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« Encore un siècle de journalisme, et tous les mots pueront. »
Frédéric NIETZSCHE

« L'Angleterre est une nation de boutiquiers. »
NAPOLÉON 1er







N : quatorzième lettre de l'alphabet latin, le N dérive du hiéroglyphe , serpent. En passant par le phénicien pour aboutir à la lettre nu grecque ( Ν ν ), qui a donné le N latin.

Nain, naine : ne se dit plus, prétendument par respect envers des personnes atteintes de nanisme. On emploie maintenant l'euphémisme réducteur et politiquement correct de personnes de petite taille. Les enfants AUSSI sont des personnes de petite taille. Et, pour répondre à votre question, le conte « Blanche-Neige et les sept nains » va être renommé « Blanche-Neige et les sept personnes de petite taille ». Quant aux nains de jardin, une association s'est déjà chargée de les voler ou de les détruire systématiquement. Voir Petite taille.

Le substantif correspondant à nain est nanisme : le nanisme est resté le nanisme et n'est pas devenu le « petit-taillisme » ou la « petite-taillitude ». Dommage, cela aurait fait des néologismes des plus divertissants.

Étymologie : latin nanus : nain. Cf. le préfixe nano- (nanotechnologie etc.)

Name dropping (anglicisme, prononcer neɪm drɒpɪŋ) : expression anglo-saxonne sans grand intérêt, et qui signifie 'citation de noms célèbres'. Si au cours d'une conversation de cinq minutes, vous placez cinq Obama, deux Ségolène, un Nespresso, un DSK et demi, trois François Hollande, quatre Kinder Délice, une Angela Merkel, deux Ferrero Rocher et un raton-laveur, vous êtes un fameux name-dropper. Exercice totalement inutile et superficiel, qui montre seulement que vous connaissez ces noms-là. Nicolas Sarkozy s'est ensuite lancé dans un superbe name dropping, façon je côtoie tous les grands de ce monde et tous les grands de ce monde sont prêts à m'aider. Ainsi le chef de l'Etat a-t-il cité Hu Jintao, Angela Merkel, le président Medvedev, Barack Obama ou encore David Cameron. Ou cet autre exemple, plus court : Je vous épargne le name dropping à moins que vous insistiez ; "je vous épargne les noms" serait trop compliqué, et loteur aurait écrit : à moins que vous n'insistiez.

Étymologie : name, mot anglais signifiant nom, d'une racine indo-européenne ayant donné en grec
όνομα (onoma) : nom ; en latin nomen ; en français nom : en russe имя, имени (imia, imeni) : nom ; en espagnol nombre, etc.

Name-dropper first recorded 1947 ("citateur" première fois attesté en 1947), précise un dictionnaire anglais. Drop, d'une racine germanique signifiant goutte.

Le dictionnaire Harrap's de loteur signale que name-dropping veut dire : fait de se vanter de connaître des gens célèbres.

Nan : forme négligée ou populaire de 'non', que beaucoup de gens affectent de dire ou d'écrire. Peut-être pensent-ils que cela donne plus de force ou de pittoresque au discours ?

Étymologie : nan, forme populaire de non, négation forte (mais qui ne porte pas sur un verbe). Du latin non, contraction de nœnu ou nœnum = ne unum (pas un seul).

Napoléon : « entendu à la télé » (NTI, Les Enquêtes impossibles) : cet assassin était un être abject et mesquin, il devait souffrir du complexe de Napoléon. L'inspecteur de police qui a proféré cette connerie ineptie avait l'air relativement intelligent, il n'était pas pris de boisson, il n'avait pas l'air drogué non plus. On doit sans doute ce type de stupidité à nos amis Anglois, qui ont transporté outre Atlantique la haine viscérale et irrationnelle de Napoléon et des Français.

Détail de l'histoire : Napoléon n'a jamais envahi les Étazunis, mais apparemment nos amis Étazuniens croient le contraire, ce qui en ferait pour eux un ancêtre de Ben Laden. Anecdote intéressante : cédant à la manie des classements, l'encyclopédie Wikipédia a établi une liste de personnalités dont le nom était le plus recherché. Chose étonnante, Napoléon arrive dans le trio de tête, devant le président Obama dans le classement anglais. Voir Américons.

Étymologie : Napoléon, Napoleone en italien, a une origine difficile. Pour certains, Napoléon serait issu de la forme italienne du prénom germanique Nibelung (brume, brouillard, d'où les Nibelungen : « ceux de la brume »), qui donna les prénoms médiévaux Nivelon en France et Nevolone en Italie. D'autres le rattachent directement au grec néa-polis (
Νεάπολις) : nouvelle ville (qui donna Naples en Italie), mais cette étymologie est douteuse.

Narcotique (américanisme) : tend à remplacer les mots ‘drogue’ ou ‘stupéfiant’ dans la langue des gens qui regardent trop de ‘séries B’ américaines. Un individu qui s’adonne aux narcotiques.

On a de même désormais affaire aux narco-trafiquants (barbarisme) et non plus aux traditionnels trafiquants de drogue : La politique sécuritaire du président Calderon, jugée plus répressive que préventive à l'encontre des narcotrafiquants dits "narcos", est mise en cause (lexpress point fr). Et quelques lignes plus bas : Cela fait en effet ressortir l'échec de la politique anti-narcos de Calderon, fondée sur le "tout répressif"... « Politique anti-narcos » (en un seul mot) : politique contre les trafiquants.

Quant au narco-trafic, il commence à remplacer chez les rédacteurs le trafic de drogue. Lu dans l'excellent Y'aoù? en mars 2010 : Guerre contre le narcotrafic, la troisième guerre de l'Amérique ? Ou bien : Existe-t-il une solution au narcotrafic? (slate point fr). Loteur ignore s'il y a une solution au narcotrafic, mais il y en a une au néo-crétinisme des rédacteurs : c'est de remplacer lesdits rédacteurs.

Dans la même lancée narcodollar : argent de la drogue, narco-terroriste (les Farc) etc. Il existerait, m'a-t-on rapporté, des narco-zy, substances spéciales pour endormir ou abrutir les consciences des citoyens. A vérifier.

A propos de drogues, loteur a lu sur la presse internet (slate point fr) cette affirmation : Les personnes entendues ont pour la plupart dit n'avoir jamais vu (Steve) Jobs «prendre des drogues illégales ou consommer trop d'alcool». Peut-être existe-t-il des drogues légales aux Étazunis ?

appel : en français, un narcotique est une substance soporifique, qui provoque donc l'engourdissement ou le sommeil. Voir Addict, Addiction.

Étymologie : un narcotique, c'est un médicament qui provoque l'assoupissement. Du grec
νάρκη (narkê) : torpeur, engourdissement. Ce n'est pas tout à fait une drogue.

Narrative : ça devient une manie chez les rédacteurs que de prendre des mots anglais pour désigner quelque chose qui a déjà des équivalents français. Par exemple loteur est tombé sur la phrase suivante dans un article web : Il semble clair que cette vidéo a été supprimée car elle ne collait pas avec la "narrative" officielle des médias nous présentant les rebelles comme des "combattants de la liberté" (Agora-Vox, 24.08.2012). Renseignements pris (car loteur est consciencieux), narrative est un anglais substantif qui signifierait : récit, narration, histoire, voire story telling.

Étymologie : narrative, explications d'Etymonline : "a tale, story," 1560s, from M.Fr. narrative and from narrative (adj.). M.Fr. signifie Middle French (français parlé et écrit entre 1 400 et 1 600).

Narratif, narrative du latin narrativus, venant de narro, narratum, narrare : narrer, raconter, faire connaître. Racine gn(ar) : connaître. De là dérivent ignare, ignorer...

Natif : ne signifie plus : né à (cf Alphonse Allais, qui se disait né natif d'Honfleur), ni qu'on trouve au sein de la terre à l'état pur (or natif). Mais cet adjectif signifie maintenant : fourni avec, inclus, intégré, inhérent dans la langue des mochécons. Ce petit programme est un presse-papier multiple qui remplace avantageusement le presse-papier natif de Windows. Ou bien : Nous vous proposons de configurer l'outil présent nativement sur cet OS. Ou encore, cet exemple merveilleux : Cette application sera installée de manière native (sic) sur les modèles G.M. du millésime 2011 (en vieux français : ce programme sera intégré aux modèles G.M. de 2011).

Lu dans un article sur le web cette formulation bizarre : Ou plutôt, merci de ne pas m'associer à la génération Y, celle des natifs du numérique... Les natifs du numérique ? Sans doute (ceux qui sont) nés avec le numérique. Traduction mot à mot de l'anglais « digital native ».

Étymologie : du latin nativus : naturel, reçu à la naissance, inné ; venant de natus : né.

Nation : la notion de nation est dépassée. A l'heure où l'on ne parle plus que de mondialisation, du "mondial" de ceci, ou du "mondial" de cela, les nations et tout ce qui est national est à proscrire pour nos dirigeants de droit divin. Les multinationales sont devenues des transnationales, ce qui permet aux grandes entreprises de délocaliser leurs usines ou moyens de production. Les rencontres de ce sport éminemment intellectuel qu'est le fouteballe se déroulent entre les équipes du monde entier. Les Jeux Zolympiques se tiennent un peu partout dans le monde, et non plus uniquement en Europe, berceau de l'Olympisme. Tout ce qui est national est en effet devenu nauséabond pour les grands oligarques et les tenants des sociétés transnationales.

Question : comment va-t-on renommer l'Organisation des Nations Unies (O.N.U.) ? L'Organisation de la Gouvernance Mondiale ? Mais le sigle O.G.M. est déjà pris.

Étymologie : définition du mot nation par notre Littré national : « Réunion d'hommes habitant un même territoire, soumis ou non à un même gouvernement, ayant depuis longtemps des intérêts assez communs pour qu'on les regarde comme appartenant à la même race ». Latin natio, -nis : naissance, nation ; natus : né. Verbe de base : nascor, natus, nasci : naître. Nation, en langue ancienne, signifiait naissance.

National-socialisme : ce parti allemand, plus connu sous son abréviation : nazisme, est un des pires maux qui soient, et tout ce qui a trait à Hitler ou au National-socialisme est interdit, proscrit, pourchassé, poursuivi en justice. Mais que penser de cette aimable banderole, exhibée par les partisans de Laurent Gbagbo à Paris ?


Autrement dit : ein Volk, ein Reich, ein Fürher

Un peuple, une nation, un guide ... autrement dit « ein Volk, ein Reich, ein Führer ». Que font les représentants des ligues anti-racistes ? On a traduit en justice des supporters de fouteballe pour moins que ça (banderole du PSG). Voir Point Godwin.

Adjectif et diminutif : nazi, nazie. Des criminels nazis, un parti néo-nazi. Ne pas confondre avec naze ou nase.

Étymologie : pour national, voir rubrique précédente. Socialisme, socialiste dérivent de social, voir Mouvement social.

Nationalisme : mot à proscrire depuis la fin des états-nations (bien que l'on parle encore des Nations Unies). Le nationalisme est obsolète, dépassé, rétrograde, passéiste, et comporte des relents de xénophobie, voire de racisme. Autrement dit, si l'on respecte et aime son pays, l'on vous soupçonne de racisme. Tour de force des néo-crétins de la politique et de la bien-pensance triomphante, qui arrivent à faire déprécier des vertus.

Celui qui aime son pays et défend ses valeurs est dit nationaliste, et à ce titre il est hautement suspect. Ce ne peut être qu'un réactionnaire, qu'un militant de Le Pen, qu'un facho etc. (point Godwin des professionnels de la politique). Subtil distinguo : un nationaliste aime son pays et n'aime pas les autres, un patriote aime sa patrie et aime les autres (F. Baroin citant vaguement De Gaulle). Or la patrie, c'est la terre des pères, des aïeux. Un patriote ne serait-il pas un peu Français de souche ?

Étymologie : voir plus haut la rubrique Nation.

Naturel (candidat) : un candidat naturel dans le jargon politique et journalistique, c'est un candidat qui s'impose de manière normale, officielle, évidente. N’a rien à voir avec le naturisme. N. S. est le candidat naturel de la droite. Cela fait un peu trop penser à un enfant naturel (conçu en dehors des liens du mariage, et donc illégitime). Messieurs-Dames de la politique, soignez donc votre langage ! Mais ces gens-là n'en sont pas à une aberration près.

Étymologie : du latin naturalis : naturel, venant de natura : nature. Natura signifie étymologiquement en latin : celle qui fait naître, la force qui engendre. D'où le fait de la naissance, état naturel, nature. Du participe natus : né. Racine (g)on : engendrer.

Pour candidat, voir la rubrique Candidat.

Naturelle (langue ~) : cela veut vouloir dire : langue orale, parlée, de tous les jours, langue "maternelle", langue "normale", par opposition aux langues formelles ou codées (informatique, par exemple). Dites un mot, une phrase en langue naturelle, et Ouista l’exécute. De toute façon Ouista et l'informatique selon Windaube exécutent tout ce qui est français.

Étymologie : pour naturel, voir rubrique précédente. Langue, du latin lingua.

Naufragé : si la vieillesse est un naufrage, il semble aussi que les transports le soient aussi. On ne compte plus les naufragés de la route ni les naufragés du ciel, à cause des intempéries, qui mettent à mal l'organisation des transports terrestres ou aériens si mal gérée en France : Nuit "blanche" pour les naufragés de la route, titre un article de journal (les guillemets pour le mot blanche sont sans doute une allusion à la neige qui a bloqué les automobilistes en décembre 2010). Ou bien : Noël : Roissy organise le réveillon des naufragés du ciel. En mars 2013, en raison de chutes de neige inhabituelles, les journalistes de diverses chaînes de télévision ont parlé et reparlé des naufragés de la route, – des automobilistes bloqués par quelques centimètres de neige : Jean-Marc Ayrault annonce qu'il fait de l'électricité et des naufragés de la route sa priorité. Pour 2014, les lavedus qui ont voulu prendre leur vacances de Noël à la montagne ont été déclarés naufragés de la route –– expression désormais consacrée pour qualifier ce type d'individus –, parce que quelques centimètres de neige bloquaient la circulation dans les routes qui menaient aux stations de ski. Grands reportages sur toutes les chaînes de la télévision dite française, qui trouvait là du grain à moudre pour les différents journaux télévisés. Des couillons ont attendu des heures et des heures dans quelques centimètres de neige et dans le froid ? Qu'importe ! Ils sont passés à la télévision.

Normalement, un naufrage c'est la perte d'un bateau en mer. Mais dans le cas qui nous occupe, les véhicules ou les avions ne sont pas perdus, mais simplement immobilisés. Quant aux naufragés, ils ne boivent pas la tasse, mais on leur propose parfois une tasse de café. La néo-langue a tendance à euphémiser les mots ou expressions ; c'est ici le contraire qu'on observe. Mais cela fait partie du principe d'exagération, propre aux journalistes.

Aux dernière nouvelles, il existe aussi des naufragés du net (A2, 28.12.2010, 08h15), autrement dit des gens qui n'ont pas accès à internet. Loteur affirme que les néo-crétins, eux, sont des naufragés du français.

Étymologie : du latin naufragium : naufrage, de navis : nef, et frango, fractum, frangere : briser. Même racine que fragile. Le naufrage, c'est littéralement un vaisseau qui se brise.

Nauséabond : adjectif qui s'emploie volontiers pour stigmatiser certaines idées ou tendances de droite ou d'extrême-droite. « Maintenant, jusqu'à preuve du contraire, laissez tomber [...] les idées "nauséabondes" sur les QI des races ». Donc, pour certains, les mots puent (cf la phrase de Nietzsche mise en exergue : « Encore un siècle de journalisme, et tous les mots pueront »).

Est qualifié de nauséabond tout ce qui paraît faux, mensonger, stupide, dérangeant, parfois raciste ou fascisant, rappelant trop lhlpsdnh. Ce déplacement est intéressant : on se place d'emblée sur le terrain des sensations et non sur celui de la pensée. C'est laisser la place à l'irrationnel, au diable. Le propre du diable, c'est de puer. On diabolise donc le débat en assenant à son adversaire : Tes propos sont nauséabonds, sont donc puants. Il y a là une connotation anale : sale = puant = fèces = anus = stade anal. Le vocabulaire de la stigmatisation passerait-il par l'anus et non par la bouche ? Et quand un animateur d'émissions de télévision (L. Ruquier) compare une candidate à l'élection présidentielle à un excrément sur une affiche (reprise de Charlie Hebdo, dont le niveau est tombé dans le caniveau), nous sommes bien dans le puant, dans l'analité. Cela indique aussi, pour ce qui est des médiacrates, à quel niveau se situe le débat politique en France.

Pourquoi nauséabond ? Il est vrai qu'un célèbre parfumeur a eu maille à partir avec des ligues anti-racistes, qui trouvaient nauséabonds ses propos (Le nauséabond dérapage de Guerlain ou bien Guerlain et sa maison mère LVMH prétendent être les ambassadeurs du bon goût et du raffinement à la française et là nous plongeons dans le nauséabond). D'après lui, en effet, certaines personnes n'étaient pas douées pour le travail. Les parfums de cet ancien parfumeur auraient pourtant dû l'immuniser contre la nauséabonderie. Et dans le même esprit, on a maintenant les idées qui puent comme dans cet exemple : Les idées qui puent d’Éric Zemmour. Affirmer que beaucoup d'étrangers peuplent les prisons françaises est une idée qui pue et un propos raciste. Affirmer des évidences, c'est puant ; ça peut coûter cher (poursuites judiciaires). Et là où on rencontre des gens de droite, des racistes, ce sont des lieux de puanteur, exemple : Quant aux gars de la Marine et aux mal-pensants-récalcitrants-aux-idées-nauséabondes qui grouillent autour de Riposte Laïque et d"autres lieux de puanteur [...] le temps va vilainement se couvrir pour eux. Nos contemporains ont décidément les narines bien délicates.

Un emploi de nauséabond, que loteur trouve curieux à propos du rejet du mariage homosexuel : Mgr Barbarin s'obstine à ignorer que nous sommes dans un État laïque et pratique toute une série d'amalgames nauséabonds, a dit M. Gougain, qui considère qu'il n'est pas de bon ton que les autorités religieuses s'immiscent dans un débat politique. Nauséabond : répugnant ? Déplacé ? A moins que rejeter le mariage homosexuel ne soit considéré comme un acte de racisme ?

L'on observe depuis peu la tendance à remplacer l'adjectif nauséabond par nauséeux (= qui donne la nausée [langage châtié], qui fait gerber [langage de la rue]). Ces officiels de la communication, quelles chochottes ! Un rien leur tourne l'estomac. Mais les deux mots sont de même racine (voir l'étymologie).

Variante implicite (“ se boucher le nez ”), trouvée dans le blogue A la fortune du mot, et proférée par A. Duhamel, l'excellent éditocrate : « Plus le score de Marine Le Pen sera faible, mieux cela vaudra mais encore faut-il qu’elle puisse compter ses voix et que 200 élus supplémentaires la parrainent, fusse en se bouchant le nez ». Remarquer la graphie “ fusse ” au lieu de fût-ce, typique du grand style duhamélien.

Et puis, énième variante, on trouve l'adjectif malodorant dans le même sens : C'est ce que semblent revendiquer les plus d'un million six cent mille "likers' de la page malodorante de FB nommée :" soutien au bijoutier de Nice" (Agora-Vox, 18.09.2013). Les likers sont ceux qui approuvent le contenu d'un article, et FB ce sont évidemment les initiales de ce réseau de surveillance qu'est Face-Book. Loteur a respecté la typographie du rédacteur.

Tout cela rappelle à loteur, qui est un grand mélomane, cette phrase écrite par le critique musical Edouard Hanslick à propos du Concerto pour violon de Tchaïkovsky : « On peut maintenant parler de musique puante ».

Étymologie : du latin nauseabundus : sujet au mal de mer, venant de nausea : mal de mer, nausée. Racine navis : vaisseau, nef. Cette racine aurait également donné noise (querelle). Voir rubrique suivante pour d'autres détails sur la racine indo-européenne *nav.

~naute : le suffixe 'naute' désigne originellement un nautonier, quelqu'un qui navigue sur les flots. Mais ce suffixe sert maintenant dans toutes sortes de mots indiquant un voyageur, quelqu'un qui se déplace, quel que soit le milieu : aérien, terrestre, ou dans l'éther (relations ethernet)... : cosmonaute, astronaute, « spacionaute », internaute. Voici venir maintenant le mobinaute. Un voyageur mobile ? (Un voyageur est par définition quelqu'un de mobile). Non. Un mobinaute, c'est une personne qui se déplace en emportant avec lui un mobile, c'est-à-dire un téléphone portatif. Mais, grande merveille, ce mobile est géo-localisable, on peut le repérer par satellite. En France, les mobinautes sont près de 19 millions en mai 2009. On n'arrête pas le progrès pour ceux qui veulent se faire couillonner.

Étymologie : latin nauta : matelot, nautonier ; navis : navire. Sanscrit : नौ (nau) : bateau, navire, barque. Grec ναῦς (naus) : navire.

Naze ou nase : de mauvaise qualité, sans valeur, fichu, foutu, abîmé, esquinté, cassé : cet article, il est naze, ou bien : ce type, il est naze. Lu dans la presse : «Vous plaisantez! Je n'allais pas travailler sous l'ordre de ce naze!». Voilà, selon Le Canard enchaîné de ce mercredi (23.05.2012), la phrase qu'aurait lâchée Martine Aubry à son entourage pour justifier sa décision de ne pas participer au gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Les signes typographiques accolés et surtout !». sont dans l'original (20 minutes point fr).

Ceci rappelle à loteur une anecdote, du temps où il vivait rue de la Roquette à Paris. Un restaurant pakistanais venait de s'ouvrir dans les années 1980, et avait pris pour nom « Naze ». Sans doute devant le nombre de réflexions et de sourires narquois, le patron crut bon d'expliquer sur une affiche : « Ça veut dire ‘fier’ en pakistanais ».

Étymologie : de nase ou nasi : syphillis. Nazi : maladie vénérienne ; nase, nasi : syphillitique, puis gâté, pourri.

Peut-être aussi en relation avec naze : le nez, puis la morve.

Nazi, nazisme : abréviations de national-socialiste et de national-socialisme. Mais on dit le plus souvent nazi ou nazisme, parce que c'est plus poli envers les socialistes, qui pourraient s'en trouver offusqués. Loteur tient à rassurer les lecteurs : le parti socialiste, au pouvoir en France durant les années Mitterrandia ou les années Hollandia, est peut-être un parti « socialiste », mais sûment pas « national », vu la place énorme qui est fait à la mondialisation et à la phynance internationale. Le nazisme ou national-socialisme est l'idéologie du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), parti politique socialiste, nationaliste, anticommuniste, raciste, antisémite et à vocation totalitaire (Wikipédia).

Voir Point Godwin.

NC : voir Néo-crétin.

Nébulosité(s) : ce mot, assez poétique au demeurant, fait tout de suite mieux que « nuage(s) » tout court. Il y aura beaucoup de nébulosités sur le Nord de la France cette matinée, annonce sans rire une présentatrice de la météo à la télévision française. Elle paraît obnubilée par son rôle de présentatrice du bulletin météo, pour annoncer la pluie et le mauvais temps.

Étymologie : latin nebulositas : obscurité. Nebulosus : entouré de brouillard, obscur, difficile à comprendre. Nebula : brouillard, vapeur, brume. La racine latine de nébulosité évoque des brumes et des brouillards, pas des nuages ou des pluies. Le langage des présentateurs du bulletin météo est parfois nébuleux. Voir la rubrique Nuage.

Négation : la négation « ne » ne s'emploie presque plus en français, non seulement dans le langage oral (où elle a depuis longtemps disparu), mais aussi dans la langue écrite. Les exemples viennent souvent de haut, et de nombreux ministres, voire le chef de l'État jugent inutile cette particule dans leurs discours. Ces coups de foudre, c’était pas du cinéma, titre élégamment Yaourt! Autre exemple dans Grazia : Le jour du mariage de William et Kate, on a vu qu'elle (la robe de Pippa Middleton). C'est magnifiquement habituer les lecteurs et lectrices à la dé-structuration du français. La chroniqueuse poursuit élégamment : Celle (la robe) qui lui a fait un postérieur d'enfer (= souligné sa silhouette ?)

Neige : lors de fortes chutes de neige (deux ou trois centimètres), on assiste en France à la panique généralisée des services chargés de la voirie (routes et autoroutes). Le Ministère des Transports, dépassé, fait ouvrir écoles et salles de sports pour abriter les naufragés (sic) de la route.

Mais cela touche aussi les rues de nos charmantes villes. C'est ainsi que pendant l'hiver 2010, loteur ne put prendre sa voiture parce que la municipalité n'avait pas songé à sabler ou saler la rue. La neige s'étant transformée en verglas, tous les riverains ont dû utiliser le moyen de transport le plus économique et écologique () qui soit : la marche à pied, ce qui occasionna quelques chutes.

() Quoique certaines réclames (« pubs ») pour des voitures culpabilisent les citoyens que nous sommes de respirer, parce que nous émettons du gaz carbonique (CO2).

Néo-crétin : Une nouvelle race de crétins est apparue sur terre depuis les années 1980 : les néo-crétins. C'est une race en voie de développement exponentiel ; on appelle néo-crétins les adeptes ou les victimes du néo-crétinisme. Les néo-crétins sévissent le plus souvent dans l'informatique, le journalisme, la politique, la publicité et la communication (toutes professions monopolisant les moyens de communication dans le monde moderne). Abréviation : NC. Synonymes : mochécon, mochéconne, homme moderne. Antonymes : « honnête homme », humaniste. Voir Mochécon.

Étymologie : formé de néo : nouveau, + crétin. L'étymologie de crétin prête à discussion ; d'aucuns en font une altération de la prononciation de chrétien, dans le sens de pur, innocent, simplet. Cette étymologie est cependant contestée, on ferait dériver crétin de crête (sur la tête). Mais rien de probant n'étaye d'autres théories.

Néo-crétinisme : nouveau mode de parler, de penser, de vivre, propre aux sociétés occidentales modernes. Cet opuscule a la prétention de montrer les diverses variations de cet art de mal-vivre. Va souvent de pair avec la mondialisation, le nouvel ordre mondial, le politiquement correct et toutes les autres merveilles dont on nous rebat les oreilles. Les terminologies techniques, les nomenclatures commerciales, les règles du langage administratif et les accroches publicitaires s'engoufrent avec fureur et délectation dans le langage néo-crétin. Et s'il y a dans le monde quelque chose qui va beaucoup plus vite que la lumière, c'est la vitesse de propagation du néo-crétinisme. Lire à ce propos le DISCOURS de Madame Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française.


Vumètre étalonné du néo-crétinisme,
ou néo-crétinismomètre (Breveté S.G.D.G.)

Exemple de texte de huit lignes, truffées de néo-crétinismes dans le Rapport de la Halde sur les « stéréotypes et les discriminations dans les manuels scolaires » :

« Ce document constitue le rapport final de l’étude sur la place des stéréotypes et des discriminations [1] dans les manuels scolaires, commandée par la HALDE et réalisée par l’Université Paul Verlaine – Metz. Cette recherche comprend trois approches [2] : juridique, cognitive et socio-psychologique. Cette dernière approche expose les résultats à propos de la place des femmes, des minorités visibles [3], des personnes en situation de handicap [4], des personnes homosexuelles et des seniors [5], dans les manuels scolaires. Chaque chapitre se conclue [6] par des recommandations spécifiques [7] à chaque approche et à chaque critère. »

[1] discrimination : c'est le pouvoir de distinguer, de discerner. « Facultés discriminatrices ». Comment quelque chose, qui relève de l'intelligence, est-il devenu synonyme de rejet, d'isolation ou d'isolement ? L'intelligence est-elle une ennemie ?
[2] approches : façons, manières d'aborder une question, un problème
[3] minorités visibles : immigrés (d'une race différente)
[4] handicap : infirmité, invalidité. En situation de handicap est encore plus lourdingue.
[5] senior (sans accent aigu, mais prononcé sénior) : personne âgée, vieux
[6] se conclue : se conclut (avec un t)
[7] spécifiques : spéciales, particulières
Exemple prétentieux de personnes qui n'ont qu'une connaissance mondialiste du français. Comment peut-on ensuite s'étonner que nombre de Français (sans même compter les jeunes de banlieues), ne puissent parler correctement français ? Le rapport est d'une rare sottise, condamnant Ronsard pour ses vers sur la vieillesse.

A quoi reconnaît-on les néo-crétins ?

Principales manifestations du néo-crétinisme sur le plan du langage :
  • emploi de mots ou de périphrases correspondant à l'idéologie officielle : handicapé ou mieux « en situation de handicap » pour invalide ; « préposé au courrier » au lieu de facteur ; « technicien(ne) de surface » au lieu d'homme (femme) de ménage ; « minorité visible » au lieu d'immigrés (surtout africains), etc.

  • emploi de mots anglo-américains, quand il existe déjà des mots français : « crash » au lieu d'écrasement, d'accident ou de catastrophe aérienne ; « baby-bump » au lieu de grossesse, ventre rond (surtout dans les magazines féminins, grands consommateurs de néo-crétinismes) ; « bankable » au lieu de rentable (dans le milieu du cinéma) ; « news » au lieu d'info ou de nouvelle, etc. Il existe plusieurs centaines de ces anglo-américanismes mal acclimatés. Les néo-crétins préfèreront toujours employer un mot anglo-américain à un mot français par snobisme, ou pour montrer qu'ils sont dans le vent, ou pour étaler leur pseudo-culture anglo-américaine ou tout simplement par stupidité. Voir beaucoup de rubrique du présent glossaire.

  • emploi de calques de l'anglo-américain : « en termes de » au lieu de : en matière de ; « en charge de » au lieu de chargé de ; « la situation est sous contrôle » au lieu de : on maîtrise la situation ; « c'est juste incroyable » au lieu de : c'est vraiment incroyable, etc.

  • défaut de maîtrise du français. Bien que ce soit la conséquence de politiques désastreuses depuis des années en ce qui concerne l'Éducation dite nationale, ce manque de maîtrise semble affecter tout particulièrement les néo-crétins. Non seulement les mots sont de plus mal orthographiés, non seulement il y a de plus en plus de confusions de sens, mais encore les structures syntaxiques sont de plus en plus bousculées pour donner naissance à un néo-charabia infect. Il suffit d'écouter quelques instants des présentateurs et des animateurs de la french TV pour en être convaincu. Quand on dit de quelqu'un : « Il parle comme à la télévision », cela signifie qu'il a un niveau de français correspondant à Bac moins 9 ou à Bac moins 10 (en gros).
Autres manifestations du néo-crétinisme, – et non des moindres :
  • refus de l'histoire de France, remplacée par des histoires de France, où l'on glose sur des royaumes noirs ou arabes, dont personne n'a jamais entendu parler (spécialité de l'Éducation dite nationale). On crache sur la France, dont le passé et les valeurs ne sauraient être que rances. En effet, France rime avec rance pour les néo-crétins.


  • Si France rime avec rance,
    Libération rime avec aberration.

  • rejet ou destruction des normes de la société traditionnelle : mariage homosexuel, accueil de populations non intégrables, vote des étrangers, « discrimination positive », laxisme envers les délinquants non-européens, restructuration aberrante des provinces, des régions, des communes, etc. Le christianisme n'inspire plus aucun respect, au contraire d'autres religions, venues d'ailleurs, et d'un simplisme tel qu'elles s'adressent en général à des sous-doués.

  • sur le plan alimentaire : généralisation de la mangeasse (malbouffe), au détriment de la santé des citoyens ; réclames indécentes pour toutes sortes de produits malsains (trop salés, trop sucrés, trop gras, bourrés de produits insecticides ou chimiques, et modifiés sur le plan génétique) à la télévision dite française. Ce qui provoque nombre de maladies (cancers, Alzheimer, diabète, problèmes cardio-vasculaires...). La télé et le gouvernement sont responsables de la mauvaise santé des citoyens : la télé, en diffusant les réclames des grands groupes agro-alimentaires ; le gouvernement en ne les interdisant pas [en bas de l'écran il n'y a qu'un simple avis : « Évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé » – ce qui fait rigoler lesdits grands groupes, car ceux à qui les réclames s'adressent ne savent pas lire, ou ne lisent pas cet avertissement, inscrit en tout petit].

  • sur le plan de l'apparence extérieure : généralisation des pantalons de toile bleue (jeans : tout le monde le même cul) ; généralisation du style crado et des joues et des mentons mal rasés chez les jeunes hommes (style Ahmanidejad) ; quant aux jeunes, pas difficile : jeans, veste à capuche et casquette à visière, – si possible sur la nuque.

  • sur le plan culturel : développement extravagant de l'anglais, de l'informatique, des machinphones, – et aussi de la musique anglo-saxonne (merdzique), surabondamment utilisée dans les films et les téléfilms et dans les réclames publicitaires, qui abruitit des générations de jeunes et de moins jeunes ; impasse sur les racines européennes du français (latin, grec), sous l'égide d'une ministresse et d'une camarilla de néo-pédagogistes qui n'ont que faire des vraies valeurs occidentales ; généralisation des factures électroniques, des messageries électroniques, des livres électroniques : plus de contact direct avec le papier, pour prétendument sauver nos forêts.
On peut se demander si, à terme et à ce rythme-là, nos structures cérébrales ne vont pas en pâtir. Voir Destruction.

Étymologie : voir rubrique précédente.

Néo-libéralisme (néo-crétinisme, fin du XXe siècle) : nouvelle forme de capitalisme, plus dure et plus inhumaine, strictement orientée vers la mondialisation. En gros, on a remplacé le bon vieux capitalisme industriel par le capitalisme financier, basé sur les marchés et la spéculation. On voit les limites de ce néo-libéralisme avec la prétendue crise financière mondiale (septembre-octobre 2008).

Étymologie : de néo-, nouveau, et libéralisme : « doctrine favorable au développement des libertés » (Maine de Biran). Anglais liberalism : « doctrine favorable au développement des libertés » (sic) ou non-intervention de l'État dans l'entreprise.

Néologismes : nos hommes et femmes politiques ont au moins une certaine inventivité verbale. Par exemple bravitude, lancé par Pyralène Ségal sur la Muraille de Chine, – imité en cela par N.S. , qui parla de fatitude. Un ancien, très ancien premier ministre, surnommé Chou-fleur, prétendit avoir été caillassé [mot qui n'existe pas ; en français « normal », on dit lapidé (1)] au Moyen-Orient. Quant à Grosselyne Machelot, elle parle bravement d'agréabilité. Mais loteur est de l'avis de Monsieur Chirac, quand il déclare que tout cela est Abracadabrantesque.

D'honorables acteurs de la vie sociale et politique se font un point d'honneur d'inventer des mots nouveaux, ou reprennent des expressions anglo-saxonnes (bravitude, citoyen employé comme adjectif, commerce équitable, développement durable, gouvernance etc.), sans doute parce qu'ils pensent que « ça fait bien ». Mais l'explication la plus vraisemblable est la simple ignorance.


Abracadabrantescation de la langue française
On remarquera que, pour être agréable aux féministes,
c'est le visage d'une femme qui a été représenté
et non celui d'un homme (discrimination ?)

Étymologie : de l'élément néo- : nouveau, et logie, du grec
λόγος (logos) : parole, discours.

Néo-naticide (âmes sensibles, s'abstenir) : terme novlangais pour désigner un infanticide. Il semble cependant que le législateur ait introduit une nuance : « L’infanticide requiérant (sic) de la condamnation à perpétuité et le néonaticide lui, à l’époque, condamnait à vingt ans d’emprisonnement maximum ». Le néo-naticide, comme le suggère ce terme élégant, est plus précisément l'assassinat d'un nouveau-né. Il n'en reste pas moins que c'est un infanticide.

Étymologie : élément néo-nati (néologisme) : nouveau-né, et -cide de cædo, cæsum, cædere : battre, abattre, tuer.

Nerd (américanisme) : trouvé au détour d'une phrase d'un article de 20 minutes point fr le mot nerd, qui rime harmonieusement avec merde. Aux Etats-Unis, il y a déjà un show similaire, Shark Tank, mais il est centré sur la recherche d'entrepreneurs et pas seulement de nerds. le mot n'est pas expliqué, ce qui semble indiquer que tout le monde (sauf loteur) le connaît. Le mot nerd signifierait, selon les renseignements trouvés sur Wikipédia, « passionné », surtout d'informatique ou de sciences (mais pas d'étymologie).

Étymologie : selon Etymonline : probably an alteration of 1940s slang nert "stupid or crazy person" (problablement une déformation du mot argotique nert apparu dans les années 1940 : personne stupide ou folle).

Nettoyer : les militaires, gens propres et méticuleux, ne débarassent pas un pays des ennemis ; non, ils nettoient ledit pays. Sans doute en utilisant des bombes propres. Le militaire, ou le « Monsieur Propre » de notre planète. Ce verbe vient de l'anglais to clean out. On reconnaît bien là l'obsession de la propreté et le cynisme hypocrite des Anglo-Saxons. Dans le même esprit, on dit pacifier au lieu de mener une lutte armée contre un état, un peuple... Peace and death, en quelque sorte. Ce n'est peut-être pas un hasard si le ministère de la Guerre ou des Armées est devenu le ministère de la Défense : le méchant, c'est l'autre ; on ne fait que se défendre.

Substantif : nettoyage, comme dans nettoyage ethnique. C'est vrai qu'il y a, aux yeux de certains gouvernants, de « sales » gens, de « sales » peuples.

Synonyme de nettoyer : purifier, comme dans cet exemple : [...] au moins 330 corps, dont ceux de femmes et d'enfants, auraient été retrouvés dans les sous-sols de Daraya, que l'armée syrienne se vante d'avoir purifiée des 'terroristes mercenaires qui terrorisent les habitants' (Le Monde point fr, 27.08.2012). Des terroristes qui terrorisent ? En voilà qui ont écouté Charles Pasqua.

Étymologie : nettoyer, c'est faire net. Net, du latin nitidus, participe passé de nitido, nitadare : rendre brillant, laver.

Neutraliser : dans le jargon militaire, le verbe neutraliser veut tout simplement dire tuer, mettre hors d'état de nuire ou réduire à néant (l'ennemi) : Les troupes US ont neutralisé les rebelles afghans. Ou alors : ... un musulman doit être neutralisé par des musulmans (à propos de la mort d'Oussama Ben Laden). Ou encore : L'état-major des armées a indiqué de son côté qu'une vingtaine d'islamistes armés ont été "neutralisés" en une semaine de combats par les forces françaises, tchadiennes et maliennes, dans la région de Tessalit (nord-est). Que veut dire neutralisés dans ce contexte ? Ils ont été tués ? Faits prisonniers ? Mis hors d'état de nuire ? C'est le flou de la néo-langue.

Dans le jargon des D.R.H, loteur a trouvé le verbe neutraliser, mais ne sait absolument pas ce que ça veut dire : Les DRH proposent de neutraliser trois jours fériés d'origine chrétienne. Bon, une mesure anti-chrétienne est bien notée là, mais que veut dire neutraliser ? Cela voudrait apparemment dire, dans le jargon de ces puissants cerveaux : des jours de congés à poser librement ou à réserver. Bon, d'accord, mais ce n'est pas le sens du verbe neutraliser : rendre neutre. N'en déplaisent à ces petits génies du recrutement, aux ordres des chefs d'entreprise, Dieu et les fêtes chrétiennes ne sont pas des éléments « neutres ». Concession de la part des D.R.H. : Les DRH proposent de conserver Noël, le lundi de Pâques et la Toussaint, qui revêtent, selon eux, 'une forte dimension sociétale' (sic). Les D.R.H. ou comment truander, non seulement les salariés, mais aussi le vocabulaire : neutraliser, revêtir, dimension, sociétal. Remarque fort pertinente de la part de l'Association nationale des D.R.H. : L'objectif serait de permettre aux salariés de confession musulmane ou juive, par exemple, de pouvoir bénéficier de ces trois jours afin de célébrer leurs fêtes religieuses. Comme loteur est ésotériste, tendance Babaji, comment les D.R.H. comptent faire pour lui ?

Se neutraliser : loteur ne la connaissait pas, celle-là : ça doit vouloir dire faire match nul dans le vocabulaire du sport. Malgré un match plein (?), Lorient et Auxerre se neutralisent. Mais il est vrai que le vocabulaire employé par les chroniqueurs sportifs se distingue par un rare degré d'intelligence.

Étymologie : neutraliser, cela veut normalement dire rendre neutre. Se neutraliser est un terme de chimie, qui veut dire devenir neutre en parlant de bases, d'acides. Du latin neuter, neutra, neutrum, qui signifie ni l'un ni l'autre. Entre être neutre et être mort, il y a une marge, que seuls les militaires et les journalistes osent franchir.

New-look (anglicisme, prononcer nju: lʊk) : expression obsolète, littéralement : nouvelle apparence, nouveau style, nouvelle tendance, en relation avec la nouvelle mode lancée par Christian Dior en 1947. Il faudra le coup de tonnerre du «new-look», lancè par Christian Dior en 1947, pour que le prestige de Paris ne soit plus discuté. Le prestige de Paris relancé grâce à une expression anglaise ...

Sur un autre plan, new-look désigne tout ce qui est nouveau, et s'applique à des tas de choses : mode, librairie, voyages, tout ce qui est nouveau et branché ...

News (anglicisme, prononcer nju:z) : finies les nouvelles, finies les infos, finies les actualités, il n’y a plus désormais que des news. Ce nom, qui est un pluriel anglo-saxon, se met même au singulier : une news. Quel singulier pluriel ! aurait dit Frédéric Dard.

On peut trouver la forme humoristico-angloïde : niouze.

Étymologie : du français nouvelles. Féminin pluriel de nouveau, venant du latin novus, nova, novum.

Newsletter (anglicisme, prononcer nju:z letə(r)) : lettre d'information ou message diffusé en nombre sur internet à l’attention d’abonnés. Cliquez ici pour vous abonner à notre newsletter. L'auteur de ces lignes a l'intention de publier sa newsletter du néo-crétinisme. On peut remplacer newsletter par les termes lettre-info, lettrinfo ou infolettre.

Étymologie : pour news, voir rubrique précédente. Letter, du français lettre, venant du latin littera.

Niche : réseau social très spécialisé. Ces réseaux dits “de niche” , très spécialisés, semble (sic) effectivement l'avenir des réseaux sociaux. Il existe ainsi des niches pour photographes, pour amateurs de fouteballe, pour comédiens, stylistes etc. Ces niches ou réseaux empruntent le plus souvent le canal offert par l'internet. Jusqu'où le modernisme ne va-t-il pas se nicher ?

Loteur, qui ne comprend rien au charabia des publicitaires ou des commerciaux, a été étonné en lisant cette phrase : La niche est d'autant plus alléchante que la valeur perçue est élevée et par conséquent les marges supérieures. Il s'agissait d'un article sur les grosses voitures familiales, dites « monospaces ». Niche : secteur, domaine, segment, « créneau », produit spécial ou déterminé ? En tout cas, il est intéressant de savoir qu'il existe maintenant des niches, et non plus des garages, pour voitures. Autre exemple : Si aucune marque ne se détache pour l'instant, cette niche commerciale s'impose déjà depuis trois ou quatre ans dans les pays du Maghreb. Ici niche semble bien avoir le sens de ‘secteur’. Autre exemple, tiré d'un article sur l'informatique : Selon AllThingsD, le retrait du produit aura un "impact minimal" sur les résultats de l'entreprise, car il s'agissait d'un produit de niche (l'expansion point fr). Un produit pour chien ? Non, car un dictionnaire de commerce nous apprend : « PRODUIT DE NICHE = Produit qui correspond à un petit segment de marché ciblé, généralement nouveau ou peu exploité ».

Il existe aussi des niches fiscales, qui sont des astuces spéciales pour payer moins d'impôts. Il existe des tas de dérogations et de vides juridiques, de telle sorte que beaucoup de gens peuvent profiter de ces niches. Connaissez-vous la super-niche fiscale sur les taxations des plus-values à long terme ? C'est une super-niche fiscale qui a fait perdre 12,5 milliards d'euros à l'État. Les niches fiscales, c'est pas fait pour les chiens.

Étymologie : de l'italien nicchia : niche. Origine incertaine.

Niqab : vêtement que portent les musulmanes, laissant à découvert les yeux pour une meilleure identification de la personne. Ce voile intégral sert surtout à protéger la personne des agressions du milieu extérieur : soleil, pluie, poussière, et aussi pour ne pas livrer la femme à la convoitise, à la concupiscence des mâles. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le niqab n'est donc pas un vêtement pour niquer, mais plutôt pour empêcher de niquer. Au reste, sans être un grand théologien, il semble à loteur que Dieu n'a que faire de la nudité humaine en général, et féminine en particulier ; ce serait lui attribuer des préoccupations vraiment misérabilistes. L'épouse du président afghan approuve l'interdiction du niqab en France (Le Monde point fr, 31.10.2014). Voir Burqa.


Par souci de discrétion, les yeux de la personne ont été voilés (« floutés »)

Niveau (au ~ de) : très fréquemment employé par les mochécons dans le sens de : quant à, en ce qui concerne, en matière de, pour, sur le plan de, à propos de, dans le domaine de. Comme d'habitude, ce ne sont pas les équivalents qui manquent. Lu sur un blogue, repris par d'autres : Au niveau des individus, l'universitaire souligne que les personnes mariées sont généralement plus heureuses que les célibataires. Une façon de mesurer leur niveau de bonheur ? Cf. le très classique au niveau du vécu. Voir Côté.

Trouvé dans un article la formulation niveau tout simplement, au lieu de 'au niveau de' : Niveau musical, le tout est vraiment pauvre et est un condensé de ce qui se fait de plus fade dans la dance actuelle. Autre exemple, tiré de Closer-Mag point fr : Et, niveau prévention, il semblerait que nos people soient de mauvais élèves ! Niveau français, c'est pas terrible.

Étymologie : du latin libella : instrument servant à niveler, niveau, diminutif de libra : balance. Avec passage du au ' n '.

No comment (anglicisme, prononcer nəʊ kɒment) : les journalistes adorent utiliser des expressions anglo-saxonnes, alors même que l'équivalent français existe. C'est ainsi qu'ils diront ou écriront No comment, plus distingué sans doute pour eux, que ‘pas de commentaires’. Séparation des Sarkozy : no comment de l'Élysée.

Étymologie : voir Comment(aire).

Noël : les officiels, dans leur frilosité mentale, recommandent de ne plus utiliser l'expression « Joyeux Noël », afin de ne pas donner aux non-chrétiens « le sentiment de ne pas faire partie de la communauté » (sic). Il faut, selon eux, maintenant dire « Bonnes fêtes de fin d'année ! » Autrement dit, il faut balayer toutes les traditions occidentales pour ne pas froisser quelques immigrés.

Le politiquement correct envers l'islam(isme), de nature tout à fait démagogique, peut avoir des résultats aberrants, fruits de l'ignorance crasse. C'est ainsi que le juge canadien Marion Cohen, administratrice d'un tribunal de l'Ontario, a ordonné le retrait de l'arbre de Noël installé à l'entrée du bâtiment afin de ne pas donner aux non-chrétiens [dans ce contexte : les musulmans] « le sentiment de ne pas faire partie de l'institution » (sic). Il faut rappeler que l'arbre de Noël est païen et qu'il symbolise la renaissance de la nature au solstice d'hiver. Dans ce cas-là, cela aurait été plutôt à l'Église de demander le retrait du sapin. Les pouvoirs publics installent donc de plus en plus des rites musulmans dans l’espace public (pas de cochon dans les cantines scolaires par exemple), alors qu’ils rejettent des coutumes prétendument chrétiennes (le sapin de Noël). Tout se passe comme si, aux yeux des officiels occidentaux, toutes les civilisations, toutes les cultures étaient légitimes, – sauf les civilisations et les cultures occidentales. Des traditions populaires, comme celle des crèches, sont honnies, rejetées, voire interdites par les « ayatollahs de la laïcité » (), qui rejettent tout ce que peut avoir de populaire et d'occidental des coutumes sympathiques. Con ou maso ? Voir Cochon.

() l'expression de de Robert Ménard, maire de Béziers

Curieusement, la fête de Noël profite le plus aux Chinois, qui fabriquent presque tous les jouets du monde avec les risques, souvent dénoncés par les media, liés à leur mauvaise qualité de fabrication.

Dans la chrétienté, on fête traditionnellement la Noël le 25 décembre, ce que d'aucuns font coïncider avec le solstice d'hiver, ce qui est inexact. Le 25 décembre, et là le lecteur érudit sera d'accord avec loteur, c'est une des quatre dates de l'année où l'équation du temps est égale à zéro. Qu'est-ce que l'« équation du temps » ? demandent les très rares lecteurs non érudits de ce site. L'équation du temps est la différence entre le temps solaire moyen et le temps solaire vrai. Le 15 avril, le 13 juin, le 1er septembre et le 25 décembre l'équation du temps est égale à zéro. Cette équation ne suit donc pas précisément les dates des solstices et des équinoxes.

Père Noël.

Étymologie : Noël, doublon de Nativité. Du latin natalis : de naissance, natal. De natalis viennent les prénoms Noël et Nathalie.

No-go zone (anglicisme, prononcer nəʊ gəʊ zəʊn) : loteur ne sait pas trop ce que cela veut dire. Zone interdite, zone d'exclusion, zone dangereuse ou no man's land, peut être ? La junte birmane déclare les monastères bouddhistes "no-go zone". Et quand la couche d'ozone est trouée, parle-t-on de couche nogozone ? Autre exemple, pêchée dans la presse : Ce journaliste compare certains quartiers de Paris à des «no go zones» («zones où ne pas aller») interdites aux non-musulmans, qu'il compare à l'Irak et à l'Afghanistan (Slate point fr, 23.01.2015). Le rédacteur a eu la bonne idée de traduire, mais il a donné une traduction mot à mot. Remarquer également le verbe comparer, répété une deuxième fois.

Étymologie : no, négation anglaise, venant du ne latin. Go, vieille racine germanique qui a donné en vieil anglais gan : aller, avancer. Zone, du latin zona : ceinture, constellation, zone. Grec
ζώνη (zônê) : ceinture, zone.

Noir, nègre : termes désormais interdits et remplacés par black [ qui veut dire ... noir en anglais. Le mot black est-il plus convenable que noir ? ]. Féminin : une black (pas de féminisation). On dit aussi homme ou femme de couleur, – alors que le noir est l'absence de couleur. Un auditeur de Sud Radio a été traité de raciste, parce qu'il avait appelé N. Diallo « négresse ». Ce mot, en français, n'est que le féminin de nègre. Mais il est vrai que ces termes sont maintenant ressentis comme insultants et racistes. A la suite de cela, Le CSA a convoqué une plénière exceptionnelle pour stopper d'urgence l'écoulement nauséabond qui se déverse (lepointpointfr). Il est vrai que traiter de gros cons toute une partie de la population française comme le fait Sophie Halal à France-Inter n'est certes pas distingué, mais n'est pas raciste.

Il devient impossible aujourd'hui de commander « un petit noir » au comptoir sans qu'on vous jette des regards ... noirs. Les Étazuniens emploient de plus en plus l'expression « afro-américain » pour désigner un noir, – expression reprise dans les traductions françaises des séries B. Au lieu du mot , loteur propose le mot règne, plus idéologiquement et politiquement convenable.

Questions :
1. comment le (règne) d'un écrivain va-t-il être renommé ?
2. comment va-t-on rendre la réplique de Mac Mahon « C'est vous le (règne) ? Hé bien, continuez ! » ?


Avec l'aimable autorisation de René Le Honzec : son site

Et François Taillandier lui-même n'a pas de scrupule pour utiliser le mot nègre    pour parler de l'auteur qui écrit un ouvrage à la place d'un autre. Elle travaillait dans l'édition et moi j'étais le nègre d'un Général. J'ai toujours bien aimé faire le nègre (avis aux amateurs). Maintenant, la prudence et la correction politique conseillent d'utiliser le mot très français « ghost-writer ». Sans doute pour écrire des best-sellers.

Étymologie : du latin niger : noir. Le Niger est également le nom d'un pays d'Afrique, ainsi que le Nigeria, qui est de même racine. Le latin avait pour noir un autre mot, d'origine étrusque : ater (d'où vient âtre).

Noirs (les ~) : les pièces noires au jeu des échecs. Les blancs ont l'avantage de jouer les premiers, et il est donc étonnant que les ligues anti-racistes n'aient pas songé à faire interdire le jeu des échecs, ou à exiger que les noirs commencent les premiers. Voir Blancs.

♔ ♕ ♖ ♗ ♘ ♙ >< ♚ ♛ ♜ ♝ ♞ ♟
les Blancs contre les Noirs.

Nom (de quoi X est-il le ~ ?) : depuis la parution de l'ouvrage d'Alain Badiou De quoi Sarkozy est-il le nom ?, une manie récente consiste à employer l'expression de quoi X est-il le nom ? à propos de tous et de tout. Nombreux exemples, pêchés dans Gogol : De quoi BHL est-il le nom ?, De quoi Siné est-il le nom ?, De quoi Monsanto est-il le nom? (le point d'interrogation accolé est dans l'original), De quoi l'antisémitisme est-il le nom? (le point d'interrogation accolé est dans l'original). Titre bizarre, trouvé sur un forum : De quoi la Burqa pride est-elle le nom ? (= que représente la bourqa-pride ???) Cette manie s'étend aussi à des personnages historiques : De quoi Sacha Guitry est-il le nom ? On peut même trouver un article De quoi le nom est-il le nom ?

Cette expression doit vaguement vouloir dire : que représente ? que signifie ? quelle étiquette peut-on mettre sur ? de quoi X est-il le symbole ?

Étymologie : latin nomen, nominis : nom ; grec
όνομα (onoma) : nom ; français nom ; espagnol nombre ; russe имя, имени (imia, imeni) : nom.

Noms (de villes, de pays) : voir Pays, villes.

Nomade(s) : il ne s'agit plus de peuples non sédentaires, comme les Touaregs, les Romanichels, les Gitans, mais dans le langage fleuri des informaticiens un nomade désigne un utilisateur, un internaute itinérant, qui voyage, qui se déplace. En plus d'être particulièrement pratique pour les nomades (sic), ce service offre une protection additionnelle [ = supplémentaire ] contre les tentatives de piratage. Lu sur une pub : « Notre but : venir au secours des utilisateurs nomades » (avec des chameaux ?). L'informatique est vraiment un désert culturel. Voir Migrant, Migrer.

Étymologie : nomade, du latin nomas, -adis : membre de tribu de pasteurs itinérants. Ce terme s'employait surtout au pluriel pour désigner des peuplades errantes d'Afrique du Nord (l'ancienne "Numidie"). Emprunt au grec
νομάς, -άδος : qui paît, qui pâture, qui erre à la recherche d'un pâturage. Dérivé de νέμειν : partager, diviser, distribuer, attribuer à un troupeau une parcelle où le faire paître, mener au pâturage, nourrir... (voir le dictionnaire Bailly)

Quand on a affaire aux services d'assistance des opérateurs de services internet, on se dit qu'ils prennent vraiment leurs clients pour du bétail.

Nominé(e) (barbarisme) : ce mot désigne une personne ou un candidat dont le nom est retenu, proposé, désigné, sélectionné... Untel est nominé pour l’Oscar du meilleur acteur. Terme novlangais agaçant, faisant référence à des cérémonies nationales ou mondiales, où tous les jeux sont faits d’avance. Ce mot “nominé” aurait été inventé par l'actrice Romy Schneider, qui cherchait à traduire le mot anglais nominee.

Le terme de nominé, désigne maintenant quiconque a été nommé à un poste quelconque : À l'entendre (une banquière anglo-saxonne), « les commentaires du président français ont soulevé de nombreuses questions sur l'impartialité du nominé français à la Commission européenne. » Le terme est-il du cru du journaliste, ou l'a-t-il transposé de l'original ? Autre exemple, lu dans « Libé », après les discours faisant suite à la formation du gouvernement Ayrault (mai 2012) : Après le Président et le Premier ministre, au tour des membres du gouvernement Ayrault I d'entrer en scène. Au meilleur discours de passation, les ministres palmés sont... (Libération point fr, 17.12.2012). Palmés, comme les pattes des canards ? Pas étonnant qu'il y ait autant de couacs dans le gouvernement de J.-M. Ayrault.

Verbe : nominer. [...] j'apprenais hier soir la proposition des députés européens de nominer les Pussy Riot au prix Sakharov pour la liberté de penser, remis aux personnes et organismes œuvrant pour les droits de l'homme.

C'est devenu une mode, un tic que de parodier ces cérémonies d'attribution, où les artistes pressentis ou sélectionnés accourent en foule. Une des marottes de divers personnages ou rédacteurs est de proclamer : « Et le gagnant est  »... (suit le nom du vainqueur ou de la vainqueuse). Mais c'est beaucoup mieux dans la langue de l'ennemi, à savoir l'anglais : And the winner is... A la veille de la journée des Droits des femmes, l'association féministe Les Chiennes de garde a décerné ce jeudi le prix du macho de l'année à Pierre Blazy, avocat pénaliste bordelais pour des propos sexistes tenus en décembre 2012.

emarque : dans la religion chrétienne, il y a trois nominés : le Père, le Fils et le Saint Esprit (In nomine Patris, et Filii et Spiritus sanctis ; dans l'expression In nomine [au nom de], nomine se prononce nominé). Loteur adore faire des jeux de mots foireux.

Étymologie : anglais nominee, qui voulait dire : faire l'appel, appeler par son nom. Le sens de candidat sélectionné date de 1600 env.


Nommage (barbarisme) : fait de donner un nom de domaine. Charte de nommage (sic). Voir Barbarisme.

Étymologie : le barbarisme nommage est un calque de l'anglo-américain "naming". Cette horreur a été entérinée par le journal officiel du 27 février 2003 (loteur sait vérifier ses sources).

Nomophobie (néologisme) : littéralement no-mobile-phobie : crainte ou panique de ne pas avoir son téléphone portatif (portable) sur soi. Une étude très sérieuse a prétendument été faite sur cette phobie d'un genre particulier. Etes-vous nomophobe? La nomophobie? C’est une nouvelle «maladie», ou au moins déviance (sic), dont le diagnostic est le suivant: souffrir de ne pas avoir son téléphone portable à portée de main (slate point fr). Cette appellation est assez ambiguë, car la phrase j'ai vu un nomophobe peut être comprise “ j'ai vu un homophobe ”.

Non (ou Non-) : est devenu synonyme de manque de, absence de, ou d'un verbe à la forme négative – ce qui donne lieu à de multiples phrases en charabia. Le non-port de la ceinture de sécurité est cause de nombreux accidents. Ou bien : ... le non-contrôle de nos frontières (l'absence de contrôle à nos frontières) a transformé notre pays en véritable passoire où le trafic d'armes en provenance des diverses zones de guerre est courant. Ou encore : La non-affaire Evra () (titre d'un media consacré au fouteballe). Ou bien encore : Un non-débat à une semaine du premier tour peut être plus riche d'enseignements qu'un débat. Et cet exemple exemplaire : Une non-candidature (sic). Autre exemple : L'amende sera de 17 euros en cas de non présentation de cet équipement (= si on ne présente pas). Vu sur Y'aoù? : Non stop musique (musique en continu). Sans oublier de mentionner Un terrible non-dit (réticence) dont bruissent les milieux politico-journalistiques (NB : le non-dit n’est pas le contraire de ouïe-dire). Ou encore : Comment obliger XP à utiliser un BIOS ACPI non dans sa liste... (qui n'est pas dans sa liste). Ou bien : Le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique ... (= ne pas remplacer un départ ...). Trouvé sur une page de la secte Micromou : Utilisation d’accélérateurs non par défaut. Non par défaut ! (qui ne sont pas proposés par défaut). Ou bien encore cet exemple : Mais mon non-désir de maternité m’a posé problème dans une relation précédente (= mon refus de maternité). Autres exemples : Devenez non imposable (Ne soyez plus imposable) ; Tous les candidats se sont engagés par écrit sur le non-cumul des mandats (à ne pas cumuler les mandats). En 2008, Emmanuelle Mignon, alors directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, avait déclaré à l'hebdomadaire VSD que les sectes étaient un "non-problème en France" (étaient un faux problème, n'étaient pas un problème). Voir Mal-.

() Le néo-rédacteur poursuit, quelques lignes plus bas : Dans cette non-affaire, le Français n'a rien à se reprocher qui nous regarde. Cette formulation bizarre doit sans doute signifier : Le Français n'a rien à se reprocher dans cette non-affaire, qui ne nous regarde pas.

Une mention particulière doit être faite de l'expression non-événement, calque de l'anglo-saxon "nonevent", qui signifie un événement sans intérêt, ou un événement attendu mais qui n'a pas de caractère exceptionnel. Fait banal, pseudo-événement ou anti-événement seraient peut-être mieux ? La perte du Triple A : un non-événement. Exemples de non-événements : le mariage de William d'Angleterre, relayé par toutes les télévisions du monde (avril 2011) ; la prétendue exécution d'Oulala ben Saden (mai 2011) ; la sortie d'un livre de notre « Danube de la pensée », au décolleté si blanc, si pur, etc.

Sur le modèle non-, un ministre (Bernard Couchenlair) évoquait un non-mot. Peut-on, de même, postuler l'existence d'un non-ministre, plus motivé par son image médiatique et ses comptes en banque que par le bien public ? Et inutile de parler de l'expression non-stop, véritable barbarisme elle aussi, et qui signifie 'continuel', 'en continu', 'sans s'arrêter'. Cette formulation vient de l'anglo-américain.

N

O

N
Tout ça, c'est du « non-français » (ce n'est pas du français), mais de la vraie novlangue, où la préfixation de ‘non’ permet de former des mots à très peu de frais à partir de mots existants, et réduisant d'autant le vocabulaire. En effet, accoler non- à un mot dispense agréablement de réfléchir pour structurer une phrase. Le mot mauvais est trop compliqué ? Dites non-bon ! L'adjectif noir est trop chargé politiquement ? Dites non-blanc ! C'est typique de la pensée contemporaine, de la correction politique, ou du gommage d'idées, que de mettre une particule à résonance négative devant un mot : non-voyant (aveugle), sans-abri (clochard), contre-performance (échec), incivilité (agression).

Un passage célèbre du roman 1984 de George Orwell décrit la destruction du vocabulaire. Prenez « bon », par exemple. Si vous avez un mot comme « bon » quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme « mauvais » ? « Inbon » fera tout aussi bien, mieux même, parce qu’il est l’opposé exact de bon, ce que n’est pas l’autre mot. De nos jours, le préfixe in-, qui sonne bizarrement, est remplacé surtout par non- antéposé. Voir nombreux exemples plus haut.

C'est ainsi que non agglutiné à un participe présent est un procédé pour créer des néo-crétinismes du meilleur aloi :

• non-comprenant : con, conne
• non-entendant : un sourd
• non-parlant : un muet
• non-pensant : synonyme de néo-crétin.

Étymologie : non, négation forte (mais qui ne porte pas sur un verbe). Du latin non, contraction de nœnu ou nœnum = ne unum (pas un seul).

Une rubrique spéciale a été affectée à :

Non-voyant : synonyme édulcoré d’aveugle. Une aveugle, quant à elle, est une non-voyante. Étant donné qu'une voyante est une femme qui a des dons de voyance, une non-voyante n'aura pas ces dons. C'est-à-dire presque toutes les femmes. Étant donné qu'un voyant est un homme qui a des dons de voyance, un non-voyant n'aura pas ces dons. C'est-à-dire presque tous les hommes. Pour paraphraser Kennedy : « Nous sommes tous des non-voyants ! » D'autre part, ce n'est pas en renommant non-voyant un aveugle qu'il pourra recouvrer la vue. On voit là les limites de cette néo-langue de crétins, qui ne sert qu'à créer un rideau de fumée entre les individus et une réalité gênante. Et le roi sera toujours nu. Il s'agit là d'un procédé typique de la « pensée magique », propre aux sociétés tribales. Serions-nous en voie de régression ? Voire ...

Ce tour de passe-passe linguistique, consistant à euphémiser une réalité, a si bien pris dans l'esprit du public que beaucoup d'aveugles parlent d'eux en disant non-voyants. Le but est atteint : l'esprit des gens a été aveuglé par des mots détournés de leur signification réelle.

Loteur propose pour la traduction moderne de la fameuse phrase latine, bien connue de tous les anciens potaches « Dicunt Homerum cæcum fuisse » : On dit qu’Homère était non-voyant. Et que penser si on devait maintenant dire : L'amour est non-voyant ou La jutice est non-voyante ? Question idiote : comment va-t-on dire à l'aveuglette ? À la non-voyante ?

Proverbe :

« Au royaume des non-voyants, les mal-voyants sont rois ».

P.S. 'Borgne' va être remplacé par univoyant. Il y aura des univoyants gauches, et des univoyants droits.

Quand on dit non-voyant, il y a le mot voyant ; donc on remplace un mot qui gêne (aveugle) par son contraire (voyant). Principe habituel des fraudeurs de la néo-langue. Nous sommes dans le règne des faux-monnayeurs de la langue.

Le même mode d'agglutination s'observe avec “mal”. Voir Mal, Novlangue.

Étymologie : pour non-, voir rubrique précédente. Voyant, participe présent du verbe voir ; du verbe latin video, visum, videre : voir. Vieille racine ayant donné ver en espagnol, view en anglais, видеть (videt') en russe. Sanscrit : vid.

Normal : en nous faisant croire que le nouveau président de la République (mai 2012) est un homme normal, les media insinuent que seule la Gauche est normale (= conforme à des normes), et que les autres partis (les autres valeurs, en particulier celles de droite) sont anormaux, c'est-à-dire en-dehors des normes. Ces media se sont emparés d'une déclaration du nouveau président pour lancer le train de la normalité présidentielle : Hollande, un terne bureaucrate haut placé du PS, est à présent largement surnommé « M. Normal » après avoir fait remarquer qu'il serait un président « normal ». Autre exemple : François Hollande mettait ainsi en pratique «la présidence normale», concept qu'il a porté pendant toute la campagne électorale. Remarquer au passage l'expression en néo-langue « porter un concept ». Encore un exemple ? Il émane du fils de François Hollande, Thomas: «Ca (sic) m'a fait de la peine pour mon père, il déteste tellement que l'on parle de sa vie privée. Ca (re-sic) a détruit l'image normale qu'il avait construite» (le parisien point fr) (). Il est tellement « normal » qu'il vit en concubinage à la face du monde avec une femme mariée mais non divorcée.

() Les journaleux ne connaissent plus les espaces fines avec les guillemets, ni les cédilles. Information pour ceux qui utilisent Windaube, le C cédille majuscule Ç s'obtient en appuyant sur la touche Alt, que l'on maintient enfoncée, et on tape 128 sur le pavé numérique.
Et les journalistes, rédacteurs et forumeurs de s'en donner à cœur joie : La folle semaine de M. Normal, titre un article. «m. normal» et le sobre ayrault, titre un autre. Et puis : M. Normal, François Hollande, parle vérités contondants sur les marchés (sic, en charabia dans le texte). Hollande est certainement plus difficile et plus intelligents que l'M. « Normal » qu’il prétend être (re-sic ; l'M. = ‘I am’ en anglais ?, ou bien ‘le M.’ [le monsieur] en français ?) Et puis encore cette phrase, mais en français normal, cette fois : Pour la radio le candidat Hollande part avec de nombreux avantages dont le principal : être « normal » face à un président « anormal ». Normal = pondéré, mesuré, digne ? Anormal = bling-bling ? Rolex ?

Substantif : normalité (et non pas normalitude). [...] je pense que le téléspectateur, hormis la petite frange de gens qui ont une vraie passion pour une personnalité, a besoin de sincérité et de normalité (déclaration d'un journaliste).

Encore faut-il se méfier du normal et de la normalité. Hannah Arendt a fait remarquer que le pire des criminels ressemble à monsieur-tout-le-monde, que c'est un être banal, « normal », qui sous la pression de la société ou des événements peut devenir un « monstre ». Et de donner l'exemple d'Adolph Eichmann [Eichmann à Jérusalem], "individu effroyablement normal qui n'a fait qu'obéir aux ordres".

Étymologie : normal, du latin norma : équerre. Normalis : fait avec l'équerre.

Normalisation (néologisme, XXe siècle) : synonyme de flicage.

Étymologie : normaliser, normalisation sont des néologismes créés pour répondre à l'angoissante exigence de normes. Norme, du latin norma : équerre ou règle, puis loi, modèle. En géométrie, ligne normale : ligne passant par le point de tangence perpendiculaire à une ligne, un plan ou une courbe.

Nostradamus (1503 - 1566) : médecin et apothicaire français, dont le vrai nom était Michel de Nostredame. Il fut également astrologue, et rédigea un fameux « Traité des confitures et des fardements ». Mais ce qui le propulsa dans la postérité, ce furent de mystérieuses prédictions, rédigées en un langage sybillin (= vieux français). Loteur livre au lecteur avide de connaissance un des plus fameux quatrains de cet étonnant génie :

«
X, 72

L’an mil neuf cens nonante neuf sept mois,

Du ciel viendra un grand Roy d’effrayeur

Resusciter le grand Roy d’Angolmois,

Avant apres Mars regner par bon-heur.
»

Par sept mois, il faut comprendre septembre (on écrivait avant souvent 7bre pour septembre). Angolmois (Angoumois, venant d'Angoulême) est une allusion très nette, non pas à François 1er, duc d'Angoulême, comme le pensent certains commentateurs, mais est une allusion à la ville de la Nouvelle Angoulême, premier nom de New York (le navigateur Verrazzano a découvert la baie de New York en 1524 pour le compte de François Ier, un lieu qu'il a baptisé Nouvelle Angoulême). Partant de là, tout devient clair : il s'agit des attentats du World Trade Center, « du ciel » désigne les avions qui ont percuté les immeubles, et le « grand Roy d'effrayeur » n'est autre que George Bush
II, soupçonné d'avoir ourdi les faux attentats contre le W.T.C., coupable d'actes d'une cruauté sauvage et inouïe contre l'Irak et les Irakiens, et coupable d'avoir saccagé les racines de la civilisation occidentale (ancienne Mésopotamie). « Avant après Mars régner par bonheur » est une allusion à Mars, dieu de la guerre, et à la Pax americana, qui a foutu un heureux bordel au Moyen-Orient. Mais dommage que Nostradamus se soit trompé de deux ans (septembre 1999 au lieu de septembre 2001) ; chose cependant pardonnable, car la prédiction fut rédigée quatre siècles et demi avant les attentats. 1999 s'accroche de très près à l'An Deux mil et aux peurs millénaristes, liées au changement non seulement de siècle, mais aussi de millénaire.

Note, notation : cela fait des années, des lustres, des décennies que l'on ne note plus les élèves, par crainte de discriminer ces pauvres petits. Il n'y a plus rien à espérer d'un enseignement où la notion d'égalité a disparu au profit de celle d'égalitarisme. Curieusement, les enquêtes Pizza nous confirment ce que l'on savait déjà : que le niveau des élèves baisse constamment, et que l'origine sociale a une conséquence sur la vie scolaire. En clair, les gosses de riches ne sont pas forcément plus intelligents, mais ils sont mieux éduqués. Et comme le ministère de l'Éducation dite nationale ne redoute plus le ridicule, on remplace les notes par des pastilles de couleur, et l'apprentissage de l'écriture par l'usage des tablettes informatiques. La néo-crétinisation des élèves est achevée.

Seule discipline où l'émulation est tolérée : le sport. Parce que, peut-être, quand on fatigue son corps, on n'a plus de temps de réfléchir sur la glorieuse mondialisation.

Il existe maintenant des « agences (= officines) de notation » (Standard & Poor, Moody, Dragon ...), qui ont la prétention de noter les économies de pays souverains, voire d'un continent entier (nov. 2011), en affectant à leurs résultats économiques et financiers une note, du type AAA (très bon), AA+, AA-, BBB, BB+ etc ... Ce genre de notation, absolument sans fondement, est donné sans possibilité de contrôle, de vérification, et est redoutée par les économistes et financiers de tous les pays industrialisés de la planète Terre. Quand une de ces officines de notation abaisse la 'note' d'un pays souverain, on dit que sa note est dégradée (sic). Il est à signaler que ces fameuses et excellentes officines de notation, toujours prêtes à dégrader la note d'un pays, ne voient pas les grandes crises (comme celle de 2007-2008), ne voient jamais les gigantesques escroqueries qui, comme celles de Madoff, ou celles des subprimes, ruinent des milliers de citoyens.

Selon une enquête du 14.01.2012 du Monde, les analystes travaillant dans ces agences sont souvent débordés, avec une pression intenable. Extrait : Chez S & P, un Allemand et un Slovène couvrent la France depuis respectivement 2010 et 2007. Donc, pour un pays comme la France, seulement deux analystes, souvent débordés, subissant une pression intenable ; de plus, ils ne sont pas de même nationalité, et communiquent donc entre eux en globish – source d'erreurs. Loteur, qui n'est ni économiste ni financier, se permet cependant de mettre en doute leur compétence, voire tout simplement leur probité.

Objectivité des notations ? Rebondissement en janvier 2015, l'agence Standart & Poor devra acquitter un milliard de dollars aux Étazunis pour avoir (sciemment) sous-évalué les risques liés aux fameuses subprimes. Voir cet article, par exemple.

Étymologie : latin nota : signe, marque, remarque, annotation, étiquette...

Nourriture : synonyme moderne de pourriture (MacDucon, produits des « super-marchés », plats préparés et surgelés, fraudes alimentaires, etc.). La nourriture aussi fait partie du glorieux plan de mondialisation, décidée et programmée par les grands empoisonneurs de la terre (« planète ») : grandes sociétés agro-alimentaires, grands groupes chimiques, etc. Conseil de loteur : ne vous nourrissez plus, vivez d'amour et d'eau fraîche. Voir Nutrition.

Syllogisme en relation avec l'alimentation et la nourriture actuelles :
  • l'homme est le produit de ce qu'il mange
  • or les géants de l'agro-alimentaire et de la distribution commerciale nous fourguent de la merde
  • donc l'homme moderne est de la merde
C.Q.F.D.

Étymologie : du latin nutritura, qui vient de nutritum, supin de nutrio, nutrire : nourrir. La 'nutritura', c'est l'action de nourrir.

Proverbe : « Nourriture passe nature », c'est-à-dire qu'une bonne éducation peut corriger les mauvaises inclinations naturelles. C'est ce qu'on attend de l'Éducation dite nationale.

Novateur : synonyme : on ne sait pas trop. Nouveau ? Qui innove ? Original ? Encore un mot novlangais, c'est-à-dire inutile. Exemples : concept novateur, idée novatrice.

Étymologie : latin novator, -oris : celui qui innove. Verbe novo, novatum, novare : refaire, renouveler, changer, innover. Vient de l'adjectif novus, qui a donné nouveau et neuf.

Novlangue : les anglomanes disent et écrivent le novlangue (ou novlang) – comme on dit 'le français' ou 'le japonais'. Loteur, n'en déplaise à Amélie Audiberti, la traductrice de « 1984 », propose 'le novlang' ou 'la novlangue' ou – encore mieux – la néo-langue, l'expression 'le novlangue' étant choquante à l'oreille.

La novlangue ou néo-langue (новоязык en russe, Neusprech en allemand, neolengua en espagnol, newspeak en anglais) est la langue officielle de l'Océania, dans le roman 1984 de George Orwell, langue destinée à remplacer l'archéo-langue (oldspeak), et créée pour satisfaire aux exigences du socialisme anglais (“ angsoc ” ou “ socang ”). C'est une simplification à outrance de la langue, rendant impossible toute idée subversive, pour éviter toute formulation critique envers l'État ou les autorités en place. On peut ici parler d' « épuration linguistique », au service d'une entité mythique, dénommée Big Brother, –  ou mieux : Pig Brother. Les mots et concepts sont simplifiés à l'extrême. C'est ainsi qu'en Océania, il y avait le Miniver, ou Ministère de la Vérité, le Comrom, ou Commissariat aux romans etc. En France, les néo-fonctionnaires ne sont pas en reste, puisqu'il y a le Minefi (), ou Ministère des Finances, ou même le Minicul ou Ministère de la Culture.

() si on tape « minefi » dans le service de recherches Gougueule, on tombe en priorité sur cette adresse : www.economie.gouv.fr

En face de ces réductions simplificatrices, depuis les années 1980, sous l'influence du politiquement correct, s'est développé un langage qui consiste à ne jamais appeler les choses par leur nom, mais on les désigne par une périphrase approximative, par exemple : lieu de privation de liberté ou centre de détention = prison. La novlangue illustre parfaitement ce mot de Stendhal : « La parole a été donnée à l'homme pour cacher sa pensée » (mot attribué aussi à Talleyrand). Synonyme de novlangue : le « parler vrai » cher aux hommes politiques, c'est-à-dire l'art de proférer des mensonges.


George Orwell (Eric Arthur Blair),
l'auteur de « 1984 »

En novlangue, les mots et expressions sont de plus en plus édulcorés, vidés de leur sens, émasculés. C'est une langue politiquement et idéologiquement convenable. Les peuples n'ont surtout plus besoin de maîtriser leur langue. De plus, un millier de mots, si possible courts ou onomatopéiques, suffit amplement à formuler une absence de pensée. En effet, tout mot absent d'une langue supprime la pensée qui y correspond. On régresse au stade de la bête : les citoyens deviennent progressivement analpha-bêtes.

Principes généraux de la novlangue ou néo-langue (exemples français) :

  oxymores, ou oxymorons, c'est-à-dire des alliances de mots antinomiques : croissance négative, discrimination positive, guerre propre
  euphémismes : non-voyant, à mobilité réduite, personne de petite taille, oncologie (= cancérologie)
  périphrases creuses : issu de la diversité, préposé au courrier
  circonlocutions grotesques : technicienne de surface (femme de ménage), animateur d'espaces verts (jardinier)
  détournement du sens habituel des mots : (développement) durable, (commerce) équitable, les « jeunes »

Principes de la novlangue, ou néo-langue, à la française :

  simplification et appauvrissement du vocabulaire
  remplacement de concepts clairs par des périphrases fumeuses (lieu de privation de liberté = prison)
  « agglutination » des mots et inversion (éco-taxe, bio-carburant, euro-député, techno-langage)
  simplification de la grammaire, de la syntaxe, du système verbal
  plus d'accents, plus d'orthographe
  plus de prépositions, à part les prépositions 'de' et 'sur'. Voir Sur.
  modification de l'élocution (voir la rubrique Hystérie)
  recours massif au globish (mauvais anglais, indigeste, réduit à quelques centaines de mots)

En respectant ces principes, on se rend compte que la novlangue sert à mentir, et à déguiser, maquiller, détourner la langue. La novlangue, c'est la malhonnêté intellectuelle. La novlangue sert à communiquer (c'est-à-dire à manipuler), et elle ne sert plus aux relations humaines, ou à l'analyse du réel. La novlangue sur le plan linguistique, est donc synonyme de « non-langue » ou de langue de mort (mais ce n'est pas, hélas, une langue morte). Une grande partie de ces pages est donc consacrée à la novlangue, qui fait partie de ce que loteur appelle néo-crétinisme. Les clowns de la politique, et les guignols de la french TV (journalistes et présentateurs) et des media en général, sont devenus les champions de la novlangue. A la fois victimes et complices, ils sont propagateurs de cette néo-langue, ils la véhiculent massivement, et sont sans doute convaincus d'appartenir à une nouvelle aristocratie de l'esprit. Le contraire de la novlangue est la poésie, ou le pouvoir de créer des mots vrais. Voir Globish, Politiquement correct.

Principe : Il y a une loi simple en linguistique : moins on a de mots à sa disposition, plus on les utilise et plus ils perdent en précision (Alain BENTOLILA, linguiste et professeur à l'université Paris V).

Un brillant intervenant au Centre National de Documentation Pédagogique, commentant Le mot du jour, à propos de l'énoncé : « la novlangue du monde économique participe d’une guerre contre le français », déclara :

« On passera rapidement sur la novlangue : le mot existe bien sûr, mais il est peu utilisé, pour désigner un langage artificiel, inventé par un état-major politique, imposé par de prétendues contraintes économiques, politiques ou idéologiques – coquille vide d’une prétendue nouvelle langue, d’un monde nouveau et totalitaire » (c'est nous – loteur – qui graissons). Difficile d'être d'aussi mauvaise foi pour attaquer les contempteurs de la novlangue.
C’est ainsi que maintenant l’on n’appelle plus un chat un chat, mais désormais un chat est un animal à quatre pattes et une queue, environné de poils, avec deux trous pour les yeux et appartenant à l’espèce animalement correcte des félins. Simple, non ?

Étymologie : "mot-valise", composé de nov- pour nouveau, et langue.

Nozélites : nom donné à une camarilla de hautes personnalités qui nous gouvernent, qui dirigent nos mœurs, nos cœurs et nos pensées, qui décident ce qui est le Bien et ce qui est le Mal, ce qui est Beau ou ne l'est pas, ce qui est Utile ou ne l'est pas. Bref, des gens importants, et à ce titre dignes de tous les honneurs, de toutes les considérations, avec en général un solide compte en banque (les banquiers et financiers font également partie de Nozélites).

Signe distinctif de Nozélites : ils méprisent les valeurs françaises, en commençant par le français. L'emploi, en effet, de l'anglo-saxon semble prédominer chez eux, ce qui se traduit par une pensée très subtile et galopante. Quand il leur arrive de parler français, c'est pour nous livrer les fruits de leur puissant cerveau, avec des apophtegmes de haut vol : « C'est en marchant que l'on trouve le mouvement, c'est en s'unissant que l'on trouve l'union » (MAM), ou bien : « Pour faire face à la hausse du prix du pétrole, je conseille aux Français de faire du vélo » (Ch. La Garde).

Ce signe distinctif de Nozélites (le mépris des valeurs françaises) les rapproche singulièrement de la caillera, qui se caractérise par la haine de tout ce qui est français : langue, institutions, écoles, citoyens de souche etc. Comme quoi, les extrêmes se touchent.

Étymologie : nozélites, formation burlesque (nos élites). L'élite, c'est ce qui a qualité d'élu, de choisi, de distingué. Venant d'élit, ancien participe passé du verbe élire. Élire, du latin eligo, electum, eligere : cueillir, choisir, trier, élire. Verbe composé du préfixe e- : venant de, + verbe lego, lectum, legere : ramasser, cueillir, recueillir, choisir ; recueillir par les yeux = lire. Cf. grec λέγω (legô) : dire, annoncer, lire.

NTM : célèbre groupe musical classique, dont le véritable nom est « la Nuit Transfigurée de la Musique », et pour lequel un ancien ministre de la Culture se passionna jadis. Spécialisé dans la musique de chambre, ce groupe contribua beaucoup à adoucir les mœurs dans toute la France, et surtout dans le département 93.

Étymologie : N.T.M. est l'abréviation du vulgaire "Nique ta mère". N'a rien à voir avec Nike, fabricant de chaussures fait main par des enfants.

Niquer pourrait être la forme abrégée par aphérèse de forniquer. Il se pourrait plus probablement que ce mot vienne du sabir d'Afrique du Nord niq : faire l'amour.

Ta (ton, ta, tes) : adjectif possessif, venant du latin tuus, tua, tuum.

Mère, du latin mater. Vieille racine indo-européenne, qui a donné mater en latin, mère en français, Mutter en allemand, mother en anglais, madre en espagnol, мать, матери (mat', materi : mère) en russe. En grec
μήτηρ : mère ; en sanscrit matri. Autres dérivations : matière, madera (bois, en espagnol).

Nuage : nouvelle conception des techniques informatiques, où les données sont stockées sur des serveurs lointains, on ne sait pas trop où, mais sans doute sous la coupe des Étazuniens. C'est ainsi qu'une marque d'anti-virus vante ses Nouvelles technologies hybrides dans le nuage. Hyper-charabia ou langage d'hyper-spécialistes ? Voir Cloud.

Étymologie : nuage, anciennement nue (substantif féminin), du latin nubes : nuage, nuée ; et aussi voile, obscurité. Cf. en grec
νέφος (nephos) : nuage, nuée, voile, obscurité, ténèbres.

Nuage (de mots) : c'est une manie, dans les blogues ou sites internet, que d'afficher un nuage de mots, c'est-à-dire un ensemble de mots – fixes ou mobiles –, qui peuvent être des liens. Ces mots pointent vers des notes ou des articles d'actualité que l'auteur du blogue ou du site juge importants. L'aspect convenu, artificiel et fortement semblable de tous ces nuages de mots est tout simplement agaçant. Un index traditionnel fait aussi bien l'affaire.

P.S. Ne pas confondre avec Cloud.

Étymologie : voir rubrique précédente.

Nuage (radio-actif) : à la différence des travailleurs clandestins, le nuage radio-actif de Tchernobyl se serait obligeamment arrêté à la frontière de l'État français. Le Pr Pellerin, 30 ans à la tête du SCPRI, aurait prétendu qu' « aucune élévation significative de la radio-activité n'a été constatée en relation avec le nuage de Tchernobyl ». Cette affirmation a donné lieu à des procès en diffamation intentés par le Pr Pellerin contre des journalistes. Mais, comme on dit : il n'y a pas de fumée sans feu (variante : il n'y a pas de nuage sans Tchernobyl). Voir Panache.

Nous avons eu droit à une variante socialiste à propos du nuage de mercaptan (janvier 2013), un gaz qui « est extrêmement inflammable, et nocif, toxique à hautes concentrations par inhalation et affecte le système nerveux central provoquant des maux de tête, des nausées et une irritation du système respiratoire » (Agora-Vox et divers blogues), et dont les zotorités minimisèrent l'importance avec l'aplomb cynique d'un maquignon. Noter le verbe affecter, dans le sens de toucher, concerner 'calque de l'anglais).

A noter ces perles : Depuis le nuage de Tchernobyl qui ne se serait pas sagement arrêter (sic) à la frontière, tout le monde a parfaitement compris que les politiques environnementales n’ont de sens que si elle (resic) sont appliquées mondialement. Je ne suis pas sûr que l'auteur de cette phrase ait parfaitement compris les règles de l'orthographe (signé : loteur).

Étymologie : nuage, anciennement nue (substantif féminin), du latin nubes : nuage, nuée ; et aussi voile, obscurité. Cf. en grec
νέφος (nephos) : nuage, nuée, voile, obscurité, ténèbres.

Radio-actif : radio-, élément entrant dans les mots composés, venant de radiation, irradier. Latin radiatio, -nis : rayonnement, éclat lumineux. Verbe radio, radiatum, radiare : être rayonnant, envoyer des rayons, rayonner. Radius : baguette, piquet, rayon. Cf. l'os du radius, de forme longue et mince.

Actif, du latin activus, verbe ago, actum, agere : mettre en mouvement, faire avancer, chasser ; pousser à, faire, agir (etc. Trois pages dans le Gaffiot).

Nudité : les tartuffes de la correction politique et de la bien-pensance poussent de hauts cris contre la nudité exposée. Les féministes de tout poil voient d'un mauvais œil les femmes à poil. Alors que la plupart des peintres et des photographes ont magnifié le corps et la nudité. Sont-ils pour cela de sales voyeurs ? Ont-ils pour cela « chosifié » la femme ? Ceux ou celles qui vitupèrent contre la nudité n'ont pas l'air de comprendre que c'est un hommage à ce qui fascine le plus les hommes : la beauté féminine. Cachez ce sein que je ne saurais voir ! pourraient s'exclamer les néo-tartuffes. A quand le voile intégral du corps de la femme, comme dans le M'zab (2) ?

On commence à trouver l'adjectif anglais nude au lieu du français ‘nu’, ce qui doit être plus branché pour les néo-crétins. C'est ainsi qu'on peut lire dans un article consacré à la mode : Côté accessoires, on note les bijoux turquoise qui donnent une touche colorée à une silhouette nude. La silhouette nude en question, c'est tout simplement qu'on devine le dessin des fesses à travers la robe, au dos largement échancré.


Une silhouette « nude »

Étymologie : latin nuditas, -tatis : nudité, venant du nudus : nu.

Nugget, souvent au pluriel nuggets (anglicisme, prononcer nʌgɪt ou neuguette) : morceau de poulet virtuel, frit et pané. Les spécialistes de la restauration rapide (mal-bouffe) vous proposent tous des “nuggets de poulet” ou des ”chicken nuggets”. Les chicken nuggets, ce doit être meilleur dans les assiettes que les simples “beignets de poulet”, trop français. Exemple, tiré de l'excellent Public point fr du 10.04.2015 : Conscient de faire buzz avec cette révélation, Pharrell n'a pas hésité à en rajouter une couche. "Je n'étais bon que pour manger des nuggets de poulet". Loteur pense que cet « artiste » aurait dû persévérer dans cette voie. Noter la belle expression faire buzz (faire du bruit, faire parler, faire sensation, faire scandale, faire jaser...)

Comment sont fabriqués les Chicken Nuggets (estomacs délicats, s'abstenir).

Étymologie : d'un mot anglais signifiant morceau (XIXe siècle) ; en anglais moderne nugget signifie pépite. Un dictionnaire étymologique anglais donne cette précision capitale : unknown origin.

Nul : qui n'a aucune valeur, qui ne présente aucun intérêt. Ces parents, ils sont nuls. Cette émission, elle est archi-nulle. Le vocabulaire de nos contemporains, lui aussi, est nul. Superlatif : nullard : vraiment très nul, parfois accompagné de gros : Ce type, c'est tout simplement un gros nullard.

Étymologie : latin nullus, formé de ne + ullus, : aucun ; nul, sans importance.

Numération romaine (latine) : dans les dates, les grandes divisions de documents, on adopte encore la numération latine : an MMIX (2009), chapitre XV (15) etc. Les lettres sont par convention écrites en MAJUSCULES, ce qui facilite la lecture.

Cependant, sous l'influence des Anglo-Saxons, les lettres s'écrivent maintenant en minuscules, ce qui introduit un degré supplémentaire de confusion. Division xxi, page xxxiv etc. Au xiiie siècle, le roi de Norvège Hákon IV Hákonarson a réuni et fait traduire dans sa langue, le norrois, dont l'islandais moderne est resté proche, un grand nombre de chansons de geste françaises... (Livre de Poche point com). Remarquer xiiie (XIIIe) siècle, mais Hákon IV.

Étymologie : numération, du latin numeratio, -nis : action de compter. Verbe numero, numeratum, numerare : compter, nombrer.

Numéro : maintenant, grâce aux journalistes et autres partisans de la novlangue, ce mot est devenu à la fois masculin et féminin : La nouvelle numéro un du PS, Martine Aubry, était absente. Autre exemple : A la sortie, la n° 7 du gouvernement de Jean-Marc Ayrault [c'est-à-dire Cécile Duflot] a ensuite eu droit à un petit échange avec le ministre de l'Education nationale (lexpress point fr). Il faut aussi admirer la formulation : la n° 7 du gouvernement. Tiens, encore un exemple qui a amusé loteur : Malgré de sérieuses références sur ce sujet, la N.2 mondiale -dont les gémissements ont été mesurés en 2009 à plus de 105 dB, soit l'équivalent d'un pneu qui éclate- approuve à gorge déployée le dispositif actuellement à l'étude qui vise à museler la prochaine génération de joueurs. La « N.2 », il fallait le trouver, monsieur le néo-rédacteur ! (il travaille pour le magazine « Eurosport »). N.2, pour loteur qui a travaillé dans un centre d'expertise, cela signifie « Niveau 2 ».

Étymologie : du verbe latin numero, numeratum, numerare : compter, nombrer. Curiosité : numero est aussi un adverbe en latin, qui signifie vite, promptement.

Nutriment (néologisme, XXe siècle) : élément nutritif ? En fait, les nutriments sont les composants organiques nécessaires à la vie, et contenus dans les aliments. Définition scientifique : « Substance alimentaire pouvant être entièrement assimilée, sans avoir à subir les modifications de la digestion et pouvant être introduite par injection intraveineuse » (Cnrtl). J’apporte à mon corps chaque jour les nutriments dont il a besoin, proclame une pub. Si c'est par voie intraveineuse, il n'y a pas beaucoup de possibilités de se régaler. Credo d'une actrice qui aime prendre son bain dans du vin rouge : Selon Glamour UK, l'ancienne vedette de Desperate Housewifes croit que les « nutriments dans les raisins nourrissent et assouplissent la peau » (chronique Yaourt du 16.08.2013).

Étymologie : latin nutrimentum : nourriture, aliment. Verbe nutrio, nutritum, nutrire : nourrir

Nutrition : depuis quelques années, et surtout dans les réclames publicitaires et dans les articles de néo-rédacteurs à prétention scientifique, nutrition est devenu synonyme d'aliment, de nourriture, d'alimentation, de façon de se nourrir, de diététique voire d'hygiène alimentaire. Exemple : Cet ouvrage [...] répond à un besoin de références validées en matière de nutrition infantile (références confirmées en ce qui concerne l'alimentation de l'enfant ?) Ou bien : Nutrition: vrai/faux sur les compléments alimentaires (Yaourt! pour elles). A noter la préposition sur, au lieu de concernant, quant à... Ou bien encore, de l'U.N.I.C.E.F. cette remarque pleine de bon sens : Une bonne nutrition est un bien précieux : les gens bien nourris ont de meilleures chances d'être en bonne santé, d'être productifs et de pouvoir s'instruire. Comme disait Pierre Teilhard de Chardin : « Pour penser, il faut manger ». Encore un exemple ? Il est tiré d'un ouvrage pédagogique européen, et est donc plein de néo-crétinismes : Sa protection, sa promotion et le soutien qu'il faut lui assurer font partie des objectifs de nutrition et de santé optimales promus par l'Union Européenne. Il s'agit ici d'un programme de promotion (mise en avant) de l'allaitement maternel.

Nos amies les bêtes ont elles aussi droit à une nutrition de qualité : Votre chien a droit à une nutrition professionnelle (réclame publicitaire pour Pedigree). Cette marque récidive : Pedigree est par ailleurs, la marque plébiscitée (sic) par les vétérinaires, éleveurs et animaliers pour la qualité de la nutrition mais aussi pour les bienfaits en terme de santé qu'elle apporte aux animaux de compagnie. Remarquer l'inévitable néo-crétinisme en terme de. Noter aussi les maladresses de construction : est par ailleurs, la marque (virgule injustifiée), pour la qualité de la nutrition mais aussi pour les bienfaits (mais aussi injustifié ; il devrait y avoir et aussi, car il n'y a pas d'opposition).

Voir Nourriture.

Adjectif : Nutritionnel (néologisme, XXe siècle), qui est devenu synonyme, en plus long et plus lourdingue, de nutritif ou d'alimentaire. Qualités nutritionnelles : qualités nutritives. Exemple tiré du Point point fr : Par ailleurs, la réfrigération et la congélation ne modifient pas la digestibilité des protéines de l'oeuf (sic), ni leur valeur nutritionnelle. On parle aussi de densité nutritionnelle, c'est-à-dire simplement de valeur nutritive : Des chips ou une pizza ont, par exemple, une très faible densité nutritionnelle comparés à des lentilles ou des brocolis. Cette dérive semble venir de nos amis anglo-américains : « Austerity. Britain is experiencing a nutritional recession » (Austérité. Les Britannniques vivent une récession alimentaire, selon un media britannique). Nutritionnel, normalement, veut dire : qui concerne la nutrition. On trouve, dans le même esprit : pouvoir caloristique : pouvoir calorique.

appel : « La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son fonctionnement » (Wikipédia). La nutrition est donc un processus physiologique d'assimilation et de transformation ; ce n'est pas le fait de s'alimenter. Confusion de sens, sans doute due à nos excellents amis anglo-américains, pour qui la gastronomie (plaisir de la table) est un art tout à fait étranger. C'est du moins ce qu'affirment des scientifiques américains dans une étude publiée par la revue American Journal of Clinical Nutrition.

Antonyme : dénutrition (manque d'alimentation, mauvaise alimentation). Son usage régulier entraîne des risques d'accoutumance – voire une toxicomanie – et une tolérance croisée avec les amphétamines et peut provoquer une dénutrition (Wikipédia). On doit féliciter l'auteur de l'article d'avoir utilisé les substantifs 'accoutumance' et 'toxicomanie' au lieu du néo-merdisme addiction. Autre exemple : L'Agence s'est autosaisie de la question en octobre 2011 après avoir été informée, dans le cadre de sa mission de «nutrivigilance» (sic), d'une dénutrition très grave chez un enfant de 12 mois nourri exclusivement au lait d'amande (Le Figaro point fr, 13.03.2013). Adjectif correspondant : dénutri. Ces produits dénutris et sans fraîcheur pourront ensuite être revendus sur nos marchés (agents sans secret point blogspot point fr). Produits dénutris = sans valeur nutritive ? qui ont perdu leur valeur nutritive ?

Étymologie : dérivé de nutrition. Latin nutritio, -nis : fait de nourrir. Nutrix : nourrice. Cf rubrique précédente.

Nyctalope : les « Nique ta lope », que l'on écrit par snobisme les Nyctalopes, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne sont pas une formation de jeunes, du genre Nique ta mère, mais sont des êtres qui possèdent la faculté de voir dans la pénombre, comme les chouettes, les hiboux ou les chats.

Étymologie : emprunt au latin nyctalops : qui ne voit pas la nuit, venant du grec
νυκτάλωψ (même sens). Au départ donc, le mot signifiait exactement le contraire de ce qu'il signifie aujourd'hui. Le renversement de sens s'est effectué au début du XIXe siècle.



(1) Les jets de pierres par les jeunes contre les flics ou les pompiers rappellent un peu trop les intifadas des Palestiniens contre les Israëliens. Les banlieues, ou la Nouvelle Palestine ? Ou combat de David contre Goliath ?     


(2) M'zab : région d'Algérie, peuplée par les M'zabites, dont les femmes sont tellement voilées que seul un œil est visible.     





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