité. Dans les votes ou votations modernes, les bateleurs de la politique ont remplacé les divinités.

Vote : cet outil de la démocratie est devenu un instrument de jugement et d'appréciation à la télévision ou sur internet : tel 'site' de vente aux enchères demande de voter aussi bien pour les vendeurs que pour les acquéreurs ; tel autre 'site' demande de voter pour le contenu de ses articles, ou tout simplement pour récolter des liens convergeant vers ledit 'site', lui permettant ainsi de se placer en position favorable dans les 'moteurs (= services) de recherche'. Votez pour ce 'site' (ce n'est pas l'auteur qui le demande ici). Ceci peut être à la fois utile, car valorisant, et dangereux en cas de vote négatif. Pour telle ou telle question de politique, de société ou autre, on vous demande maintenant de voter (sic), c'est-à-dire simplement d'exprimer votre avis. Le rôle de Cécilia Sarkozy a-t-il été décisif dans la libération des infirmières bulgares ? Votez! (avec le point d'exclamation directement accolé au mot). L'épouse a menti sur sa virginité, le mariage est annulé. Votez. Il faut cependant remarquer que sur la question primordiale et épineuse du Traité de l'Europe, aucun gouvernement – sauf celui de l'Irlande – n'a demandé de voter.

Cette manie est sans doute en provenance directe des Étazuniens : Vote on pictures, relationships and tags about people, peut-on lire sur une page internet. Certains sites, plus intelligemment, demandent : « Donnez votre avis. ».


Un vote utile

Le droit de vote des citoyens

Voici deux exemples de vote complètement inutile, car les décisions passent totalement au-dessus des citoyens. A noter qu'on trouve aussi bien Votez que Voter.

Comme disait Pierre Desproges : « L'enfant croit au Père Noël. L'adulte non. L'adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote. » Et on ne compte plus les consignes « Votez utile » durant la campagne présidentielle de 2007 (votez utile ou votez futile ?) Loteur, quant à lui, recommande aux lecteurs de voter blanc (4), voire de ne pas voter du tout.

D'autre part, nombre de personnes commencent vraiment à douter du vote civique, qui consiste à accorder autant d'importance au suffrage d'un illettré qu'à celui d'un diplômé ou d'un citoyen réellement utile (productif). Va-t-on revenir au suffrage censitaire ? Ou doit-on boycotter les élections ?

Il est à remarquer que les votes prétendument démocratiques sont une immense farce, comme le prouvent ces deux exemple :

1. première « élection » de George Bush le Jeune (nov. 2000). Suite à un immence truquage des urnes ou des votes électroniques, c'est George Bush qui l'a emporté sur Al Gore, dans un bordel une pagaille politico-judiciaire peu digne d'un état démocratique ;

2. re-« élection » de Laurent Gbagbo (déc. 2010) qui, malgré le verdict des urnes (comme l'on dit), s'auto-proclame président de la république de Côte d'Ivoire contre son rival vainqueur Alassane Ouattara.

Si aucun citoyen ne votait, on n'aurait pas à la tête des états des fantoches sans foi ni loi, mais des dictateurs – ce qui ne changerait pas grand chose. D'autre part, l'élite boboïsante glose à l'infini sur le droit de vote des étrangers : ils vivent en France, ils payent parfois des loyers, perçoivent des allocations, – donc ils ont le droit de vote. Ben voyons, certains de nos concitoyens vivent dans des pays non-européens, payent des loyers, des impôts, et – curieusement – ils n'ont pas le droit de vote dans ces pays (pas de principe de réciprocité). La vie est injuste.

Quant aux mœurs politiques de loteur, elles sont sans équivoque aucune : « Voter, déclare-t-il, c'est comme aller à la selle ; j'y vais le matin ».

Étymologie : vote, du latin votum : vœu, promesse faite aux dieux (cf. les ex-voto dans nos églises), offrande. Verbe voveo, votum, vovere : faire un vœu à une divinité. Comme dans de nombreux exemples donnés dans ce glossaire, le vocabulaire est désacralisé.

Votre attention (s'il vous plaît) : bizarrement ce néo-crétinisme a réussi à s'imposer partout, au lieu du simple 'Attention !', ou 'Achtung !' comme au bon vieux temps. Dans toutes les gares, tous les aéroports, en tous lieux publics on n'entend plus que ce message d'avertissement lénifiant et bien-pensant, tout à fait correct linguistiquement...

Étymologie : latin vester (voster), dérivé de vos : vous.

Attention, du verbe latin attendo (ou adtendo), attentatum (adtentatum), attendere (adtendere) : essayer, attaquer, entreprendre, tendre vers, chercher à atteindre. Attendere a donné attendre, le supin attentatum a donné attentat.

Voucher (anglicisme, prononcer vaʊʧə(r) ou vaoutcheur) : vocabulaire d'aviation signifiant coupon, bon, avoir. Quand votre avion ne peut décoller, la compagnie vous remet un voucher pour vous dédommager (bon pour un autre billet d'avion, des nuits à l'hôtel...), mais rarement un remboursement direct. Un voucher ? Un nom à voucher dehors.

Étymologie : du vieux français vochier : appeler, assigner, convoquer. Venant du verbe verbe latin voco, vocatum, vocare : appeler.

Vouloir (se ~) : vouloir être, vouloir paraître, se considérer comme : se vouloir rassurant, le roi de France se veut le défenseur de la foi. Lu sur un article web (pure medias point com) : Les rumeurs sur son état de santé se voulaient inquiétantes ces dernières semaines et la mauvaise nouvelle vient de tomber (à propos de la mort de l'animateur de télévision J-L Delarue). Avec se voulaient, on attendait plutôt une tournure positive. Est-ce que le rédacteur a bien compris la nuance de la locution verbale ‹ se vouloir › ? Ici, se voulaient peut être simplement rendu par ‹ étaient ›.

Étymologie : se vouloir, verbe pronominal composé du pronom réfléchi se, + verbe vouloir. Vouloir, du latin volo, vis, velle (bas latin volere) : vouloir, désirer.

Vous, votre, vos : l'on évite de plus en plus le mode impersonnel quand on s'adresse aux utilisateurs ou aux consommateurs. Votre team prend en charge votre dossier, Adressez-vous à votre service clientèle, Quand vous utilisez vos services personnalisés depuis un ordinateur, Bienvenue à votre assistance technique… Ce mode d'expression, typiquement anglo-américain, est horripilant car il fait croire que les intérêts des clients sont pris en compte, alors qu'il n'en est rien. Et contrairement à l'anglais, le français n'emploie jamais la 2e personne du pluriel pour la généralisation, qui s'exprime par on et la 3e personne.

Étymologie : latin vos : vous. Voster (vester) : votre, vôtre. Grec
σφωι (sphôi) : vous deux.

Voyelles (prononciation des ~) : on a de plus en plus tendance à angliciser la prononciation et la graphie des voyelles : Trois mille nouveaux cas de chikungunya ont été comptabilisés à la Réunion du 10 au 16 avril. Dans chikungunya (mot swahili), les u se prononcent ou, le ch se prononce tch. Pourquoi ne pas écrire tchikoungounia ? Dans le même esprit, on emploie de plus en plus oo pour ou : look, booker, surbooker... Beaucoup de sociétés ou d'organismes prétendument français utilisent les oo pour ou, par exemple, ou forgent des mots nouveaux ou le son 'ou' est remplacé par 'oo' (kartatoo "carte-atout", "carte à tout" à Montpellier). A quand le nom de Jean-Louis Borloo prononcé borlou ?

D'autre part, u se prononce aussi eu : buzz, customiser ... la voyelle e, comme dans e-commerce ou e-bank, se prononcer i ; la voyellle i, comme dans i-Pod ou i-Phone, se prononce aï, etc. C'est l'intrusion de la phonétique anglo-saxonne dans le français. Cette intrusion est porteuse de confusions. Voir oo.

Étymologie : voyelle, du latin vocalis : vocal, de vox, vocis : voix.

Voyou : substantif pris dans un sens adjectival, et qui semble désigner tout ce qui ne va pas dans le sens du locuteur, qui va contre ses pensées, sa politique, sa façon de vivre ou d'agir. Peut prendre le sens de délictueux, criminel : un chef d'entreprise voyou, des états voyous (traduction de l'expression « rogue states », employée par G. Bush II. Rogue signifie littéralement : filou, coquin). Voir Ami, amis.

Étymologie : « Voyou : se dit populairement, à Paris, d'un enfant du peuple, malpropre et mal élevé » (Littré). L'étymologie communément acceptée est que voyou dérive de voie ; le voyou c'est l'enfant de la rue. Un état voyou, un chef d'entreprise voyou sont donc des non-sens. Par contre, ce que les journalistes néo-crétins appellent des jeunes sont bien des voyous.

Vrai : le culte du vrai dans notre univers de faux-semblant et de mensonge a de quoi surprendre ; toute chose qui représente une valeur dans l'esprit des néo-crétins est immédiatement affublée de l'adjectif vrai : de vraies gens (Pyralène Ségal), un vrai débat, ou encore : Le Grand Paris : un vrai projet pour un enjeu capital. Notons que s'il peut y avoir occasionnellement de fausses gens, il y a souvent de faux débats, et encore plus souvent de faux projets. L'adjectif vrai est donc parfaitement justifié, car en novlangue, la vérité c'est l'erreur.

A noter la néo-expression : en vrai, dans le sens de : en réalité (?) : Alors qu’ils croyaient que leur oncle Jeannot était parti en Chine pour entraîner l’équipe nationale de ping-pong, Max et Lili découvrent qu’en vrai, il est en prison. La virgule entre en vrai et il est en prison est plutôt bizarre.

Étymologie : du latin verus : vrai. Voir Voire.

Vrai-faux : expression qui commence à tomber en désuétude, et qui désigne tout document délivré par certaines administrations : vrai-faux passeport. Peut signifier tout ce qui est falsifié, mais qui donne l'apparence du vrai : le vrai-faux blog de Jacques Chirac, le vrai-faux journal de la RTBF… On a dans le même esprit : Pari réussi mais sans doute une FBI = Fausse bonne idée.

Antonyme : vraiment vrai. On entend souvent dire que manger plus (et plus riche) permet de se protéger du froid. Mais est-ce vraiment vrai ? Pourquoi ne pas écrire 'réellement vrai' ?

Étymologie : pour vrai, voir rubrique précédente. Faux, du latin falsus, participe passé du verbe fallo, falsum, fallere ; tromper. Grec
σφάλλω (sphallô) : faire glisser, faire tomber, égarer, tromper. Le verbe français faillir (manquer, faire défaut) est de même racine. Cf. anglais to fall : tomber. Sancrit sphal : vaciller.

Vs (voir Versus) : on trouve maintenant cette abréviation depuis que les néo-crétins américanisés se mêlent d'écrire. Vs s'emploie de plus en plus à la place de 'contre' (en abrégé c/) ou de 'face à', ou même de 'et', 'ou', voire à la place d'un simple tiret ( - ) ou d'une barre de fraction ( / ) : Bush vs Kerry, qui va gagner ? (à propos de l'élection truquée étazunienne). La Mecque vs Greenwich (à propos d'une horloge). Parfois vs peut signifie 'en comparaison à', 'comparé à' : Ronaldinho vs Zidane – Une compilation des meilleurs gestes techniques de Zidane et Ronaldinho. Autre exemple : Zemmour vs Domenach : le pillage du système de protection sociale par des bandes organisées. Ou bien encore : Emmanuel Todd vs Luc Ferry: sur l'immigration. L'emploi de cette particule est devenu systématique quand il s'agit de comparer ou d'opposer deux choses, deux personnes ... Je vois que la guéguerre Paris Vs Province fait rage. Ou bien : France vs Maroc 16 nov 2007 St Denis resumé (sic) de match. Ici, le vs peut ê:tre remplacé par un tiret : France - Maroc. Autre exemple : Iran vs États-Unis... la guerre de Mars ? (Iran / États-Unis). Encore des exemples : 30 frelons vs 30 000 abeilles. Ou bien : Tu t'es vu quand t'as bu ? L'alcool vs réalité. Ou alors : Femme vs Homme - Mesurez-vous au sexe opposé. Ou encore : Si la rentabilité de la chaîne est en baisse, son taux de marge reste exceptionnel (21,5% vs moins de 10% pour TF1) (vs = 'et', ou 'pour' ou même 'contre' ; le signe % accolé aux nombres est dans l'original). Encore un exemple : On note aussi une parenté élégiaque dans les paroles : "Ne sachant où aller / Les yeux cherchant le ciel / Mais le coeur mis en terre" vs "I wish I could live a little more / Look up to the sky, not just the floor" (Le Nouvel-Obs point com, 28.11.2015). La particule vs peut ici être rendue par : en face de. Tout cela est la marque de manque d'imagination, de psittacisme, de suivisme, de panurgisme (etc.). Chose typique de la novlangue, un mot peut se rendre pour plusieurs mots. Économie de formulation.

Et puis, comment prononcer ? Vé-esse (ça fait vécé) ? Versus ?

On trouve de plus en plus d'autres anglicismes, venus du latin, comme i.e. (id est) c'est-à-dire (c.-à-d.), et e.g. (exempli gratia) : par exemple (p. ex.). L'anglo-latinisme i.e. peut prêter à confusion, car on peut l'interpréter comme « internet explorer ». Bien que cela soit d'origine latine, il faut proscrire ces abréviations anglo-américaines, qui deviennent envahissantes et agaçantes chez les gens qui, la plupart du temps, manquent de culture – à part le globish.

L'abréviation vs semble répandue chez les informaticiens et les jeunes à cause des jeux sur ordinateurs, où il y a toujours les bons contre (vs) les méchants, le joueur contre (vs) d'autres joueurs ou le monde entier.

A noter que les Anglo-Saxons utilisent l'abréviation v. et non vs.


People v. DSK : le peuple contre DSK
A noter ici que « people » ne désigne pas une personnalité ou une célébrité faisant un procès à DSK


appel : vs est l'abréviation traditionnelle en français pour « vous ».

Étymologie : vs, abréviation de la préposition latine versus : vers, en direction de. Du latin versus vient évidemment la préposition vers. D'autre part, pour loteur, vs est l'abréviation du pronom personnel vous, et non de versus.

Vue (s) : dans l'esprit des internautes, l'expression « X vues » désigne le fait qu'une vidéo a été vue, visionnée ou consultée X fois. Tourné (sic ; tourné se rapporte à 'déclinaison vidéo' plus loin) au Bourget, pendant le premier grand meeting du candidat François Hollande, la déclinaison vidéo du slogan "Le changement c'est maintenant" a déjà dépassé les 350 000 vues en seulement trois jours de présence sur internet. Autre exemple : Cette vidéo doit atteindre... zéro vue sur YouTube ! (gentside point com). Charabia garanti. Le mot normal, bien qu'un peu lourd, pour désigner le fait de visionner une vidéo est ‘visionnement’. On peut tourner la difficulté en disant : cette vidéo a été vue (visionnée, consultée) X fois.
Au 15 février nous en sommes à 25 000 séquences et 120 millions de vues sur You Tube (Agora-Vox point fr, 04.03.2013), ce qui veut dire : le quinze février, nous en sommes à vingt-cinq mille séquences, visionnées cent vingt millions de fois sur You-Tube. Autre exemple : Pour convaincre les sponsors et permettre à ceux-ci de découvrir son ambition, Kei Akatsu a ainsi déjà réalisé une petite vidéo qui a récolté plus de 315 000 vues sur YouTube (gentside point com) = qui a été vue (visionnée, consultée) plus de 315 000 fois. Un dernier exemple : La police se doutait-elle ? Hausse brutale de vues de l'article WP sur l'affaire Rey le 18/11 (lundi) [un tweet du 19.11.2013 sur le tireur fou de Paris]. Là, vues peut être traduit par consultations.

Vulgarité : attitude ou mode de langage qu'adoptent nos élites, soit qu'elles veulent faire « branchées » ou « peuple », soit par manque de culture et d'urbanité. N.S. (« Casse-toi, pov'con ! » etc.) ; Felfela Amora (« Je n'ai aucun emmerdement de travailler [sic] avec les élus de tous bords » etc.) ; Daniel Ducon-Bendit parlant à un homme politique en lui disant « Mon pote », ou éructant un « Shut up ! » (ta gu... !) à un autre (5) ; ou encore un élu de l'UMP qualifiant une femme député de « salope » en sont de beaux exemples. Ou bien Henri Emmanuelli faissant hardiment un doigt d'honneur dans l'hémicyle. Premier axiome = on n'obtient jamais l'estime du peuple en parlant de façon populacière. Deuxième axiome : en rendant vulgaire son langage, on rend vulgaire sa pensée, et par là-même soi-même tout entier. Beaucoup de nos personnalités politiques ne sont que des mal-embouchés. Voir Glandouille, Putain.

Langage de ministre : « Le ministre s'est levé. Il a retiré son micro et l'a jeté sur la table et il a dit: "Allez, je vous laisse. Je me casse. Fait chier" », a raconté la personne qui a assisté à la scène. « Quand le journaliste lui a demandé ce qu'il faisait, le ministre a répondu: "Je me barre" » (il s'agit d'É. Besson, celui qui prend les Français pour des con-glomérats, et qui a quitté mercredi 15 juin 2011 le plateau de l'émission « Capital » de M6 en plein enregistrement). C'état notre rubrique « Quand les ministres adoptent le langage de la racaille ». Il est étonnant qu'on ne lui ait pas répliqué : Casse-toi, pauvre c.. !

Vulgarité de journalistes : "Le mépris de Dave pour les musiciens qu'il appelle 'amateurs' est insupportable. Il a beau être une gloire nationale, je lui chie à la gueule (...) Je t'emmerde ! Tu es un connard et tu ne respectes pas les musiciens ! Va te faire foutre !" (Ch. Hondelatte parlant du chanteur Dave).

Vulgarité, à un degré moindre, mais tout aussi condamnable : Ghesquière et Taponier ont été libérés. Pas de prénoms. Rebelote avec Yaourt!, citant Reuters : L’enquête sur Lagarde a été officiellement lancée pour l'affaire Tapie. Pas de titre pour Mme Lagarde, pas de prénoms. Encore un exemple, piqué dans Yaourt! : Julien Dray éjecté du QG par Trierweiler. Il y a bien un prénom pour M. Dray, mais pas pour Mme Valérie Trierweiler, la « compagne » du président de la République. C'est du dernier galant. On admirera aussi le participe passé éjecté (rejeté, refoulé, exclu). Encore une exemple ? Sarkozy sur la blague de Hollande : « C'était tout petit ! » (Yaourt! citant ). Ce qui est « tout petit » aussi, c'est cette vulgarité qui consiste à parler de hauts personnages de l'État en les appelant simplement par leur nom. On a déjà signalé la vulgarité des journalistes qui consiste à s'adresser à un ministre ou à un personnage officiel en les appelant familièrement par leur prénom et leur nom. Voir Titres.


Bill Gates, Gérard Lanvin, mais Hollande sans son prénom.

Et que penser de cet exemple : La compagne du papy braqueur pense qu'il a voulu se suicider. Pour un événement dramatique (un homme âgé tente de cambrioler une banque et se fait abattre), le journaliste utilise le mot « papy », qui est du registre familier et enfantin. La vulgarité n'est pas ici dans le mot « papy » lui-même, mais dans le décalage entre le registre familier et la mort de l'homme.

Étymologie : latin vulgaritas, -tatis : caractère de ce qui est commun, banalité. Adjectif vulgaris : général, ordinaire, commun, qui concerne le peuple, la foule. Vulgus : la foule, le commun des mortels. Sanscrit varga : groupe, troupe.






(1) Voir le film Matrix. D'autre part, le fait d'évacuer les mots Noël et Pâques serait peut-être dû au fait qu'il ne faut pas heurter les enfants qui ne sont pas de confession chrétienne. L'on est tout à fait dans le politiquement grotesque.     


(2) Cotorep ou Maison de l'Égalité des chances ou Maison des Personnes handicapées (ou autre faribole) : organisme qui s'occupe des infirmes, des invalides ou « handicapés ».     


(3) On remarquera l'inversion typiquement anglo-saxonisante : le nom de la marque d'abord, du modèle ensuite –  alors qu'en français, c'est le contraire. Encore une victoire des Anglo-Saxons et de ceux qui leur sont inféodés (les néo-crétins).     

(4) Que le lecteur ne se méprenne pas. Le blanc est le mélange de toutes les couleurs : pas de jaloux !     

(6) Du même Cohn-Bendit, interviewé par un journaliste. Le journaliste : « Vous avez dit que Sarkozy prend les Français pour des imbéciles » – Cohn-Bendit : « Je n'ai pas dit ça ; j'ai dit que Sarkozy prend les Français pour des cons » (A2, 18.08.2010, 07h 50). Ça fait toujours plaisir qu'un Boche nous traite de cons.      

(6) Secrétaire général fait trop communiste, ou plus exactement stalinien.     






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