VOCABULAIRE DE PSYCHANALYSE

A L'USAGE DES FUTURS ANALYSTES




₪₪  AVERTISSEMENT DES ZOTEURS  ₪₪

Cette brochure s'adresse à tout analyste praticien désireux de se familiariser avec les concepts psychanalytiques modernes. La plupart d'entre les analystes ont affaire à des consultants atteints de " psychanalysme ", chose qui, comme chacun sait, est une maladie plus grave encore que leur névrose. Or, il est certain que, pour être analyste praticien, il est nécessaire de savoir un nombre de choses élémentaires sur la psychanalyse. Non pas tant pour posséder une " culture " psychanalytique, ce qui est entre nous totalement inutile, voire dangereux, mais surtout parce que certains patients ont la rage de vouloir lire la littérature psychanalytique (on ne leur en demande pas tant !), et d'en savoir autant, si ce n'est plus, que les analystes.

Pour obvier à ce dangereux excès de zèle de la part des clients, notre École vient de mettre au point cette brochure où tout le savoir analytique est condensé. Dès que vous en aurez appris et maîtrisé la matière, vous deviendrez incollables. Ajoutons que cette brochure vous est gracieusement offerte.

Nous tenons à remercier le Dr Dujobar, Président de notre École, ainsi que Monsieur Purgon, qui ont bien voulu se charger de la rédaction de ce petit traité. Tous nos remerciements vont également aux personnes qui nous ont fait l'amitié de collaborer gratuitement à la rédaction des rubriques du présent ouvrage.

 

₪₪  NOTIONS ZÉLÉMENTAIRES  ₪₪

a ◊ D (petit a - poinçon - grand D) : chose très mystérieuse, réservée aux seuls grands initiés. Il est archi-improbable qu'un client vous pose une question là-dessus. Il doit vraisemblablement s'agir d'une formule magique secrète, du genre : E = MC².


Agressivité : tous les patients veulent que vous leur disiez qu'ils sont agressifs. Ne le leur dites donc pas : ça les vexera.


Analyse didactique : tous les clients désirent en faire une, parce que quelqu'un a écrit : " La seule véritable analyse, c'est la didactique. " Se foutre carrément de leur gueule.


Animus / Anima : l'animus, c'est quand les nanas croient en posséder une paire (Mon dieu ! Faut-il qu'elles soient phalles !) L'anima, c'est le monsieur qui n'ose pas.


Archétype : structure inconsciente, préexistant à l'âme individuelle, et porteuse de significations mythologiques collectives. C'est en quelque sorte un signifiant pur, mais efficace. (Définition du Dr Rogé).


Association libre : théoriquement le patient est soumis à la règle de l'association libre. Mais il ne faut pas qu'il en abuse. Si, à propos de l'analyste, il associe : cochon, curé, saligaud, député ou pâtre grec, n'hésitez pas, tapez-lui dessus. Il ne manquerait plus que ça, se laisser insulter par cette racaille !


Censure : espèce de gendarme intérieur qui vous interdit de penser à faire l'amour.


Champagne : cadeau de Noël des clients envers l'analyste. L'exiger. (voir Foie gras)


Complexe de castration : ça a l'air bizarre, mais il paraît que beaucoup de petits garçons ont peur de perdre leur quéquette. On n'a jamais su pourquoi. Notre École pense que c'est à cause de la masturbation, qui n'est pas bien du tout. Voir Céréales, paragraphe sur le docteur Kellogg.


Complexe d'Œdipe : alors là, c'est une grosse blague ! Est-ce que vous avez déjà voulu coucher avec votre mère, qui est vieille et frippée ? Non, bien sûr. Est-ce que vous avez voulu tuer votre père, qui vous donne à bouffer ? Non, bien sûr. Alors, laissez tomber toutes ces monstruosités !

Une interprétation originale du contre-Œdipe :

On parlait devant Tristan Bernard de la prochaine pièce d'Henry Bataille, spécialiste du morbide, et les initiés du monde des lettres l'annonçaient déjà, à tout hasard, comme un chef d'œuvre. « C'en est un ! assura Tristan Bernard, qui se trouvait là.
— Vous la connaissez ? Dites ! de quoi s'agit-il ?
— Voilà, c’est un fils incestueux avec sa mère pendant une dizaine d'années. Au bout de dix ans, il s'aperçoit qu'elle n'est pas sa mère. Alors, horrifié, il se tue. »


Complexe d'infériorité : n'a plus cours.


Compulsion de répétition : c'est le fait de répéter à l'infini un comportement névrotique, souvent lié à un problème durant l'enfance et enfoui dans l'inconscient, jusqu'à ce qu'une prise de conscience en libère le névrosé. Si un chef d'État condescendant s'obstine à mépriser et insulter ses concitoyens en les traitant de « sans-dents », c'est une compulsion de répétition. La psychanalyse moderne recommande de traduire compulsion par “ pulsion de con ”.


Déplacement : c'est le fait qu'un complexe ou un symptôme se déplacent, dans les actes inconscients, d'une partie du corps sur une autre. Untel a une furieuse envie de se masturber ; il se grattera le nez avec frénésie.


Désir : vous voyez une femme nue dans la rue, vous avez envie de lui faire l'amour. C'est ce que l'on appelle le désir. Ce n'est pas plus malin que ça, et nous ne voyons pas bien pourquoi on chercherait à en faire une théorie.


Divan : support de la galanterie analytique


Fantasme : scénario imaginaire où le patient se voit en train d'humilier l'analyste. Très mauvals.


F.B.I. : Freud's Bureau of Investigation. Autrement dit : société de psychanalyse freudienne. Sorte de Gestapo psychologique.


Foie gras : cadeau de Noël des clients envers l'analyste. L'exiger. (voir Champagne)


Forclusion du signifiant : mot de passe des francs-maçons.


Homosexualité : de nos jours, il est de mise de comprendre et de justifier l'homosexualité. Oui, ma choute ! Comme notre Ecole n'a pas envie de se mettre à dos (si l'on ose dire) ces honorables citoyens, nous n'en dirons rien, d'autant plus que ce sont d'excellents clients pour nous.


Hystérie : c'est Freud qui a inventé l'hystérie. Freud est un grand bienfaiteur de l'humanité. On soigne cette maladie avec du matrimonium en pilules (mini-drill, de préférence).


Inconscient collectif : géniale découverte de Jung, qui a trouvé tout seul que tous les gens étaient cons. Il a donné à sa découverte le nom de : in-con-scient collectif.


Lapsus : si un patient en entrant vous dit : " Au revoir. Docteur! ", méfiez-vous ! C'est qu'il n'a pas envie de payer. Si une femme politique dit fellation au lieu d'inflation, demandez-lui ses tarifs.

Libido : obscénité. Cf. le mot de Caton : « Delenda est libido ! »


Masochisme : tous les clients sont masochistes. Vous pouvez donc en prendre à votre aise avec eux. Plus vous serez grossier, mieux ils jouiront. (Voir Sadisme).


Narcissisme : théorie auto-érotique prônant que tous les hommes sont beaux, et qu'on n'a besoin de personne d'autre que soi pour se satisfaire (très utile).


Névrose : maladie vénérienne.


Ombre : chaque patient a une ombre psychique comme il a une ombre physique. On appelle ombre psychique tout ce que les patients ne veulent pas reconnaître en eux : qu'ils sont laids, qu'ils n'ont aucun talent ; qu'ils sont bêtes et faux-jetons ; qu'ils ne veulent pas payer (c'est tout le diable pour se faire payer ! – justement le diable est un symbole de l'ombre).


Outils d'effraction : certains analystes s'en servent encore pour faire avouer leurs complexes aux malades. Tombés en désuétude, ils sont de nos jours avantageusement remplacés par la chimiothérapie.


Papa-maman : couple mythique auquel certains consultants (1) croient encore.


Paranoïa : les analysands pensent avoir toujours raison, et vous prennent pour une andouille. Ils profitent du moindre mot que vous leur jetez au visage pour en déduire que vous les persécutez. C'est le principe du délire de persécution paranoïde, qu'on appelle encore persécution par l'amour (ou par derrière, selon la terminologie freudienne).


Passe : une séance de psychanalyse.


Phallus : objet de forme oblongue que certains analystes portent en sautoir. (Personnellement, je m'en sers pour faire la cuisine. Dupanloup)


Phynance : le premier dieu du panthéon analytique.


Politiquement correct : névrose sociale. Le politiquement correct, ou PC, empêche l'épanouissement personnel dans les sociétés occidentales contemporaines à cause d'un surmoi social extrêmement coercitif et inhibiteur (stressant). Le politiquement correct est une solution qui a été trouvée pour sacrifier l'intelligence des Européens et des Occidentaux. La meilleure thérapie contre cette forme insidieuse d'aliénation est le sain exercice de l'anarchie, agrémentée de soupe au cochon ou de cassoulet.


Principe : « Les principes de la Psychanalyse sont valables pour tous, – excepté pour l'analyste » (C.G. JUNG)


Psychanalyse : Conte à dormir allongé.


Psychose : différence entre névrose et psychose ? Quand un patient souffre d'une névrose, il se sent "tout chose". Quand il est atteint de psychose, il se sent "tout psy-chose".


Pulsion : poussée, instinct, tendance, Trieb, dérive, inclination, inclinaison, penchant, aspiration, coup de pied au cul (etc.)


Refoulement : le surmoi oblige le moi à ne plus penser à quelque chose (d'agréable ou non), à un plaisir défendu. Si un de vos analysands désire votre femme, il faut qu'il refoule ça en vitesse, sinon vous seriez baisé (et cocu !). La plus simple mesure pour le refoulement de telles pulsions libidineuses est de parler doucement au patient, mais avec un gros bâton à la main. Ça intimide, en général.


Résistance : on appelle résistance le fait que le client n'a pas envie de payer. C'est TRÈS grave. Le bâton sus-mentionné est en l'occurence la meilleure thérapie, qui opérera des miracles.


Rêve : il paraît que les rêves ont un sens. Notre École ne s'en est jamais aperçue. De toute façon, l'on peut dire n'importe quoi sur le sens d'un rêve. Le client ne comprend jamais rien, ou alors, il a toujours tort (bien insister là-dessus).


Sadisme : vous pouvez tout faire à un patient, qui est là pour ça : lui faire l'arnour, lui cracher dessus, le tabasser, l'insulter etc. Le fait qu'il ne proteste pas excitera votre sadisme naturel. L'analyste forme avec l'analysand un couple sado-masochiste. (Voir à Masochisme).


Scène primitive : les clients prétendent avoir vu dans leur tendre jeunesse leurs parents faire l'amour. Mais incrustez-vous ceci dans la tête : ils ne racontent que des mensonges – ou alors, ce sont de grands saligauds !


Schizophrénie : maladie sans nom, ou plutôt nom sans maladie.


Sexualité : les analysés ne pensent qu'à ça. C'est pourquoi il est de bon ton, dans les cabinets de consultatlon psychanalytique, de suspendre aux murs des gravures graveleuses. Récemment, un accord commercial a été conclu entre notre École et les syndicats de sex-shops, qui promettent la livraison de livres et de matériel érotiques au meilleur prix. (Forts rabais ! Profitez-en, MM les analystes !)


Si vous avez compris, écrivez-nous ; vous avez peut-être gagné !

Soi : la totalité psychique ; l'ego fondamental ; ça fait bien de parler de soi et du Soi. Placez donc le Soi de temps à autre dans la conversation. Placé, il vous rapporte 100 teuros.


Stade oral, stade anal, stade génital : Si vous aimez bien bouffer, c'est le stade oral. Si vous aimez rester une heure sur le trône, c'est le stade anal. Enfin, si vous aimez faire l'amour (à un homme ou une femme), c'est le stade génital. C'est pas plus difficile que ça !


S.P.A. : Société de psychologie Analytique. Une société bien de chez nous, dont je suis (moi, Théodore DUJOBAR) le Président. Les autres membres n'ont qu'une importance minime. Dans la pratique, nous nous distinguons par notre aptitude à faire de l'argent avec rien (nous sommes en cela beaucoup plus forts que les autres sociétés de psychanalyse). Sur le plan conceptuel, nous brillons par notre absence, mais, du moment que nous avons les poches et le ventre pleins le reste n'est que foutaise, pour reprendre l'expression d'un de nos patients.


Subconscient : machin bizarre où se passent des choses encore plus bizarres. Si vous faites un faux-pas dans la rue, ou si vous oubliez un nom, vous pouvez vous exclamer : encore un tour de mon subconscient !


Sublimation : socialisation d'une pulsion. Si un patient est resté fixé au stade anal, et s'il fabrique des crottes en chocolat, vous tenez là un magnifique cas de sublimation.


Symbole : quand vous ne comprenez pas quelque chose, exclamez-vous : « Il doit y avoir un symbole là-dessous ! » Ça épatera le client.


Topique : moi, surmoi, ça : le moi, c'est quand vous dites : moi, je. Vous voulez quelque chose. Le surmoi, c'est un petit bonhomme qui interdit au moi de dire : moi, je. Le ça, on se demande ce que c'est que ça.


Transfert : il y a différentes formes de transfert. Le transfert positif, c'est quand par exemple une cliente veut vous embrasser. Quand on vous crache dessus, c'est un transfert négatif. Si vous répondez par une paire de gifles, c'est un contre-transfert. Enfin, si un client vous remet un chèque, et si vous le faites virer à votre compte en banque, c’est un transfert de fonds, la forme de transfert de loin la plus intéressante. (Nota : il existe aussi des transferts latéraux. Mais nous pensons qu'il doit s'agir là d'un terme technique de rugby, où l'on passe le ballon à un coéquipier en le lançant en arrière et latéralement. Remarquez au passage la connotation anale.)


Types psychologiques : c'est très facile. Il y a d'abord l'introversion (masturbation mentale) et l'extraversion (voyeurisme-exhibitionnisme). Vous avez ensuite les quatre types fonctionnels : le type Pensée (qui ne pense qu'à ça) ; le type Sentiment (qu'on ne peut pas sentir) ; le type Intuition (ou sale type) ; et le type Sensation (ou bordélique). Ça se complique un peu du fait qu'un type peut être introverti, extraverti et enfin – last but not least – inverti.


Volonté de puissance : théorie qu'Adler a piquée à Hitler.


Zone érogène : ne serrez surtout pas la main à vos patients ! Ils seraient capables de bander (ils sont capables de tout pour vous emmerder, même d'une bonne action !) Et de plus ils n'ont peut-être pas les mains propres.


Pour terminer ce rapide panorama psychanalytique, nous aurions voulu pointer ici deux concepts-clés de la psychanalyse, à savoir l'homme et la femme. Mais pour cela, il aurait fallu que nous [  ] notre secrétaire, et, diable, les temps sont difficiles de nos jours. Pas d'argent, pas de cuisse !


C'est pour cette raison, d'ordre purement matériel, que nous nous voyons obligés d'interrompre ici nos considérations théoriques.



₪₪  QUELQUES GRANDS NOMS DE LA PSYCHANALYSE  ₪₪


FREUD (Sigismund, dit Sigmund) : personnalité hautement répréhensible. Quand on dit de quelqu'un qu'il a des mœurs freudiennes, ça signifie que c'est un fameux cochon. Freud est le père putatif de la psychanalyse. Malgré son nom (qui signifie joyeux en allemand), Freud est le plus pessimiste des psychanalystes.


ADLER (Alfred) : son nom signifie aigle, en allemand. Le premier disciple de Freud qui ait volé de ses propres ai(g)les. Médecin viennois, handicapé par sa petite taille, il édifia la théorie de la compensation d'organe en développant un sexe de 32 centimètres et demi (développé-couché). Sa lecture est recommandée aux hommes qui pensent avoir un sexe trop petit.


JUNG (Carl Gustav) : son nom veut dire jeune en allemand. Adopter un sourire d'indulgence quand quelqu'un traite Jung de « débile moralisateur ». En fait, Jung est la métempsycose du Bouddha.


LACAN (Jacques) : le plus génial de tous. A écrit un fameux livre : Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (à savoir : Freud, Adler, Jung et Lacan) et également un autre livre : Sur les avantages et les inconvénients de porter une cape en vison, avec le curieux sous-titre : Ainsi se portera cette cape, – je parie. On lui doit cette phrase admirable : « La psychanalyse est un remède contre l'ignorance. Elle est sans effet sur la connerie ».




Un autre genre de fourrure... Ce tableau (L'Origine du monde) de Courbet
fut la possession de Lacan jusqu'à sa mort (merci à Samuel F. pour ses remarques)




(1) Le terme de consultant doit être pris dans son sens français classique : personne qui vient consulter un spécialiste, et non dans le sens anglo-saxon actuel.       Retour




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