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« Quand on vous reproche une faute de français, répondez que c'est un latinisme. »
Jean-Paul TOULET






Première partie




T : vingtième lettre de l'alphabet latin, le T vient du glyphe phénicien tau   (marque ou signe), qui a donné le tau grec ( Τ τ ), puis le T latin, – avec rotation de 90° à droite par rapport au glyphe phénicien.

T final : prononcé -tt. Cette prononciation, plutôt caractéristique des gens du Nord de la France, s'entend fréquemment : vingtt et non vingt (normalement prononcé comme vin), peutt et non peut (normalement prononcé comme peu), coûtt et non coût (prononcé normalement comme cou) etc. Le président Chirac a tendance à prononcer ainsi les finales en -t.

Tabac : sous l'influence des Étazuniens et de leurs class actions (actions collectives), le tabac est maintenant fortement attaqué dans tous les pays occidentaux. Une loi interdisait déjà l'usage du tabac dans les lieux publics en France depuis le 1er février 2007. Il est maintenant interdit de fumer dans tous les espaces publics depuis le 1er janvier 2008. Il est même interdit de fumer dans sa voiture s'il y a un enfant à bord (2014). Ces fatwas anti-tabac vont faire un tabac ! Quant au génie politique qu'est Jacques Attila, il déclare tout simplement : « Il faut interdire la consommation de tabac » (c'est la lecture de ses écrits qu'il faudrait interdire). L'État et les zotorités en place (médecins, associations anti-fumeurs, organismes de lutte contre le tabac) se penchent avec bienveillance sur notre santé afin de nous faire comprendre qu'il vaut mieux crever avec leur assentiment plutôt que de choisir notre propre mort.

Loteur n'est pas du tout fumeur (il n'a dû fumer dix paquets de cigarettes dans sa vie), et il a pourtant vécu durant toute sa jeunesse chez des parents, tous deux fumeurs – un à deux paquets de cigarettes par jour –, ce qui précipita assurément leur mort, puisqu'ils vécurent plus de quatre-vingt ans chacun. Loteur trouve ce néo-fascisme insupportable pour les citoyens, qui ne peuvent même plus assumer un lambeau de névrose. Le plus curieux, c'est que personne ne proteste contre cette fatwa, qui agit dans le cadre de la non-fumance et du politiquement fumeux, – théoriquement pour protéger la santé publique.

Mais il faut remarquer que, dans le même temps, l'accès à la santé est limité par des mesures iniques (franchises médicales), et la santé elle-même est mise en danger par l'autorisation de certaines cultures d'OGM, on ne peut plus pernicieux et nocifs (Monsalo), par la vente par la grande distribution de produits de plus en plus frelatés et pollués. Où est la logique ? Que fait-on du droit de désobéissance ? Et à quand l'interdiction totale de boire de l'alcool, comme dans les pays musulmans ? Cela va sans doute être remplacé par l'obligation de consommer du Caca cool.

Cette intolérance envers le plaisir est typique de l'esprit puritain nord-américain : on se souvient de la Prohibition et des effets néfastes et dévastateurs qu'elle a entraînés. Voilà que les anglo-Saxons remettent ça et, dans leur sillage, l'Europe. Les imbéciles décisions (2016) du paquet dit « neutre » et à dix euros ne feront qu'inciter les gens à acheter leurs cigarettes sur internet ou à l'étranger. Au fait, quand interdira-t-on la chanson « J'ai du bon tabac dans ma tabatière » ? Voir Alcool, Prostitution, Travailleuse du sexe.

D'Emil Cioran, cette citation : « C'est à coup d'excitants (café, tabac) que j'ai écrit tous mes livres. Depuis qu'il m'est impossible d'en prendre, ma "production" est tombée à zéro. À quoi tient l'activité de l'esprit ! ». Les officiels gouvernementaux et le pseudo-rigorisme moral de ceux qui nous gouvernent veulent interdire des plaisirs inoffensifs et réduire l'activité de l'esprit à zéro. Est-ce voulu ?

Retombée (in)attendue du sevrage du tabagisme : les sevrés gagnent des kilos et le nombre des obèses augmente, – avec tous les risques de problèmes cardio-vasculaires qui en découlent. C'est tomber de Charybde en Scylla. On ne peut que saluer le rigorisme moral des décideurs de nos sociétés évoluées.


Censure : la RATP et la SNCF ont poussé la connerie le ridicule jusqu'à retoucher
l'affiche de Jacques Tati et sa pipe pour prétendument respecter la Loi Evin (détail).
Imagine-t-on Maigret sans sa pipe, Gaston Lagaffe ou Lucky Luke sans leur clope ?

La censure anti-tabac montre des dents de plus en plus agressives, comme en témoignent ces lignes piquées sur internet : la Ligue [contre le cancer] revendique l'interdiction aux moins de 18 ans pour les films où figurent des marques de tabac et demande au ministère de la Culture de refuser tout financement à un film vantant la cigarette (1001 Mags point com, été 2012). Les mesures anti-tabac annoncées par le ministère de la Santé (printemps 2014) s'aggravent encore plus avec la décision de ne mettre en vente que des paquets « neutres » [sic], standardisés pour toutes les marques de cigarette, sans empaquetage valorisant une marque particulière. S'il est un nivellement par le bas, c'est bien celui-là. Selon les dernières rumeurs, le gouvernement français préparerait même un projet de loi pour que tous les citoyens soient des citoyens « neutres » (interchangeables, sans personnalité). Il serait plus simple d'interdire de fumer, comme le préconise Jacques Attila. Prohibition, prohibition, quand tu nous tiens... Solution de rechange : la cigarette électronique (cigarelle) ou vapoteuse.

Étymologie : emprunt à l'espagnol tabaco, au sens de cigare, lui-même emprunté à l'arawak de Cuba et d'Haïti.
« Les messagers que Christophe Colomb envoya dans l'île de Guahani, qu'il nomma San-Salvador, racontèrent qu'ils avaient rencontré plusieurs naturels qui tenaient en main un petit tison d'herbes dont ils aspiraient la fumée ; l'herbe brûlée se nommait cohiba, et le tison était appelé tabaco ; on a pris la partie pour le tout, et ce dernier mot seul a prévalu » MAXIME DU CAMP, Revue des Deux-Mondes, 1868, cité par Littré.

Table (de bistrot) : endroit privilégié derrière lequel on boit l'apéro, on joue aux cartes, on discute de politique ou des programmes de télévision, – bref un lieu où l'on sent battre une vie intense, et c'est là où se joue le destin de la France et de l'Europe. C'est, avec le comptoir, le sujet de nombreuses brèves.

Étymologie : table, du latin tabula : planche. Le latin avait un autre mot pour table, c'était mensa (cf. mess, commensal ...)

Bistrot : on a fait longtemps venir du mot russe быстро (bystro) : vite ! Mais cette étymologie est fausse, et le mot bistro(t) serait en relation avec troquet, aphérèse de mastroquet : débit de vins.

Tablette : ce mot ne désigne plus les tablettes d'argile, sur lesquelles on traçait des signes cunéiformes, ni nos traditionnelles tablettes de chocolat, mais tend à remplacer les termes français classiques : comprimé (pour les médicaments), pastille ou dose (pour les produits ménagers). Une boîte de 50 tablettes pour lave-vaisselle. Souvent écrit 'tablets' sous la plume des néo-crétins impénitents. Importation frauduleuse de l'anglais.

Nouveau sens de tablette : ce mot désigne maintenant aussi un appareil informatique plat et de petites dimensions, un mini micro-ordinateur en quelque sorte. L'addiction aux SMS et autres MMS, n'est pas sans conséquences pour la santé. [...] En augmentation constante, l'envoi de SMS et de MMS se rajoute à une utilisation exponentielle des tablettes (Destination Santé point com, 19.12.2013). Il ne s'agit évidemment pas des tablettes évoquées au paragraphe précédent quoique, selon l'article, S.M.S. et M.M.S. provoqueraient des ennuis de santé, et l'absorption de tablettes (comprimés) serait donc un moyen de soigner ces petits maux dus aux tablettes. Le fait que le french government a décidé de pourvoir les élèves de tablettes au lieu de continuer l'apprentissage traditonnel de l'écriture (encre, papier) marque le début de la néo-crétinisation finale, avant que nous soyons tous vaporisés par la cyber-police de la Pensée.

Étymologie : diminutif de table ; voir rubrique précédente.

Tabloide, tabloïde, tabloïd (anglicisme, prononcer tæblɔɪd) : un tabloïde ou tabloïd est un support de presse relevant de la presse dite people ou de la presse à sensation : grandes photographies, gros titres, journalisme superficiel. Ni journal, ni magazine, ce genre de media est typique de la presse anglo-saxonne : vulgarité, mauvais goût, étalage de vies privées ... Le directeur du magazine L'Express, magazine que Dominique Strossky avait accusé d'être un tabloïde, a répondu : ... vous savez bien que L'Express n'est pas un tabloïd. Le directeur du magazine adopte la graphie anglo-saxonne, ce qui n'est pas en soi un bon signe. Autre exemple : Les trois suspects sont soupçonnés d'appartenir à une bande de cambrioleurs, a précisé le tabloïd britannique, et ont effectué un grand nombre d'appels aprês la disparition de Madeleine McCann (Le Monde point fr, 29.01.2014).

En France, les journaux sont tirés sur du papier, de qualité médiocre, appelé « papier journal ». Les tabloïdes anglo-saxons sont, eux, tirés sur du papier toilette (« pécu »), souvent déjà usagé et souillé – ce qui le relie à son ancienne fonction dans les W.C. d'il y a cinquante ans. Cependant, un certain nombre de magazines français adoptent eux aussi le papier-toilette (« pécu ») et le style des tabloïdes anglo-saxons (Putain, 4 ans... de Marianne ; Casse-toi, riche con ! de Libération).


Étymologie : du français tablette, + suffixe grec -oid (-oïde en français), dans les sens d'image, d'idée, de forme.

Tabou : il s'agit, dans les îles polynésiennes, d'un interdit à caractère social ou religieux qu'il ne faut pas transgresser (ne pas toucher à une femme qui a ses règles, ne pas toucher à une femme qui vient d'accoucher etc.) sous peine de châtiment par les esprits. Les psycho-sociologues se sont emparés du mot, et tabou désigne pour eux tout sujet censuré par les convenances sociales (tout ce qui tourne autour du sexe surtout), source de refoulements. Et maintenant le politiquement correct pratique le tabou à tout va sur des sujets difficiles : une certaine religion monothéiste, la circoncision, l'excision, la polygamie, les quotas réservés à certaines parties de la population, les statistiques “ ethniques ” etc. Tabou signifie dans ce cas-là : silence, omerta, black-out, interdit, interdiction d'évoquer ou d'aborder tel ou tel sujet... Le châtiment, en cas de transgression, ne sera pas religieux, mais civil sous la forme d'une citation à comparaître ou de poursuites judiciaires, ou le déchaînement hystérique et vengeur de certains organes de presse.

Il existe à côté de cela, des tabous alimentaires, à savoir des interdits frappant telle ou telle nourriture : par exemple interdiction de consommer de l'alcool, exigence de nourriture halal pour les musulmans, avec comme conséquence la disparition progressive du cochon dans les cantines scolaires, etc. Ça n'a pas l'air, apparemment, de rendre plus sociables ceux qui respectent ces tabous, mais au contraire cela les coupe de plus en plus de la civilisation occidentale, – et de la civilisation tout court, car ce sont des tabous vieux de plusieurs siècles. Les gens respectant les tabous s'excluent eux-mêmes de la communauté, et veulent remplacer la commmunauté dans laquelle ils vivent par leur propre communauté. Il n'en est pas tout à fait de même des végétariens, ou des Juifs, qui n'ont pas ce caractère exclusif des tabous religieux musulmans : ils n'entendent pas éliminer la communauté dans laquelles ils vivent (). On voit bien là que les tabous alimentaires des musulmans ont un rôle social, juridique et politique, – et non plus seulement religieux et alimentaire, comme pour tout ce qui est régi par le Coran. Notons au passage que le principe de laïcité, cher à la french Republic, est ici mis à mal. Voir Porc.

() Il faut remarquer par exemple que les Juifs n'ont jamais exigé la suppression de la nourriture non casher dans les cantines. Ils vont tout simplement ailleurs.


Étymologie : emprunt au polynésien tabou ou tapou.

Tacle (anglicisme, prononcer tækəl) : terme venu tout droit du fouteballe et qui signifie : coup de pied bloquant (pour déposséder l'adversaire du ballon). Avec le verbe tacler, souvent utilisé au sens figuré au sens de (donner un) coup par derrière, (donner un) coup déloyal, (agir par) traîtrise, [manœuvre destinée à] contrer [une action], prendre le contrepied, contrecarrer, rembarrer, critiquer, s'en prendre à ... Les synonymes sont légion. Exemples : Lilian Touram tacle Nicolas Sarkozy. Ou bien : Défenseur numéro un de la nouvelle star de la pop (Lady Gaga est d'ailleurs la marraine de son fils Zachary), Sir Elton John ne s'est pas privé pour sévèrement tacler la Madone (Gala point fr, 06.08.2012). Tacler = critiquer. Noter que le rédacteur ou la rédactrice donne du Sir à Elton John, alors qu'en France, on s'en fout. Ou encore cet exemple : La CNIL tacle la loi Hadopi : critique la loi Hadopi, est contre la loi Hadopi ou, si l'on tient à rester dans le domaine physique, fait un croche-pied à la loi Hadopi. Et puis : Invitée du Grand Journal, l'actrice [Isabelle Adjani] n'a pu s'empêcher de tacler celle qu'elle devrait bientôt incarner au cinéma [c-à-d Anne Sinclair] (Programme-TV point net , 28.08.2012). Tacler : critiquer, faire des remarques désobligeantes contre, démolir, dézinguer, se moquer de, ironiser sur, s'en prendre à ??? Ras-le-bol de ces néo-verbes passe-partout !


Sur quel terrain a eu lieu la rencontre entre ces deux noms du fouteballe français ?
(Entre fouteballeurs, c'est normal qu'on se « tacle ».)

Autre exemple, où le verbe tacler ne peut se rendre que par une périphrase : 'répondre de façon perfide', 'remettre à sa place'. "Vous, la porte-parole du candidat du peuple, pouvez-vous nous dire combien coûte un ticket de métro?"   Réponse de NKM : Un grand Euhhhhhh, un long blanc puis : "....quatre euros et quelques ?" "1,70 €", tacle Nicolas Poincaré sans même un raclement de gorge et sans rire car il est poli. On appréciera sa délicatesse parce que quatre euros le ticket de métro, quand même !!! (tacler pourrait aussi être traduit par reprendre). Encore un exemple : Mais la description d'un reportage qui a marqué le président permet de comprendre que Nicolas Sarkozy tacle en fait l'émission de Thomas Sotto (tacler = critiquer, dénoncer ?). C'est pratique, les verbes de la néo-langue : on peut leur faire dire ce qu'on veut. Ce qui convient parfaitement au style (merdique) de la plupart des rédacteurs.. C'est en tout cas un signe des temps, on constate que le vocabulaire du sport envahit le français. Voir cette rubrique dans le chapitre Sport.

Le verbe tacler peut aussi être employé de façon absolue : "Après s'être fait connaître grâce à l'émission et avoir bien gagné sa vie, je ne le trouve pas très reconnaissant. De toute façon, il ne l'a jamais été...", a taclé le présentateur vedette de France 2 alors qu’il répondait à une interview pour parler de son livre On préfère encore en rireé (sic, Gala point fr). « A taclé » = a critiqué, a dénoncé, a reproché, a accusé ?

Étymologie : anglais to tackle : emmêler, empêtrer. Anciennement : fournir un équipement, harnacher un cheval. Le sens d'empoigner, plaquer est attesté dès la fin du XIXe siècle.

Tactile : désormais, avec les techniques inaugurées (initiées en néo-crétin) par les ethnies anglo-américaines, nous sommes passés de la main et du poignet (écriture traditionnelle) aux dix doigts (machine à écrire, clavier informatique), puis à un ou deux doigts (technique des ipades ou aïpades) : tout se fait dorénavant par simple appui des doigts sur un écran, appelé écran tactile. Loteur tient à mettre mettre le doigt sur le fait qu'il s'agit plus d'une régression que d'une véritable amélioration. Ceux qui s'imaginent que c'est un progrès pour l'esprit humain se mettent le doigt dans l'œil.

Prochaine étape : la voix. Plus besoin de savoir écrire ; il suffira de dicter à un appareil électronique qui mettra en forme un document. Seule condition : savoir parler. C'était notre rubrique : On n'arrête pas les regrets.

Étymologie : du latin tactum, supin du verbe tango, tangere : toucher.

Tag (anglicisme, prononcer tæg) : de l'anglo-saxon tag = marquer, marqueur. Équivalent français : graffiti, mais dans un sens particulier : logo ou signature personnalisés). Synonyme, pour quelques intellectuels, de forme artistique achevée, au même titre que le rap au niveau musical. Cette forme archaïque d'expression et de revendication (les fameux albums latins – ou murs peints à la chaux – recueillaient déjà les premiers tags ou graffiti) enlaidit nos cités chaque jour davantage. Ils sont l'expression d'on ne sait quelle revendication de territoire, ou d'une haine crachée aux yeux des citadins. Nos jeunes taguent – ou plutôt caguent sur les murs. Oxymore bien-pensant : on ne dit plus taguer, mais « habiller la ville de couleurs ».

Parfois, mais rarement, ces tags peuvent prendre une forme artistique réussie. En français on trouve bombeur, bomber, – allusion aux bombes à peinture. Voir Jeunes, Rap.


Tag pour cacher la laideur d'un mur de banlieue
Reproduit avec l'aimable autorisation de Moussa AMGHAR

Tag veut dire en informatique et sur internet : étiquette, rubrique, voire mot-clé : Tags : France États-Unis Présidence Sarkozy Libye Barack Obama, peut-on lire à propos d'un article sur internet à propos de l'exécution du colonel Kadhafi, chaque mot "pointant" (renvoyant) vers une série de liens.

Adjectif : tagué, ou mieux tagged pour ceux qui valorisent l'anglois aux dépens du français : Posts Tagged ‘empreinte carbonique’.

Étymologie : de l'anglais tag : morceau de chiffon pendant. Le sens moderne de tag (étiquette) date du XIXe siècle.

Taiseux (régionalisme : Est de la France, Belgique) : personne silencieuse, taciturne. Mon père était un taiseux. On trouve de temps en temps ce régionalisme. Bien que son emploi ne se justifie pas vraiment, ce mot est cependant préférable à un anglicisme.

Étymologie : vient du verbe taire.

Talk-show (anglicisme, prononcer tɔ:k ʃəʊ, tôk chaud ou à peu près ; mais cela n'a rien à voir avec du talc chaud) : émission-débat, débat télévisé. Il [M. Polac] a acquis une grande notoriété en animant l'émission "Droit de réponse" sur TF1 d'avant la privatisation, tous les samedis soirs. C'était une émission tardive, le premier talk show à la française (Rakotoarison point over-blog point com, 11.08.2012). Autre exemple : L'annonce du tournage d'un pilote de talk-show pour l'access de M6 a affolé plusieurs médias cette semaine. Mais que prépare vraiment la chaîne ? (Ozap point com, 24.05.2014). Le tournage d'un pilote ne concerne pas une émission sur un pilote (de course ou d'avion), mais une émission-pilote (la première d'une série). Noter le mot access, qui ne signifie pas un accès (décidément, il faut tout décoder), mais une émission avant le sacro-saint J.T. Et l'expression talk show est-elle si compliquée à prononcer que beaucoup d'animateurs de la french TV n'hésitent pas à parler de « talk » tout court.

En matière de terminologie, France-terme (sic) propose : débat-spectacle ; loteur propose : émission blabla. Phénomène notable du néo-crétinisme télévisuel, les talk-shows sont devenu(e)s, après l'éviction de Michel Polac, des émissions de télévision où l'on invite n'importe qui – vedettes, personnages politiques ou médiatiques du moment – pour qu'ils se donnent en spectacle en parlant d'eux-mêmes ou sur des 'sujets de société'. Les talk-shows occupent la deuxème partie de la soirée ou night time [naïte taïme] dans le jargon de la télévision française. Ces émissions bla-bla, ennuyeuses au possible, sont présidées par des animateurs impertinents et manipulateurs, aux dents longues, plus hommes d'affaires qu'hommes de spectacle et plus soucieux de se mettre en avant que de valoriser leurs invités. Ils sont capables de montrer leurs fesses pour faire de l'audience, c'est-à-dire du fric.

Les talk-shows sont aussi des débats télévisés à propos de tout et de rien – le plus souvent, de rien. Les talk-shows ont la prétention de traiter de l'ensemble des problèmes sociaux, psychologiques ou politiques du moment, qu'ils soient nationaux ou internationaux. Ces émissions, au même titre que les reality shows, ont un budget réduit et ne coûtent donc pas cher, d'où leur prolifération, accroissant par là le rôle et l'influence de la « télécratie ». Voir Reality show.

Étymologie : talk, dérivé de tale : conte, histoire. Tale, racine indo-européenne signifiant conter ou compter. Cf. allemand Zahl : nombre, chiffre.

Pour show, voir la rubrique Show.

Tangenter : c'est nouveau, ça vient de (res-)sortir. Le verbe tangenter doit vouloir dire jouxter, être près de, toucher. La ville de XXX, tangentant la frontière chinoise ... Autre exemple : C’est bon l’humour quand on tangente quelque chose de la réalité (N. K.-M.). Quand ça touche, effleure, concerne quelque chose de réel ? Quand un homme ou une femme politique s'exprime ainsi, c'est vraiment le français qui prend la tangente.

Étymologie : du latin tango, tactum, tangere : toucher. Tangenter veut dire : être tangent à, c'est-à-dire toucher une ligne ou une surface en un seul point.

Tanguy : prénom masculin d'origine celtique. Ce prénom a été popularisé par un film d'Étienne Chatiliez (2001), qui dépeint la vie d'un trentenaire qui ne veut pas sortir du cocon familial. Par antonomase, ce prénom sert à désigner un jeune adulte qui continue à vivre chez ses parents. La société actuelle produit de plus en plus de tanguy(s ?), en raison d'un contexte économique difficile, et d'une infantilisation systématique des citoyens. Je sais bien que les médias essaient de faire croire à notre génération que nous sommes d'éternels adolescents assistés, des Tanguy ayant peine à quitter le giron familial... (Cultural Gangbang point com, 03.12.2008).

Étymologie : Tanguy, prénom d'origine celtique qui signifie « chien de feu ». Breton tan : feu, et ki : chien.

Tant : déniché à la cîme du néo-cretinus vulgaris, cet arbre si commun dans nos riantes contrées : Pourtant, on n'en attend jamais parlé ! Loteur suppose (il en est réduit aux suppositions) que cela veut dire : On n'en a tant jamais parlé.

TAO (Traduction Assistée par Ordinateur) : traduction délirante et très approximative faite par des programmes destinés à traduire d'une langue vers une autre. Les robots-traducteurs en sont un (mauvais) exemple. Voir Robot traducteur.
Au point de vue anecdotique, il n'est pas inintéressant de noter que le caractère chinois tào signifie marcher, mais aussi et surtout en chinois classique : parler, dire. C'est également la philosophie du Tao du vieux maître Lao-tseu : « Un yin, un yang, c'est le Tao ».

Étymologie : Traduction, du verbe traduire : faire passer, transférer. Latin traduco, traductum, traducere : conduire au-delà, faire passer, traduire. De tra- ou trans : au-delà, et duco, ductum, ducere : tirer, mener, conduire.

Assisté, participe passé du verbe assister ; du latin adsisto, adsistere : se placer auprès ; de ad : à, et de sistere : être debout. Sisto est une autre forme de sto, stare : se tenir debout. Cf. le français stable.

Ordinateur, voir la rubrique Ordinateur.

Tapette : homme douillet, selon un éminent penseur, spécialiste de la collecte de pièces jaunes : « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes ». Voilà des propos inimagimaux de la part d'un pourfendeur de la langue française.

Étymologie : diminutif de tante, tata (?), pour désigner un homosexuel passif.

Taquet (être au ~) (argot de motoristes) : être bloqué sur une vitesse donnée ; signifie donc dans la logique des créateurs de cette expression non pas être bloqué, mais être au maximum de ses possibilités, « être au top », pour parler comme les néo-crétins. Ce qui en soi semble illogique : quand on est bloqué, on ne peut être au maximum de ses possibilités. Sélection de livres de non-fiction (?) pour être au taquet à la rentrée (Madmoizelle point com, 04.09.2015).

appel :  le taquet, c'est une cale. Le taquet sert donc à caler, à bloquer.

Étymologie : taquet, venant de estaque, forme normale de l'ancien français estache : pieu, poteau. Selon Littré, diminutif de l'ancien français tac, qui signifiait clou, pointe ; espagnol taco : clou, cheville.

Tarmac (anglicisme, abréviation de tarmacadam, marque déposée) : le tarmac est l'endroit où les avions stationnent ou circulent ; ce n'est pas la piste d'envol. L'avion attend sur le tarmac. C'est devenu pour les journalistes mochécons une piste, une aire d'atterrissage. L'avion transportant les otages s'est posé sur le tarmac de Villacoublay annonce on ne peut plus sérieusement une journaliste. Plus étonnant encore, cet emploi de tarmac découvert sur un article web (chronique auto de Yahoo) : Le tracé de la route a donc été modifié cet été et le tarmac a été changé. Il s'agit ici d'une route à deux voies. Le néo-rédacteur a peut-être voulu écrire ‘macadam’ (technique d'empierrement des chaussées).

Étymologie : troncature de tarmacadam, juxtaposition de tar qui veut dire goudron en anglais, et de macadam, méthode de pavage inventée par l'Anglais Mac Adam. Cela désigne les espaces d'un aéroport revêtus de "tarmac", en particulier la zone où s'effectuent l'embarquement et le débarquement des passagers.

Tartufferie : c'est ainsi qu'on peut qualifier la morale et l'attitude des grandes entreprises étazuniennes. Lu sur un article de lexpress point fr concernant l'informatique : « oxB16B00B5. A priori, cette suite de chiffres et de lettres n'a pas vraiment de quoi choquer [...] Car si l'on inspecte de plus près ce qui n'est qu'un charabia pour bon nombre d'entre nous, on peut isoler la suite B16B00B5, qui dessine plus ou moins les mots anglais BIG BOOBS. Ce qui peut se traduire - quelle horreur!- par gros nichons dans la langue de Molière [...] Ce féministe convaincu révèle au passage que la première version du code utilisait une chaîne de caractères tout aussi choquante: 0x0B00B135, laissant ainsi apparaître le non moins osé "BOOBIES" » (nichons). Choquer, horreur, choquante, osé : tout ça à propos de « nichons ». Et la société Micromou de réagir : Dès l'instant où il a été alerté, Micromou s'est en effet empressé de publier un communiqué. "Nous remercions la communauté pour nous avoir rapporté ce problème et nous nous excusons pour cette chaîne offensante". Chaîne offensante ! Couvrez ce sein que je ne saurais voir, MM les tartuffes. Il va falloir exiger des excuses de la part de tous les peintres qui osé représenter la nudité féminine. Inutile, d'autre part, de préciser que les Étazunis sont le plus grand fournisseur mondial de produits pornographiques, ce qui ajoute une couche au cynisme hypocrite des Étazuniens.

Étymologie : tartuf(f)fe, emprunt à l'italien tartufo, attesté dans un sens péjoratif : trompeur, imposteur. Issu métaphoriquement de tartufo : truffe, du latin populaire *terrae tufer : truffe, où *tufer représente la forme osco-ombrienne du latin tuber : tumeur, bosse, truffe. Cf. italien truffa : truffe, puis plaisanterie et tromperie. Cf. en français l'expression « bonne truffe », dans le sens de naïf.

Task force (anglicisme, prononcer ta:sk fɔ:s) : l'expression anglaise task force désigne une force opérationnelle, ou un groupe de travail ou de réflexion, ou encore une commission spéciale auxquels on donne des objectifs précis, souvent à court terme. La Task Force du Conseil de l'Europe pour combattre la violence à l'égard des femmes, y compris la violence domestique ... Commission ou groupe de travail, c'est d'un commun ! En anglais, taskforce (en un seul mot) signifie 'corps expéditionnaire'. Il faut prendre les armes contre l'anglicisation à outrance.

Étymologie : task, du vieux français tasque, tasche (tâche). En provenance du latin taxo, taxatum, taxare : estimer, évaluer, puis imposer, avec métathèse task ↔ tax. Bas-latin taxa : taxe, ce qui est imposé.

Force, du français force. De l'adjectif latin fortis : fort. Le neutre pluriel (fortia) a donné directement force.

Tatane : lu ces lignes distingées dans le point point fr, qui n'a vraiment pas l'air de faire dans la dentelle : Le bruit réveille Frykowski qui s'était endormi sur le canapé. À peine se redresse-t-il qu'un grand coup de tatane dans la gueule lui fait comprendre qu'il a affaire à un visiteur soupe au lait (le reste à l'avenant). Et c'est signé par deux (oui, deux) rédacteurs. Ce style est d'autant plus déplacé qu'il s'agit de la narration de l'assassinat de Sharon Tate par les sbires de Charles Manson.

Tattoo (anglicisme, prononcer tətu: ou tatou) : un tatouage. Ne pas confondre avec l'animal tatou, qui lui n'est pas tatoué ou alors rarement (sa peau est trop dure)... Le tatouage, ou tattoo, a l'air de se répandre comme une traînée d'encre, et touche maintenant (écrit en 2011) mannequins et vedettes, qui s'encanaillent et enlaidissent leur corps avec des dessins ou des inscriptions, la plupart du temps sans aucun goût. Le plus souvent, ce ne sont que de simples décalcomanies. Voir Piercing.


"Tattoo faux"

Le tatouage (sic) en informatique est un procédé qui consiste à verrouiller le système d'un ordinateur où Windaube a été préinstallé. On ne peut installer aucun autre système (comme Linux), et parfois même on ne peut pas changer des composants matériels défectueux, car autrement, le système refuse de marcher. En plus de l'illogisme de l'expression, cela est typique du mercantilisme étazunien. Exemple lu sur internet (quelle mine, décidément, internet !) : Ces fichiers sont tatoués. Grâce à cette mesure de protection, [...], vous ne pouvez pas les transmettre via internet.

Étymologie : indonésien tatau ou tattu : scarification. Quant à l'animal tatou, il se dit armadillo en anglais, mot venant de l'espagnol, littéralement : celui qui est armé (latin armatus, part. pas. du verbe armare : armer). Le mot français tatou vient du tupi (peuple du Brésil) tat : tatou.

Taxer : prendre, voler, dans le langage de jeunes. On m'a taxé mon cuir et mes santiags (on m'a pris mon blouson et mes bottes).

Substantif : taxe. On sait que les diverses taxes du fisc (T.V.A. etc.) sont aussi de véritables vols (« le racket fiscal »). La fameuse taxe carbone (sur le carbone ? sur le CO2 ?) elle aussi fait partie de ce racket.

L'État va-t-il bientôt taxer l'air qu'on respire, après avoir taxé l'air prétendument pollué par les citoyens (CO2) ? Un économiste japonais a, quant à lui, proposé de taxer les citoyens sur leur beauté et ce, pour « freiner le célibat ». En matière de taxations, on n'arrête pas les délires des « économistes » et des politiciens. L'empereur romain Vespasien avait bien établi une taxe sur les urinoirs...

Étymologie : latin taxo, taxare : toucher souvent, estimer, évaluer. Fréquentatif de tango, tactum, tangere : toucher.

Tazer, taser (américanisme, marque déposée) : pistolet à décharge électrique, censé équiper des unités spéciales de police. Le pistolet tire deux dards, reliés à deux filins. La portée est de 10 mètres env. Les dards se plantent dans la victime et délivrent un courant de faible ampérage (2 milli-ampères) mais de très haut voltage (50.000 volts), paralysant la victime ou la faisant se tordre de douleur. Une grande conquête de la civilisation et du néo-crétinisme. À ne pas utiliser contre les cardiaques. On n'est pas très loin de la gégène.

Aux dernières nouvelles, le fabricant de ce joujou de mort préconise de l'utiliser avec précaution, en ne visant pas le torse. De quoi se tordre de rire.

Étymologie : nom d'une marque commerciale.

Tchéquer (néo-crétinisme) : vérifier. N'a rien à voir avec la Tchéquie. Voir Checker.

Tchip, tchiper, tchipage : loteur a repéré ces mots onomatopéiques au détour de certaines phrases : Au moment où vous vous apprêtez à descendre du wagon, vous bousculez un jeune homme, qui en l'espace de trois secondes vous lance un regard méprisant et vous tchipe (Slate-Afrique point com, 09.10.2012). Autre exemple : Le «tchipage», son d'origine africaine se répand dans les classes de collèges et lycées, ce qui exaspère les professeurs (Le Figaro point com, 03.06.2015). Explication : « Le tchip est une onomatopée produite par un mouvement de succion des lèvres contre les dents parallèlement à un mouvement opposé de la langue. Le tchip, c'est encore plus fort qu'une insulte » (Slate-Afrique point com, 09.10.2012). Pour Christiane Taubira, – représentante d'une communauté visible et linguiste éminente, qui l'avait employé pour répondre à des détracteurs du Front National –, il s'agit d'un « concentré de dédain » (sic). Loteur, bien qu'ayant subi une formation en linguistique, se sent incapable de reproduire ce mouvement des lèvres, des dents et de la langue, pour produire ce son. Le tchip est caractéristique, semble-t-il, des communautés noires ou immigrées et il constitue, sur le plan linguistique, un apport intéressant de la civilisation africaine à l'Europe.

Tchuss ou Tschüss (germanisme) : 'salut' ou 'au revoir' (langage de jeunes). Allez, tchuss, à demain ! On trouve aussi la graphie tshouss. Au reste, maintenant, chacun écrit et parle comme il lui plaît. Fait assez rare, ce mot vient de l'allemand (peut-être avec l'engouement pour Tokio Hotel).

Tschüss, tchuss, tchouss n'ont rien à voir avec 'tout schuss' (= directement, tout droit).

Étymologie : allemand Tschüß (le eszett ß se fait en appuyant sur Alt à gauche de la barre d'espacement, + 225 sur le clavier numérique). Tschüß est le terme allemand employé de façon amicale et familière pour se saluer lorsqu'on se quitte (salut ! dans le sens d'au revoir et non de bonjour). À Düsseldorf on entend généralement une forme courte : tschö !

Ce terme vient du latin ad deum, par l'intermédaire de l'espagnol adiós et le bas-allemand adjüs. Probablement d'influence des Pays-Bas espagnols... Un autre terme avec cette même origine existe : ade. Il a peut-être transité par le français adieu avant de passer en allemand et garde un caractère de séparation longue, que tschüß (aussi écrit tschüs) n'a plus. Explications ICI.

Team (anglicisme, prononcer ti:m ou timm) : le terme équipe était sans doute trop vulgaire, banal ou inintéressant. Désormais on a affaire à un team. Votre Team prend votre affaire en charge (on se sent tout de suite rassuré). Notez au passage les termes 'VotreTeam' (au lieu de 'notre', façon de s'exprimer typiquement anglo-américaine) pour mieux impliquer le client ou la personne en cause. Autre exemple, piqué dans la presse de haute tenue : Belle et intélligente [sic], la journaliste Léa Salamé s'apprête à intégrer la team de l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier (Pure trend point com, 10.06.2014).

Étymologie : vieil anglais team : animaux tirés sous un joug ; cf. allemand Zaum : bride. racine indo-européenne *deuk : tirer, qui a donné en latin duco, ductum, ducere : tirer, mener, conduire.

Teaser (anglicisme, prononcer ti:zə(r) ou tizeur) : terme de publicitaire, et donc à proscrire, signifiant message aguicheur. En fait, le teaser est l'accroche publicitaire, qui intéresse ou surprend la cible, c'est-à-dire le consommateur, c'est-à-dire la victime de cette technique de captation d'attention. The Expendables 2 : Le premier teaser ! titre un article sur internet. Ici, teaser serait plutôt synonyme de bande-annonce ou de présentation. Pratique, la novlangue à l'anglo-saxonne : un mot ou une expression veulent dire tout un tas de choses.

Étymologie : le mot teaser vient du verbe to tease, d'une racine *taisijanan signifiant jeter, tirer. Le sens de taquiner est apparu au XVIIe siècle (etymonline). Le dictionnaire Harrap's de loteur signale que teaser veut dire “ colle ” (problème).

Teasing (anglicisme, prononcer ti:zɪŋ) : technique de publicité, consistant à aguicher le chaland par un premier message plus ou moins mystérieux, puis par d'autres, révélant le but de la campagne. Équivalent français : aguichage. Trouvé dans la presse : Le magazine people fait du teasing sur son site internet en annonçant la publication exclusive ce vendredi de photos de la Duchesse de Cambridge les seins nus (20 minutes point fr). Remarquer le D majuscule de duchesse (on ne met de majuscule, dans les titres nobiliaires, que lorsqu'on s'adresse directement à la personne concernée). Et puis, comme toujours, petite corvée pour loteur, qui consiste à aller chercher sur Gougueule un site qui donne la signification d'un mot que le néo-rédacteur ne se donne pas la peine de traduire ou d'expliquer. Merci à Wikipédia. Loteur pensait naïvement que le magazine people dont il est question faisait faire du strip-tease à la duchesse.

Étymologie : voir rubrique précédente.

Technicien(ne) de surface (néo-crétinisme) : homme ou femme de ménage. Si une femme de ménage fait des ménages, un technicien de surface technique des surfaces (du verbe techniquer, néologisme signifiant avoir une maîtrise manuelle). Ça vous prend tout de suite un aspect plus moderne, mais est-ce mieux nettoyé ou payé pour autant ? Voir Compliquer, Politiquement correct.

Étymologie : technicien, -ne : celui ou celle qui utilise ou maîtrise une technique. Emprunt au grec
τεχνικός (technicos) : qui concerne un art, venant de τεχ́νη (technê) : art manuel.

Surface, du latin superficies : partie supérieure, surface, composé de super : sur, au-dessus, et ficies (facies) : forme, aspect, air, face.

Techno (musique ~) : ce genre de « musique », qu'adore un certaine partie de la jeunesse, est surtout faite de rythmes répétitifs et épouvantablement abruitissants. Ce type de « musique » est très prisée des jeunes dans les rave-parties.

Étymologie : techno, apocope de technique. Voir rubrique précédente.

Technologie (américanisme) : veut maintenant dire technique, procédé, procédé technique. Normalement, la technologie, c'est l'étude des techniques, la philosophie des techniques. C'est plus exactement « l'étude, la description, le savoir organisé, la codification, l'explication des techniques » (Wikipédia). Fait mieux que le mot 'technique' tout court. Apparemment, pour les néo-crétins, allonger un mot, c'est allonger la pensée. Le mot technologie s'emploie maintenant à toutes les sauces. Toutes les réclames (pubs) pour les automobiles, l'informatique, les produits de beauté etc. insistent sur la technologie avancée des produits qu'elles vantent. Un coiffeur ira même jusqu'à parler de technologies capillaires, un jardinier de technologies de gestion des espaces arborés. Et puis cette phrase qui a plongé loteur dans des abîmes d'étonnement : On se contentera de remarquer que la division technologique de Sony est un concurrent officiel d'Apple. Qu'est-ce qu'une division technologique ? Il est vraisemblable que cela veuille dire : service technique. Mais on ne peut s'empêcher de parodier la boutade cynique de Staline : « Sony, combien de divisions ? » Il est parfois difficile de « traduire » le mot technologie, en raison du flou technique qui règne autour de ce mot : En revanche, de nouvelles technologies médicales réussiront sans doute à prolonger péniblement la vie de certains malades de quelques mois, à un coût de plusieurs vingtaines de milliers d'euros par personne. Est-ce que technologie est synonyme de technique ou ici, simplement, de progrès ?

Le simple mécanisme d'une cruche en terre cuite avec un clapet pour faire couler de l'eau est qualifié de « technologie d'avenir » : Le canacla, objet d'art en céramique ou fer forgé, permet d'utiliser trente fois moins d'eau lors du lavage des mains. Une technologie d’avenir pour mieux gérer problèmes sanitaires. Quant aux matelas, c'est bien simple, ils sont eux aussi technologiques : « Les matelas Machin bénéficient d'une technologie intelligente » (il y a aussi des technologies cons, mais elles sont réservées aux pauvres). Enfin, fin du fin, il existe également des technologies de merde, comme dans cette annonce : Un Britannique a développé une technologie qui permettrait de se débarrasser intelligemment des crottes de chien (20 minutes point fr).

Compendieusement, le mot technologie remplace le mot 'technique' dans la plupart de ses acceptions. Dans l'absolu, il signifie à peu près 'technique de pointe', 'technique avancée'. C'est pour cela que l'exemple suivant n'a pas manquer de surprendre loteur : Fan de technologies de pointe, vous ne pouvez pas vous passer des outils de communication en vogue. Les technologies de pointe, ce sont sans doute des techniques encore plus avancées que les techniques de pointe. On n'arrête pas le progrès.

Il est vrai que tout ce qui avant était technique est, de nos jours, devenu technologique, de même que tout ce qui dépendait des spécialistes dépend désormais des experts. Technologie, cela fait "technique de pointe", avec un côté moderne et avancé, avec une connotation électronique ou informatique. Il n'empêche que la technologie a un côté futuriste et Big Brother (surveillance ou "protection" électronique) qui aliène la liberté des citoyens. La technologie est le plus sûr allié de la dictature politico-industrielle.

Au point de vue linguistique, l'influence de l'anglo-américain a introduit une confusion terminologique regrettable, qui conduit la plupart des gens à employer le mot « technologie » au lieu de 'technique', car paraissant plus savant. Il en est de même avec le mot méthodologie, abusivement employé au lieu de 'méthode' (méthodologie : étude ou philosophie des méthodes dans les sciences). C'est notre Descartes national qui aurait été heureux de rédiger « Le discours de la méthodologie ». Voir aussi Météorologie, Pathologie. L'emploi de tels mots doit faire plus savant ou plus sérieux dans l'esprit des néo-crétins. Et la propagation des mots technologie, technologique est peut-être en partie due au fameux sigle M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology = Institut de Technologie du Massachusetts).

A donné un substantif dérivé de l'adjectif technologique. Exemple amusant, trouvé sur un site internet : La technologique vous intéresse ? Cliquez ici. Substantif dérivé technophile : qui apprécie et suit le progrès technique. Pour alex 19, technophile hors pair, la meilleure formule est d'acheter d’occasion (chronique Yaourt).

Étymologie : du grec
τεχνολογία (technologia) : traité ou dissertation sur un art. Adjectif τεχνολόγος (technologos) : relatif à un art. Dans les deux mots, il y a bien λόγος (logos) : discours, science. Il s'agit donc d'études, et il s'agit d'art manuel τεχ́νη (technê). Ce qui justifie le bannissement des mots technologie, technologique qui prétendent remplacer le mot 'technique'.

Méthode, du latin methodus, venant du grec
μέθοδος (méthodos), composé de μετά (méta) : selon, suivant, + οδός (odos) : voie, route. Méthode : étude méthodique d'une question de science (Bailly), recherche, cheminement, fraude, artifice. Pour le suffixe -logie, voir paragraphe précédent. La méthodologie semble être un artifice de la néo-langue pour jeter de la poudre technologique aux yeux.


Loteur cite toujours ses sources. Ici le dictionnaire grec de Bailly

Technologie de l'information : calque de l'expression anglo-américaine Information technology : Technologie de l'Information, qui veut tout simplement dire : informatique. Pour faire mieux en français, on peut ajouter « et de la Communication », ce qui donnera l'acronyme TIC.

Tee-shirt ou T-shirt (anglicisme, prononcer ti:ʃɜ:t ou plus simplement ticheurte) : ce paléo-crétinisme, hélas, est totalement francisé, et s'emploie à la place de 'maillot de corps', 'maillot', 'chemisette' ou 'polo'. Un beau tee-shirt, avec le logo du sponsor dessus. Et allez donc, c'est pas mon père ! Il est de bon ton de décorer les tee-shirts avec des slogans ou des mots anglais, du type Love, Happiness, Life is beautiful et autres balivernes angloïdes.

La mode de mettre des couillonnades anglo-saxonnes ne se limite pas qu'aux tee-shirts : sur les casquettes, les fesses, le dos, la poitrine s'exhibent toutes sortes d'inscriptions en angliche. L'on en vient à cette effarante constatation : l'anglais est en train de s'approprier, de squatter le corps humain.

Étymologie : tee, écrit pour T (la lettre T, qui se prononce ti), pour désigner la forme en T de ce vêtement. Shirt : chemise, racine germanique ayant donné skirt (jupe), cf. l'allemand Schurz (tablier).

Dans le même esprit, on observe le mot t-bone (prononcer ti-bone) : morceau de viande avec un os en forme de T, une côte ou côtelette en français.

Tel : ce doit faire chic pour un rédacteur d'utiliser tel au lieu de comme. Exemple piqué dans l'excellent : Suivi lors de sa préparation pas à pas tel un homme d'Etat, de la moindre petite méforme à son menu concocté par le Shangai Sport Institute, Liu Xiang porte l'espoir d'une superpuissance sur ses épaules. Loteur aurait préféré : comme (s'il était) un homme d'État ; mais ça n'engage que lui. On admirera au passage le néologisme journalistico-sportif méforme (mauvaise condition physique, baisse ou manque de forme physique). Et puis l'expression « un menu concocté » prête à rire, car le fameux menu doit être frugal, diététique, soigneusement pesé, pour tout dire imbouffable.

Plus loin, le journaliste poursuit sur sa glorieuse lancée : Et lorsque des journalistes vont interviewer la médaillé (sic) d'or au tir Yi Silin, ils n'ont aucun mot pour la médaillée de bronze Yu Dan. Deux néo-crétinismes et un faute flagrante d'accord. On n'insistera pas sur la construction désastreuse : la médaillée d'or, la médaillée de bronze (celle qui a gagné une médaille d'or, de bronze). Médaillé d'or, pour loteur, signifierait plutôt : couvert de médailles d'or. Détail phonétique : Yi Silin ne se prononce pas Yi Silin, mais à peu près Yi Seu linn. Loteur a déjà eu l'occasion de contester les transcriptions de noms chinois en pinyin, dont les codes sont inconnus de la plupart des Français.

Télécrétin (néologisme) : au sens passif, c'est un néo-crétin regardant assidûment la télévion dite française. Au sens actif, c'est un néo-crétin employé par la télévision dite française : journaliste, présentateur, animateur... Ces derniers (les télécrétins actifs) parlent une langue spéciale, appelé français de télévision, ou télé-français. Il y a peu de différence entre le télé-français et l'anglo-américain du fin fond de la campagne.

Téléphonie française (offres de ~) : voir les logos ci-dessous. La communication semble aujourd'hui, dans l'esprit des fournisseurs et opérateurs, passer par l'anglo-saxon. Pour ces inénarrables crétins, on ne communique donc plus en français ?

sans commentaire

Et sur la page d'accueil de Sosh, cette pure merveille (en français dans le texte) :


Tiens !? Pourquoi "sosh « conseil »" ?
Téléphonie = domaine où règne le globish ? S.O.S. S.O.S.

Télé-réalité : c'est assez flou, et loteur ne sait pas ce que c'est ; ce serait le fait de suivre, de commenter, d'illustrer sur le petit écran les vies d'insignifiants anonymes avec des émissions consacrées à des aventures exotiques, à la cuisine, au chant ou à la danse, à la vie intime de tout un chacun. Un genre à mourir d'ennui, mais qui réalise des taux d'audience étonnants, avec un budget minimal. On ne sait pas de quelle télé-réalité il parle : de la real tv d'enfermement à la Secret Story , de la real tv d'aventure comme Koh-Lanta ... Pour ajouter à l'horreur de la chose, dans l'exemple que loteur vient de citer, le mot télé-réalité a été remplacé par le rédacteur de pure media point quelque chose par l'expression anglo-saxonne « real tv ». Certains appellent ce genre de télévision « télé-poubelle ».

Étymologie : télé, abréviation de télévision, venant du grec
τήλε (têle) : au loin ; Voir Télévision. Réalité, mot formé sur l'adjectif latin realis : réel, venant de res, rei : chose, objet, qui a également donné le mot français "rien".

Téléthon : mot formé à partir de télé(vision) et de (mara)thon : cérémonie télévisuelle ayant pour but de collecter des fonds théoriquement destinés à la recherche sur des maladies rares ou particulièrement « handicapantes ». Ce sont des messes-spectacles, où la générosité du contribuable est mise à contribution, alors que c'est à l'État ou à des organismes scientifiques de financer ce type de recherches. Mais cela permet à toutes sortes de vedettes de l'écran, du spectacle, voire du sport – en véritables histrions de la charité – de s'exhiber dans ces foires à la bonne conscience sous prétexte de défendre une noble cause. Téléthon ou Télécon ? Le 28e Téléthon, grand marathon caritatif [sic] en faveur de la recherche sur les maladies rares, s'est achevé samedi 6 décembre dans la nuit avec plus de 82 millions d'euros de promesses de dons au compteur (Le Monde point fr, 07.12.2014).

Les sectes pratiquent l'escroquerie à la charité. En serait-il de même du téléthon ? Que cela soit cautionné par des vedettes du spectacle en dit long sur la volonté de médiatisation des concepteurs de ces exhibitions parfois indécentes.

C'est peut-être en pensant au téléthon qu'est née l'opération Pasteurdon, qui collecte des dons en faveur de l'Institut Pasteur. D'où le célèbre refrain : Pasterdon, c'est le don, Pasternak, c'est l'arnaque ! Ça ne veut strictement rien dire, mais ça amuse loteur, qui est resté un grand enfant.

NB. Le téléthon ne fait pas référence à une fille moche, et qui habite loin. Mais on pourrait accoler ce sobriquet à certaines présentatrices ou journalistes de télévision (télé-thon), dont l'auteur taira ici les noms.

Étymologie : du grec
τήλε (têle) : au loin, et thon : aphérèse de marathon. Marathon, en grec Μαραθών, ville de l'Attique, où Miltiade vainquit les Perses. Le marathon a été créé à l’occasion des Jeux olympiques d'Athènes de 1896, sur une idée du philosophe français Michel Bréal, pour commémorer la légende du messager grec Phidippidès, qui aurait parcouru la distance de Marathon à Athènes (42,195 km) pour annoncer la victoire contre les Perses en -490. Le marathon olympique et tout ce qui concerne les Jeux olympiques ne sont devenus qu'une machine à sous.

A titre anecdotique : μαραθών (marathon) ou μαραθρών (marathron) veut dire fenouil en grec.

Télévision : nommée aussi ADM (arme de distraction massive), UAM (usine à mensonges), parfois même UAC (usine à crétins) ou PS (Propaganda Staffel). Cheval de Troie des Anglo-Américains, la télévision dite française ou french TV est un instrument de pouvoir, accaparée par les pouvoirs. Cette m*rde visuelle constitue par excellence un instrument de néo-crétinisation des citoyens, au même titre que la politique, la publicité et l'informatique. La télévision chloroforme les esprits, endort les consciences, paralyse les intelligences, hypnotise les citoyens-consommateurs, amollit les corps (la télévision émet des ondes alpha, qui sont des ondes de détente pour le cerveau) – un des pires fléaux qu'on ait inventé pour aliéner les peuples. Il n'y a plus d'esprit critique, il n'y a que mensonges et illusions. C'est la maya (माया : Māyā) indienne, à savoir le monde de l'illusion de la réalité. La télévision n'est plus qu'un dangereux instrument de manipulation de la réalité par des images, toujours changeantes. Par cet effet kaléïdoscopique, la télévision est un media de l'immédiat. C'est le règne des médiacrités bien-pensantes qui jettent un voile sur la réalité.

D'autre part, en raison de l'ignorance de la plupart des gens de télévision, le français y est maltraité de façon honteuse et lamentable. La télévision est le laboratoire du pire-disant culturel, – pour paraphraser un certain ministre. Jean Dutourd a écrit : « En ce qui concerne la langue française, la télévision est à présent quelque chose comme le musée des horreurs. » L'auteur considère, quant à lui, que c'est une annexe du Musée de la connerie, et fait partie des grands fléaux qui affligent la France d'aujourd'hui comme la drogue, le manque d'éducation, l'intolérance religieuse des mahométans, la pauvreté, l'incompétence et la malhonnêteté des hommes politiques. La télévision est l'instrument idéal de diffusion et de propagation de la novlangue, langue volontairement déformée, mutilée, réduite, afin que la pensée ne puisse être clairement formulée, et pour que le téléspectateurs accueillent favorablement toutes les réclames pour les produits infects que fabriquent et fournissent les multinationales. Pour cette raison les téléspectateurs, figés devant leur télécran, sont désignés sous la triste périphrase de « temps de cerveau disponible » par Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1. Notons au passage que les téléspectateurs sont définis comme du « temps de cerveau disponible », c'est-à-dire que ce que vise la publicité, ce n'est non plus tant de vendre un produit à des téléspectateurs, mais de vendre des téléspectateurs à des annonceurs. Dorénavant, le produit – c'est nous.

L'art du mensonge médiatique a été porté à son sommet par une chaîne de télévision étazunienne, la C.O.N. (Cable Overworld Network = Réseau câblé mondial), qui a diffusé sans vergogne des mises en scène mensongères et morbides (histoire des 300 couveuses irakiennes, histoire de cormorans mazoutés au large des côtes du Koweit, etc.) C'est par de telles trouvailles que l'on apprécie le progrès de l'« information » relayée par la télévision. Voir  ICI. Pour loteur, cette étrange lucarne qu'est le poste de télévision ne rappelle que trop le fameux Mythe de la caverne, où les télé-spectateurs sont prisonniers d'une fausse réalité.

La télévision dite française, ou en français french TV [prononcer frentch tivi], est le lieu de tous les dévoiements du français. Si vous voyez s'afficher sur votre écran « France-Télévisions » avec une belle inversion, vous êtes malgré les apparences, bien en France, hélas. En effet selon les nouvelles règles du français édictées par la french TV, il n'y a plus de prépositions (luxe inutile et qui coûte cher), et l'inversion des mots y est obligatoire. Les téléspectateurs payent une redevance, – sorte de tribut prélevé directement sur les impôts locaux, pour avoir le droit de regarder des émissions à la limite de la débilité et écouter des informations manipulées. Il règne à la french TV des journalistes menteurs au garde à vous devant la pensée unique, et des présentateurs / présentatrices au parler hystérique, et au QI immédiatement au-dessous de zéro (point de congélation mentale).

Proclamée quatrième pouvoir en France, en fait la télévision par son intrusion insidieuse dans les cerveaux des citoyens est devenue le premier pouvoir, en raison de la présence et de la prégnance des médiacrates et des éditocrates, qui monopolisent la prétendue information, avec leurs prétendus experts. Donc, outre la déformation continue du langage, la télévision pratique la déformation continue de l'information. Les deux vont de pair.

Curieusement, la télévision se veut pédagogue, et de nombreux téléfilms, politiquement corrects, stigmatisent la pédophilie (= pédérastie), le racisme, etc. même dans des feuilletons (« séries ») policiers, où les problèmes de société n'ont théoriquement rien à faire. En fait il s'agit d'un lavage des cerveaux généralisé, valable pour tout le monde occidental. Gageons que c'est la même chose dans le monde non-occidental.

Voir Journaliste, Politiquement correct, Propaganda Staffel, Reality-show, Sachez, Séries télé, Talk-show.

Diminutifs : télé, téloche. La plupart des sociétés, imbues d'anglo-américanismes, disent maintenant TV, qu'ils prononcent souvent tivi. France-Téléfon propose ainsi un service 'Ma ligne TV'. (Pourquoi Ma ? A-t-on peur de la confondre avec celle du voisin ?).

La télévision, par l'immense public qu'elle touche, est l'instrument de sabotage de la langue française le plus efficace que l'on ait conçu : constructions incorrectes, mots employés à contre-sens, barbarismes, solécismes, intrusion de mots anglo-saxons, manies langagières ridicules des présentateurs ou journalistes, emploi systématique d'expressions toutes faites (ou potage instantané de la pensée journalistique), euphémismes réducteurs, accents toniques systématiquement portés sur la première syllabe ou sur une particule antéposée … tout est bon pour livrer en pâture au public un ersatz de français, parfois à la limite de l'intelligible. Enfin, fin du fin, des études sérieuses () ont démontré que les enfants « téléphages » voient diminuer leurs facultés de compréhension, de maîtrise langagière et de développement personnel en fonction du nombre d'heures passées devant le petit écran. La télé a même des répercussions sur la santé (temps de sommeil abrégé, sédentarité, grignotage, prise de poids, etc). La télé serait donc un frein au développement de l'enfant. Quant aux adultes, il n'y a plus d'espoir pour eux s'ils sont nés « avec la télé ».
() Lire par exemple TV LOBOTOMIE de Michel Desmurget.


Télévision = danger de mort cérébrale


A remarquer aussi le découpage de l'image sur les téléviseurs pour les journaux télévisés : une image centrale, certes, mais souvent en dessous un bandeau sur lequel défilent des informations en continu, bandeau souvent même surmonté d'un autre bandeau avec le nom et les qualités de l'intervieveur ou de l'intervievé. Il peut même y avoir un troisième bandeau, sur lequel sont notées d'autres infos : en direct de (telle ville). On peut admirer en plus l'incrustation du logo de la chaîne en haut à droite, plus l'incrustation de l'heure en haut à gauche, – ou vice-versa. Lors d'un reportage ou d'une interview, l'écran peut être coupé en deux : à gauche le studio avec le sourire triomphant du journaliste, à droite l'intervievé ou la scène du reportage. Souvent même un deuxième écran (de droite ou de gauche) peut lui aussi être coupé en deux pour une image supplémentaire, ce qui fait qu'il y a trois images à regarder, plus deux ou trois bandeaux à suivre de yeux. Ce n'est plus un écran de télé, c'est un puzzle. Ceux qui regardent BFM-Télé peuvent se rendre compte de cela, entre deux réclames publicitaires (cinq minutes d'info, cinq minutes de réclames () ). Bref, il y a du texte, il y a des images partout, et l'œil du téléspectateur est sollicité de toutes parts. On ne sait plus où donner de l'œil. Pour les responsables de la chaîne, cette dispersion, cette parcellarisation favorisent sans doute hautement la concentration et la réception objective des faits. Cela fait penser au jeu du bonneteau : où qu'elle est, l'info, où qu'elle est ? Même avec un énorme écran de télévision de deux mètres sur un mètre, on aurait du mal à suivre. C'est une escroquerie à l'information. D'autres chaînes trouvent spirituel de faire lentement glisser des bandes verticales ou obliques derrière le présentateur pendant qu'il parle, distrayant ainsi l'attention que l'on doit normalement porter à ce que dit ledit présentateur. Tout est bon pour délayer l'information, comme si les misérables crétins des autorités en place jugeaient que les citoyens que nous sommes n'avaient par le droit d'être convenablement informés. On doit cette formidable invention à nos amis étazuniens, dont les écrans de certains journaux télévisés sont de véritables compositions en mosaïques  – ineptie reprise par nombre de chaînes mondiales. Enfin, les présentateurs de journaux télévisés sont maintenant obligés de rester debout, une tablette à la main, pour annoncer les éternels mensonges du pouvoir, revus et corrigés par les journalistes. Cette position debout, ridicule et inconfortable, est souvent même imposée aux invités des J.T.

() pour les réclames publicitaires, l'écran reste entier. Place aux annonceurs, place au fric !

Une nouvelle façon de regarder la télévision : loteur a trouvé une nouvelle façon de regarder la télé ... en coupant le son. Las d'entendre les sempiternelles âneries de la télé dite française, sursaturée de bruits et de tamtams anglo-saxons hyper-décibelés (que les néo-crétins appellent musique), loteur a décidé de ne regarder que les images sans le son. Le résultat fut immédiat : loteur a retrouvé calme et sérénité, et il pète de santé. Loteur songe à remplacer la télé par un aquarium ; au moins il n'entendra pas de mensonges, les poissons étant connus pour ne dire que l'essentiel.

P.S. qui n'a rien à voir. Aux dernières nouvelles, des ingénieurs d'une société étazunienne (Robotix Technologies Incorporated Andsohon) ont mis au point un procédé, ingénieusement nommé SV (skull vacuum ou « vide-crâne ») incorporé dans les appareils de télévision, et qui aspirent à son insu la cervelle du télé-spectateur. Ce procédé semble promis à un brillant avenir.

Étymologie : du grec
τήλε (têle) : au loin, et du verbe latin video, visum, videre : voir. Il s'agit donc d'un mot hybride, résultat d'un accouplement monstrueux d'un grec et d'une latine.

Tempête : les tempêtes, traditionnellement affectées du genre féminin, ont acquis le genre masculin une fois sur deux, suite à des protestations de ligues féministes. On dira donc « la tempête Xynthia » (pourquoi pas Cynthia ?), et aussi – assez ridiculement – « la tempête Christian » (pourquoi pas Mohamed ?) : La première tempête de l'automne baptisée "Christian" a commencé à frapper dans la nuit du dimanche au lundi 28 octobre l'ouest de la France. Si l'on change le genre des noms de tempêtes, pourquoi ne pas alors changer aussi le genre du mot tempête selon le cas : Après la tempête Xynthia, une mairie construit une digue sans autorisation (titre du Parisien point fr, 09.10.2013), mais : La tempête Christian s'abat sur le nord-ouest de la France. [...] Le Morbihan, comme les autres départements bretons, avait été placé dimanche sous vigilance orange en raison du passage de la tempête Christian. (Le Nouvel-Obs point com, 28.10.2013). On pourrait avoir aussi – pourquoi pas ? – la tempête François. Et puis aussi, si on avait nommé une tempête « Christiane », de mauvais esprits auraient pu penser à une certaine ministresse de la Justice. En tout cas l'esprit bien-pensant conformiste sévit même dans les phénomènes météorologiques. On pourrait ainsi baptiser les éclipses de soleil (Soliman), les marées du siècle (Ségolène), les aurores boréales (Armelle)...

Étymologie : du latin tempestas, -tatis, venant de tempus, -oris : temps, moment, puis : temps qu'il fait, température, puis : mauvais temps, orage, tempête.

Temps (système verbal) : les temps disparaissent de plus en plus, au profit de quatre temps à l'indicatif : le présent (je suis), l'imparfait (j'étais), le passé composé (j'ai été), le futur simple (je serai). Le subjonctif ne semble plus connaître qu'un temps : le présent (que je sois). Il existe enfin le conditionnel, d'emploi rare ou discutable (je serais). Les autres temps sont tous passés (ou presque) à la trappe. « Et il n'y aura plus de temps » (l'Apocalypse). Nous sommes vraiment à la fin peut-être pas des temps, mais d'un temps, – celui de la langue française, claire et structurée.

D'autre part, le système temporel français a l'air d'échapper de plus en plus aux néo-rédacteurs et journalistes, comme par exemple dans cette phrase, extraite d'un article : Un engagement de 1 million de dollars a été demandé afin de protéger les biens si jamais les administrateurs perdraient (sic) les actifs (re-sic) (The Huffington Post point fr, 23.01.2012). Et puis de 1 million (= d'un million), c'est pas mal non plus.

Étymologie : du latin tempus, -oris : temps. Cf. en anglais time, en espagnol tiempo, en italien tempo.

Temps (de cerveau disponible) : désigne dans le langage journalistico-publicitaire le vol et le viol de ce qui reste de cerveau et de réflexion, chez les assidus de la french TV, par les grands groupes économiques. Concept mis à l'honneur par le PDG d'une grande chaîne de télévision prétendument française : « Ce que nous vendons à Caca-Cool, c'est du temps de cerveau humain disponible » (il a osé dire : humain). Un digne émule d'Edward Bernays.


La télévision, ou le temps de cerveau disponible


P.S. qui n'a rien à voir : Edward Bernays était neveu et cousin de Sigmund Freud. Il utilisa des découvertes de son génial oncle, en particulier la notion de “ ça ” pour manipuler le cerveau d'autrui (lire Propaganda). Au reste, il considérait la foule à avec le mépris tranquille que l'on accorde gentiment au bétail – tout comme nos politiques, nos publicitaires et nos journalistes se comportent envers nous, citoyens.

Étymologie : pour temps, voir rubrique précédente. Cerveau, du latin cerebellum : petite cervelle, diminutif de cerebrum : cerveau.

Disponible, latin disponibilis : dont on peut disposer, disponible, du verbe dispono, disposum, disponere (dis-ponere) : placer, répartir, disposer, arranger, régler.

Temps (d'exposition) : c'est le temps où l'on reste exposé à quelque chose : au soleil, aux rayons ultra-violets, à l'air etc. Nos excellents journalistes ont trouvé autre chose pour désigner le temps qu'une personne passe à l'antenne ou à la télévision. C'est le temps d'exposition médiatique (sic). Est-ce grave, docteur ? Mais peut-être, dans ce cas-là, faudrait consulter un spin-doctor ? Beaucoup de citoyens se plaignent que Nicolas Sarkozy soit surexposé. L'excellent David Puñadas dit ainsi avoir « donné une exposition » de 2 min 30 à un leader syndical.

Étymologie : pour temps, voir plus haut. Exposition, du latin expositio, -nis : exposition [fait d'abandonner un enfant nouveau-né], abandon (d'un enfant), évacuation (de l'intestin). Les sens étymologiques ne sont pas très flatteurs.

Temps (laisser du temps au ~) : cette expression, popularisée par quelqu'un qui n'avait aucune notion de l'heure et qui était connu pour arriver tout le temps en retard, signifie tout simplement : prendre son temps, ou en traduction plus exacte : laisser pourrir la situation.

Étymologie : voir la rubrique temps plus haut.

Temps réel (informatique) : pour ceux qui ne sauraient pas que le temps peut aussi être irréel. En temps réel : en un fraction de seconde, presque immédiatement, dans l'instant, très rapidement, dans la seconde qui suit. Définition officielle : se dit d'un système informatique qui ne doit pas simplement délivrer des résultats exacts, mais il doit aussi les délivrer dans des délais imposés, le plus rapidement possible (informatique industrielle, centrales nucléaires...) En fait le temps réel n'existe pas, car rien ne se fait sur Terre à la vitesse de la lumière (à part la propagation du néo-crétinisme). Cette vitesse seule serait garante du fameux temps réel que les informaticiens et autres maîtres à penser nous assènent réellement à longueur de temps.

Étymologie : expression empruntée à l'anglo-américain. Pour temps, voir plus haut. Réel, du bas-latin *realis : réel, effectif, venant de res, rei : chose.

Tendance (néo-crétinisme) : ce terme signifie 'à la mode', 'en vogue', 'branché', 'dans le vent', 'câblé', etc. et il très prisé de la french TV et des néo-rédacteurs, qui ne manquent pas une occasion pour parler le plus mal possible. C'est tendance : les costumes-tailleurs revisités (chronique Yahoo, 04.02.2013). Remarquer le néo-crétinisme revisiter. Le substantif tendance prend désormais une valeur adverbiale ou adjectivale. Le mot tendance peut ne pas prendre la marque du pluriel au pluriel, à l'anglaise : Sous les hauts plafonds poussiéreux du siège du PS, des lustres tendance ont poussé (Capital point fr, 21.01.2007). De plus, senti comme adjectif ou adverbe, ce mot peut être précédé d'un superlatif : c'est très tendance. On regrette le sympathique branché. Les mochécons dans le vent disent maintenant trendy. Vu dans une pub sur les pages internet : Bretellement tendance, avec un adverbe aberrant fait sur le nom bretelle (jeu de mot évident avec le véritable adverbe tellement). Pour un misérable jeu de mots, les publicitaires n'hésitent pas à assassiner le français. Loteur demande contre eux le rétablissement de la peine de mort.

Attrapée au lasso cette phrase d'un article de l'excellent Yahoo : Réponse à toutes ces interrogations grâce à un aperçu des 10 tendances mode qui vont se bousculer dans votre dressing ! Le rédacteur n'a pas osé écrire les tendances tendance, mais il a sacrifié la préposition de et l'article la (les tendances de la mode) ; mode se retrouve ainsi en fonction quasi adjectivale, – bien que sans accord au pluriel. Remarquons au passage la manie de ne plus mettre les nombres en lettres (10 au lieu de dix), ainsi que celle d'utiliser des mots anglois (dressing [= dressing room] au lieu de placard, rangement ou vestiaire).


« Ombré lip » : mode spéciale pour rouges à lèvres.
(Le mot lèvre n'est plus compris en français).
Remarquer l'expression populacière : c'est quoi.
(extrait d'un magazine féminin)

Anglo-saxonnisation de la morphologie des mots : un substantif,
en valeur d'adjectif, invariable au pluriel (les plus tendance).

Il y a maintenant un nouveau métier, celui de tendanceur : sorte de marchands d'objets à la mode. C'est aussi quelqu'un qui essaye de devancer la mode, qui essaye de deviner de quoi demain sera fait, pour faire vendre encore plus de produits merdiques. Les publicitaires se sont mués en Madame Irma.

Étymologie : tendance, de tendre, venant du latin tendo, tensum, tendere : tendre, bander (aussi dans le sens priapéen [érotique]), diriger, se diriger, tendre vers. Pourtant le mot tendance n'est pas très bandant.

Tendu : cet adjectif est apparu récemment, semble-t-il, dans les marécages linguistiques de l'administration, et doit avoir le sens de : qui provoque des probèmes, à problème, problématique, difficile... (?) Peut-être aussi : qui cause des tensions ? Exemple pris sur l'excellent : [...] trente-deux agglomérations en France métropolitaine dont Paris et bon nombre de départements limitrophes, et onze dans les DOM, qui ont été considérées comme des zones tendues, où la hausse du prix des loyers au m2 est supérieure à 3,2 % par an depuis 2002. Zones tendues ? Kekseksa ? Et le rédacteur de poursuivre : Encadrement des loyers : la liste des agglomérations jugées "tendues". Là, l'adjectif tendu a été mis entre guillemets (à l'anglaise) ; le rédacteur prend de la distance par rapport à cette nouvelle acception du terme, qu'il n'explique pas.

Étymologie : voir rubrique précédente.

Tenir : verbe d'emploi bizarre, comme entr'aperçu une fraction d'article sur Yaourt! (d'après LePost) : « Un ministre tenu secret affirme que Jean-Louis Borloo va prendre la place de François Fillon ». Tenu secret : dont le nom est tenu secret ?

Étymologie : tenir, du verbe latin teneo, tentum, tenere : tenir.

Termes (en ~ de) (néo-crétinisme journalistique) : expression envahissante, calque de l'anglais in terms of, très souvent utilisée par les journalistes et gens de presse et voulant dire : quant à, en ce qui concerne, ou en matière de, pour ce qui est de... Loteur avait hésité à introduire cette rubrique quand il commençait à rédiger cet abécédaire consacré aux néo-crétinismes (2005), mais en quelques années, la multiplication de cette expression est devenue telle, qu'elle constitue un tic de langage horripilant ; c'est une véritable épidémie langagière. L'expression en termes de est en passe de détrôner définitivement l'expression “ en matière de ”, qu'elle remplace presque systématiquement dans la bouche des néo-crétins.

Sur le plan de l'écriture, plus stupidement encore, le mot termes est souvent mis au singulier. Tout d'abord, en terme d'erreur, je voudrais soulever un point de forme (un néo-rédacteur rapportant les paroles du ministre Brice Hortefeux au micro de R.T.L.). Ou alors ce titre du Huffington Post point fr du 31.12.2009 : "Cette année, nous ferons mieux en terme d'interpellations" (sic : comme si une interpellation pouvait être un « terme »). Ou encore : En terme de trafic sur les sites institutionnels des partis politiques, le Front National domine très largement le classement (Agora-Vox, 04.02.2011) Un décodage s'impose : en terme de [au singulier ici] = quant à, en ce qui concerne, trafic = visites, fréquentations. Ou bien cette magnifique phrase, piquée sur un article internet : ... la poussée d'Internet, du moins en termes du nombre de connexions, est indiscutable (= en ce qui concerne le nombre de connexions, quant au nombre de connexions, pour ce qui est du nombre de connexions) ; et puis en termes du nombre, ce n'est pas mal non plus. Dans l'article, l'expression erronée en termes de ne revient pas moins de sept fois. Autre exemple : Certains cinémas sont puissants en termes de nombre de productions à l'année. Les néo-crétins, sans doute influencés par l'anglo-américain, utilisent cette expression à tout va. Un présentateur de la french TV l'a même utilisé pas moins de cinq fois en quelques minutes. Encore un exemple (loteur n'y résiste pas) : Première ville de l'Union Européenne en terme de coût de la vie pour ses expatriés, Copenhague est l'une des villes européennes les plus attractives pour les sièges régionaux de multinationales (Topito point com, 11.04.2011). Là, c'est carrément du charabia.

Tiens, et puisqu'on est dans l'horreur linguistique, cet exemple puisé dans les eaux fécondes des dépêches de l'excellente A.F.P. : Le palmarès des JO d'Athènes de 2004, édition record en terme de cas de dopage, n'en finit pas d'être chamboulé avec la disqualification mercredi de quatre médaillés d'athlétisme par le Comité international olympique (CIO). « En terme de », au singulier, et « en terme de cas de dopage » : charabia, vous dit-on, charabia ! Encore un exemple ? Voici la phrase trouvée dans les commentaires de l'actualité de Yaourt! : Je trouve qu'il est un chouilla au dessus de la mêlé (sic) en terme de tête à claque ..... (les cinq points de suspension sont dans l'original). ‹ Comme tête à claques › est-il trop difficile à concevoir ? Encore une formulation proche du charabia : En terme d‘éthique de travail, je tire mon chapeau à ces gars. Ils travaillent dix heures par jour et ils viennent ensuite ici le soir (traduction d'un article en anglais paru sur Yaourt! « Pour leur éthique de travail » est sans doute trop français). Encore un exemple, plus « culturel » ? LEVI-STRAUSS affirmait que si les groupes humains se distinguent, et pour autant qu'ils sont à distinguer, c'est uniquement en termes de culture (selon leur culture). Il faut vraiment mettre un terme à ce calque stupide et pernicieux.


Généralisation d'un néo-crétinisme ; en termes de (en matière de).
Noter les trois autres néo-crétinismes : tendances, icône, look.
On passe sur star, néo-crétinisme acclimaté depuis longtemps.
Noter également l'emploi du démonstratif cette, au lieu de une.

 Ça fait beaucoup en trois petites lignes.
(Titre d'un article Yahoo du 01.10.2015)

On peut cependant dire bien sûr : en termes de marine (telle ou telle définition), en termes de médecine (telle ou telle définition), en termes de jurisprudence (telle ou telle définition), etc. Grevisse cite l'exemple suivant : « Utilitaire : En termes de Philosophie, se dit de toute doctrine qui consiste à ramener la notion du bien à celle de l'utilité ». L'emploi de « en termes de » est ici parfaitement justifié. Ou alors cet autre exemple : « Autopsie : en termes de médecine, inspection de toutes les parties d'un cadavre, examen de l'état où elles se trouvent ». Ou encore : « Il fut impossible au vidame () de Maulle de trouver ce qu'en termes de justice on nomme un alibi ». Ou cet exemple plus ancien : « "Colationner un livre" c'est, en termes de Relieur, rappelle P. Richelet, "mettre les cahiers d'un livre selon l'ordre de l'alphabet", en fonction des lettres choisies dans la marge du bas pour distinguer chaque cahier ». Ou enfin, cet exemple très clair : « Le nom masculin ” folio ” désigne en termes de typographie le feuillet d'un registre, d'un manuscrit, d'un livre mais également le numéro de chaque page d'un livre ». Encore un exmple ? Il vient de Littré. Appareil : en termes d'architecture, [c'est] l'art de tracer, de disposer la pose des pierres dans les constructions suspendues, comme voûtes, arcades, dômes. L'expression en termes de signifie en effet en français : si on utilise les mots ou le vocabulaire de telle ou telle discipline, dans le vocabulaire de telle ou telle spécialité, selon la terminologie de telle ou telle discipline, pour parler comme... Tout autre sens n'est qu'un calque stupide de l'anglais.

() titre de noblesse

Une variante de l'expression en termes de vient d'être découverte par loteur dans le magazine web chartsinfrance point net (sic) : Le MP3 a supplanté le CD en termes pratiques et depuis, son ascension se fait au détriment du support physique qu'est le compact disc. En termes pratiques ? Et en termes malcommodes ? Peut-être que le signataire de l'article avait simplement voulu dire que le MP3 était plus pratique que le CD. Alors, pourquoi ne dit-il pas les choses plus simplement ?

Étymologie : terme, du latin terminus : borne, limite, et par la suite définition, explication. Grec
τέρμων (termôn) : terme, limite.

Termes (médicaux ou biologiques) : lu sur une page internet : « ... de très nombreux termes médicaux et biologiques (bronchitis, femur, gastro-enteritis, geranium, neuralgia, plexus, pneumonia, tibia, prognosis, sciatica, sclerosis, spina bifida, tetanus, uterus, etc.) » Le mot géranium considéré comme un terme médical ou biologique ? L'huile essentielle de géranium est hémostatique, mais de là à faire du géranium un terme médical ou biologique, il y a un grand pas, que beaucoup de jardiniers refuseraient de faire, de peur d'être accusés d'exercice illégal de la médecine.

Étymologie : pour terme, voir rubrique précédente. Scientifique, des deux mots latins scientia : science, et facio, facere : faire.

Géranium, du latin scientifique (botanique) geranium, emprunt au grec γεράνιον (geranion) : bec de grue, venant de γέρανος (geranos) : grue. Le fruit du géranium est composé de cinq capsules terminées chacune par une arête, d'où il résulte une forme en bec de grue.

Terminal (américanisme ?) : désigne tout simplement un écran avec un clavier en relation avec un ordinateur central. Peut parfois être pris dans un autre sens ; pour France-Téléfon, c'est un poste téléphonique relié à un ensemble plus vaste. Le mot poste (de téléphone, de travail) semble donc correspondre à terminal, d'origine anglo-saxonne.

Lu sur Bondy Blogue : Une des filles, élève en terminal scientifique, ajoute ... Un terminal (un poste ou un appareil, etc.) peut donc être scientifique.

Quant à ce que les aéroports appellent un terminal, il s'agit d'un terminus. On dit donc terminus pour les bus ou les trains, mais terminal pour les avions ; allez comprendre ! Ne serait-il pas plus simple de dire « aérogare » pour les avions ?

Étymologie : terminal, latin terminalis, de terminus : borne, fin, limite. Le terminal est à la fin d'un réseau (routier, ferré, aérien).

Terrorisme : toute « mouvance » politico-religieuse, qui tend à revendiquer ses droits par des actes de cruauté : attentats dans des lieux publics, assassinats. Les « minorités » n'ont eu longtemps que cette arme pour se faire entendre. Mais c'est devenue, hélas, une spécialité de certains groupes (Corses, Basques, Islamistes), non plus pour faire entendre leurs droits, mais pour essayer d'imposer un point de vue : menaces d'attentats islamistes en France à cause de l'interdiction du port du voile ou, plus récemment, des menaces contre une élection qui déplaît aux terroristes (on voit quelle idée de la démocratie ont ces gens-là) : Puisque vous avez choisi le croisé sioniste (sic) Sarkozy pour vous présider, nous vous prévenons qu'il y aura une campagne djihadiste sanglante dans les prochains jours et une bataille acharnée au cœur de la capitale. Heureusement que, pour la plupart, ces menaces ne sont que des fanfaronnades, ou sont déjouées à temps.

Contre le terrorisme et les risques d'attentats, la sécurité sur les aéroports s'est considérablement et imbécilement renforcée, au point où on ne peut plus rien prendre sur soi de liquide pour voyager. La sécurité de l'aéroport de Tarbes a même confisqué l'eau bénite que des voyageurs rapportaient de Lourdes (août 2007). La Sainte Vierge et Al Qaïda, même combat !

Celui qui est adepte du terrorisme est un terroriste. Par un curieux détournement de sens, chez quelques journalistes et dans les media, un terroriste n'est plus un terroriste, mais un activiste, c'est-à-dire quelqu'un qui agit au service d'une cause, – fût-ce par des assassinats, des prises d'otages et des attentats causant nombre de victimes. mais le mot activiste est maintenant lui aussi mis à toutes les sauces. Voir ce mot.

Le mot terroriche (2010) est un avatar linguistique du terroriste, mais c'est un mot-valise ô combien exact.

Étymologie : terrorisme : politique de terreur ; voir la Terreur révolutionnaire. Terreur, du latin terror, -ris : terreur, effroi, épouvante. Verbe terreo, terrere : effrayer, épouvanter. Cf. terrible.

Test : paléo-crétinisme, signifiant essai ou épreuve (cf en anglais test-tube : tube à essai, éprouvette) ou expérimentation. Ce mot est tellement entré dans la langue qu'on a refait un verbe : tester, dans le sens de mettre à l'épreuve, vérifier, expérimenter. En français, tester veut dire ... faire son testament. Face à l'invasion de l'anglo-saxon, nous pouvons maintenant faire notre testament. Lu sur l'excellent : Avant cela, les contrôleurs de la mission au Jet Propulsion Laboratory de la NASA en Californie ont l'intention de faire subir au rover et à ses instruments tests et vérifications diverses pendant plusieurs semaines. Loteur ignorait que le mot test fût du féminin. A moins qu'il ne s'agisse d'un accord de proximité.

Étymologie : de l'anglais test : épreuve. Du vieux français teste (tête) : pot de terre (pour séparer les métaux précieux des autres métaux lors d'une fonte). Voir Tête. Le verbe français tester (faire son testament) dérive de testis : témoin, testicule (Voir Testicule).

Testé positif : on entend de plus en plus, à propos des contrôles anti-dopages, l'expression tel coureur a été testé positif pour signifier qu'il a été déclaré positif, ou que ses tests ont été positifs. Anglicisme inepte.

Étymologie : pour testé, voir plus haut. Positif, du latin positivus : sur quoi on peut compter. Verbe pono, positum, ponere : poser.

Testicule : souvent employé au féminin par la plupart des ignares, sans doute en relation avec couille. J'ai 18 ans depuis 3 mois et j'ai découvert depuis déjà un bout de temps une petite boule sur ma testicule gauche. Ah, le con couillon !

Étymologie : latin testis : témoin et testicule. Pour jurer, on mettait la main sur les testicules, – témoins on ne peut plus précieux.

Testimonial, ~niaux : cet adjectif signifie normalement : relatif à un témoignage, qui repose sur un témoignage : preuve testimoniale. Mais chez certains néo-crétins, cela a pris tout simplement le sens de témoignage : [on relève des] incohérences dans les testimoniaux des officiels du NORAD (North America Aerospatial Defense). Typique des personnes imbues d'anglo-saxonismes, mais maîtrisant mal le français.

Étymologie : du latin testimonium : témoignage. Voir plus haut : tester, testicule.

Testing (barbarisme, faux anglicisme) : piège à l'encontre d'un recruteur, auquel on envoie deux CV identiques, mais avec deux noms de candidats différents : un nom européen, et un nom non européen. Si le recruteur favorise la candidature européenne, il passe à la casserole anti-raciste, et doit payer les pots cassés. Le testing fait son entrée dans les cabinets médicaux, titre un article. Autrement dit, tous les moyens sont bons pour combattre le racisme, au prix cependant d'une distorsion de la morale. Le procédé est aussi barbare que le mot.

C'est pour cette raison, purement anti-raciste – cela va de soi –, qu'on n'a pas pratiqué de testing devant Charlie-Hebdo, le Bataclan ou l'aéroport Zaventem de Bruxelles.

Étymologie : Voir Test plus haut.

Tête : première place. Loteur ne résiste pas au plaisir de livrer cet exemple, récemment pêché avec son épuisette à néo-crétinismes ; Si la tête du classement a tenu du mano-a-mano, la lutte n'a pas été moins acharnée derrière, puisque 44 000 "petites" entrées séparent le troisième du sixième ... (Allo-Ciné point fr, 01.03.2012). Donc la tête s'est tenue la main dans la main (à peu de différence). Il y a des symboles solaires mayas, qui représentent le soleil pourvu de mains ; mais la tête pourvue de mains, loteur – en raison de sa grande ignorance – ne la connaissait pas. Loteur tient à signaler au passage que, malgré sa terminaison en -o, « mano » est féminin en espagnol (la mano), et que donc l'expression “ du mano-a-mano ” jure quelque peu. De plus, il n'y a pas de traits d'union dans l'expression espagnole.

Étymologie : du latin testa : brique, tuile, pot ou vase en terre cuite, cruche à deux anses (les anses figurant les oneilles), coquille, carapace, puis enfin crâne. L'étymologie confirme avec bonheur la vacuité de la plupart des têtes de nos contemporains. Quand Pierre Brochant dit à propos de François Pignon, dans Le dîner de cons, « Il a une belle tête de vainqueur », le mot tête est employé dans son sens étymologique : cruche.

Le latin avait le mot caput pour désigner la tête. En vieux français : chef. Cf. les expressions 'branler du chef', 'opiner du chef'.

Tête de nègre : Voir Pâtisserie.

Étymologie : pour tête, voir la rubrique précédente. Nègre, du latin niger, nigra, nigrum : noir.

Texto (langage texto) : l'adverbe 'texto' existe bien en français familier et il signifie 'textuellement'. Mais de nos jours, le mot texto désigne un message envoyé par l'intermédiaire d'un téléphone portatif, et par extension, c'est le langage abrégé, utilisé pour de tels messages : c koi (c'est quoi), kan (quand), a12c4 (à un de ces quatre), etc. Économie de mots et de lettres car les communications sur les mobiles coûtent cher, plus méthode globale égalent : déstructuration (ou destruction) de la langue. A ce propos, les opérateurs de téléphonie mobile, en offrant des forfaits téléphoniques à des prix pas vraiment sympathiques, ont une grosse part de responsabilité dans l'amochissement (dégradation) de la langue, en obligeant les utilisateurs à simplifier leurs messages à l'extrême ().

() il est cependant à remarquer que dans d'autres pays les abonnements pour les téléphones portatifs sont beaucoup moins chers qu'en France, mais on assiste au même phénomène.

Dans le même esprit, à l'imitation du fameux Doukipudonktan de Raymond Queneau, on trouve dans une émission de télévision kikadikoi, kikadékoné, ou même C dans l'air ... Voir SMS.

Néologismes : sexto : texto à caractère sexuel, et sexting : fait d'émettre un tel texto. Depuis quelques mois, voire quelques années, le sexting est très à la mode, en particulier chez les jeunes (chronique Yaourt pour elles, 02.02.2012). Ceux qui émettent des sextos pratiquent-ils le sexe tôt ?

Étymologie : texto, abrégé de texte (ou de l'anglais text), du latin textus : tissu (cf. textile) et texte. Verbe texo, textum, texere : tisser, tresser, composer, écrire.

Thé (Ce n'est pas ma tasse de ~) : cette expression qui a l'air typiquement anglais – so british – est effectivement un idiomatisme anglais (it's not my cup of tea). En français, comme on ne dit pas « Ce n'est pas ma tasse de café », on dira plutôt : 'c'est pas mon truc' (familier), 'c'est n'est pas mon genre', 'ça ne me plaît pas' (langue plus soutenue). Interrogé sur l'arrivée au FN de Sébastien Chenu, fondateur de GayLib, le président d'honneur du parti a répondu : "Ce n'est pas ma tasse de thé" (propos de J.-M. Le Pen rapportés par France-TV Info [sic], 31.12.2014).

So british, but not so french

Étymologie : le mot thé vient du chinois tch'a ( 茶 ) : thé. En japonais o-tcha ( お茶 ) avec l'enclitique o- ( お ) antéposé ; o- est une particule "honorifique", plutôt utilisée par les femmes. En russe чай (tchaï), en anglais tea, etc.

Tasse, emprunt à l'arabe tassa : coupe, écuelle.

Théma : sens à définir. De jour en jour, la rédaction d'EVENEMENT vous concocte de nouveaux thémas citations ( ??? ). Thémas citations : citations par thèmes ? Et pourquoi au masculin avec un mot terminé par -a ?

Étymologie : théma ? peut-être thème ? Latin thema : thème, proposition, sujet ; du grec
θέμα (thema) : ce qu'on pose, dépôt ; thème. Verbe τίθημι (tithêmi) : poser.

Thématique (néo-crétinisme) : normalement, thématique est un adjectif, qui signifie : relatif à un thème. Comme substantif, dans le vocabulaire philosophique ou sociologique, il signifie : ensemble de thèmes, système organisé de thèmes (Cnrtl). Mais il semble maintenant que thématique soit employé dans le sens de thème tout court (comme problématique au lieu de problème, méthodologie au lieu de méthode, technologie au lieu de technique). [...] vous avez présidé le groupe « réussite scolaire » cet été. Le travail a-t-il été fructueux ?, voici la réponse de l'élue socialiste : « Il y a eu au total quatorze journées consacrées à cette thématique, à chaque fois devant au moins 200 personnes ». Apparemment, il n'y avait qu'un thème : la réussite scolaire. Mais comme toujours, plus un mot est long, plus il allonge la pensée.

Thème : un thème, c'est un sujet (littéraire, musical ...) qu'on développe. Dans quel sens faut-il comprendre le mot thème dans l'exemple suivant : Dégager le thème d’un texte (phrase tirée du fameux Livret personnel de compétences de l'Éducation dite nationale). Thème = idée principale ? Mais un thème, c'est quelque chose qu'on développe, et un non une idée isolée. On aurait pu à la rigueur comprendre : « dégager le thème développé dans un texte ».

Étymologie : voir Thema, plus haut.

Think tank (anglicisme, prononcer θɪŋk tæŋk, soit à peu près tzsink tank ; de toute façon, on s'en fiche) : ce n'est par un char d'assaut (tank) doué de pensée (think), mais cette expression signifie un groupe de réflexion. On ne réfléchit donc plus en français. Le fait que l'expression soit plus courte en anglo-saxon n'excuse pas cette paresse d'esprit. De plus, le son th est presque impossible à prononcer pour un Français normalement constitué. C'est l’un des "think tanks" les plus prestigieux de Washington, et son étude est tout à fait sérieuse. Le Peterson Institute préconise, dans un rapport daté du 29 octobre et détaillé lundi 10 novembre par Les Echos.fr, d'abandonner le système présidentiel en France, pilier de la Ve République (France-TV Info [sic] point fr, 10.11.2014). Vu le manque de pertinence de la proposition de ce think tank, on pourrait plutôt l'appeler « thin tank » ou « thin think », tant leur pensée (think) manque d'épaisseur.

Étymologie : to think, penser en anglais. Vieille racine germanique *thankjan qui a donné think en anglais, denken en allemand ; cf. en latin tongeo, tongere : savoir.

Tank, réservoir, mot importé par les Portugais sous la forme tanque, altération de 'estanque', venant du Gujrat (Indes) : citerne, réservoir. Peut-être issu du sanscrit tadaga : étang, lac.

Thon : bizarrement, le nom de ce poisson délicieux sert à désigner une fille moche, et tend à remplacer le mot boudin. Mater les filles à la terrasse d'un café, c'est tellement bon. Mais attention un canon peut cacher un thon. Littérature lue sur un forum d'ados : il faut aussi voir qu'un thon va pas mettre sa phot pour que tout le monde se foute de sa gueule :D (sic). Ou encore, ce calembour : On ne dit pas le ton monte, mais la fille moche prend l'ascenseur. Comme chantait Sacha Distel « Une bande de thons descendait la rivière … Une bande de thons, avec un t comme crocodile ».

Étymologie : latin tunnus, grec
θύννος (thynnos), italien tonno, espagnol atùn... Le th de thon en français provient du θ théta grec.

Thriller (anglicisme, prononcer θrɪlə(r) ou à peu près tzsrileur. De l'anglais thrill : frisson) : roman ou film d'angoisse ou à suspense. Le monumental thriller politico-financier du Suédois Stieg Larsson bat les records de ventes dans toute l'Europe (Le Nouvel-Obs point com). Équivalents français : polar, film (ou roman) à suspense.

Étymologie : du verbe to thrill, anciennement : percer, pénétrer, vibrer, trembler, puis frissonner. Cf. through : à travers.

T.I.C. : on connaissait les T.A.C. ( acronyme signifiant Transports en commun de diverses agglomérations : Charleville-Mézières ou Châtellerault ; Train auto-couchettes ; Traintement anti-coagulant ; Turbine à chocolat, etc.). On connaissait les T.O.C. (Trouble obessionnel compulsif), les T.U.C. (Travaux d'utilité collective) de Raymond Barre, ou Temps universel coordonné (référence horaire internationale, qui a remplacé le vieux G.M.T.). Voici les T.I.C. ou « Technologies de l'Information et de la Communication ». Les manipulateurs de la langue ont un tic bizarre : celui de parler et de penser par sigles ou acronymes. C'est une véritable manie chez toutes les personnes qui manipulent les techniques informatiques ou de la communication. A signaler que pour faire encore plus branché, c'est le mot Technologies qui est employé au lieu de Techniques. Voir Sigles.

Ticket (aux Zétazunis) : tandem formé par les candidats à la présidence et à la vice-présidence. Mais il faut le savoir, car sinon on est obligé de chercher dans un dictionnaire spécialisé. C'est ainsi qu'un néo-rédacteur de « Rue 89 » n'a pas hésité à écrire : Même s'il est interdit de voter pour un « ticket », la rumeur du moment veut que les cardinaux réfléchissent à deux noms en même temps : celui du pape, et celui de son secrétaire d'Etat (Rue 89 point com, 12.03.2013). Ticket ? Couple ferait bizarre, duo ferait music-hall, tandem serait mieux adapté. En tout cas, utiliser un mot de jargon réservé aux élections étazuniennes est la preuve manifeste que les néo-rédacteurs sont les chevaux de Troie des Zétazunis.

Étymologie : vient du français étiquette. D'une racine signifiant pique, bâton ; étymologiquement, il s'agit d'une chose fixée, piquée à un support.

Timeline (anglicisme, prononcer taɪm laɪn ou taïme laïne) : ce mot signifie chronologie ou historique. [...] l'iPhone 4S (que beaucoup surnomme déjà l'iPhone 4Steve) mérite sa place dans cette timeline. A noter l'emploi du féminin ici (cette timeline), alors qu'il n'y a ni masculin ni féminin en anglois, le rédacteur emploie un terme anglo-saxon, mais l'accorde ad sensum (selon le sens) et selon les règles françaises. Les rédacteurs truffent de plus en plus leurs articles de termes anglo-saxons, soit par flemme de traduire ou de trouver les équivalents français, soit par snobisme, soit par ignorance. Ça devient râlant (et c'est une perte de temps) de chercher dans un dictionnaire d'anglais ou sur internet le sens de nombreux termes épars dans les articles dont nous gratifient les néo-rédacteurs.

Petit condensé de néo-crétinismes en mode charabia liés à Face-Book, trouvé dans Vingt minutes point fr : La nouvelle
Timeline de Facebook va permettre, entre autres, de personnaliser son flux à son goût. « Le newsfeed () était devenu trop fouillis », reconnaît Mark Zuckerberg. En présentant le nouveau design du flux d'activité Facebook, jeudi, à Menlo Park, le jeune milliardaire a tenu à le souligner: le lifting est autant cosmétique que fonctionnel. Noter l'adjectif cosmétique, dans le sens de superficiel, – pur anglicisme.

() newsfeed veut dire quelque chose comme mise à jour continue. Loteur en a assez que son glossaire devienne un dico de globish à l'usage des internautes.

Étymologie : pour time, voir plus haut Temps.

Timing (anglicisme, prononcer taɪmɪŋ ou taïming) : sens du temps ou du rythme, coordination temporelle, parfois aussi tout simplement minutage, chronologie. Il ne suffit pas de savoir cuisiner, il faut aussi avoir un bon sens du timing. Ou alors : Je n'ai pas encore établi le timing de mon voyage. Exemple plus difficile à traduire en français : Mais alors pourquoi revenir maintenant? «Le timing est parfait» explique Jose Cil. « Le timing est parfait » : Le temps est venu ? C'est vraiment le moment ? Très ennuyeux tous ces néo-vocables, qu'on doit traduire ou interpréter.

Étymologie : time / timing / temps : voir plus haut Temps.

Tintin : que vient donc faire Tintin dans ce glossaire consacré au néo-crétinisme ? Hé bien, l'on a retiré des rayons de vente de BD pour enfants en Angleterre Tintin au Congo car son contenu, aux yeux de certains individus politiquement corrects, propres sur eux et au cerveau aseptisé, était jugé raciste. Tout cela pour ne pas choquer les gens « à forte mélanine ». Un Congolais a même introduit une action en justice en Belgique contre la société qui gère les droits d'Hergé. La même aventure est arrivé avec un autre album d'Hergé, Tintin en Amérique, où la bien-pensance officielle y a vu des relents de racisme. Les albums datent pourtant de dizaines d'années ; ils sont très vieux. Mais la connerie bêtise, elle, est éternelle.

Pire encore, un Étazunien veut intenter un procès au Metropolitan Museum of Art de New-York, car il estime discriminantes les représentations de Jésus-Christ en homme blanc. Va-t-il faire un procès aux descendants du Tintoret, du Pérugin, auteurs des tableaux incriminés ? Voire à toute la race blanche (trop de blancs à New-York ou sur terre, à son goût ?). Projet grotesque. Mais la connerie bêtise, elle, est universelle. C'est en tout cas inquiétant, car

1. on ne peut plus rien dire ou écrire qui choque ou dérange certaines parties de la population ;
2. les œuvres anciennes peuvent être censurées, mutilées ou mises à l'index par simple protestation d'une partie de la population (Tex Avery, Tati, Tintin...)

Chers concitoyens, loteur vous annonce la grande nouvelle que vous attendiez tous :

la censure est rétablie

Beaucoup de librairies placent maintenant l'album « Tintin au Congo » dans le rayon « Adulte ». Adulte ! Une BD pour enfants ?! Il n'est pas inutile de signaler qu'on qualifie aussi d'« adulte » tout ce qui a trait à la pornographie. Voir Censure.

Étymologie : tintin, ça veut dire rien en français populaire. Il est vrai que le personnage d'Hergé ne représente personne en particulier.


Un sale blanc (1) se fait porter par des noirs.
Même le chien est blanc (1 bis).

Tip (anglicisme, prononcer tɪp) : truc, astuce dans le langage de la gent informatisée. Ce mot, on ne sait trop pourquoi, bien qu'étant au singulier peut prendre la marque du pluriel : Proposer un tips.

Étymologie : origine incertaine.

Tissu : ce terme ne désigne plus une étoffe, tissée avec des fibres végétales ou artificielles, ni une ensemble de cellules avec une fonction définie (tissu osseux, tissu conjonctif). Non, maintenant, il s'agit de quelque chose qui signifie ensemble, structure, on ne sait pas trop, mais ça fait bien dans la conversation. Tissu scolaire, tissu social, tissu industriel ... Les Israéliens ont atomisé le tissu social de Gaza (Palestine Overblog point net, 31.08.2005). Lorsque nous nous implantons dans un pays ou une région, nous faisons en sorte que nos activités aient un impact positif sur le tissu industriel et l'emploi. L'ennuyeux, avec la néo-langue, c'est qu'elle est floue, imprécise ; ce n'est que du verbiage sans structures ; comme un tissu troué ou déchiré en quelque sorte.

Évidemment, le verbe correspondant est tisser : tisser des relations, tisser des liens... Nous sommes tous devenus des tisserands. C'est nous les canuts !

Étymologie : du latin texo, textum, texere : tisser, entrelacer, composer. Voir Texto.

tit : diminutif de petit dans les blogs. Je ne sais pas pour vous, mais moi il me manque grave. Me manque sa bonne humeur, son humour, son tit mot gentil à chacun, sa poésie. A très vite. On était habitué à p'ti ; voilà maintenant tit (on prononce ti ?). Remarquer l'expression à très vite, qui doit signifier : à très bientôt.

Titres (honorifiques) : ne se donnent plus. Les journaleux s'adressent désormais aux ministres, ou à des hommes importants ou même à de simples citoyens en les appelant familièrement par leur prénom et leur nom : Bonjour (prénom Nom), vous êtes chargé de ... Ils ne disent même pas : Monsieur ou Madame. Il semble que cette mode vienne de nos amis Anglo-Américains ( ? ) Ou alors, on trouve sur LCI point TF1 point fr des déclarations du type suivant : Lors d'un point de presse en début de soirée, le procureur de la République d'Angoulême Patrice C. a annoncé que trois personnes avaient été placées en garde à vue dans l'enquête (au lieu de : le procureur de la République d'Angoulême, monsieur Patrice C...) Et quand les journalistes parlent d'un ministre, voire du président de la République, aucun titre n'apparaît plus, ni même le prénom. 14 juillet : Hollande sera interviewé depuis l'Hôtel de la Marine. Élégance de journaliste.


Cassez reçue par Hollande. Même pas l'initiale des prénoms

A remarquer au passage qu'un personnage important ne fait plus l'honneur de sa présence, mais le (la) journaliste le reçoit tout simplement à telle ou telle émission de télévision. On n'entend plus désormais que le vulgaire et arrogant Je reçois aujourd'hui (prénom Nom), qui est chargé de..., et non plus : J'ai l'honneur de recevoir, ou bien : Monsieur Untel, (Ministre de ceci, Directeur de cela), nous fait l'honneur de... C'est en quelque sorte le journaliste ou le présentateur de télévision qui font l'honneur à tel personnage de l'inviter. Tant sont forts la prégnance de l'image et du « quatrième pouvoir » d'une part, et le nombrilisme des invités, ravis d'être vus ou regardés sur le petit écran, d'autre part. Accessoirement, le fait de dire « Je reçois (Untel, quelqu'un d'important) ... » met en valeur le (ou la) journaliste, le présentateur ou la présentatrice sur qui, ainsi, rejaillit une partie de la gloire du personnage reçu. « Vulgaritas vulgaritatum, et omnia vulgaritas » (voir les pages rousses du petit Larose).

Une vulgarité, émise par une journaliste de la chaîne de télévision A2 ; s'adressant à un Président d'une république africaine, elle lui demanda cavalièrement : « Et que pensez-vous-vous de cette situation, Président ? » Ou on peut aussi entendre de la part des journaleux de la french TV cet autre type de déclaration : « Bonjour Roland, bonjour monsieur le Ministre » (le ministre passe après le présentateur).

Tout ce qui peut distinguer quelqu'un du vulgum pecus est banni : plus de titres, plus d'émulation, tout comme il n'y a plus de prix ni de récompenses dans les écoles... Nivellement par le bas. La médiocrité est passée par là.

P.S. Dans les formulaires sur internet, le mot titre a été remplacé par « civilité » (sic). Et les administrations, sous l'influence des groupes de pression féministes, vont supprimer le charmant et désuet « Mademoiselle » des formulaires administratifs. Va-t-on revenir à l'ancienne formulation républicaine « citoyen », « citoyenne » ?

Étymologie : du latin titulus : inscription, titre d'un ouvrage, titre d'honneur, altéré en titre. Cf. l'anglais title.

Titres (de films, d'émissions de télévision) : les titres de films étasuniens ne se traduisent plus : Jurassik Pork, Mars attacks ... Idem pour les téléfilms ou les titres de séries : Desesperate Housewifes, Heroes, Prison Break ... Les « génériques » des films ne sont plus traduits non plus, et le spectateur voit défiler des termes anglo-saxons, au début ou en fin de film, et dont il n'a que faire. Un traducteur revient-il si cher ? Ou est-ce imposé par les producteurs anglo-saxons ? Que penser si les pièces de théâtre ne se traduisaient pas non plus : Much ado about nothing, Gorié ot ouma, El burlador de Sevilla (2) etc. Il en est de même des titres d'émisssions de télévision, où des millions de téléspectateurs assistent, impuissants, à l'invasion de nos chaînes par les Étazuniens. Ce ne sont pas les déclarations de M. Barroso, président de la Commission européenne, traitant les Français de réactionnaires (juin 2013) parce qu'ils prônent une culture spécifiquement française en France, qui vont améliorer les choses. Et pourquoi pas les traiter de racistes ?

Et quand la télévision crée une nouvelle émission (quand elle en crée), il y a de grands risques qu'un producteur néo-crétin impose un titre en anglais : Star Academy, Secret story, The voice, You can dance par exemple. Ou alors, l'on a droit à des titres d'émission d'une navrante stupidité : « Attention à la marche ! », « On n'est pas couché », « T'empêche tout le monde de dormir », « Taratata », « Vivement dimanche prochain ! », « 60 minutes inside », « Panique dans l'oreillette ». L'on se souvient peut-être de l'émission de l'agrégé de télévision « Ciel mon mardi ».


Avec l'aimable autorisation du dessinateur Gremi.
Ce n'est plus une télé de m..., c'est une télé de pisse.
Visitez le site de Gremi
A titre anecdotique, un participant à l'émission « Secret story » s'appelle un « secrétiste ».

Quant aux titres des émissions pour la jeunesse, ils sont très souvent anglicisées, comme Toowan par exemple.

Les titres de livres ne sont pas, eux non plus, traduits par les néo-rédacteurs : Eichenwald, auteur du livre 500 Days: Secrets and Lies in the Terror Wars, affirme que des notes plus anciennes datant de mai et juin mettaient également en garde contre une attaque à venir (Slate point fr, 12.09.2012). Sur le titre, il n'y a qu'un lien vers un site de vente du livre ... en anglais.

Étymologie : voir rubrique précédente.






(1) Aïe aïe aïe ! Loteur a osé écrire : sale blanc. Il risque d'être assigné en justice par tous les blancs de France et de Navarre, voire de Belgique.      ↑↑

(1 bis) Il est également possible que tous les chiens blancs de France et d'ailleurs le traînent en justice.       ↑↑

(2) Much ado about nothing : Beaucoup de bruit pour rien (Shakespeare), Gorié ot ouma (Горе от ума) : Le malheur d'avoir de l'esprit (de l'auteur russe Griboïédov), El burlador de Sevilla : Le menteur de Séville (Calderón de la Barca).      ↑↑



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