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[...] « l'enseignement obligatoire semble miner la volonté personnelle d'apprendre. »
Ivan ILLICH

« J'habite dans mon dictionnaire »
Inconnu





Première partie




I : la lettre  I, neuvième lettre de l'alphabet latin, dériverait du hiéroglyphe égyptien    qui représente un avant-bras, une coudée (± 45 cm), et qui transcrirait le son â long. Le signe s'est redressé en grec pour donner le 'iota' ( Ι ι ) et en latin pour le I, après redressement du glyphe.

~i (finales en ~i) : la finale arabisante ~i est très prisée par les journalistes ou auteurs modernes pour désigner les habitants d'une ville ou d'un territoires arabes : bagadadis (habitants de Bagdad), kabouli (habitant de Kaboul), ... et même l'ahurissant émirati (sic), pur barbarisme : Les militants d'un tourisme chez l'habitant en Mauritanie ouvrent-ils la porte de leur appartement parisien aux touristes coréens ou émiratis de passage ? (Philippe Mugnier point com, 03.02.2011). Autre exemple : On ignore si le Hamas ou une autre force gazaouie a tiré la roquette mais Israïl tient "le Hamas pour responsable de toute agression" provenant de Gaza, a dit le porte-parole de l'armée, le colonel Peter Lerner (AFP, 11.10.2015). Gazaoui, gazaouie : francisation de l'arabe غزة : de Gaza.

Cette finale ~i peut être variable (pluriel en -s) ou invariable : [...] il n'a pas pas fallu un week-end que Bob avait déjà humé l'odeur des pétrodollars qatari (Cultural Gangbang point com, 05.10.2008). Et puis encore : La chaleur des nuits marrakchies, ce n'est pas un mythe ! (Voyage point Yahoo point com). On adopte le gentilé local marrakchi, au lieu de la formation française marrakéchien, par exemple, ou marrakéchain. Autre exemple, dont l'orthographie impeccable atteste de l'appartenance du scripteur au monde de l'informatique et de la blogosphère, scripteur qui utilise une finale en ~i là où elle est complètement inutile : ... ça reste à pouver vu le nombre de miliciens katari (= du Qatar ou qatariens []), saoudi (= séoudiens), frères musulmans, français, anglais venu pour fouttre la merde et apporter toutes les prérequis à une guerre civiles (Agora-Vox, 24.02.2012). Et cet autre exemple à propos d'émirati, déjà vu plus haut : Un peu plus d'un an après son arrivée en tant qu'entraîneur, Maradona a été licencié du club émirati (France-TV Sport, 11.07.2012). Donc, on prend une finale en -i qui fait « arabe » qu'on colle à un mot français. En particulier, depuis que le Qatar se mêle d'intervenir dans l'économie française, et surtout dans le sport français, nombreux sont les cas de gentilés ou d'adjectifs qatari au lieu de « qatarien » sous la plume des néo-rédacteurs. Drapé d'un habit traditionnel qatari, il avance à pas lents vers la fenêtre de son bureau (L'Expansion point fr, 28.02.2013). Question : va-t-on appeler les Français des Françaisi(s), vu le nombre d'immigrés composant la population française ?

[] quoique loteur ait trouvé dans un article web le gentilé Qatarien : Un nouveau virus appartenant à la famille du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), responsable de la mort de 800 personnes en 2002, a été identifié sur un Qatarien hospitalisé à Londres (Le Figaro point fr, 24.09.2012).

Peut aussi prendre la marque du féminin, comme dans cet exemple : Dimanche 23 janvier au soir, la chaîne d'information qatarie a révélé des centaines de 'documents confidentiels' relatifs aux négociations israélo-palestiniennes (Le Monde point fr, 24.01.2011). “ La chaîne d'information du Qatar ” doit sans doute être trop compliqué à écrire pour les cervelles de colibri qui rédigent les rubriques sur internet. Il est d'autre part possible (une fois de plus) que la manie d'utiliser la finale -i comme finale de gentilé pour des noms arabes soit imitée des Anglo-Américains, comme par exemple ce titre lu sur internet : « Faked Kuwaiti girl testimony » (témoignage truqué d'une jeune fille kowétienne).

appel : la finale en -i est une finale arabe ; en français, on dit par exemple qatarien (adjectif et gentilé).

I.B.M. (sigle étazunien) : cela voudrait dire quelque chose comme Informatique Binaire Manichéenne ( ? ), et désigne une grande société de traitement de l'information. Notons au passage que l'information (c'est-à-dire le trucage de l'information) est une des branches principales de la novlangue à l'échelle mondiale. Les deux grands concurrents d'I.B.M. sont la secte Micromou, qui a étendu ses rampants et gluants tentacules sur le monde entier ; et la secte Alapom, un des plus grands réseaux de néo-flicage qui soit. Voir Intelligence.


L'intelligence selon I.B.M. et les Anglo-Saxons, c'est le renseignement et le flicage (Intelligence Service)

Ice bucket challenge (souvent orthographié avec les initiales en majuscule) : défi du seau d'eau (glacée). Un défi stupide auquel se laissent entraîner des vedettes médiatiques étazuniennes pour prétendument parrainer un organisme de lutte contre une maladie rare. Et, évidemmment, comme tout ce qui est stupide, des personnalités européennes ont relevé ce « défi ». Flora Coquerel : Miss France 2014 se mouille et nomine Omar Sy, Franck Dubosc. [...] Évidemment, qui dit être nominé dit avoir le droit de nominer en retour. Suivant les règles du jeu, Flora choisit donc trois nouvelles "victimes" pour le Ice Bucket Challenge et pas des moindres (Pure people point com, 25.08.2014). Noter le verbe « nominer » dans le sens de désigner, et le hiatus « leIce bucket challenge ». Autre exemple : Ice Bucket Challenge, la générosité 2.0, titre Le Figaro point fr du 26.08.2014. Noter « la générosité 2.0 » : une nouvelle forme de générosité.

(Cette rubrique n'a été introduite que pour réagir à la mode de l'aspersion d'eau glacée. Défi déconseillé à ceux qui souffrent de sinusites ou d'otites chroniques, ou même de problèmes cardiaques).

Ici (et maintenant) : ça fait penseur ou philosophe que d'employer cette belle expression qui indique la relativité des choses. Un exemple parmi des milliers : « C’est au nom de l’ ici-et-maintenant que Mai refuse le réformisme et les élections, comme les migraines et les dépressions. Sa philosophie : intensifier le présent grâce au mélange humain, pour que la vie change here and now, sans préavis, immédiatement. » Il ne manquait plus que de reprendre l'expression latine « hic et nunc », et le profond penseur aurait fait la preuve de son éblouissante inventivité.

Étymologie : ici, du latin ecce hic (voilà ici) → eccic → ici. Maintenant, littéralement main tenant (tant qu'on a dans la main).

Icône (anglicisme rampant) : les icônes, fleurs de l”art pictural orthodoxe, sont des tableaux, des représentations diaphanes et épurées de saints ou de scènes religieuses.


une icône : La Troïtsa d'Andreï Roubliov

De nos jours, ce sens est dénaturé, et on emploie “icône” dans le sens d'un personnage représentatif. Un journal, parlant de madame Dati, ministre de la Justice, titre ainsi : « La chute d'une icône » (elle était mal accrochée ?) On peut également lire dans 20 minutes point fr : «Son image d'icône blessée [Anne Sinclair] a profondément touché les femmes, qui s'identifient à elles (sic) et se demandent ce qu'elles auraient fait dans sa situation» (loteur tient à rappeler que quand les guillemets sont accolés aux mots, c'est qu'ils le sont déjà dans le texte original). Mais on peut aussi trouver : Quand Michel Onfray déboulonne l'icône Freud (là, l'icône était bien boulonnée). Entendu à la french TV : « Soljénitsine était l'icône de la dissidence russe ». Pour un Russe, c'est normal d'être une icône. (Une autre chaîne de la french TV le décrit comme l'emblème de la dissidence russe). Ainsi, on parle maintenant de chanteurs qui sont de véritables icônes de la chanson. Comment un élément visuel peut-il se transposer dans le domaine du son ? Avant on disait idole ou symbole. Johny Halliday était l'idole des jeunes, maintenant il serait leur icône. Ah, sa célèbre chanson : On m'appelle l'icône des jeunes ! Tiré du Yaourt! pour Elles, ce titre d'article : Marilyn Monroe, l'icône glamour. Quelle différence avec un sex-symbol ? Lue sur internet, cette phrase qui demande à être décodée : L'éloge d'une de ses parentes proches, sa demi-sœur [...] est une très rare ouverture sur l'intimité de l'icône et ses derniers jours (à propos de Steve Jobs). Il faut comprendre par l'intimité de l'icône 'la vie intime de la personnalité S.J.' Piquée sur un article de sport cette phrase : [...] il dresse un portrait sans concession des Bleus d'hier et d'aujourd'hui. Où il est question de l'Euro, de fric, de ses relations complexes avec l'icône Zidane... Étant donné que Z. Zidane est musulman, l'expression « icône Zidane » ne manque pas de saveur. Dans le même esprit loteur a pu lire : Son nom est aujourd'hui indissociable d'une icône féminine du combat islamiste radical, Malika El Aroud. Une icône islamiste ! Les néo-rédacteurs étonneront toujours par leur bêtise. Voici, ci-dessous, un exemple de rapprochements malheureux et malsonnants de mots :


Une icône sexy ; la Vierge fait-elle du strip-tease ?

Loteur ne résiste pas à donner un exemple ambigu, lu sur un article web : En parallèle du futur épisode VII, Disney confirme la préparation de films sur les icônes de la saga. Sur les icônes de la saga ? La saga comporte-t-elle des icônes sacrées ? Et puis la formulation « en parallèle du » n'est pas très heureuse non plus.

Néo-adjectif dérivé : iconique. Ce nouveau décès dans la famille la plus iconique d'Amérique faisait jeudi les gros titres de la presse tabloïde (Yaourt!-Actualités, citant l'A.F.P.). Iconique : connu, marquant, symbolique, typique, caractéristique, remarquable, qui représente ? Autre exemple : Sans vous, pas de pionniers, pas de preneurs de risques, pas de success stories, comme l'histoire de ce simple jean devenu iconique, dans lequel hommes et femmes continuent d'accomplir leurs rêves les plus fous. (le jean en question n'est pas un gars qui se prénomme Jean, et ce n'est pas non plus une icône représentant saint Jean, mais c'est simplement un blue-jean ; il s'agit d'une réclame pour des jeans). Un jean iconique ! Le néo-adjectif iconique semble tout droit venu des Anglo-Américains, où l'on change sans vergogne le sens des mots. Exemple pris au hasard sur une couverture d'un magazine étazunien : From JFK's iconic prep to Obama's laid-back cool : all-american style is back. (Loteur a la flemme de traduire).

Pour les informaticiens, qui désacralisent tout, une icône est un petit dessin stylisé sur lequel on peut “cliquer” pour lancer un programme. Souvent les informaticiens disent UN icône et non une icône (emprunt évident à l'anglo-américain : icon). Cela sonne mieux et c”est tellement entré dans les mœurs informes à tiques qu'un célèbre fournisseur d'accès internet n'hésite pas à écrire sur une notice : « Après installation [du programme], UN icône apparaîtra sur le Bureau ». Ou bien, pêché dans un article informatique : « Le nouveau logo [des Jeux Olympiques] deviendra l'icône visuel de Londres 2012 ». A donné le verbe icôniser : réduire à une icône. Quelquefois même l'accent circonflexe disparaît, laissant un mot vide de sens et de spiritualité : Un icone. Icone ou y déconnent ? Il faut en tout cas encore une fois noter l'intrusion du vocabulaire religieux dans l'informatique.

Bien que le mot icône soit très employé dans l'informatique pour désigner ces petits dessins stylisés, peut-être vaudrait-il mieux utiliser le mot ‘pictogramme’, diminutif picto, à la place... En tout cas, moi, je le fais (dixit loteur).

Étymologie : russe икона (ikona) : image, icône ; venant du grec byzantin
εικόνα (eikona), dérivé du grec ancien εικών (eikôn) : image, portrait, tableau, statue. Du verbe εικω (eikô) : être semblable, ressembler. Le fait de ne pas mettre d'accent circonflexe sur le 'o' d'icône indique que c'est un emprunt aux Anglo-Saxons.

Idée : une idée, dans le langage des images sur internet, se traduit par le dessin d'une ampoule électrique allumée. Signification : idée lumineuse. Mais toutes les idées ne sont pas lumineuses. Et remplacer les ampoules traditionnelles à filament, qui éclairaient vraiment, par les ampoules froides modernes que les autorités (gouvernement, écolos, industriels) nous imposent, inutile de dire que c'est une mauvaise idée, car ces ampoules n'éclairent pas vraiment, et sont d'une esthétique redoutablement laide. Les idées symbolisées par ce style d'ampoule seraient vraiment tordues.

De Nicolas Chamfort (1740 - 1794) : « J'ai rencontré Untel dans un salon. Nous avons échangé nos idées. Je me suis retrouvé tout bête » (Maximes et pensées, Caractères et anecdotes). Vous voilà avertis : n'échangez pas vos idées avec le premier venu !

Étymologie : du latin idea : idée au sens platonicien, c'est-à-dire : type de chose. Emprunt au grec
ιδέα (idea, mot que Cicéron gardait sous sa graphie grecque) : apparence, forme extérieure ; classe, sorte, espèce ; « idée », c'est-à-dire forme idéale, concevable par la pensée, et dont chaque objet matériel n'est que la reproduction imparfaite. Du verbe ει̃δω (eidô) : voir, examiner, regarder.

Identité : synonyme dorénavant de nationalité. L'identité, c'est le fait d'être identique ou de se rendre identique. Tel ressortissant étranger ne maîtrise pas le français, il ne pratique pas la même religion que nous, il a des tabous alimentaires d'un autre âge, il ne s'habille pas comme nous, il obéit à des coutumes rétrogrades (excision, par exemple). Conclusion : il a l'identité française. C'est aussi simple que ça.

Nous citons Charles De Gaulle : « C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne ». (Cité dans Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, t. 1, éditions de Fallois/Fayard, 1994, p. 52).

Quand on parle d'identité nationale, on ne sait pas trop à quoi cela fait référence. Notion floue, semblant se rapporter à la nationalité (mais il n'y a plus d'États-nations), à la conscience nationale. On a détruit les Nations au profit des multi-nationales, on a détruit les langues au profit du globish ; on veut maintenant détruire les consciences individuelles par l'abêtissement télévisuel et la propagande politiquement correcte. L'identité nationale fait partie de ces néo-concepts vides de sens, sans âme, sans esprit, sans réelle culture.

Adjectif : identitaire. On parle ainsi de la mouvance identitaire, qui est un mouvement patriotique, en faveur de l'identité (= appartenance, nationalité) française. L'histoire d'un foyer de Laon échauffe les sites identitaires (Libération point fr). Ou encore : Organisé pour la première fois en terre lyonnaise, le traditionnel tournoi de football identitaire aura tenu toutes ses promesses. Par contre identitaire peut avoir un sens différent, et qui serait : relatif à sa propre identité (sentiment de soi) : Il en ressort que la principale cause [de suicide chez les homosexuels] réside dans un mal-être identitaire (honte de soi, sentiment de ne pas être dans la norme, etc.). Voir Processus identitaire.

Dans la même logique de déplacement du sens des mots, le néo-verbe identifier qui signifie normalement déclarer identique, reconnaître quelqu'un ou quelque chose au vu de certains traits ou signes, ou établir l'identité de ... signifie maintenant reconnaître, découvrir, trouver, voire comprendre : identifier un problème, identifier les priorités d'action etc. Communiqué de l'Éducation dite nationale : Renforcer l'enseignement de l'orthographe est un enjeu majeur pour la réussite des élèves parce que la maîtrise de l'orthographe conditionne celle de la langue française, notamment la compréhension des écrits et l'identification des mots, écrit le ministère (Yaourt! citant Reuters). Il s'agit, dans ce cas-là, d'un triste anglicisme.

Étymologie : du latin identitas : qualité de ce qui est le même ; dérivé du démonstratif idem, eadem, idem : le même, venant de is, ea, id : celui-ci, celle-ci ; il, elle. L'identité a donc pour base la personne ou la chose en soi.

~ie : c'est une manie politico-journalistique que d'ajoindre le suffixe ~ie à un nom propre de chef d'État pour désigner ses proches ou son aréopage, ou encore l'état de la France sous son système de gouvernement, et ce – de façon plutôt péjorative ou ironique : Quand le besoin se fait sentir, quand il ambitionne de faire de son département natal une Pompidolie, quand, en 1969, briguant l'Elysée, il veut apparaître homme de bon sens et d'équilibre... (Gilbert Noêl et Émilie Willaert, Georges Pompidou et le monde des campagnes). Autres exemples : La mitterrandie, son univers impitoyable (Le Parisien . fr, 08.01.2006). On se souvient, sans doute, de la « chiraquie » : Pourquoi la chiraquie rallie François Hollande, explique doctement France-TV Info . fr du 18.04.2012. Ou bien : Ces affaires qui ébranlent la Sarkozie, explique non moins doctement France Info . fr du 09.05.2014. Ou encore : Les ex-grands flics de la Sarkozie se serrent toujours les coudes et ont du mal à se défaire des habitudes prises sous les ors de la République (Médiapart . fr, 27.09.2016). Cela rame dur en Hollandie pour limiter les dégâts aux futures municipales (Le Point point fr, 09.08.2013). Ou cet exemple, tiré du Monde . fr du 10.03.2014 : ... le profil de l'heureux nommé semble on ne peut mieux cadrer avec les us et coutumes de la « Hollandie ». Ou deux exemples, plus récents : « Un président ne devrait pas dire ça » : ces pages qui ébranlent la hollandie. [...] « Comment il peut faire un truc pareil ? Je lui en veux, c'est pas possible », fulmine un baron de la hollandie (Le Parisien . fr, 13.10.2016). Curiosité : le substantif peut commencer par une majuscule ou par une minuscule.

Le suffixe ironique ou dépréciatif ~ie adjoint à un nom propre peut désigner tout système avec lequel on est en opposition ou désaccord : La strauss-kahnie entre rage et amertume, titre Le Monde point fr du 29.10.2011. Ou bien : Le prince est désormais contraint de toujours «tenir le couteau en mains»... ce qui finit par mal tourner. Voilà le meilleur éditorial sur l'état de la lepénie (Slate point fr, 20.08.2015).

On peut trouver ce suffixe sous la forme -ye quand le nom de la personne se termine par -y : Pourquoi revenir à la charge aujourd'hui, 18 mois après la fin de la sarkozye, alors que le Président actuel ne fait pas mieux que son prédécesseur ? (Agora-Vox, 30.09.2013). Noter « le Président actuel », au lieu de : le président actuel. Noter également sarkozye, alors que plus haut on avait Sarkozie.

Pour désigner le système des Zétazunis sous George Bush le Jeune, on disait « busherie », allusion à ses activités de pacification.

IED : Improvised Explosive Devices (engins explosifs improvisés) : bombes artisanales de toutes sortes utilisées par les apprentis-terroristes et aussi par les terroristes confirmés. La façon dont ils ont mené les attentats est signicative, car dans les premiers jours qui ont suivi la police s'est posée la question du déclenchement de ce qui ressemblait à des IEDs, comme celles aperçues au Pakistan, en Irak ou en Afghanistan (Agora-Vox). Noter ici l'emploi du féminin pluriel, comme s'il y avait le mot « bombes » sous-entendu.

Ignorer (Vous n'êtes pas sans ~) : classique, au lieu de 'vous n'êtes pas sans savoir' (= vous savez sûrement). Exemple : Elle l’avait averti: François Hollande n'était donc pas sans ignorer que sa compagne allait agir... Mais comment et quand? (la ponctuation accolée aux mots se trouve dans l'original). Autre exemple : Vous n'êtes sans doute pas sans ignorer que le conte de Blanche-Neige s'apprête à envahir les grands écrans. Encore un exemple ? (les lecteurs sont insatiables). Vous n'êtes certainement pas sans ignorer que la première année de médecine se termine par un concours redoutable. La confusion est sans doute due à la négation, de telle sorte que la locution est sentie comme : 'vous n'ignorez sans doute pas', – alors qu'elle signifie exactement le contraire. Au lieu d'employer cette locution tarabiscotée, les scripteurs devraient s'en tenir à de plus simples formulations, qui abondent en français.

Étymologie : du latin ignorare : ne pas connaître, composé de 'i' pour in privatif, et d'un radical inusité gnorus, très voisin de l'adjectif gnarus : qui sait (Littré). Verbe gnosco, base nosco, notum, noscere : connaître.

Il, elle est un(e) : on emploie de moins en moins le démonstratif ('présentatif') : c'est un(e) pour désigner quelqu'un, mais à la façon des Anglo-Américains on utilise le pronom personnel : il est un grand artiste au lieu de “c'est un grand artiste”, elle est une femme intelligente au lieu de “c'est une femme intelligente”. Ils sont les Français les plus influents (Ce sont les Français les plus influents). Ils sont des édifices pour la plupart bâtis ou fortement remaniés à la renaissance (sic) française (= Ce sont des édifices). Ou encore : Les vertus médicinales du gingembre ne sont plus à prouver, il est un excellent remède contre plusieurs maladies. Ou encore : Il est l’homme le plus petit du monde. Ou bien encore : Elle est la ville la plus agréable au monde. Noter le double anglicisme : 'elle est' au lieu de c'est ; 'la plus agréable au monde' au lieu la plus agréable du monde. Encore un exemple ? Elle est une grande fille, elle sait très bien à quoi s'en tenir dans ces soirées (c'est une grande fille...). Un autre ? Elle est l'une des cuisinières de C à vous, le rendez-vous quotidien d' Alessandra Sublet sur France 5 (c'est l'une des cuisinières...). Noter la néo-orthographe « C à vous », pour C'est à vous. Plus de liaison possible (c'est-ta vous). Les néo-rédacteurs sont tellement imprégnés d'anglo-américain qu'ils ne se donnent même plus la peine de penser en français (le peuvent-ils, seulement ?)


Formulation déplorable : « Est-il un coureur ? »
au lieu de « Est-ce un coureur ? » ou « Est-il coureur ? »

Exemple d'une phrase ou “ il est ” est mis sur le même plan que “ c'est ” : Il n'est pas un simple discours d'accompagnement, une simple musique de fond, c'est une partie intégrante de ces politiques. On se demande pourquoi cette façon de s”exprimer, si anti-naturelle pour le français, tend de plus en plus à s'imposer chez les rédacteurs de rubriques sur internet. Sont-ils trop nourris d'anglais, ou plutôt de globish ?

Piquée avec une fourchette spéciale cette phrase à propos d'émissions de télévision : Il animera un talk-show sur France 3 où des personnalités viendront « raconter comment ils se sont construits ». Loteur trouve bizarre de dire 'ils' à propos de 'personnalités'. Mais ce n'est que l'avis de loteur.

Et puis, tiens, cette phrase décidément bizarre pour loteur, à propos d'une panne d'électricité : Au plus fort de la panne, ils étaient 750 touchés, mercredi (le nouvel obs point com). Pourquoi pas : il y avait 750 (foyers) touchés ?

Étymologie : il, elle, venant du latin ille, illa : celui-là, celle-là.

Île (de beauté) : presque aucun journaliste, presque aucun présentateur de bulletin météo ne dira plus : la Corse. C'est l'Île de beauté, que cela plaise ou non. Peut-être que les attentats et les meurtres en série, avec leur belles couleurs rouges et bleues, justifient à leurs yeux cette appellation.

Étymologie : île, du latin insula : île. Même radical que dans exsulo, exsulare : exiler. Beauté, de beau + suffixe -té.

Illégal : terme informatique signifiant “non conforme au système ou au programme”, non permis, non valable : Commande illégale. Importation frauduleuse de l'anglo-américain, comme dans par exemple « Illegal password » (mot de passe non valable). Qui a dit Informatique et Liberté ?

Il est un autre sens, dérivé, d'illégal dans le sens de drogue, stupéfiant : substances illégales. Exemple relevé dans la presse : "C'est avec une grande tristesse que nous avons mis fin à notre contrat avec lui [L. Armstrong]", poursuit Nike, qui dit ne pouvoir "fermer les yeux sur l'utilisation de substances illégales destinées à améliorer les performances" sportives. On ne peut qu'être étonné qu'au lieu de « stupéfiant » (terme pharmacologique) on utilise le mot « illégal », qui est un terme juridique, pour désigner ce type de substance.

Étymologie : du préfixe privatif in-, changé en il- devant + légal, venant de lex, legis : loi. Légal (forme latine, "savante") est le doublon de loyal (forme française).

Illettrisme (néologisme, avec deux “ l ” et deux “ t ”) : une des conséquences de l'enseignement public moderne. Désormais l'école ne forme plus des esprits, mais prétend former des citoyens. Résultat : on n'obtient ni les uns ni les autres, c'est-à-dire qu'on obtient des ignorants et des illettrés d'une part et des asociaux d'autre part. D'après les statistiques officielles, il y aurait 16 % d'illettrés en France (chiffre de 2013). D'après celles de loteur, officieuses, 25 à 30 % (environ). L'illettrisme se caractérise par le manque de maîtrise des structures écrites, rendant l'individu incapable de déchiffrer ou de rédiger les textes les plus simples – et donc de communiquer. On se demande vraiment à quoi servent nos Ministres de l'Éducation nationale successifs, sinon à pondre une réforme [comme s'ils dépucelaient une vierge] et à toucher de substantielles prébendes. Mais il faut cependant avouer que la démission parentale, l'envahissement progressif de l'audio-visuel, des réseaux sociaux et de l'informatique, ainsi que la paresse intellectuelle y sont aussi pour beaucoup.

Peut-on considérer le passage suivant comme un modèle d'illettrisme ou de cacographie (1) ? « je suis assistante d'éducation dans une CLIS (2) de niveau 5.Nous travaillons sur Léo et Léa.Le global ne fais que troublé les enfants qui au final ne savent pas lire.Nous voyons de + en + d'élèves venir en CLIS.la méthode Boscher et également utilisée par l'ancien enseignant avec qui je travailler et qui a opérer des miracles avec les enfants que l'éducation disait "perdu". ». Quelques fautes d'orthographe ou de syntaxe peuvent passer pour de l'inattention ou de la négligence. Mais une telle accumulation de fautes est un indice de changement de niveau (quantitatif → qualitatif) : on tombe dans l'inculture. De plus, ce texte émane d'une prétendue « assistante d'éducation ».

L'illettrisme ne doit pas cependant être confondu avec l'analphabétisme. Est analphabète celui qui n'a jamais appris à lire et à écrire. Cela le ravale en fait, dans nos civilisations, au rang de la bête (analpha-bête). C'est peut-être à cause de cette confusion que le media slate.fr a écrit : « La première dame (sic, il s'agit de Carla Bruni) y évoque notamment son combat contre l'illettrisme, en nous faisant (sic) une belle boulette : "Peut-être que des gens (sous-entendu qui souffrent d'illettrisme, ndlr) en lisant notre entretien (...)". Le journaliste lui signale sa bévue. Elle rectifie : "On le leur lira peut-être"... » Il faut signaler au rédacteur de l'article qu'un illettré peut lire, à la différence d'un analpabète. A remarquer ici les néo-mots boulette, bévue, au lieu d'erreur.

Citation

La mondialisation économique, politique et culturelle rend obsolète l'institution implantée localement et ancrée dans une culture déterminée que l'on appelle l'École et, en même temps qu'elle, l'enseignant. (Rapport 1998 de l'OCDE sur les politiques de l'Éducation)
Le contraire de l'illettrisme, c'est le littérisme – et non pas le lettrisme (voir plus bas). Le littérisme, c'est « la capacité à lire un texte simple en le comprenant, à utiliser et à communiquer une information écrite dans la vie courante. » Cependant le littérisme ne sert pas à former des littéraires, ni surtout des lettrés. Médiocrité oblige : on a été obligé de créer ce nouveau concept, aux forts relents anglo-américains (en langue angloise littérisme se dit : literacy), pour désigner des gens, victimes de la méthode globale et de la destruction de la culture.


Étymologie : le mot n'est pas répertorié ni dans le Littré, ni dans le Trésor de la Langue française. L'illettrisme est donc un phénomène assez récent. Avant, il n'y avait que des gens qui savaient lire et écrire, ou des analphabètes. La fin du XXe siècle aura donc remplacé les analphabètes par des illettrés. Il n'y a que demi-progrès, et ce d'autant plus que les progrès ravageurs de l'informatique déshabituent les gens du plaisir d'écrire.

Illettrisme est formé du préfixe privatif in-, passé à il- devant , + lettrisme, mot qui n'existe que pour désigner une école littéraire d'avant-garde, fondée par Isidore Isou en 1946, préconisant la proscription du mot au profit du son et de la lettre. Le mot « illettrisme » est donc complètement artificiel, et est dérivé du mot illettré. La racine est lettre, du latin littera : signe graphique, lettre de l'alphabet.

Illisible : veut normalement dire : qu'on ne peut pas lire, impossible à lire. Mais depuis quelques années, les adjectifs verbaux lisible / illisible ont pris des significations tout à fait inattendues, comme compréhensible / incompréhensible, clair / pas clair, confus. Il y avait chez Falorni de l'ambition, ce qui n'est pas scandaleux, et de la rancœur, ce qui est regrettable. Un mélange de sentiment qui donne une grande confusion sur le plan politique et rend son attitude illisible (Maxime Bono, maire de La Rochelle). Autre exemple : En flattant Anne Hidalgo, en s'apprêtant à rallier NKM, en déplorant les hostilités au sein de son propre camp ("où tout le monde se déteste"), l'indéboulonnable maire du 7ème arrondissement [R. Dati, ndlr] adopte une attitude ambigüe (sic) et pour le moment... illisible (challenges point fr). Dans une époque où on lit de moins en moins, où il y a de plus en plus d'illettrés, cela n'est pas un mince paradoxe. Voir à ce propos Lisible, lisibilité.

Étymologie : fait à partir de l'adjectif verbal de lire + préfixe négatif in- passé à il- devant . Lire, c'est "connaître les lettres et savoir les assembler en mots" (Littré). Latin lego, lectum, legere : cueillir, recueillir, parcourir, puis lire.

Illogisme : c'est le propre de beaucoup de constructions de phrases ou de présentations des idées. Ce petit recueil en recense un certain nombre. Nous ne pouvons résister au plaisir de vous citer un illogisme, particulièrement amusant : « Deux lesbiennes, qui vivent leur petit bonhomme de chemin ». Ou bien, lu dans une notice pour une marque de carte-mémoire : Garantie limitée à vie (sic). Les scientifiques ne sont pas en reste d'illogismes : Ce cancer a été favorisé par la surconsommation de tabac... Ou bien cet échange de répliques : « Qu'avez-vous à nous apprendre ? – Rien que vous n'ignoriez déjà ». Sans doute la négation devant ignoriez a fait comprendre : sachiez.

A mettre sur le même plan cette phrase lue dans un journal électronique : « Quelque 1.605 produits ont été signalés comme dangereux par les Etats membres en 2007, et plus de la moitié – 700 – avaient été fabriqués en Chine ». 700 représente plus de la moitié de 1.605 ; vive la nouvelle mathématique !

Étymologie : illogisme, formé du préfixe privatif in-, passé à il- devant , + logisme, venant du latin logica : logique (aptitude à raisonner de façon juste). Emprunt au grec
λογικός (logicos) : qui sert à la parole, qui convient au raisonnement ; λογική τέχνη (logiké techné) : science du raisonnement, logique.

Illustrer (S'~) : ce verbe pronominal veut normalement dire se distinguer par des actions exceptionnelles, se rendre illustre : Pasteur s'illustra par ses travaux scientifiques. Mais comme on l'a plusieurs fois fait remarquer dans ce glossaire, les mots sont maintenant employés par les néo-rédacteurs dans n'importe quel sens. Depuis quelques années déjà, Michelle Obama s'illustre en couverture de nombreuses couvertures de magazines à travers le monde. Mais le magazine espagnol Fuera de Serie aurait-il publié la couverture de trop ? (Pampa presse). Loteur ne comprend pas très bien le sens du verbe s'illustrer dans cette phrase. De quels exploits Michelle Obama est-elle l'auteur, exploits qui l'auraient rendue illustre ? Ou est-ce que cela veut simplement dire ‹ servir d'illustration › ? Remarquer aussi la répétition s'illustre en couverture de nombreuses couvertures.

Image : c'est le règne de l'image, qui s'est substituée aux mots. Les manuels scolaires sont truffés d'images et de photos, et le texte s'y fait de plus en plus rare. Il est cependant vrai qu'à l'origine l'alphabet, les signes hiéroglyphiques ou cunéiformes, les caractères chinois ne sont que des dessins stylisés. Cela n'est pas une raison pour que l'image revienne en force.

Les avertissements traditionnels, rédigés en langue normale, sont devenus également des dessins stylisés (“pictogrammes”, mot abrégé en pictos), présents un peu partout : signaux routiers, appareils électroménagers… De même en informatique il faut cliquer sur de petits dessins stylisés appelés icônes pour déclencher un événement.

Très en vogue aussi, le symbole du cœur pour remplacer le verbe aimer : J' Paris sur le modèle I NY. Et pour détester, qu'emploie-t-on ? Le pique ? Je les anglo-américains. Quant à la musique, c'est devenu partout sur internet . Fastoche, non ? J' la vraie et je le rap. Ou, beaucoup plus simple : I & I (j'aime la musique, et je déteste le rap). Au fond, on en arrive au système des caractères chinois ou des hiéroglyphes. Voir Cœur.

Tout se passe comme si a priori on pensait que les citoyens étaient illettrés (deux “ l ”, deux “ t “), et ne savaient reconnaître que les images et les couleurs. Une image chasse l'autre dans un kaléidoscope perpétuel.

Les anciens systèmes informatiques (UNIX, DOS ...) fonctionnaient principalement avec des commandes au clavier. Maintenant, plus rien n'est concevable sans une interface graphique (icônes, fonds d'écran, habillage des programmes ...). Les dernières moutures de la secte Micromou (Ouista, et son héritier W-7) mise tout sur les images en 3D (3 dimensions) sous prétexte de confort visuel. Plutôt qu'une progression, nous sommes en pleine régression.

L'image est une solution de facilité, car elle s'impose par son caractère immédiat, et elle berce – souvent d'illusions optiques – le spectateur, passif, elle le prend en charge. Cela n'implique pas un effort intellectuel intense. Alors que la lecture est un choix actif. Il y avait avant une chanson 'disco' Video killed the radio stars (la vidéo a tué les stars de radio). On peut dire maintenant que video killed the stylo stars, la vidéo a tué les stars de l'écriture. Voir Vidéo.

Étymologie : du latin imago, -ginis ; représentation, imitation, image, littéralement : ressemblance. Peut-être en relation avec le verbe imitor, imitari : imiter.

Image (droit à l'~) : il n'est plus possible de photographier en France des personnes, ni des monuments, ni des immeubles, sans avoir l'autorisation écrite, en trois exemplaires, enregistrée par devant notaire. Et si vous photographiez des crottes de chien, vous devez maintenant avoir l'autorisation du chien. Autrement, vous courrez le risque d”être attaqué en justice, et de devoir payer des dommages et intérêts, parfois exorbitants. A une époque où l'image règne en maître, ceci constitue un joli paradoxe. De telle façon que nombre de journaux télévisés voilent la face de certaines personnes (simples citoyens, criminels ou présumés innocents) dans leurs reportages. A quand les présentateurs masqués ? De toute façon l'information, elle, est masquée.

Les gens sont de plus en plus exigeants pour le droit à l'image. Ils ont un droit de regard sur les clichés pris. Ils ont inconsciemment l'impression qu'on leur vole quelque chose d'eux-mêmes lorsqu'on les photographie. Tout comme certaines tribus africaines, qui croient qu'on leur vole leur âme si on les prend en photo. Le croiriez-vous ? Nous régressons vers l'animisme. Ce qui n'est pas un mince paradoxe : à l'heure où le pouvoir de l'image est tyrannique (télévision), l'on aime bien « passer à la télé », mais l'on s'arroge des droits sur son image.

Étymologie : droit, du bas latin directum, substantivation de l'adjectif directus : droit. Verbe diregere, composé du préfixe di, + rego, rectum, regere : mener, diriger, guider, commander. Pour image, voir la rubrique précédente.

Imbitable (vulg.) : sans doute dans le sens d'imbuvable, d'incompréhensible, qui ne présente aucun intérêt. Alors que la mairie n'a pas renoncé à l'horrible projet de jardin alvéolaire et de bubon canopéen, elle continue à distiller, dans le cadre de la concertation, un charabia imbitable sur des sujets essentiels (divers blogues). Autre exemple, émanant d'un député de la République : 'Il faut arrêter ces discours que personne ne comprend [...], cette espèce de novlangue imbitable. Il faut arrêter avec l'obsession de la réduction du déficit', a lancé Pascal Cherki.

Quant à une femme, si elle est imbitable, cela veut dire de façon indubitable qu'elle n'attire pas le désir.

Étymologie : préfixe privatif im- + bitable, du verbe biter (vulg.) : posséder charnellement. Bite, venant sans doute de bitte : billot de bois ou de fonte, à tête renflée, fixé sur le pont des navires pour les amarrer. De l'ancien scandinave biti : poutre. Littré relève le mot latin bitus : "lignum quo vincti flagellantur" (bâton avec lequel on flagellait les prisonniers).

Imbuvable : littéralement : qu'on ne peut boire, qui n'est pas potable. Mais cet adjectif est très souvent pris dans les sens de : déplaisant, détestable, inacceptable, insupportable, intolérable, odieux... Ce type-là, il est imbuvable, ou bien ce potin du plus grand intérêt : Justin Bieber imbuvable avec les journalistes espagnols (peut-être y a-t-il là un petit jeu de mots de la part du rédacteur).

Étymologie : préfixe privatif im- + buvable, à partir de boire (synonyme : potable). Radical beuv, buv, venant de boire. Du latin bibo, bibere : boire. Grec
πίνω (pinô [()]) : boire, en latin le p s'est transformé en 'b', avec redoublement. Russe пить (pit') : boire.
[()] πίνω (pinô) n'a rien à voir avec le pinard ni avec le pineau.
Imitation (servile des Étazunis): c'est le propre de l'Europe et d'une partie de la population française, connue sous le nom de néo-crétins, que d'imiter servilement les Étazunis, même dans ce qu'ils ont de mauvais, voire de pire. Les exemples sont légion, mais loteur vise plus particulièrement le langage et les manies langagières, surtout avec l'envahissement progressif de l'informatique, sous forme d'ordinateurs, et de la micro-informatique sous forme de téléphones portatifs, qui servent maintenant presque à tout : téléphone, jeux, radio, télévision, films, musique, courrier électronique, plans de villes, etc. L'emploi abusif de l'anglo-américain, ou plutôt du globish uniformise les hommes et les esprits.

Étymologie : latin imitatio, -nis : imitation, du verbe imitari. Racine indo-européenne *imet / *aim : copier.

Immane (italianisme) : celui-là, loteur ne l'avait jamais rencontré. C'est au détour d'une phrase que cet adjectif se tenait embusqué : « Il n'y aucun pays. Il n'y a pas de peuples. Il n'y a pas de Russes. Il n'y a pas d'Arabes. Il n'y a pas de tiers mondes. Il n'y a pas d'Occident. Il y a seulement un système holistique de systèmes. Un vaste et immane empire entrelacé, interactif, multivarié et multinational de dollars » (Le code pour une éthique globale point com). Bon, renseignement pris, c'est un adjectif italien qui signifie terrible, prodigieux, monstrueux. Le texte, peut-être, a été traduit tel quel de l'italien.

Étymologie : latin immanis : prodigieux, monstrueux, extraordinaire, barbare, cruel, sauvage. Sans doute la même racine que pour imminent, voir plus bas.

Immarcescible : cet adjectif savant signifie : qui ne fane pas, qui ne flétrit pas : une plante, une fleur immarcescibles. Sous la plume de rédacteurs 'qui ont des lettres', cet adjectif fleurit maintenant assez souvent dans le sens d'éternel, increvable, indéboulonnable, inamovible : Mais quel Fillon a-t-on plébiscité, au fait ? L'immarcescible premier ministre que la presse adore ? Ou bien : L'immarcescible Marie-Ségolène Royal. Ceux qui la tiennent pour la rose du socialisme ont bien raison de la traiter d'immarcescible. Autre exemple, à faire pipi de rire celui-là : Le P.I.P.I, parti indépendantiste populaire immarcescible de l'Île de Nantes...

Cet emploi d'immarcescible est assez souvent ironique : Eh bien parce que l'imperturbable et tout aussi immarcescible Michel Denisot l'avait lancé sur un sujet ô combien passionnant [...] l'hospitalisation de Johnny Hallyday.

Étymologie : emprunt au latin d'église immarcescibilis : qui ne se flétrit pas. On retrouve, d'après Gaffiot, cet adjectif dans Tertullien et Paulinus Nolanus, écrivains chrétiens. L'adjectif a donc un connotation religieuse et chrétienne. Verbe marcero, marcere : faner, flétrir. Cf. en espagnol marchito : fané, verbe marchitar : faner.

Immersion : fait de plonger un corps dans un liquide ; son résultat : immersion en milieu marin. Ce substantif désigne de nos jours le fait d'être plongé dans une réalité différente pour la percevoir, l'analyser, la comprendre : Un stage d'anglais intensif en immersion qui vous permet de vous former dans un cadre uniquement anglophone – tout en restant en France. L'immersion consiste ici à évoluer dans un cadre totalement étranger à son mode de vie habituel afin de surnager, – ou de courir le risque de se noyer. Cette nouvelle expression fait fureur, et dans ce nouveau sens on ne compte plus dans Google les propositions de stages en immersion (stages de langues surtout, mais aussi de toutes sortes de disciplines). On parle ainsi d'immersion linguistique, d'immersion culturelle. On peut aussi être immergé dans un réalité matérielle ou virtuelle.

Un journaliste pourra faire un reportage en immersion, c'est-à-dire qu'il sera intégré à une équipe effectuant telle ou telle action, autrement dit sous couverture. Harry Roselmack en immersion avec les traders au coeur (sic) de la crise financière ; Harry Roselmack en immersion en prison. Bref, voilà quelqu'un qui ne craint pas de se mouiller.

Parfois immersion peut aussi être employée dans le sens d'infiltration, c'est-à-dire d'espionnage : un agent en immersion. Ou bien : Nos reporters sont partis en immersion dans ce village, où leur mouvement [le F.N., Note de loteur] est arrivé en tête au premier tour, pulvérisant son score, à la surprise générale. Des taupes immergées ?

Curiosité : des sociétés proposent des vols en immersion : Caméras embarquées pour le modélisme et la prise de vues aériennes, le vol en immersion et la transmission vidéo sans fil (). Comme on n'en est pas à un paradoxe près, on a maintenant affaire à des vols de cross-country en immersion : Vol "cross country" en immersion avec le Quad 9 dans un parc bordé par un chantier. Trois éléments (Air - Terre - Eau) sont réunis dans cette simple phrase. Preuve, une fois de plus, qu'on utilise maintenant les mots dans n'importe quel sens, souvent en dépit du bons sens et de la logique. Dans cet esprit, on trouve des stages d'immersion sonore : La nouvelle pratique de yoga en immersion sonore créée et proposée par Marco P. et Mika de B.

() le vol en immersion est une technique d'aéro-modélisme qui consiste à utiliser une caméra miniature installée dans un modèle radio-commandé d'avion ou d'hélicoptère.

Mais en termes d'astronomie, immersion se dit figurément de l'entrée d'une planète dans l'ombre d'une autre planète : immersion de la Lune dans le cône d'ombre de la Terre.

Étymologie : latin immersio, -nis : immersion, venant du verbe immergo, immersum, immergere : plonger dans, immerger. In : dans, + mergere : plonger.

Immigration, immigré : ces mots n'existent plus. On dit « chance pour la France » (que pour la France ?), en abrégé CPF ou CPLF. La France accueille beaucoup de chances pour la France. La Finlande parle de clients (sic) au lieu d'immigrés, les fonctionnaires européens parle de mobilité européenne (sic) au lieu d'immigration, et certains disent maintenant migrants. Voir Excision, Diversité, Minorité visible.

Maxime : « Faites venir des renards dans votre bergerie ; ils dévoreront bientôt les brebis – et le berger »

Étymologie : du latin immigrare, formé du préfixe im-, : dans + verbe migro, migrare : changer de lieu, partir ; immigro, immigrare: passer dans, pénétrer dans, s'introduire dans. En français actuel, le verbe immigrer et l'adjectif substantivé immigré ont pris le sens d' "émigrer", "émigré". C'est pourtant l'inverse.

Imminent : imminent veut normalement dire : qui est sur le point de se produire, qui va bientôt avoir lieu. Dans quel sens doit-on comprendre cette phrase, piquée avec la fourchette à néo-crétinismes de loteur : L'un des deux suspects serait un spécialiste des explosifs et des armes chimiques et l'autre un membre imminent de Lashkar-e-Taiba ? (le figaro point fr, 02.08.2012 18:46). Le lascar serait donc bientôt membre de Lashkar-e-Taïba ? Le rédacteur écrit-il « à l'oreille » ? Auquel cas, il entend mal. D'autre part, l'article a été repris tel quel sur Yaourt! Actualités (sic pour l'inversion) ; il n'y a donc personne pour relire ?

Étymologie : latin classique imminens, particpe présent adjectivé du verbe immineo, imminere : s'élever au-dessus, être suspendu au-dessus, être imminent. Racine : *men = être saillant.

Immoler, immolation : dans l'esprit des journalistes : sacrifier par le feu, en aspergeant d'essence par exemple. Souvent synonyme de 'suicide' ou de 'se suicider'. Titre d'un article de Vingt Minutes point com : “ Révolte en Tunisie: L'immolation par le feu est « devenu un symbole » (sic) pour les manifestants ”. Ou bien (Bakchich point info) : « Un vent de révolte politique et sociale souffle sur la Tunisie depuis le 17 décembre, après l'immolation par le feu d’un jeune Tunisien de 26 ans ». De nombreux articles nous servent des mets ejusdem farinae () à propos de révoltes estudiantines ou populaires, ou de révoltes de bonzes etc. Exemples français : Bordeaux : un lycéen de 18 ans s'immole par le feu (17.10.2010) ; Hérault : une prof s'immole par le feu dans la cour de son lycée (13.10.2011) ; Une femme de 77 ans s'est immolée par le feu ce matin à Talence, dans la banlieue de Bordeaux (16.10.2011). Ou bien encore : Pau : un cadre de France Télécom s'immole par le feu à son domicile. Ou encore : Une jeune femme de 23 ans a échappé à l'immolation, samedi soir, à la sortie d'un hôtel de la rue du Chemin-Vert (11e) où elle résidait (28.02.2012). A chaque fois, s'immoler peut être simplement rendu par ‘se suicider’.

() ejusdem farinæ : de même farine (de la même espèce). Latin de cuisine. Cf. Molière.

Titre d'un article sur le web (15.02.2013) : "Très seul" et sans emploi, il tente de s'immoler par le feu. Remarquer les guillemets étazuniens "...", que les néo-rédacteurs utilisent systématiquement à la place des guillemets français. Allez, encore un exemple, un peu plus long : Un homme âgé de 47 ans, agent de maîtrise à la communauté urbaine de Lyon, a tenté de s'immoler par le feu ce jeudi matin devant son lieu de travail à Venissieux [...] Pour l'instant on ne connaît pas les raisons qui ont poussé cet homme à tenter de mettre fin à ses jours. L'agent, brûlé à 80%, est dans un état très grave et son pronostic vital est engagé. Une enquête de police est en cours. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place pour ses collègues. Cet exemple, tiré de vingt minutes point fr, a été choisi car il met en évidence plusieurs néo-crétinismes : tout d'abord le verbe s'immoler, bien sûr ; ensuite l'expression agaçante pronostic vital ; puis la fameuse « cellule de soutien psychologique » qui, remarquons-le au passage, a été mise en place pour les collègues de la victime, et non pour la victime elle-même, qui en a sans doute beaucoup plus besoin ; enfin la manie qu'ont les journalistes d'accoler le signe du pourcentage ( % ) directement au nombre précédent, au lieu de respecter une espace ou une « fine ».

appel : l'immolation est un sacrifice qui peut être accompli aussi bien par le feu que par tout autre moyen : Vere passum, immolatum est in cruce pro homine (Il a vraiment souffert et a été immolé sur la croix pour l'homme). Ces termes immoler, immolation ont une forte connotation religieuse et sacrée, et devraient être employés avec plus de prudence et d'à propos par les journalistes qui, une fois de plus, manifestent leur ignorance.

La stricte immolation par le feu est un autodafé, littéralement : acte de foi (portugais). L'autodafé est une expression appliquée au supplice des hérétiques condamnés au bûcher par le tribunal de la Très Sainte Inquisition. Voir Holocauste.

Étymologie : du latin immolo, immolare : sacrifier, littéralement : saupoudrer de farine sacrée [mola salsa] un animal pour le sacrifier. Venant de mola, molæ : meule, moulin, en grec
μύλη (mylê) : meule. Mola salsa : farine sacrée, faite de blé torréfié, et mêlée de sel. Les mots meule, moulin, moudre (mouldre) sont de même racine qu'immoler.

Impact (néo-crétinisme et anglicisme) : ce mot, qui signifiait simplement avant : heurt, collision, trou laissé par un objet  – souvent une balle –, est très souvent employé dans le sens de conséquence, répercussion, portée ou résultat. Et avoir un impact peut simplement se rendre par : influer sur, avoir des conséquences sur, avoir des répercussions sur. Question trouvée dans un article internet : L'environnement physique peut-il avoir un impact sur l'environnement pédagogique ? Est-ce un tir groupé ? Ou bien : La grogne (sic) des élus pourrait avoir un impact sur les élections sénatoriales (La Croix point com). Ou encore : Comment un changement culturel peut avoir un impact sur votre santé (Dauphin volant point TV). Ou bien encore cette remarque stupéfiante : Les conséquences de ces accidents ne sont pas uniquement psychologiques, ils ont un impact sur le budget familial (Gentside point com). Emprunt injustifié à l'anglo-saxon 'to make an impact'.

Verbe : Impacter : ce terme technique, laid et sec, est dorénavant synonyme de toucher, concerner, frapper, influer, avoir de l'influence sur, avoir des conséquences sur, (etc.) ... : Vos Éléments impactés (pourquoi un É majuscule ?), ou bien : Les clients impactés (concernés) par cette panne. Sans doute en relation avec un impact de balle, car les clients sont maintenant des cibles ... La CNIL est une instance française, disposant de peu de moyens, face à un instrument mondial qui impacte (touche, concerne) désormais la vie quotidienne de dizaines de millions de personnes (Agora-Vox). Ou bien encore : Mme Rachida Dati, dont les origines personnelles n'ont pas à être considérées comme ayant pu impacter sur (influer sur, influencer) cette décision. Ou bien encore : Vous n'auriez jamais pensé que les facteurs suivants puissent impacter votre santé (Yaourt! pour elles). Ou même (Actualités Yaourt!) : La fertilité masculine impactée par le gras. Charabia voulant sans doute dire : (manger trop) gras a des conséquences négatives sur la fécondité masculine. Encore un exemple : "Cette année, nous sommes beaucoup plus impactés", souligne Gérald Viaud, président du Comité national conchylicole (dépêche A.F.P.).

Étymologie : impact : heurt, collision, et aussi marque ou trou, laissés par un météorite, une balle. Du latin impigo, impactum, impingere : frapper contre, heurter. Même racine que dans pacte (de verbe pangere : fixer, qui a aussi donné page).

L'emploi au sens figuré (dans le sens d'effet, répercussion, retentissement, conséquence, influence etc.) est abusif, et c'est un anglicisme.

Impérialisme (étazunien) : « It is in the general interest of the United States to encourage the development of a world in which the fault lines separating nations are bridged by shared interests. And it is in the economic and political interests of the United States to ensure that if the world is moving toward a common language, it be English ; that if the world is moving toward common telecommunications, safety, and quality standards, they be American ; that if the world is becoming linked by television, radio, and music, the programming be American ; and that if common values are being developed, they be values with which Americans are comfortable. » ("In Praise of Cultural Imperialism ?", Foreign Policy, Number 107, Summer 1997).

« Il y va de l'intérêt général des États-Unis à encourager le développement d'un monde où les lignes de séparation entre les Nations soient reliées par des intérêts communs. Et il y va de l'intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l'anglais ; que, s'il s'oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s'élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se sentent à l'aise. » (In Praise of Cultural Imperialism ?, Foreign Policy, Number 107, Summer 1997).

Étymologie : impérialisme, impérialiste, du latin imperium ; commandement, pouvoir, autorité, domination, empire.

Impétrant : personne qui reçoit un diplôme universitaire. Loteur a reçu un diplôme, comme un certain nombre de Français. Il a pu remarquer qu'en bas à droite dudit diplôme était écrit : « Signature de l'impétrant », c'est-à-dire de celui qui reçoit le diplôme. Et le verbe impétrer signifie : obtenir par requête, – dans le cas présent : un diplôme.

Mais dans quel sens doit-on comprendre impétrant dans cette phrase : « Elle (Ségolène) n'a finalement pas porté plainte contre l'horrible impétrant ». Impétrant = individu (qui l'avait entartée) ? Autre exemple : Les tout nouveaux locaux de Bakchich ont été visités par des impétrants dans la nuit de samedi à dimanche. Impétrants = individus ? quidams ? personnes ou personnages ? Ou bien cet autre exemple : Tout comme les tirades des impétrants las que ce soit les politiques qui écrivent l'Histoire, et non les historiens. Impétrant = ??? individu, personne ??? Et cette phrase : Mais l’impétrant socialiste au regard qui pense s’est cru obligé – à son tour – de demander des comptes à la chaîne. Encore un exemple : Arnaud Montebourg a qualifié Martine Aubry et François Hollande d'"impétrants". Impétrant = candidat ? Ceci a l'air confirmé par la phrase suivante : Le 6 mai, il n’y a pas de choix pour voter, car les deux impétrants sont deux clones. Le fait que certains hommes politiques ou journalistes utlisent le mot impétrant dans le sens de « candidat » ou d' « individu » laisse penser qu'ils n'ont jamais reçu de diplôme. A vérifier.

Exemple tiré d'un blogue et dans lequel le mot impétrant est également détourné de son sens initial : La sculpturale impétrante aura le droit également de jouer les Barbies customisées dans les salons de L'Auto ou les salons de l'Agriculture. Il s'agit de la jeune femme élue Miss France (2012) et qui, en l'occurence, n'a pas obtenu un diplôme universitaire, mais un titre par vote de membres d'un jury.

Étymologie : du latin impetrare, formé de in : en, dans, et patrare : faire, exécuter. L'impétrant, au sens ancien, c'était celui qui avait obtenu de l'autorité compétente ce qu'il avait sollicité (charge, titre, privilège). De nos jours, il désigne celui qui a obtenu un diplôme universitaire.

Implant, implanter : un implant, sur le plan médical, c'est un corps que l'on introduit dans le corps humain : implant dentaire, implants mammaires. On peut rendre implant par un mot qui n'a presque plus cours : prothèse. Une campagne d'inspection et d'analyse réalisée à la suite du scandale des prothèses PIP a conclu à la "conformité" de tous les implants mammaires d'autres marques utilisés en France. Et le verbe implanter signifie greffer, introduire, mettre, poser, etc. dans le corps.

Le contraire d'implanter, c'est explanter (enlever, ôter). En l’absence d’urgence réelle, les 30 000 personnes qui ont reçu des implants mammaires PIP en France vont se voir proposer de se faire explanter dans l’année qui vient. Mais la chose explantée n'est pas un explant.

Voyez comme la néo-langue est facile, mon bon monsieur : vous avez le couple implanter / explanter au lieu des verbes de racines différentes : introduire / ôter, greffer / enlever. Formidable progrès pour la pensée humaine.

Étymologie : du latin in : dans + plantare : fixer, planter. Explanter, construit avec le préfixe ex- : hors de.

Implémenter (néologisme, jargon informatique, hérité de l'anglo-américain) : signifie normalement : traduire un algorithme en langage de programmation. Cet épouvantable anglicisme veut maintenant dire : implanter, introduire, mettre, placer, installer, voire tout simplement coder. Cette fonction a été implémentée dans le programme. Cela vous prend tout de suite une allure plus connectée que de dire tout simplement implanter (= insérer, fixer, installer quelque chose quelquepart).

Étymologie : du latin impleo, implere : emplir, remplir. Archaïque pleo, plere : même sens. De pleo, plere vient plenus : plein.

Impliquer : le verbe impliquer est connoté négativement, car il signifie entraîner dans une affaire douteuse, rendre complice d'une opération louche (cet homme est impliqué dans le cambriolage de cet appartement). Il veut également dire : avoir pour conséquence (cette restructuration implique le licenciement de la moitié des ouvriers). Quant au pronominal s'impliquer, il signifie se donner à quelque chose, se consacrer à quelque chose, en engageant souvent sa responsabilité. C'est très bien vu de s'impliquer de nos jours.

Étymologie : du latin implicare, formé du préfixe in- : dans + verbe plico, plicare : plier, replier. Cf. en grec
πλέκω (plékô) : tresser.

Importable : ne veut pas dire : qu'on peut importer, mais : qu'on ne peut pas porter. Ce vêtement est devenu importable (une présentatrice de la french TV qui, elle, est immettable).

Étymologie : du préfixe privati im-, + portable, du verbe porter.

Impossible is nothing : cette joyeuse couillonnade en anglais a été marquée sur un autocar descendant les Champs Élysées, et transportant des champions français (?) revenant des Jeux Zolympiques de Pékin (août 2008). Avant on disait « Impossible n'est pas français ». Apparemment, ce n'est plus possible.

Cela rappelle à loteur les mots prononcés par le général de Gaulle en août 1944 lorsque, s'adressant à Georges Bidault, pendant la descente de l'Avenue des Champs-Élysées, il lui dit « Alors Bidault, c'est la chienlit ! »

Impôts : n'existent plus. Mais on paye autant sinon plus. En effet, si le mot a disparu, il a été remplacé par contributions (directes ou indirectes). Et celui qui paie ses impôts n'est plus un imposable (mot lourd et pénible), mais un contribuable : là, c'est tout de suite mieux de savoir qu'on contribue à l'essort économique de la nation et à l'insertion des non-Européens. Principe novlanguais d'euphémiser une réalité gênante.

Une erreur courante consiste à employer impôts au lieu de Trésor public. Ils devraient plus de 16 000 dollars aux impôts de Washington pour leur maison, actuellement en vente (Le Monde point fr, 28.02.2012, à propos de DSK et de sa femme).

Étymologie : impôt, du latin impositum : (chose) imposée. Verbe impono, impositum, imponere : poser sur, imposer. Radical ponere : poser, qui a également donné pondre.

Imprégnation : phénomène provoqué par l'usage de termes néo-crétins ou venant de l'anglo-saxon, répétés à longueur de journée par les journalistes, les publicistes ou les autorités, et tellement enfoncés dans le conscient et l'inconscient qu'il est presque impossible de retrouver l'expression ou le mot français exacts, si ce n'est après s'être durement creusé les méninges. Ceci est d'autant plus pernicieux que ces termes sont imposés sans le consentement de celui qui les perçoit et ce, sans esprit critique aucun. Exemples : les verbes gérer, générer, initier, contrôler, qui sont répétés, ressassés à longueur de journée...

Cf. la théorie de l'imprégnation de Konrad Lorenz, qui est la capacité d'acquisition rapide de façon permanente des caractéristiques d'une forme spécifique qui orientera les conduites ultérieures. Cette imprégnation concerne ici le langage.

Étymologie : du latin impraegnare : féconder, puis remplir. Formé des préfixes im- + præ- + nascor: naître. En latin prægnans (uxor) : femme enceinte ; cf. en anglais pregnant : (femme) enceinte. L'adjectif français prégnant signifiait aussi : qui porte des petits, avant de signifier qui domine, qui s'impose.

Imprimer : comprendre, saisir dans le langage des gens informatisés, influencés sans doute par leur matériel informatique. Tout ce qu'il m'a dit, j'ai pas imprimé ! Et l'on se plaint que l'édition marche mal !

Imprimer semble avoir acquis un nouveau sens, bizarre, comme tous les mots détournés par la néo-langue. Hollande, il n' « imprime » pas. Ou bien : Oui, certes, mais c’est pas sur les élus qu’il faut imprimer, c’est sur les Français ! Imprimer semble ici avoir le sens : être connu médiatiquement, ou plutôt : avoir un succès médiatique, être reconnu, sinon admiré.

Étymologie : du latin imprimo, impressum, imprimere : appuyer sur, faire en pressant, laisser une empreinte sur. La forme ancienne est empreindre.

Improbable (néo-barbarisme) : l'adjectif improbable signifie normalement : qui a peu de chances d'être ou de se produire : L'état des corps et les conditions à l'intérieur du bâtiment "signifient que retrouver des survivants à l'intérieur est improbable", a ajouté le communiqué (dépêche de l'A.F.P. du 16.08.2013). Mais dans la bouche des néo-crétins, cela doit vouloir dire extraordinaire, incroyable, inimaginable, impossible, insolite, invraisemblable, impensable, voire tout simplement étonnant ou surprenant. Entendu à la télé : Un improbable automate gesticule devant nous ( ??? ). Autre exemple : les pages sur Jeanne d'Arc nous proposent une improbable relecture (sic) de Jeanne et ses mythes (Non-Fiction point fr, critique d'un livre de J-F Kahn). Ou encore : Tout y est : les paroles improbables à la grammaire désastreuse, le clip kitchissime dans lequel « Marie » enchaîne les poses bucoliques dans un parc (Vingt Minutes point fr, 07.10.2008). Ou ce titre dans dans Yaourt! : Un tir improbable en basket. Est-ce que cela a rapport avec le calcul des probabilités ? Ou encore, cet autre exemple : Le premier ministre Benyamin Nétanyahou, en lice pour les élections générales anticipées du mardi 22 janvier, a gagné ces derniers jours deux soutiens assez improbables en provenance des Etats-Unis. « Deux soutiens assez improbables » : cet incroyable charabia est signé du Monde point fr du 22 janvier 2013. Un avant-dernier exemple avant l'autoroute, toujours tiré du journal Le Monde point fr : [...] il vivait en Afrique du Sud depuis le milieu des années 80 sous l'improbable nom de Robert von Palace Kolbatschenko. « Sous l'improbable nom de » : sans doute le néo-rédacteur a-t-il voulu dire : sous le nom invraisemblable, incroyable, inimaginable de ... Tiens, encore un exemple (le dernier, promis !), qui prouve que ce néo-adjectif est complètement entré dans les mœurs rédactionnelles : Vous êtes de plus en plus nombreux à vous brancher tous les soirs sur D8 pour écouter le rire improbable de Cyril Hanouna dans son émission « Touche pas à mon poste » (Pure People point com, 12.01.2013). Le rire improbable en question est un déferlement de gloussements incroyables et de hurlements invraisemblables, qui ont sans doute valu à ce personnage une partie, voire la totalité de son succès.

Il s'en suit que l'emploi abusif de l'adjectif improbable entraîne une ambiguïté de sens. Titre relevé sur Yaourt! et qui souligne l'imprécision de ce néo-adjectif : Une improbable erreur de GPS. L'ambiguïté porte sur le fait qu'on peut comprendre qu'une erreur de G.P.S. pourrait être improbable (n'aurait pas dû arriver) ; or le sens, d'après le contenu l'article, est 'invraisemblable', 'inimaginable'...

Les sens du néo-adjectif improbable viennent servilement de l'anglo-américain ; il existe par exemple aux Étazunis un magazine bimensuel « Annals of Improbable Research » (Annales de recherches sur l'extraordinaire). La néo-langue, ou l'imprécision des termes.

appel : Improbable veut normalement dire : « qui ne repose sur aucune preuve », d'où par extension : douteux, peu fiable.

Étymologie : du latin improbabilis : qui ne mérite pas d'être approuvé. Du préfixe privatif im-, + verbe probare : faire l'essai, éprouver, approuver, prouver.

Inapproprié (barbarisme et néo-crétinisme) : veut sans doute dire : qui ne convient pas, qui n'est pas adapté, choquant, déplacé, incorrect, inopportun, inadapté, inconvenant, mal à propos, incongru, intempestif, malséant, voire indécent ou scandaleux. Traduction mot à mot de l'anglois inappropriate par les néo-crétins de service. Ainsi, vous seul êtes certain de la voir [une "notification"], et non des personnes qui tenteraient d'accéder à votre compte de manière non autorisée et d'utiliser ce paramètre de façon inappropriée (avertissement de Google). Autre exemple : Le ministre chinois du commerce a reproché aux USA un comportement inapproprié. Aucun n'a tiqué à propos des guillemets incohérents, ni de l'adjectif inapproprié. Encore un exemple : Certains sont vraiment prêts à tout pour paraître plus beau (sic) et s'injectent des produits inappropriés. Qu'est-ce qu'un produit inapproprié ? Un produit illégal, interdit, dangereux, qui ne convient pas ? Flou merveilleux de la néo-langue. Et cet exemple, piqué dans une chronique financière de Yaourt! : Samsung découvre des pratiques "inappropriées" chez ses fournisseurs chinois. Indécentes, inadmissibles, intolérables ? Toutes les suppositions sont permises face à cet adjectif qui veut dire une chose ou une autre chose. Mais peut-être est-ce voulu ?

L'adjectif inapproprié a aussi une connotation sexuelle : On nous dresse le portrait d'un DSK séducteur, homme à femmes, adepte des clubs échangistes mais aussi un habitué "des comportements inappropriés" et "du harcèlement", d'après Le Post point fr, repris par un certains nombre de sites. Autre exemple : Un autre [prêtre] prétend que Mgr O'Brien profitait de prières nocturnes pour avoir des contacts inappropriés (divers media qui ont pompé un même article). Contacts inappropriés : il l'a touché ? Il lui a caressé les fesses ? La verge ? Il a essayé de le sodomiser ? « Contacts inappropriés » = attouchements sexuels ? Encore un exemple, dans le même registre : Il [Mgr O'Brien] est accusé de « comportements inappropriés » par trois prêtres et un ancien séminariste qui ont porté ces faits à la connaissance du nonce apostolique (La Vie . fr, 25.02.2013). « Contacts inappropriés », « comportements inappropriés » ... Il faut admirer le flou édulcorant de cet adjectif, calque de l'anglo-saxon.

appel : l'adjectif inapproprié n'existe pas en français.

Et Google écrit sérieusement : Images correspondant à Branloire pérenne - Signaler des images inappropriées. Le rapprochement entre branloire et inapproprié est-il approprié ? Loteur, dans le vert langage qui est le sien, conchie sur l'anglois et sur ceux qui le propagent.

Étymologie : le mot inapproprié n'existe pas dans le Littré, ni dans le C.N.T.R.L. Il est venu, sans changer de costume, des pays anglo-saxons, qui l'ont eux-mêmes emprunté au latin appropriatus, participe passé du verbe approprio, appropriatum, appropriare : approprier.

Inatteignable (semi-barbarisme) : dans le sens d' “inaccessible”, “hors d'atteinte” ou “hors de portée”. Cette page n'existe plus ou est inatteignable sur ce site. L'objectif de bon état écologique fixé par la directive-cadre (DCE) est quasi-inatteignable. Ou enfin, ce dernier exemple émanant d'un respectable ministre : ... le ministre de l’Agriculture a déclaré la semaine dernière à Ouest-France qu’il faudrait, concernant le Grenelle de l’environnement, « adapter un certain nombre d’objectifs qui ne sont pas atteignables ». Si ledit ministre est aussi compétent en agriculture qu'en français... On trouve cependant cet adjectif verbal dans Gide, ce qui n'est pas en soi une preuve d'élégance littéraire.

Dans le même ordre d'idées, loteur a trouvé la phrase suivante : Il est vrai que certains boxeurs délivrent des coups efficaces certes mais pas très percevables du public et des juges. Des coups pas très percevables ? Le percepteur de loteur ne serait pas ravi.

Antonyme : atteignable. Ainsi, une divinité est un but final et puisque la fin n'est atteignable que par le moyen alors il existe deux sortes de but (sic) : un but final et un but intermédiaire.

Étymologie : du préfixe privatif in-, + l'adjectif verbal du verbe atteindre. Atteindre, du latin attingo, attingere : arriver à, parvenir à. Du verbe tangere : toucher.

Incarcéré (barbarisme) : bloqué, prisonnier en parlant de quelqu'un coincé dans l'amas de tôles qu'est devenu son véhicule après un accident. Des pasagers sont encore ce soir incarcérés dans les wagons On confond tôle et taule. On demande une levée d'écrou. Le contraire d'incarcérer est évidemment désincarcérer.

Étymologie : XIXe siècle, du latin médiéval ; préfixe in- : dans et carcer : prison.

Incarné (barbarisme) : se dit d'un emploi, d'un poste où il y a un être humain : service incarné (c'est-à-dire non tenu par un robot, un serveur vocal etc.) Le contraire d'incarné est dématérialisé. Quand avant il y avait vingt personnes dans un service, où il n'y en a plus que deux, on dit que le service est dématérialisé (c'est-à-dire tenu par un robot, un serveur vocal, une caisse électronique etc.) Une grande victoire du néo-crétinisme social et économique.

Étymologie : incarner, du préfixe latin in- : dans + caro, carnis : chair, littéralement : entrer dans un corps, se faire chair.

Incident (langage de journaliste) : combat, affrontement, émeute urbaine ou sociale. Un exemple typique : Des incidents ont éclaté entre des policiers et près de 300 jeunes qui s'étaient mêlés à des milliers de lycéens, près de la Tour Eiffel. Vingt-neuf personnes ont été interpellées et vingt-deux placées en garde à vue (Le Figaro point fr, 21.06.2008). Principes de la néo-langue journalistique : euphémiser tout, édulcorer, endormir, anesthésier. La réalité, les mots vrais risqueraient de traumatiser « les Français ». Les journalistes prennent les citoyens pour des mineurs. Autre exemple, révoltant d'inconscience : Cet incident sanglant intervient au moment où le blocage est total sur le dossier syrien, un bras de fer opposant les pays occidentaux et la Russie (Le Monde point fr, 13.07.2012). L'« incident » sanglant en question, c'est tout simplement le massacre d'environ deux cents personnes dans le village syrien de Treimsa (juillet 2012).

Au théâtre, un incident, c'est un événement accessoire qui survient dans le cours de l'action principale. Le sens « normal » du substantif incident est : « petit événement fortuit et imprévisible, qui survient et modifie le déroulement normal des choses ». Tant que ce sont de « petits événements accessoires ou fortuits », les incidents (affrontements, voitures brûlées, assassinats en masse, etc.), dans nos riantes banlieues ou dans de lointains pays, ne risquent pas de nous perturber.

Étymologie : incident, du latin in : dans ou sur, + cidere : tomber.

Incise : c'est la construction grammaticale préférée des néo-rédacteurs, qui exposent les faits en une ou deux phrases, avec éventuellement une relative, et terminent l'exposé des faits par une sorte de principale rejetée en incise à la fin de la phrase. Très pratique pour introduire une citation ; pas besoin de se casser la tête pour rédiger une phrase structurée. C'est un procédé qui, semble-t-il, est imité du style journalistique anglo-américain. De nombreux exemples illustrent les rubriques de ce glossaire. On trouvera d'autre exemples dans la rubrique Inversion stylistique.

A titre anecdotique, loteur a relevé une cinquantaine d'équivalents des verbe dire ou déclarer, rejetés en fin de phrase en incise, et avec une nuance particulière. En voici quelques uns :
  • S'AGACER : "Je n'ai pas besoin que vous répétiez ma position à votre sauce", s'est-il ainsi agacé. (Pure Media (Ozap) point com, 07.04.2014)

  • S'AMUSER : "Il est venu au monde en courant", s'amuse la mère de Nikolas, Tara Toocheck, au micro de ABC News. (Gentside point com, 23.02.2013). Noter le hiatus : deABC News.

  • BALAYER : Je ne vois pas du tout Dominique draguer, ni rien, balaie Albert, un ami du défunt à la mairie comme en dehors. (Le Parisien point fr, 24.05.2014)

  • CINGLER : "D'un Casanova, il est passé à un érotomane, puis d'un coup à un pornographe", cingle une ancienne collaboratrice (Le Monde point fr, The Huffington Post point fr + divers media P.L.C.C., 29.10.2011, à propos de D. Strauss-Kahn)

  • SE DÉSOLER : "Si chacune des deux parties avait reculé d'un pas, est-ce que quoique ce soit serait arrivé ? Quel dommage !", s'est désolé un internaute... (France-TV-Info point fr, 27.07.2013)

  • DÉGAINER : «Je n’étais pas le genre de cancre qui frappe sa maîtresse mais je ne supportais pas l’autorité», dégaine-t-il. (Libération point fr, 13.08.2014)

etc. etc. etc.

Étymologie : incise, du latin incisa ou incisum, participe passé neutre substantivé du verbe incido, incisum, incidere : entailler, inciser.

Incivilité (néo-crétinisme) : synonyme édulcoré d'agression, de violence, de comportement asocial, de délinquance. Si un élève insulte un prof, c'est une incivilité. S'il crache sur un prof, c'est une incivilité. S'il l'agresse (coup de poing ou de pied, coup de couteau), c'est une incivilité. Ainsi : Elle propose [...] de mettre sous tutelle les allocations familiales "dès la première incivilité" des élèves. Ou bien : Les actes d'incivilité se multiplient à l'école (entendez par là : les actes de violence et les agressions de toutes sortes). Un élève n'est donc plus asocial, il est simplement incivil. Non seulement ça rassure, mais encore ça lui rétablit tout de suite un statut social. Il est ainsi récupérable.

Si les élèves commettent de plus en plus d'actes d'incivilité, par contre il est interdit aux profs de répondre par une gifle ou même par une réprimande sous peine de poursuites judiciaires d'une part, d'actes de violence pure (incivilités ?) de la part de parents ou d'un groupe d'élèves en mal de représailles d'autre part.

Incivilité signifie « manque de civilité », c'est-à-dire manque de politesse. Donner un coup de couteau serait donc dû à un manque de politesse. C'est effarant de sottise. Le contraire d'incivilité est la civilité (= politesse, civisme). Mot d'ordre récent : Rétablir la civilité : Apprendre la civilité aux enfants : des programmes d'éducation au respect de l'autre pour apprendre aux enfants à gérer (= dominer, maîtriser) les conflits par la parole plutôt que par la violence (etc. Programme électoral de la Gauche). Il faut sans doute aussi développer la citoyenneté ou l'esprit citoyen. Quant au mot 'civisme', il semble complètement oublié.

Pour lutter contre les nombreux actes d'incivilité, c'est-à-dire contre l'incivisme – ou manque de civisme –, les différents gouvernements, de droite comme de gauche, proposent le dialogue, la parole, la réflexion. Ainsi, lors de l'assassinat d'un élève par un autre élève dans un lycée de la région parisienne (janvier 2010), le ministre de l'Education « leur suggère également d'organiser des temps de parole pour réfléchir collectivement sur la fraternité, le respect de l'autre et la dignité de la personne humaine. » Voilà effectivement une mesure efficace pour enrayer la criminalité ("incivilité") à l'école. En l'occurence, le ministre de l'Éducation pourrait songer à mieux éduquer les lycéens. Voir Civilité.

Étymologie : incivilité, c'est le manque de civilité, c'est-à-dire de bonnes manières. Du latin civilitas, -tatis : qualité de citoyen, sociabilité, courtoisie. Venant de civilis : de citoyen, qui concerne les citoyens, politique. Venant lui-même de civis : citoyen, concitoyen. Si les jeunes de nos riantes balieues commettent des incivilités, c'est littéralement parce qu'ils ne sont pas des citoyens.

Incontournable (néo-barbarisme) : dans le parler de tous les jours, ce synonyme d' “inévitable”, “inéluctable”, “obligé”, “indispensable” s'impose gaillardement. Bien que la notion d'obstacle y soit clairement notée (on dit bien contourner un obstacle), on l'emploie à tout propos sans que l'idée d'obstacle soit évidente : Cette lecture est incontournable. Autre exemple : cet itinéraire gastronomique est incontournable. Ou encore : L'incontournable David Rockefeller, co-fondateur du Groupe de Bilderberg et du CFR (site Syti point net). Loteur a aussi relevé dans divers media l'exemple suivante avec une graphie fautive, media qui, entre parenthèses, se pompent mutuellement, surtout quand il s'agit d'erreurs : Le principe anthropique (sic) semble incontournable dans la physique actuelle (Agoravox, divers sites ou blogues). Noter « anthropique » au lieu d'entropique. Cela semblerait suggérer que les choses en question constituent des obstacles. Cet adjectif, qui est apparu dans les années 1980, est maintenant très prisé des journaleux et de toutes sortes de gens, qui l'emploient tout le temps. Il fait partie du jargon des rédacteurs d'articles et des présentateurs d'émissions de télévision.

Étymologie : incontournable, apparemment formé du préfixe privatif in- (im-), + adjectif verbal du verbe contourner. De cum (→ con) : autour, et tornare : tourner. Incontournable est un adjectif verbal fait sur le verbe théorique *incontourner.

Incorrections (de langage) : erreurs de constructions, emploi de mots les uns pour les autres, aberrations langagières de toutes sortes, confinant au charabia (voir ce mot), choses auxquelles il faut ajouter l'ignorance la plus parfaite des règles d'orthographe, tout cela caractérise en gros la stylistique moderne. Les exemples sont innombrables. Nous avons pensé plutôt à Le Chat.. (au Chat, un personnage de bande dessinée). Découvrez d'autres citations de Les Nuls. Les tribus yéménites en butte (lutte) avec le pouvoir central ont enlevé des dizaines de touristes étrangers en guise de (comme) monnaie d'échangeLes terroristes n'ont fait jusqu'à maintenant qu'un usage sporadique d'une technique appelée sténographie (Il faut, bien sûr, lire : stéganographie : art de cacher un message dans une image), par laquelle on cache un message texte dans un autre fichier, d'ordinaire une image. Ils ont une sacrée culture, les rédacteurs et les diffuseurs de nouvelles sur Internet.

Étymologie : incorrection, préfixe privatif in-, + correction. Voir correct. Langage, du latin lingua, la langue : organe de phonation, mais aussi emploi de la langue pour l'expression des pensées et sentiments humains. En relation avec le grec
λόγος (logos) : mot, parole, raison.

Incriminant (langage journalistique et judiciaire) : accusateur. Maintes fois entendu à la french TV : preuve incriminante (preuve accusatrice, qui accuse). Le gant taché de sang est encore plus incriminant. Autre exemple, toujours pêché dans les eaux poissonneuses de la french TV : Dans le sous-sol de la victime, les enquêteurs n'ont aucun mal à trouver d'autres preuves incriminantes.

Étymologie : adjectif verbal d'après le verbe incriminer, racine : crime. voir Criminel de guerre.

Index : en français, c'est une table des matières, un sommaire par ordre alphabétique. L'index, ou table des matières, est en général à la fin d'un ouvrage. Les anglo-américains, eux, le placent en tête d'ouvrage.

Mais le sens a été dévoyé par l'informatique et l'internet ; on appelle maintenant index (index.html, index.php...) le premier fichier d'un site (= page) internet qui contient les indications quant à l'arborescence des pages à consulter. Sans index, on ne peut avoir accès à une page internet. Ce qui ne veut pas forcément dire que beaucoup de sites devraient être mis à l'index. Quoique ...

Repérée au périscope, sur une page internet, cette phrase : Ces critères de recherche sont alors envoyés au moteur de recherche qui va analyser votre demande, supprimer les stop-words (), sélectionner les pages correspondant à vos critères (grâce aux indexes). Indexes ! Le pluriel normal français est index, sans doute le scripteur a-t-il une culture anglo-saxonne.
() stop-words : mots inutiles.
Étymologie : du latin index : qui indique, indicateur, index (le doigt), catalogue, liste, table. Verbe indico, indicare : indiquer, dénoncer, révéler.

Indicé (barbarisme) : alors là, loteur avoue ne pas savoir exactement ce que ça signifie. Sans doute : indexé. Classement des sites indicé (sic) sur le PageRank.

Étymologie : sans doute fait d'après indice. Latin : indicium, même racine qu'index, indicare.

Indigène : c'est celui qui est originaire d'un pays. Mais cet adjectif est aussi perçu comme signifiant 'en provenance d'un autre pays', surtout d'outre-mer. Troupes indigènes : troupes recrutées parmi la population indigène des colonies et des pays de protectorat (Cnrtl).

Étymologie : emprunt au latin indigena, adjectif et substantif : originaire du pays, indigène. Indigena est formé de indu, forme archaïque pour in (en, dans), + geno, forme archaïque du verbe gigno, genitum, genere : engendrer, créer.

Indignés : adjectif à la mode, et qui désigne des mouvements de personnes protestant contre les systèmes de politique économique et financière menés par les états occidentaux, néo-libéraux. Ces mouvements sont partis d'Espagne, mais ont gagné l'Europe (Grèce, France, Belgique, Islande) et même les Étazunis (Occupy Wall Street).

Les indignés se réfèrent au manifeste de Stéphane Hessel Indignez-vous, et se réclament des Printemps arabes (2011). Si les media français ont un peu parlé des indignés espagnols ou étazuniens, ils ne parlent pas des indignés français. Parce qu'en France, c'est bien connu, il n'y a pas de sujet d'indignation. Braves media français, qui voilez si bien les vérités qui dérangent.

Étymologie : indigné, participe passé du verbe indigner, du latin indignari, venant de "indignus" : indigne.

Individu (= qui n'est pas, ou ne peut pas être divisé) : dans une société grégarisée, l'individu est un concept dépassé et méprisable, qui doit s'effacer devant la notion de groupe. Un individu ne saurait avoir de valeur par lui-même. Ou alors, ce mot ne saurait subsister que dans un sens négatif : Un individu aux allures louches, est soupçonné de ce vol (la virgule intempestive n'est pas du fait de loteur).

Étymologie : du latin individuus, indivisible, formé du préfixe privatif in-, et du verbe divido, divisum, dividere : diviser. D'où division.

Indoor (anglicisme, prononcer ɪndɔ:(r)) : littéralement : d'intérieur, couvert, interne. Pour le sport, peut avoir le sens spécial de : en salle, d'appartement. Le soleil est là, les vacances aussi. [...] Il est bien évidemment hors de question de pratiquer une activité indoor, c'est au contraire le moment parfait pour s'adonner aux joies du sport à l'air libre! Un mot anglois dans une phrase, et ça vous prend tout de suite une autre allure.

Antonyme : outdoor.

Étymologie : in, préposition de lieu qui a donné in en anglais, latin in, espagnol en, italien in, français en etc. Door, vieille racine indo-européenne *dhwer, ayant donné door en anglais, Tür en allemand, foris (porte) en latin, дверь (dver', porte) en russe, dvarah (porte) en sanscrit.

Infanticide : L'infanticide classique a disparu du code pénal. On parle aujourd'hui d'« homicide aggravé sur mineur de moins de quinze ans ». Homicide aggravé ? Et un homicide allégé, c'est quoi ? Si même la Justice charabiate maintenant en néo-crétin...

Étymologie : formé de infans : enfant, et -cide, du verbe cædo, cæsum, cædere : couper, frapper, battre, abattre, tuer. D'où incision, excision, César ou Cæsar (= au sens de : tiré du sein de sa mère par excision), césarienne etc. Cæsar donnera Kaiser, tsar.

Infectiosité (néo-barbarisme) : caractère infectieux, pouvoir infectieux. L'infectiosité des virus influenza est détruite très rapidement à des températures supérieures à 60°C. Le mot influenza remplace le mot grippe, jugé trop compliqué à retenir. Voir Influenza.

Verbe : infecter, comme dans cet exemple : Alors que la polémique sur la viande de cheval bat son plein, des plats qu'auraient mangé la Reine (d'Angleterre) et plusieurs membres de la famille royale auraient été infectés. Le plus amusant, c'est le produits vendus contenant de la viande de cheval étaient vraiment sains, et tout à fait propres à la consommation. La royale famille n'a donc pas été infectée.

Voir Acceptabilité, Défectuosité, Durabilité, Employabilité, Faisabilité, Payabilité, Pénibilité, Utilisabilité, Vérifiabilité (etc.)

Étymologie : visiblement dérivé d'infection, infectieux : du latin infectio : teinture, infection. Verbe inficio, infectum, inficere : imprégner, recouvrir, teindre, empoisonner, infecter.

Influenza : la grippe aviaire, très à la mode en 2005-2006, a contribué à répandre le terme influenza, qui signifie tout simplement grippe. On peut vraiment dire que le système est grippé.

Étymologie : de l'italien influenza, qui l'a emprunté au latin médiéval influentia, utilisé pour traduire le grec
επιρροή (epirroê) : flux de sang. Synonyme de grippe épidémique. (Influentia est formé à partir du verbe latin influo, influere qui signifie : couler dans).

Informaticiens : vecteurs de propagation du néo-crétinisme, maladie dangereuse et hautement contagieuse. Leur langage, qu'ils écrivent souvent “language” – à l'anglo-américaine, est truffé d'aberrations langagières, d'incorrections grammaticales et d'anglo-américanismes de toutes sortes. Il est vrai que nombre de jeunes informaticiens ont été formés à la “méthode globale”, dont on connaît les méfaits. Cette modeste étude en recense quelques-uns, à ranger dans le Musée de la connerie. L'informaticien ou l'informaticienne sont des personnes qui pratiquent l'informatique, c'est-à-dire la manipulation de données à la base, et aussi des consciences et des esprits. Les informaticiens pratiquent aussi la CAO ou Connerie assistée par ordinateur.

Les informaticiens parlent une langue particulière, le jargon informatique, à base de cinq cents mots-clés et qu'eux seuls pensent comprendre et manipuler. Cette langue est fortement anglo-américanisée, inclut de nombreux sigles (PC, RAM, ROM, MO, GO...) et des mots détournés de leur sens normal (console, moniteur...). Cela fait partie des technologies de l'information et de la communication (TIC). Encore de nouveaux tics de langage.

Étymologie : informaticien est fait d'après informatique, lui-même dérivé d'information + automatique (« mot-valise »). L'informatique est le traitement automatisé des informations.

Information, du latin informatio, -nis : dessin, esquisse, représentation, explication. On donne une forme à une idée.

Automatique, emprunt au grec
αυτόματος (automatos) : qui se meut de soi-même.

Information : synonyme de désinformation ou de propagande. Sous l'excès d'informations, l'on vit une époque de désinformation systématique, l'essentiel étant noyé dans l'insignifiant. Ou bien les intermédiaires de l'information (les media), aux ordres du pouvoir, déversent des tonnes de propagande. Voir Journal télévisé, Journaliste, Media, Mondialisation, Télévision.

Information : pour votre information : à titre indicatif.

Informatique (= informe à tics, ou contraction d'information + automatique) : constitue, au même titre que la télévision, un instrument idéal de néo-crétinisation des individus, surtout grâce aux produits de la secte Micromou. Tout le monde apprend les mêmes mots, les mêmes réflexes, les mêmes façons de faire. C'est la victoire des puces électroniques contre les humains. Le fait que l'Éducation nationale désire informatiser de plus en plus le système éducatif sonne le glas de l'éducation traditionnelle, et annonce la future victoire des robots. Au lieu de réserver l'informatique aux classes terminales, les pontes de l'Écation nationale entendent initier les élèves de plus en plus jeunes à cette technique qui dispense agréablement de lire des livres (devenus, hélas, trop chers), d'écrire, de penser.

Le concurrent le plus sérieux de la secte Micromou est la secte Alapom, dont les frais de participation sont plus élevés, et qui offre des produits de qualité un peu meilleure, mais dont les principes restent à peu près les mêmes : dépendance par rapport au gourou - chef d'entreprise, pour l'achat de produits tombant très vite en désuétude, et qu'il faut fréquemment renouveler. L'utilisateur reste toujours prisonnier d'une technique qu'on lui impose.


« L'homme ne descend pas du singe ; il y remonte » (B. Shaw)

L'informatique constitue d'autre part une méthode de néo-flicage très efficace : impossible de faire quoi que ce soit sur un ordinateur ou sur internet sans qu'il n'en reste une trace, et ce dans de nombreux endroits (Documents récents, Historique et un peu partout dans l'ordinateur...) Le roi de l'informatique, céateur de la secte Micromou, Bill Gaga (qui n'est pas le mari ni le père de Lady Gaga), est également le roi des flics. L'informatique constitue un procédé moderne d'inquisition et les produits de la secte Micromou ne sont opérationnels que s'ils sont « activés », c'est-à-dire dûment enregistrés auprès d'une firme étasunienne sise à Redmond (voir la carte ci-jointe pour localiser Redmond).

Le fait que le gouvernement français veuille que les écoliers soient tous formés à l'informatique et à l'anglais constitue un danger réel pour l'écriture et le français. En effet, les écoliers vont être prisonniers de l'anglo-américanisme d'une part, et vont délaisser l'écriture et le plaisir d'écrire à la main d'autre part. Qu'un ministre de l'Éducation dite nationale veuille imposer ce système sonne le glas du français et de la francophonie.

Étymologie : information, du latin informatio, -nis : dessin, esquisse, représentation, explication. On donne une forme à une idée. Automatique, emprunt au grec
αυτόματος (automatos) : qui se meut de soi-même.

Infotainment (anglicisme et barbarisme) : ce mot admirable est un mot-valise formé d'information + entertainment (= divertisement en anglois). Après la politique-spectacle, l'information-spectacle envahit les écrans de télévision des citoyens (le Petit journal de Canal-Plus, On n'est pas couché d'A2, Salut les terriens () de Canal-Plus, etc.) Tout d'abord, l'ancien secrétaire du Parti Socialiste n'a jamais été un grand fan de ce type d'émissions, dites d'infotainment, c'est-à-dire qui mêlent l'information au divertissement (Programme-Tévé point net, 01.02.2012). En effet ces émissions, qui ne présentent aucun intérêt, mêlent l'information (enfin, des informations superficielles) au spectacle d'hommes politiques venus déblatérer sur des plateaux de télévision. Ces hommes politiques se font parfois cruellement mettre en boîte, comme Philippe Poutou ridiculisé dans l'émission d'un certain Ruquier (A2, 29.10.2011). Cela rappelle ce jeu de foire, où l'on bombarde des boîtes de conserves portant effigies d'hommes connus (jeu de massacre). Il faut bien divertir la plèbe.

() ce titre rappelle un peu les premiers mots qu'on apprend à coder en informatique : Hello world !

Étymologie : info, diminutif d'information, du latin informatio, -nis : dessin, esquisse, représentation, explication. tainment, troncature d'entertainment, venant du français entretènement : fait d'entretenir (un feu, un domaine, une femme ...). Voir Divertissement.

Infoutu (néo-barbarisme) : il est infoutu de le faire : il n'est pas foutu [capable] de le faire. Ils sont infoutus d'inventer quoi que ce soit : ils ne sont pas capables d'inventer quoi que ce soit. Mais le verbe infoutre ne s'entend pas. D'où ce qui aurait pu être un exemple : Tu vois, la meuf, elle est pourtant canon. Et bien, je l'ai infoutue cette nuit (l'expression Et bien est supposée être écrite par le locuteur).

Étymologie : préfixe in-, + participe passé du verbe foutre. Voir Foutre.

Inhumer : depuis le mois de mai 2011, on inhume en pleine mer. On doit ce remarquable contresens soit aux Étazuniens, soit aux traducteurs des dépêches d'agence, soit sans doute aux deux. Ben Laden inhumé en mer, annonce ... qui ? Le Figaro. Le corps de Ben Laden a été inhumé en mer, annonce ... qui ? RMC-Info. Ben Laden mort et inhumé en mer, les talibans menacent, annonce ... qui ? La Provence point com. Loteur a même pu lire ce communiqué de presse : Ben Laden a été enterré en pleine mer (sic). Loteur pourrait multiplier les exemples, tant la gent journalistique s'obstine crétinement dans son psittacisme. Au lieu d'inhumer ou d'enterrer, les journalistes auraient pu écrire : immerger, plonger, jeter à la mer, abandonner à la mer ...

Étymologie : inhumer, du verbe latin inhumare : mettre en terre, préfixe in- : dans, + humus : terre.

Initier (néo-crétinisme) : initier un adepte consiste à le faire pénétrer dans les arcanes d'un savoir, souvent ésotérique, par une série d'épreuves physiques ou métaphysiques. C'est aussi donner un enseignement de nature spéciale ou élitiste, ou c'était le fait d'introduire un adolescent dans la vie adulte. La première initiation, c'est souvent aussi l'amour. Avec l'initiation, on franchit un nouveau seuil. Plus prosaïquement, initier signifie appprendre, enseigner à un débutant : Initier quelqu'un à l'art de l'escrime ; Initiation à l'anglais...


« Que l'initié instruise l'initié, le profane ne doit pas voir »
Page de la Bibliothèque Nationale de France : http://classes.bnf.fr/dossiecr/in-cunei.htm

Ce verbe est devenu un verbe passe-partout, et dans la novlangue il est platement et bêtement le synonyme de toute une série de verbes comme amorcer, commencer, déclencher, donner le coup d'envoi, donner l'impulsion, engager, entamer, entreprendre, être à l'origine de, faire démarrer, inaugurer, instaurer, lancer, mettre en mouvement, mettre en œuvre, mettre en place, mettre en route, organiser, ouvrir, prendre l'initiative de, etc. Mais les scientifiques du CFA, en partenariat avec une équipe de l'université de Tel-Aviv, ont décidé, à l'aide des données recueillies par le télescope Kepler, de reprendre une technique initiée il y a dix ans (Vingt Minutes point fr, 14.05.2013). Ou encore : Pour Yoo Ho-Yeol, de l'université coréenne à Séoul, la main tendue par le Nord signale la volonté d'initier un dialogue qui "inclurait les Etats-Unis au final" (Le Courrier international point com, L'Express point fr, reprenant un article de l'AFP du 07.06.2013). Noter la néo-expression au final. Autre exemple, avec un emploi aberrant, trouvé sur un forum religieux : De nouveau ils l'ont nié, il les a chargés d'initier des vomissements et chacun eux a vomis (sic) de grands gros morceaux de viande crue verte, pourrie. Le verbe initier peut même prendre le sens d'inventer : Manuel Valls n'a rien initié en matière d'association d'images et d'idées (J-forum point fr, 14.01.2013).

En français correct, on ne peut pas initier quelque chose, on n'initie que quelqu'un. Ce verbe est dorénavant utilisé à tout bout de champ et à toutes les sauces. Le téléchargement de fichier a été initié (= a commencé ; noter au passage l'emploi de la voix passive). Exemple lamentable d'un verbe passe-partout qui se répand. Importation frauduleuse de l'anglo-américain “to initiate” : mettre en mouvement.

Enfin cela fait partie des verbes néo-français, comme contrôler, gérer, générer, revisiter, etc. qui remplacent de nombreux verbes, selon l'équation : un verbe = plusieurs idées. Économie de mots, indigence de pensée. Dans cet esprit, l'hyper-verbe contrôler bat touts les records : une cinquantaine de sens.

A donné les substantifs initiateur, initiatrice dans le sens de fondateur, -trice : Fadela Amara, initiatrice du mouvement « Ni Putes Ni Soumises ».

Étymologie : latin initio, initiare : initier, venant d'initium : commencement. Verbe de base ineo, initum, inire : entrer dans, commencer.

Injecter, réinjecter : (re)faire, (re)lancer. France-Téléfon vous annonce : Votre demande d'adsl a été réinjectée ce jour. France Téléfon se pique de beau langage. Cf sa fameuse campagne de pub « Rentring » (Le Rentring est un nouveau mode de vie pour les early-jobers – « les 26-30 ans qui ont fini leurs études et s'installent à Paris dans un 30 mètres carrés » – et qui se devait d'être tendance). Difficile de concevoir autant de niaiseries anglo-américanisantes en si peu de mots. Et dire que cette littérature vient de France-Téléfon !

Quant aux économistes, eux, ils injectent des capitaux. Sans doute à des sociétés sous perfusion...

Étymologie : du latin injicio, injectum, injicere : jeter dans.

Innovant : nouveau, ou qui est censé apporter quelque chose de nouveau ; différent, créateur, original. Le Figaro note que « le président a joué de manière très innovante sur son clavier diplomatique » (il ne craint pas les fausses notes). Ou bien : La dimension innovante (sic) de notre société ... Comment une dimension (longueur, largeur, hauteur) peut-elle être innovante ? Voilà qui est nouveau. Voir Novateur.

Le substantif est, évidemment, innovation. Mais ce mot a pris, semble-t-il, un sens particulier, qui reste à définir. Brad Smallwood, chef de l'innovation sur Facebook, se défend, en arguant que c'est plus pour rendre service à ses utilisateurs. Remarquer l'emploi de 'sur' (sur Face-book) au lieu de 'chez'. Autre exemple : Malcolm Gladwell, l'une des 100 personnalités les plus influentes de 2005 selon le Time magazine, donnera des outils pour prédire les innovations futures. Prédire des innovations futures, voilà qui est fort. À quand la prédiction d'innovations passées ? Il y a même, chez ces gens-là, Monsieur, des « chefs de l'innovation ». Présentation d'une femme cadre supérieur : Anita Sands, Vice-présidente et chef de l'innovation, Citi, New York. Ne serait-ce pas ce qu'on appelait avant : recherche ? Il s'agirait tout simplement de recherche d'amélioration de produit ou de service, ou de recherche de nouveaux produits ou services. Wikipédia a pondu quelque chose là-dessus, me semble-t-il, se dit loteur.

Étymologie : emprunt au latin innovo, innovatum, innovare : renouveler. L'adjectif verbal innovant n'est pas attesté dans le Littré.

Inqualifiable : littéralement : qu'on ne peut qualifier. Mais il semble que, dans la néo-langue des politiciens et des journalistes, cet adjectif veuille dire : blâmable, condamnable, odieux, scandaleux. Exemple, pris d'une déclaration de Mme Taubira, ministresse de la Justice : L'espionnage américain de l'UE : "un acte d'hostilité inqualifiable", dit Taubira (citée par France-TV Info, 30.06.2013). Remarquer « dit Taubira », et non madame Taubira, – vulgarité classique, propre aux journalistes. Remarquer également « acte », et non action ou agression. Les guillemets étasuniens mochouillards "un acte d'hostilité inqualifiable" sont dans l'original.

Étymologie : inqualifiable, préfixe négatif in-, + qualifiable, venant de qualifier : donner une qualité. Qualifier, latin qualificare : qualifier, apporter des modifications, venant de qualis : quel, et de -ficare, forme du verbe facio, factum, facere : faire.

Insécurité : synonyme politiquement correct de danger, voire de délinquance ou de criminalité. On parle beaucoup d'insécurité dans les banlieues : L'insécurité est en progression constante dans les banlieues. Il faut comprendre par là que le taux de criminalité augmente sans cesse dans les banlieues. Les quartiers où règne l'insécurité sont dits quartiers sensibles (dangereux), de quartiers chauds, des quartiers à risque.

L'adjectif néo-barbare correspondant à insécurité est insécure, contraire évident de sécure. Curieusement, ces deux adjectifs n'existent cependant pas en français. Et pour cause, ce sont des anglicismes. Déclaration d'une forumeuse : Je suis totalement insécure depuis qqs temps.. J'ignore ce qui m'arrive (insécure = je ne me sens pas à l'aise, je suis inquiète, anxieuse). D'une autre forumeuse : Je vis une belle histoire d'amour avec un homme, depuis quatre mois, mais je me sens insécure et ai toujours besoin de preuves d'amour (insécure = je ne me sens pas en confiance). Dans d'autres cas, insécure signifie peu sûr (un quartier insécure), peu sûr de soi (une femme insécure). Une nuance cependant : si l'insécurité concerne un danger réel (insécurité des banlieues), l'adjectif insécure représente un danger plus diffus, qui concerne plus le domaine des sentiments ou des émotions. Explications trouvées sur un forum de « psychologie » : Comment ces qualités de "sécure" ou "d'insécure" se traduisent-elles dans un couple? Réponse : Si j'ai appris un attachement sécure, je vais manifester un attachement sécure. Et inversement en cas d'attachement insécure.

Étymologie : l'insécurité, c'est le manque de sécurité, le sentiment d'inquiétude provoquée par l'éventualité d'un danger. Mais actuellement le mot est utilisé dans le sens de franc danger. Préfixe privatif in-, + sécurité, venant du latin securitas : insouciance, tranquillité de l'âme.





(1) du grec kakos : mauvais et graphein : écrire, d'après un adjectif attesté en bas grec ancien : κακόγραφος (kakographos) : mal écrit. On appelle cacographie un texte bourré de fautes, volontaires ou non.     


(2) CLIS = CLasse d'Intégration Scolaire. L'Éducation dite nationale sacrifie elle ausi à la manie des sigles.      










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