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« Quand on vous reproche une faute de français, répondez que c'est un latinisme. »
Jean-Paul TOULET






Deuxième partie




T.O.C. : « Trouble Obsessionnel Compulsif », ou trouble du comportement qui se manifeste par des conduites obsessionnelles, phobiques ou autres, qu'on appelait avant « névrose obsessionnelle ». C'est une manie que de renommer des maladies – qu'on appelle maintenant de plus en plus « pathologies » ; voir Bipolarité. Un exemple, parmi des milliers pêchés dans des articles parus sur internet : Certains estiment que cette forme bien particulière de dépendance est, sur le fond, la cousine d’une autre affection également très handicapante: les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) (Slate point fr, 25.05.2011). Il est évident que, pour le néo-langage, trouble sonne mieux qye névrose.

Les personnalités souffrant de T.O.C. ont souvent des tics. On trouve le nom de cette névrose écrit sous les formes TOC ou Toc, voire toc – comme dans « toc toc toc ! » L'emploi de majuscules séparées par des points éviterait un mauvais jeu de mots de la part de certains toqués.


Tolérance : un des maîtres-mots du néo-crétinisme victorieux. Il faut être tolérant envers les autres ethnies, les autres religions, les autres coutumes, sinon gare aux représailles ! Les Français de souche ont donc l'obligation d'être tolérants envers les autres (la réciproque n'est pas du tout vraie).

Lu sur internet : « La tolérance envers la connerie n'est pas de la tolérance, mais de la connerie » (Alain Lefebvre). Il en est de même pour la tolérance envers le néo-crétinisme.

La tolérance est une grande vertu morale qui consiste à accepter des choses ou des situations avec lesquelles on n'est pas forcément d'accord. Les bien-pensants, quant à eux, ne tolèrent pas l'intolérance, défaut cependant bien humain. Mais les bien-pensants ont réussi ce tour de force : transformer les défauts en fautes, voire en délits ou crimes. Quant aux musulmans, ils sont tellement tolérants qu'ils ne tolèrent rien qui soit en dehors de leurs dogmes.

Une mention spéciale doit être faite pour l'expression Tolérance zéro. C'est une expression mochouillarde, importation frauduleuse de l'anglo-américain, qui désigne une stratégie policière étazunienne qui consiste à sanctionner immédiatement et sévèrement un délit. Sarkozy : tolérance zéro pour les violences urbaines. Autre exemple : "Nous n'avons pas assez employé le langage de la tolérance zéro jusqu'à maintenant, mais c'est en train de changer très rapidement", prévient David Cameron (Le Point point fr). Ou bien : Mais en cette journée internationale de « Tolérance zéro Excision ou Mutilations Génitales Féminines », il est bon de rappeler que des progrès notables ont été réalisés ... Remarquer ici l'emploi abusif de majuscules, une manie anglo-américaine. Mais cette expression, tolérance zéro, peut signifier simplement le rejet, le refus, l'interdiction de quelque chose : Vers la fin de la « tolérance zéro » pour l'importation d'OGM non autorisés (Euractiv point fr).

Quant à loteur, la seule forme de tolérance qu'il tolère, ce sont les maisons de tolérance (interdites aux moins de dix-huit ans).

Étymologie : latin tolerantia : endurance, patience ; verbe tolero, toleratum, tolerare : supporter, endurer, résister à.

Ton, ta, tes : on ne compte plus les emplois de cet adjectif possessif mis à la place de l'article défini dans des expressions désignant le corps. C'est ainsi qu'une réclame publicitaire pour du beurre fait dire à une fillette : « Papa, ferme tes yeux ! », au lieu de « Papa, ferme les yeux ! » Les réclames publicitaires, pour caresser les clients dans le sens du poil, utilisent le langage de tous les jours, langage pour le moins négligé, afin de toucher toutes sortes de publics. Pour intéresser le public jeune, les publicistes s'efforcent de parler comme les jeunes, avec des maladresses ou des inélégances, censées imiter la façon de s'exprimer de nos bambins ou de nos adolescents. Voir Trop.

On connaît, bien sûr, l'expression vulgaire : « Ferme ta gueule ! », mais ce n'est un exemple ni d'élégance, ni de style.

Too much (anglicisme, prononcer tu: mʌʧ, ou plus simplement tou meutch : trop en anglo-saxon) : expression dans la bouche des modernes, signifiant : bien, bon, formidable, extra, épatant ... (un peu vieilli). Mais on peut encore trouver des titres d'article comme : Les robes les plus too much de Cannes. Ça, y'en avoir être bon français.

Étymologie : too, variante emphatique de to. Much, d'une racine indo-européenne *meg signifiant grand ; cf. grec
μέγας (megas), latin magnus, sanscrit महत् (mahat, comme dans mahatma : grande âme, titre donné à Mohandas Gandhi).

Top (anglicisme et néo-crétinisme, prononcer tɒp ou topp) : mot d'origine anglaise, signifiant : qui est au sommet, supérieur, meilleur, préféré, voire extrême. Ce produit, il est top ! Être au top niveau : être au sommet de sa forme. Un top model (mannequin vedette), top secret (ultra secret), top prix (très bon prix), top logiciels (excellents logiciels). Top recherches sur Club-Hic. Le top (le meilleur), c'est les fraises. Top logos (les meilleurs logos) pour téléphone mobile. TOP PARTENAIRES (les meilleurs partenaires). Il faut admirer au passage le double néo-crétinisme : un mot anglais (invariable) plus inversion des termes. Ou encore cet exemple : Hollywood a-t-il obtenu des informations top secret [ultra-secrètes] sur la mort d' Oussama Ben Laden ? Ou bien encore : Une silhouette au top au détriment de la santé, çà (sic) devient du délire.... (une silhouette parfaite). Enfin cet exemple ou top est pris seul, sans doute dans le sens de « top modèle », c'est-à-dire mannequin-vedette : À l'âge de 19 ans, cette jolie brune ne savait pas qu'elle deviendrait un des plus beaux tops du monde. Le mot top répond tout à fait au principe de la néo-langue : un mot, plusieurs idées. Économie de mots, indigence de pensée. Calque servile de l'anglais, comme par exemple : Top 10 Particular Kinds of Lovers, avec plein de majuscules pour faire joli.


Top secret ou ultra-secret ?

Animaux top models

les dix premières

Entendu de la bouche d'un présentateur de la french TV : « Ce thon-là, c'est du top qualité » (sic, pour 'la meilleure qualité', 'qualité extra', 'qualité excellente'). L'accord du démonstratif 'ce' se fait ici illogiquement, c'est-à-dire avec le mot top et non avec 'qualité'. Autre exemple : Le top 5 des aliments toxiques (les cinq aliments le plus toxiques). Quant à M6, elle décerne désormais un titre de top chef (sic, pour grand chef). Et dans une page de Yaourt? ce titre rédigé en excellent charabia : Plus de top articles France (Les meilleurs articles sur la France ?). Autre charabia, relevé dans un site de documentation sur la littérature française, site destiné aux étudiants (doc-etudiant.com) : Top documents Analytique. A quoi se rapporte "analytique" ? Est-ce ce mot signifie analyse (analyse des meilleurs documents) ?

Autre emploi contestable, car top est accolé à un superlatif, et il est totalement pléonastique, et donc inutile : « Un réseau d'informateurs qui révélaient les projets les plus top secret d'Apple vient d'être démantelé ». Remarquer top secret, sans 's' à secret. Apparemment, il s'agit de l'expression « top secret », rendue invariable. Encore un exemple : Top 10 des ponts les plus terrifiants au monde (les dix ponts le plus terrifiants du monde). Et puis ce titre : Top 10 des meilleures pubs (= les dix meilleures pubs). Ou encore dans l'excellent Yaourt : Top 10 des pires aéroports où dormir (les dix pires aéroports où dormir), ou bien : Le top 3 des pires appels téléphoniques de... (les trois pires appels téléphoniques). Autre exemple, toujours dans Yaourt : Top 10 des aéroports les plus importants du monde (les dix aéroports les plus importants du monde). Il semble que les rédacteurs de Yaourt tiennent à cette formulation.

Top peut aussi prendre la marque du pluriel : Les tops jeux de la Kinect, titre un article sur l'excellent Yaourt? Et encore ce titre : Découvrez les autres tops listes et classements de Topito sur le Cinéma.. Ou bien cet autre exemple singulier, où top est une fois au pluriel, une fois au singulier : Toujours classée dans les tops 10 de la plupart des pays, et même dans le top 5 des ventes en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis cette semaine, la chanteuse a écoulé plus de 20 millions d'exemplaires de l'album (un mini-article sur Face-Book). Comment peut-on s'abaisser à placer top un peu partout ? Dans le dernier exemple, top aurait très bien pu être remplacé par : 'dans les dix meilleures ventes', 'dans les cinq meilleures ventes'. Ce vocable monosyllabique, frauduleusement importé de l'anglo-saxon, défigure inutilement le français. Mais c'est un principe de novlangue : « plus c'est con, plus c'est bon ».

Peut également être traduit par classement, palmarès, comme Top ten : (classement des) dix meilleurs, ou bien Top 50 (prononcer top cinquante et non top fifty ; moitié anglais, moitié français) : palmarès des 50 meilleurs. Top 5 (prononcer top faïve ? top cinq ?) des faqs les plus consultées (les 5 faqs le plus consultées). Le top-14 des clubs de rugby (là, il y a trois mots anglais). Top produits (sur la page d'accueil d'Orange) : meilleurs produits, produits les plus demandés, produits préférés. Ou encore le : Le Top télécharger (sic). Avec des super-superlatifs ou top superlatifs : le top du top, ou bien méga-top. Quant au titre suivant, c'est tellement elliptique que ça en devient du charabia : SearchY'ahoù?Search - Top semaine. Autre phrase entendue lors d'une réclame (pub) à la télévision : trop de gadgets top délire(s ?). Ce n'est plus du charabia, c'est du délire.

Et puis que penser de cette phrase elliptique : L'actrice et top Allemande avait été en effet conviée à appuyer sur le fameux bouton pour donner ses habits de lumière à la plus belle avenue du monde (Public point fr). Le néo-rédacteur de l'article a-t-il mis top pour top model (mannequin vedette) ? Remarquer la majuscule à l'adjectif 'allemande', et le néo-crétinisme journalistique la plus belle avenue du monde.

Étant donné que « tout ce qui est exagéré ne compte pas » (Talleyrand), souvent le top niveau correspond au taupe niveau – immédiatement en dessous de la terre. Le succès de ce mot, top, est sans doute dû à sa briéveté.

Ce néo-crétinisme se retrouve même dans d'autres langues, par exemple ce titre tiré d'un journal bulgare : « Наш лицей в ТОП 5 на Украйна » (Nach litseï v top pet na Oukraïna) : Notre lycée fait partie des 5 meilleurs [ lycées ] d'Ukraine). Loteur espère au passage que le lecteur apprécie d'apprendre le bulgare gratuitement.

Inutile d'ajouter que cet anglicisme appartient à la langue familière, et il a été popularisé par la french TV, il n'appartient donc pas à la langue “ soutenue ”. À noter cependant l'expression top chrono qui n'a plus rien à voir avec l'anglais. Il s'agit d'une simple onomatopée indiquant le signal du départ. Autre exemple, piqué dans une dépêche de l'A.F.P. : Jean-Marc Ayrault a donné le top départ du Grand Paris des transports mercredi en engageant le gouvernement sur un plan de financement ... Le ‘top départ’, sans doute le signal du départ.

Voir Génial, Trop

Le top, dans le langage délicat et élégant de la mode, désigne la partie supérieure d'un vêtement féminin. Alors oui au Wonderbra mais pas sous un top qui s'arrête au nombril, oui à la mini-jupe à condition de ne pas l'associer à des talons de quinze centimètres (plurielles point fr). Le « wonderbra », ici, semble désigner un soutif, un soutien-gorge, un soutien-lolos.

Étymologie : top, d'un mot germanique zopf signifiant sommet, crête.

Top chef (demi-anglicisme) : nom d'une célèbre émission de télévision consacré à la gastronomie. Avant, on disait un maître queux (un maître en cuisine). Mais les gens de la télé pensent sans doute que ça fait mieux avec un mot de la langue de l'ennemi – qui n'y connaît rien, soit dit en passant, en gastronomie.

Top model (anglicisme, prononcer tɒp mɒdəl) : anglicisme inutile, et donc très prisé des journalistes et néo-rédacteurs, et dont la signification en français est à peu près : mannequin-vedette. La police avait déjà indiqué que la top-model Reeva Steenkamp, 29 ans, avait été abattue de quatre balles de 9 mm, tôt jeudi matin. On trouve aussi la graphie aberrante top-modèle.

Certains rédacteurs poussent le néo-crétinisme jusqu'à abréger top-model (mannequin vedette) en top, ce qui ajoute à la confusion : un top peut être une partie de vêtement féminin, un modèle de frigo (table-top), etc. : Le choix du top Bar Refaeli pour promouvoir le service militaire israélien a énervé Tsahal. Le top Bar Refaeli : on pourrait penser à un bar huppé, qui s'appellerait Refaeli. Noter le mot Tsahal (avec majuscule) au lieu d'armée de défense d'Israël.

Étymologie : model, du français modèle, venant de l'italien modello, venant lui-même du latin modellus, altération de modulus : petite mesure, diminutif de modus : mesure, manière.

Topic (anglicisme, prononcer tɒpɪk ou topik) : sujet, thème d'une discussion sur un forum d'internet. Si jamais tu avais des idées, il serait intéressant que tu ouvres un topic ailleurs que dans « Élections ». Parfois écrit topik, on ne sait pourquoi : ... ce que je voulais soulever parce topik au titre un peu provoc c'est l'habitude d'emballer les évenements. Les internautes branchés utilisent le terme globish de topic, plutôt que les trop français "sujet" ou "thème". Ah lala, tristes topics !

Étymologie : emprunt au grec
τοπικός (topikos) : qui concerne le lieu. Latin Topica, topicorum : les Topiques (titre d'un traité de Cicéron, traduit du grec Aristote), du grec Τοπικά (Topika, traité sur les lieux communs : τόποι). Grec τόπος : lieu, endroit (français topologie, toponyme etc.)

Torquemada (1420 - 1498) : dominicain espagnol, confesseur de la reine Isabelle de Castille et du roi Ferdinand II d'Aragon. Grand Inquisiteur de l'Inquisition espagnole de 1483 à sa mort. On lui doit 100 000 « cas » examinés, et 2 000 condamnations à mort (selon Wikipédia). Les tribunaux inquisitoriaux mis en place par Torquemada se distinguèrent par des jugements sommaires, d'une grande brutalité, torturant sans pitié ceux qui étaient simplement soupçonnés d'hérésie, – en n'oubliant pas au passage de confisquer leurs biens. Torquemada fut cependant un artisan de la « Reconquista », en partie financée par les biens saisis. Il n'en reste pas moins que Torquemada reste un symbole d'intolérance et de fanatisme religieux.

Pourquoi cette rubrique sur Torquemada ? Certains accusateurs publics patentés, surtout dans les média télévisuels, semblent reprendre à leur compte le fanatisme obscurantiste de Tomás de Torquemada pour dénoncer ce qui de nos jours ne leur paraît pas politiquement correct, sacrifiant sur l'autel de la bien-pensance des personnalités qui leur semblent dévier de l'idéologie dominante. Loteur ne donnera aucun nom ici, de peur de persécutions sans fin, et dans la crainte du bûcher.

Toto : les informaticiens, qui brillent par leur imagination et leur inventivité verbale, appellent toto tout fichier ou toute division qu'ils viennent de créer, et qu'ils ne savent pas comment nommer. Si par exemple vous avez un <div id="toto"> que vous ne voulez pas voir à l'impression, ajoutez juste à votre feuille de style ...

Les totos, nul ne l'ignore, c'est le nom qu'on donne aux poux. Quand on vous disait que l'informatique est pourrie de bugs (insectes) ! Voir Bug.

Toto peut s'employer aussi de manière condescendante ou familière pour s'adresser à quelqu'un : [...] ses correctifs apportés rapidement au discours du Bourget,( « Non, je ne suis pas contre la Finance mais contre la spéculation. », mais Toto, quand on écrit un discours, il faut employer le mot juste !)

Étymologie : toto, pou, date de la guerre 1914-1918. Toto, nom de fichier pour informaticien sans imagination, est d'origine obscure. Peut-être en relation avec toto, l'élève-type en France (zéro + zéro = la tête de Toto)

Touchant (à bout ~) : expression répandue chez les journalistes et les traducteurs de dialogues des séries B américaines pour remplacer l'expression classique : à bout portant. Mais que fait donc la police ? Autre exemple, pris, hélas, dans l'actualité : Le journaliste japonais a été abattu par un soldat à bout touchant (un journaliste d'A2 à propos des émeutes en Birmanie). Scène de crime.

Le Cnrtl précise que l'expression « à bout touchant » existe, mais est vieillie.

Étymologie : touchant, de toucher ; on évoque le latin *toccare : toucher, faire toc-toc. Origine onomatopéique.

Bout, venant de bouter : heurter, frapper. Cf. but, de même étymologie.

Toutlemonde (Monsieur / Madame) : entité mythique censée représenter un(e) citoyen(ne) moyen anonyme, un(e) simple mortel(le), un individu lambda, un quidam. On peut aussi dire Tartempion, Machin, Monsieur X., voire Monsieur Dupont. On trouve également : l'homme de la rue dans presque le même sens.

Monsieur ou Madame Toutlemonde sont des gens simples, ordinaires, ils ne font jamais parler d'eux, ils regardent la téloche, ils ont un à deux enfants, un chien ; ils partent en vacances avec leur voiture, font régulièrement leurs courses au supermarché, économisent pour leur retraite. Leur vie, insipide, n'est utile qu'aux agents du fisc, grâce aux impôts et taxes dont ils s'acquittent, non sans râler. Ils crèvent dans l'anonymat le plus total. Leur mort n'arrache de larmes qu'à leurs proches – et encore. Sur leur tombe, on grave en général quelque chose comme « Ci-gît Machin qui ne fut rien, – pas même académicien ».


Véritable portrait
de Monsieur
Toutlemonde
Tour operator (anglicisme, prononcer tʊə(r) ɒpɔreɪtə(r) ou beaucoup plus simplement tour opérateur) : remplace et annule le mot 'voyagiste', trop français et qui a l'avantage supplémentaire d'être plus court (trois syllabes au lieu de cinq). En raison des événements en Égypte, la plupart des tour-operators annulent leurs voyages. Comme on l'a répété plusieurs fois dans ce site, les Anglo-Américains squattent la planète.

Étymologie : anglais tour, venant du français tour : voyage, du latin tornus. Voir rubrique suivante Tourisme.

Operator, venant de to operate : faire fonctionner, effectuer. Autre sens d'operator : standartiste. Opérateur, en français, est un doublon du mot ouvrier.

Tourisme (~ de masse) : le tourisme fut sans doute inventé par les Anglais qui envoyaient les fils de bonne famille parfaire leur éducation en visitant des pays hautement exotiques comme la France, voire la Belgique. Cette pittoresque coutume locale s'est peu à peu démocratisée et maintenant il n'est pas de famille qui n'économise quelques maigres sous pour se payer un voyage dans un pays étranger, parfois lointain.

Après les immenses progrès sociaux de 1936 en France et les congés payés, le tourisme s'est considérablement développé, à tel point qu'on peut parler de tourisme de masse. Le tourisme de masse un des plus sûrs tueurs de beautés naturelles. Là où il y a tourisme de masse, il y a vandalisme, pollution, dégradations de sites naturels. Ces tempêtes, ces raz-de-marée touristiques déferlent quasiment sur la planète entière, provoquant – malgré l'afflux de capitaux – autant de ravages que les désastres naturels. A quand un tourisme citoyen, pour reprendre un adjectif néo-crétin à la mode, respectueux de l'environnement ?

Étymologie : anglais tourism, de tour, touring, désignant le fait de voyager pour son agrément. Venant du français tour : marche, voyage (faire un tour). Latin tornus : tour, instrument à tourner. Grec
τόρνος (tornos) : tour, le mouvement circulaire du tour ayant été pris métaphoriquement pour exprimer ce qui va en rond (Littré).

Tourisme (~ médical) : désormais la médecine et la chirurgie sont elles aussi gangrenées par le phénomène mondialiste, et l'on assiste de plus en plus à l'éclosion du tourisme médical : tel ou tel médecin pratique la chirurgie esthétique dans des pays en voie de développement, où tout est moins cher. Les patients ont l'impression que c'est moins cher, mais avec les frais annexes, quand ils font leurs comptes, il n'est pas si sûr que cela le soit effectivement.

Aux dernières nouvelles, le fait d'aller profiter de soins esthétiques dans de lointains pays expose les personnes qui agissent ainsi à une nouvelle bactérie, surnommée « superbactérie », dont on ne connaît ni les méfaits, ni les moyens d'éradication. Mais il est possible que ce ne soit qu'une vaste blague pour dissuader les touristes.

Étymologie : pour tourisme, voir rubrique précédente. Médical, voir la rubrique Médecine.

Tournante : n'a rien à voir l'adjectif tournant, comme dans ‹ une plaque tournante ›, mais, en tant que substantif, c'est un viol collectif, un viol en groupe dans l'argot des banlieues. Les néo-crétins officiels parlent de « viol en réunion », ce qui vous a tout de suite un air très sérieux, comme une réunion d'hommes d'affaires, par exemple.

Entendu de la bouche d'une journaliste : « Angela Merkel dont la présidence tournante se termine bientôt ... » L'Europe est considérée comme un viol collectif ? Personnellement, loteur n'y prendrait pas part, l'angélique Angela ayant trop peu de charmes pour lui. Mais il est vrai qu'il n'est pas chef d'état. Noter d'autre part la formulation bizarre : dont la présidence tournante.

P.S. Au passage, tous les journalistes de la french TV prononcent Anneguéla et non Angéla. Pourquoi ne pas dire plus simplement Angèle ? On dit bien Jean-Sébastien Bach ou Jean-Chrétien Bach.

Étymologie : Voir tour.

Tourtereaux : ce mot s'emploie pour désigner de jeunes amoureux. Minard et Zélie étaient allés se loger auprès de la barrière de Courcelles, comme deux tourtereaux, dans un appartement de cent écus, au troisième (Balzac). Entendue sur BFM-Télé cette annonce importante : le couple de tourtereaux a fait chambre à part. Outre que ce genre d' « information » est totalement inintéressant, il faut préciser qu'il s'agit du Prince Albert de Monaco et de Charlène Wittstock, âgés respectivement de 53 ans et de 33 ans au moment des faits (juillet 2011). Mais il est vrai qu'à une époque où un homme de quarante ans est qualifié de jeune homme, cela n'a plus rien d'étonnant. Les journalistes, ou la relativité du temps.

Étymologie : un tourtereau est une tourterelle mâle. Du latin turtur, -ris : tourterelle. Origine onomatopéique (c'est le cri du zozial appelé tourterelle [un zozial, des zoziaux] ).

Tout : tend à devenir invariable et adverbial, dans le sens de totalement. Il m'a tout salopé la voiture (au lieu de : il m'a salopé [ sali ] toute la voiture), J'ai tout débranché les câbles (j'ai débranché tous les câbles). Ou enfin, cet exemple tiré d'un article sur internet : « Ceci te montre combien est puissant le système bancaire qui, sans même attendre un jugement de la cour [...] a décidé de tout bloquer mes comptes » (à propos de l'« affaire » Wikileaks). Cette position très proche du verbe donne l'idée d'insister, cela peut paraître plus fort. Le langage lui-même tend ainsi à être plus émotif, et délaisse la sphère intellectuelle – de plus, l'on est à la limite du charabia.

A noter des emplois fautifs (tous au lieu de tout, dans un sens adverbial) de plus en plus courants : L'éveil des tous-petits, l'actualité étudiante...tout pour les aider à grandir avec notre offre magazines jusqu'à - 77 % !

Étymologie : du latin totus : entier, tout. Cf. espagnol todo, italien tutto. Le latin avait aussi le mot omnis pour dire tout.

Toxique (barbarisme) : un emprunt toxique est un emprunt empoisonné, indexé sur des trucs bizarres, que même les banquiers ont du mal à expliquer, mais qui fait que le particulier ou la commune qui y auront souscrit seront quand même baisés (et là, loteur est poli). Système apparemment mis au point par des banques anglo-saxonnes pour truander sciemment leurs clients. Loteur attend un démenti. [...] les journalistes Jérôme Fritel et Marc Roche, correspondant du Monde à Londres et auteur d'un livre à succès sur Goldman Sachs, relatent les dérives de cette puissance de l'argent. En trompant ses propres clients d'abord, comme quand la banque pariait sur un effondrement des crédits immobiliers américains, les subprimes, tout en refilant des produits qu'elle savait toxiques à d'autres... (Le Monde point fr, 05.09.2012). Voir Subprimes.

Il existe un adjectif toxique, qui est employé dans un sens particulier par les tenants de la néo-langue. Peut-être : nocif, nuisible, mauvais, voire dangereux ? Voila, ma meilleure amie est depuis plusieurs mois manipuler par un gars, je le savais depuis le début mais ne lui ai jamais dit, faute de preuve et de toute façons il n'était pas toxique (l'orthographe est du scripteur). Ceci semble venir de l'anglo-saxon : Toxic Office: Does Someone Has to Go? (traduction proposée : Bureau en crise : faut-il virer quelqu'un ? ; noter la majusculation à outrance, typique des Anglo-Américains).

Étymologie : toxique, toxine viennent du grec
τοξον (toxon) qui veut dire arc, puis arc et flèches, puis poison, à cause du poison qu'on mettait sur les pointes des flèches. Toxicum ou toxicon, en latin, c'était le poison dont on enduisait les flèches ; grec τοξικόν (toxicon) : poison.

Traçabilité (néo-barbarisme) : ce terme aux relents barbaresques vient de nos amis anglo-saxons. Il désigne le fait de suivre, avec un historique informatisé, un animal, un produit depuis sa naissance ou sa création jusqu'à la mise sur le marché. Cette notion peut s'étendre à toutes les activités humaines, du moment que l'on utilise un téléphone portable (= portatif), internet, une carte de crédit... Le terme 'suivi', déjà choquant, ne suffit plus. D'autre part les mots tracer ou traçabilité évoquent de façon désagréable 'traquer', et l'on se sent surveillé, traqué, espionné, fliqué. Nous sommes tous en liberté surveillée. [...] un système de traçabilité ne se réduit pas à une solution logicielle et même, il n'y a pas de solution logicielle de traçabilité dédiée, et cela pour trois raisons fondamentales (Actors Solutions point com). Noter le néo-adjectif « dédiée » : affectée à, réservée, spéciale...

Étymologie : emprunt à l'anglais traceability. Ce mot est apparu en France dans les années 1990.

Trace, tracer : 'repérer', 'suivre', 'dépister' dans le langage des néo-crétins informatisés : Au commissariat, Christelle trace l'appel anonyme. Ou bien, cette note de service : Les techniciens qui ne suivent pas cette règle vont être tracés individuellement. Autre exemple, tiré d'une dépêche de l'A.F.P. : Les Saoudiennes tracées électroniquement lors de leurs voyages à l'étranger. Remarquer l'emploi du gentilé « Saoudiennes », au lieu de Séoudiennes ; imitation servile de l'anglo-américain.

Emprunté à l'anglais to trace: pister, retrouver la trace de quelqu'un. Comme on l'a maintes fois répété : l'informatique est synonyme de flicage. En vieux français, tracer signifiait suive un animal à la trace.

A noter un emploi totalement obscur et incompréhensible du mot 'trace' dans un projet de présentation de Paris pour les Jeux Zolympiques de 2012 par l'excellent maire de Paris : « Cette trace olympique ( ??? ) est aussi synonyme de convivialité et de tolérance accrues : c'est dans cet esprit que nous avons mis l'accent sur l'accessibilité des lieux aux personnes handicapées, car la cité de demain ne doit pas exclure mais au contraire s'enrichir des différences et favoriser leurs expressions harmonieuses » (balivernes habituelles des discours officiels ; voir à ce propos le « Cours de langue de bois » pour avoir un beau discours officiel, complètement vide de sens).

appel : tracer, en français courant, veut dire dessiner, représenter : tracer un carré, une croix... En langage populaire tracer, c'est aller vite.

Étymologie : bas latin *tractiare, d'après le supin tractum du verbe traho, trahere : tirer.

Tracker (anglicisme, prononcer trækə ou tréqueur) : mouchard. Exemple : « Les enquêteurs auraient remonté la piste du suspect présumé par le biais de son frère qui se serait rendu chez un concessionnaire Yamaha et aurait demandé comment désactiver le "tracker" du scooter, un dispositif électronique installé pour le localiser en cas de vol » (phrase trouvée dans un article, après une tuerie cynique perpétrée par un fanatique religieux).

Il existe bien d'autres définitions de tracker, notamment dans le domaine de la phynance ; prière de vous reporter à votre dictionnaire en ligne favori.

Tracter : signifie normalement 'tirer une caravane avec une voiture'. Chez les syndicalistes, cela signifie aussi : rédiger ou distribuer des tracts. La direction a outrepassé ses droits, on va tracter sur cette affaire pour dénoncer ses agissements. Substantif : tractage, comme dans cette phrase sur le "compte" tweet de Nadine Morano, signalée par Maître Capel : À Nancy tractage des 12000 tracts pour la concorde et pour les réunions publiques avec André Rossinot. Noter le rapprochement tractage / tracts, et 12 000 écrit 12000.

Étymologie : tracter, traction viennent du verbe traho, tractum, trahere : tirer. De trahere vient également le verbe traire.

Tract semble être une abréviation de tractatus : traité

Trader (anglicisme, prononcer treɪdə(r) ou trait d'heure) : depuis l'affaire de la Société Générale, le mot trader est employé systématiquement à la place du mot « courtier », « opérateur » (de marché) ou de « négociateur » par les journalistes anglomanes. La garde à vue de J. K., le trader, mis en cause par la Société Générale pour une fraude de 4,9 milliards d'euros, prend fin cet après-midi. 'Courtier' serait d'un banal, mon général...

Et, évidemment, une société qui s'occupe de courtage sera renommée société de trading. Pas une seule fois, en 2 300 pages, la loi dite Dodd-Frank de réforme financière adoptée aux Etats-Unis en 2010 n'évoque les enjeux posés par le trading à très grande vitesse, avait noté M. Chilton à la veille de la réunion (le monde point fr). A donné le néo-verbe trader, comme dans cette réclame : Tradez plus, payez moins (qu'est-ce que ça veut dire ?), ou bien Apprenez à trader l'or.

En fait le courtier agit pour le compte de ses clients, alors que le trader le fait pour le compte de sa banque. Subtil distinguo. Trader vient de l'anglais to trade : commmercer, négocier. Un trader serait donc un négociateur, ou plus exactement un spéculateur.


Non, je ne veux pas devenir trader
avec un T majuscule ... surtout quand on me tutoie !
On n'a quand même pas gardé les cochons ensemble.


Dans l'argot des banquiers, un bon trader est une gagneuse. Et le banquier ? Un maquereau ? Mais à la différence des relations client - pute, ce sont les clients qui sont baisés par les banques.

Étymologie : trader vient de trade, qui signifiait originellement chemin, voie, – sans doute à propos de vaisseaux marchands. Plus tard, le mot prit le sens de commerce, commercer.

Tradition : ramassis de coutumes obscurantistes et barbares et donc, à ce titre, dignes de respect : circoncision, excision, mariages forcés de fillettes de treize ans, polygamie, virginité etc.

Citation :
« Dans mon pays (le Bengale), si l'on bat, torture ou tue un homme, cela s'appelle un crime. Quand il s'agit d'une femme, cela s'appelle la tradition » (Talisma Nasreen).
Le propre de la tradition, c'est que c'est comme ça, un point c'est tout. Il n'y a pas à aller contre. La tradition est imposée, malheur à qui se révolte, il est banni, voire mis à mort.

Étymologie : du latin traditio, -nis : action de remettre, de transmettre. Du verbe trado, traditum, tradere : faire passer à quelqu'un, transmettre, remettre, confier. De tradere vient aussi trahir.

Tradition (bis) : entendu à la télévision, cette mine de néo-crétinismes : « Cacher des œufs est une tradition dans cette commune depuis 1963 ». Adieu les coutumes, les habitudes ! Il n'y a plus que des traditions.

NB Tradition vient d'une racine qui signifie transmettre. On transmet un savoir par voie orale ou écrite. Ce peut aussi être la transmission d'un document ou d'un bien (La vente se consomme par la tradition de la chose vendue).

Traduction : il y a longtemps que les traductions des titres de films, d'émissions de télévision, de séries télévisées, et même d'articles, etc. sont passées à la trappe. « Apocalypse now », « Jurassic park », « 12 (sic) Years a slave », « 3 (sic) Days to kill », etc. pour les films ; « Gossip girls », « Money drop », « Person of interest », « How I met your mother », « American dad », etc. pour les émissions ou feuilletons télévisés. Un traducteur revient-il si cher ? A-t-on la flemme de traduire ? Est-ce dû à l'ignotance ? À la bêtise ? Au besoin irrépressible d'être à la mode ? A moins que ce ne soit tout simplement du snobisme, l'utilisation à outrance de l'anglais semblant valorisante pour beaucoup. De l'avis de loteur, il s'agit plutôt d'une opération – volontaire ou involontaire – de cheval de Troie, où les gens de télévision et de cinéma laissent volontairement les titres de films ou d'émissions en globish afin d'anglo-saxonniser la population française. Loteur a pesté, en de nombreuses reprises tout au long de ses pages, contre cette manie qui assassine le français (« C'est le français qu'on assassine »).

De même, de nombreux titres de chansons, – comme les chansons elles-mêmes (= bruits à prétention musicale) des chanteurs-brailleurs contemporains, ne sont pas traduits, les titres d'articles en anglois ne sont pas traduits, des noms d'organismes anglois ou étazuniens ne sont pas traduits : Le Seti, pour «Search for Extra-Terrestrial Intelligence», c'est ce programme américain chargé de repérer la vie extraterrestre dans l'univers (Slate point fr, 14.03.2014). Autre exemple : Une nouvelle analyse des données du Solar Terrestrial Relations Observatory (STEREO) par des experts chinois et américains a révélé un scénario presque catastrophe. (Maxi-Sciences (Gentside), 20.03.2014). Ou encore : "Pour être franc, c'est une éventualité à laquelle je crois", a lui déclaré à la BBC Paul Mortimer, l'ancien milieu de Charlton qui représente maintenant l'association "Show racism the Red Card". (Eurosport, 25.10.2013. Les guillemets étazuniens sont évidemment dans le texte original).

Déclaration d'un responsable d'émissions, à qui on reprochait de ne pas traduire certains titres ou phrases : « Ça ne sert à rien, de toute façon, tout le monde connaît l'anglais de nos jours ». Erreur, d'abord tout le monde ne connaît pas l'anglois, ensuite c'est la même chose en ce qui concerne l'allemand ou toute autre langue, que la télévision dite française ne daigne pas traduire. Il est difficile de rencontrer aussi mauvaise foi. C'est ce qui s'appelle se fiche de la tête des gens.

Étymologie : du latin traductio, -nis : traversée, action de faire passer d'un point à un autre ; action de promener en triomphe ; exhibition publique, action d'exposer au mépris, d'exposer à la risée (Gaffiot). Les néo-rédacteurs devraient être exposés à la risée publique.

Trafic (anglicisme rampant) : ce mot est en relation avec le commerce, mais il a acquis en français une connotation négative : trafic d'armes, trafic de drogue, trafic d'influence. Verbe trafiquer : faire mal, falsifier (trafiquer des documents). Avec le déverbatif trafiquant : qui vend des marchandises illicites : trafiquant d'armes, trafiquant de drogue, par exemple (de nos jours, cédant à la mode néo-crétine qui est de jargonner en globish, on dit dealer et non plus trafiquant de drogue).

Mais l'influence néfaste des Étazuniens a complètement changé la donne. Le mot traffic en anglo-américain est en effet en rapport avec le mouvement.
  • sur Internet, cela veut dire : visite, affluence, fréquentation : A des heures de fort trafic, votre site sera difficilement accessible. Autre exemple, tiré de l'actualité de novembre 2013 (le tireur fou de Paris) : Si tous les internautes ayant lu l'article ont ensuite consulté Wikipédia pour se remettre cette affaire en mémoire, le mystérieux trafic est expliqué. Il ne s'agit pas là de trafic de drogue ou d'influence, mais de visites du site Wikipédia.


  • dans la langue des présentateurs de la télévision et des néo-rédacteurs, le mot est devenu synonyme de circulation. SNCF : trafic perturbé par un mouvement social. Ou bien : Le trafic routier est dense aujourd'hui. Encore pire ("entendu à la télé") : Le trafic a été très chargé aujourd'hui samedi 13 août... Un trafic très chargé, qu'est-ce que c'est que ça ? Encore un exemple : Une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Washington indique que les piétons utilisant leurs téléphones alors qu'ils marchent dans la rue ont quatre fois plus de chances d'ignorer le trafic. Des chances d'ignorer le trafic = des risques de négliger la circulation, de ne pas respecter la circulation ? Notons que le mot ‘téléphones’ est au pluriel, ce qui suggère que les dits piétons ont plusieurs téléphones.

    Les néo-crétins convaincus vont même jusqu'à écrire traffic, avec deux ' f '. En ce qui concerne les avions, les mots trafic, trafic aérien peuvent simplement être traduits par 'vol'.
Mais, si au lieu de circulation on dit ‘trafic’, par contre au lieu de circuler, on ne dit pas ‘trafiquer’. Y'a pas de logique, mon bon monsieur.

Pour certains hurluberlus, trafic signifie 'clientèle', comme dans cette petite annonce : Bonjour, je souhaite collaborer avec un cabinet qui a un très bon trafic.

Étymologie : origine incertaine. Venant sans doute du vieux français trafique, emprunt à l'italien traffico : commerce dans les eaux côtières.

Trailer (anglicisme, prononcer treɪlə(r) ) : Harrap's indique que ce mot veut dire ‹ remorque › ou ‹ camping-car ›, to trail signifiant traîner. Le sens dérivé est ‹ bande-annonce ›. Comme toujours, les néo-rédacteurs emploient un mot anglois, alors qu'une expression française existe déjà, ce qui entraîne la corvée de consulter un dictionnaire. Le nouveau trailer de l'ultime volet de Twilight risque de scotcher plus d'un fan de la célèbre saga. Ce qui donne en vieux français = la nouvelle bande-annonce du dernier volet de Twilight (Le Crépuscule) va passionner plus d'un admirateur de la célèbre épopée. Remarquer l'emploi du verbe risquer dans un sens positif. Noter aussi l'indécrottable manie des néo-rédacteurs d'employer l'adjectif ultime au sens de dernier (en date). Ultime, en français, signifie qui est à la fin et qui clôt ; ce n'est pas tout à fait le sens de dernier. Loteur soupçonne que c'est un anglicisme. Noter enfin que plus jamais, plus jamais les néo-rédacteurs ne traduisent les titres de films anglois et étazuniens.

Training (anglicisme, prononcer treɪnɪŋ) : Voir Entraînement.

Trait d'union : d'un emploi de plus en plus discutable : ... les OS mobiles les plus à-même d’être touchés par des virus sont ceux offrant une grande liberté d’action en termes de programmation. On remarquera, outre le trait d'union intempestif entre à et même pour signifier 'les plus susceptibles de', l'expression joyeusement néo-crétine "en termes de" (quant à, en ce qui concerne). Et, évidemment, on ne compte plus les exemples de l'expression 'a priori' avec un trait d'union, – et même un accent grave à 'a' : Esthétique et ontologie de l'a-priori ondulatoire p. 287, philosophie non- standard ; ou bien : C’est un fait, quoi qu’on en dise, quoi que l’on puisse faire, chacun a des a-priori sur les gens ; ou encore : L’a-priori et l’a posteriori en économie (a priori avec un trait d'union, a posteriori sans trait d'union).

Trajectoire : parcours, cheminement, vie : il ne s'agit pas ici d'une histoire de l'art [...] ni d'une histoire des artistes, de leurs ambitions et de leurs désirs, de leurs trajectoires personnelles... Le mot trajectoire est sans doute plus technologique, plus dans le vent, plus expressif, peut-être en relation avec les astres ou les fusées.

Étymologie : trajectoire, venant du latin trajector : qui traverse ; verbe trajicio, trajectum, trajicere (trans-jacere) : jeter au-delà, lancer par-delà. La trajectoire, c'est une ligne décrite par le centre de gravité d'un corps en mouvement. Du supin trajectum vient le mot trajet.

Tranchant : fort, dur, accusateur, qui secoue ??? Le Pam a dit rechercher des clips "tranchants" de 30 à 60 secondes qui créeront l'événement.

Tranchant vient évidemment du verbe trancher, qui signifie couper en tranches. Exemple : Chaque fois qu’il y aura blocage, je ferai trancher le peuple français. Cette phrase, curieusement, n'est pas de Robespierre, mais de Nikola Sarkozy. Trancher peut vouloir dire ici : décider, voter (on a vu ce que le gouvernement a fait du refrendum sur la Communauté européenne : il s'est assis dessus). Avant, le bon peuple était taillable et corvéable à merci ; il est dorénavant tranchable à merci. Vous en reprendrez bien une tranche ?

Étymologie : origine incertaine ; peut-être du latin trunco, truncatum, truncare : amputer, tronquer, raccourcir.

Tranquille : adjectif pris adverbialement, dans le sens de 'tranquillement', 'bien', 'pas mal', etc. surtout par les populations jeunes... Comment vas-tu ? – Tranquille. Un des multiples exemples d'adjectifs ayant pris un sens adverbial.

Tranquille, tranquillité évoquent l'idée de paix, d'ordre, de stabilité. Climat qui règne actuellement dans les villes et banlieues françaises.

Étymologie : latin tranquillus, même sens.

Transcender : ce terme de philosophie signifie normalement : dépasser en étant supérieur : « [Si la métaphysique] est une science, il faut qu'elle transcende les concepts pour arriver à l'intuition » (Bergson). Mais dans quel sens faut-il comprendre la phrase suivante : Koh Lanta 11 : Martin éliminé, Teheiura transcendé, l'audience explose (pure-people). Transcendé par qui ? Transcendé par quoi ? Peut-être transcendé est-il employé au lieu de transcendant ? Ce type de phrase convainc loteur que maintenant les rédacteurs d'articles peuvent écrire n'importe comment, le sens des mots n'étant plus correctement compris.

NB : la forme pronominale “ se transcender ” existe, et veut dire se surpasser.

Étymologie : vieux français transcender : transgresser. Littré ne connaît pas ce verbe, mais connaît transcendant, transcendance. Du latin transcendo, transcensum, transcendere, formé de trans : au-delà, et du verbe scando, scansum, scandere : monter, escalader. De scandere vient les mots français scander, scansion (lever le bras pour battre la mesure).

Transcription : il est de bon ton, surtout chez les journalistes et néo-rédacteurs, d'écrire les mots étrangers comme ils sont écrits dans leur langue d'origine. Pour le chinois, on a adopté la transcription dite pin-yin, ce qui donne des prononciations tout à fait erronées. Par exemple, loteur a été surpris d'entendre parler d'une ville chinoise « Goudjou » dans le feuilleton (série) étazunien Les Experts de Manhattan. Heureusement que les experts affichent le nom de la ville sur un écran, car il s'agissait en fait de Guiyu (en transcription française Kouei Yü ; en chinois simplifié 贵 屿 ; en chinois traditionnel 貫 嶋), le fameux cimetière chinois des ordinateurs. La transcription française n'est peut-être pas parfaite, mais beaucoup plus proche de la réalité que Gui-yu, et surtout de la prononciation délirante Goudjou. Autres exemples : Dans un second temps, la Golden Dragon Holdings a changé le nom de l'entreprise en Ruyan ( 如 烟 ), qui signifie « comme de la fumée » en chinois (Wikipédia). Il n'y a qu'un malheur : Ruyan se prononce Jou-yen en chinois, et non pas ru-yan. Le 'j' sert à transcrire un autre son (à peu près entre dj et tch), par exemple dans Beijing (Pékin). Autre exemple : A Wuxuan, dans des campagnes isolées de la province du Guangxi (sud-est), la barbarie a atteint des sommets: les coeurs, foies et parties génitales de victimes y ont été découpés et cuits avant d'être consommés par leurs tortionnaires (d'après une dépêche de l'A.F.P., citée par Yahoo, 12.05.2016). Wuxuan = Wou-Hsuan, Guangxi = Kouang-Hsi. Le rédacteur a appliqué bêtement les règles préconisées par l'O.N.U. : utiliser la transcription pinyin, qui n'est valable que pour les sinisants. Noter aussi les deux-points directement collés à « sommets » (typo anglo-saxonne), et cœurs écrit « coeurs » (prononcer coheurs ?). Nota : le « œ » se fait en appuyant sur la touche Alt (à gauche de la barre d'espacement) et en tapant 0156 sur le clavier numérique (Windows).

Pour le russe, la plupart des néo-rédacteurs ont adopté la transcription anglo-saxonne, ce qui donne des horreurs comme Pushkin (Pouchkine), Turgenev (Tourguéniev), etc. Pour Poutine, ils n'ont pas osé adopter la transcription Putin. Les néo-rédacteurs ont de ces pudeurs...

Transfert : terme employé dans le mileu des organisateurs de voyages, ou voyagistes, et qui signifie correspondance. Nos prix comprennent le voyage en avion, le séjour en hôtel *** (trois étoiles) en demi-pension, et les transferts aéroport-hôtel. Mot en transfert direct de l'anglois. Dans le vocabulaire sportif, c'est le fait de déplacer un joueur d'un club à un autre. Ces transferts s'opèrent souvent à prix d'or lors des mercatos. Voir Mercato.

P.S. Ne pas confondre transfert avec transfèrement, ou transfert d'un individu d'une prison à un tribunal pour être jugé. « Transfèrement », ce ne sont pas des errements lors d'un transfert, mais c'est un mot du vocabulaire juridique, et les journalistes l'emploient volontiers au lieu de transfert, qui veut dire exactement la même chose = faire passer d'un lieu à un autre. Mais la longueur et le caractère technique du mot en imposent sûrement.

Étymologie : latin trans : au travers, au-delà, et ferro, ferre : porter. Cf. grec
φέρω (ferô) : porter.

Transgenre (néo-barbarisme) : il n'y a plus de sexes, mais des genres, selon les fumeuse théories anglo-saxonnes. Anciennement : transexuel, maintenant : transgenre. Un mariage a été prononcé samedi à Nancy entre deux femmes dont l’une transgenre (un media sur internet). Deux femmes, dont l'une transgenre, se sont mariées (). Avoir un genre au lieu d'un sexe, loteur trouve que ça fait abstrait, irréel. Pas sérieux.

Diminutif : trans. Changer les papiers d'une personne trans, cela coûte 3 000 euros (Le Point point fr). Voir Famille.

Étymologie : préfixe trans- (à travers) + genre. Voir Genre.

Transhumanisme : c'est, nous dit Wikipédia, un mouvement s'appuyant sur l'usage des sciences et des techniques modernes pour améliorer les caractéristiques physiques et mentales de la race humaine, et pour « euthanasier » la mort. De grosses sociétés étazuniennes investissent dans les techniques de pointe et les nano-technologies pour l'amélioration de la race humaine et pour reculer l'échéance de la mort. Une des principales sociétés qui s'attèle à cette tâche est l'octopus Google.

Un p'tit exemple : Alors que Google et les transhumanistes souhaitent annihiler la mort [sic], de nombreux scientifiques à travers le monde cherchent des moyens de ralentir le vieillissement (France-TV Info point fr, 16.11.2014). Le rêve d'immortalité prend à la tête les orgueilleux actionnaires de Google. Il n'y a que les dieux qui soient immortels, et encore...

Transnationale (néo-barbarisme) : on ne dit plus une multinationale, mais une transnationale. En fait, ce n'est plus tout à fait la même chose : une transnationale désigne une société à visage inhumain, dirigée par un groupe d'oligarques causant globish, et dont les seuls intérêts ne concernent pas le bien de l'humanité, mais le bien de leur portefeuille (d'actions). D'où les délocalisations à outrance, et les réductions systématiques du niveau de vie des salariés. C'est le néo-libéralisme mercantile à l'anglo-saxonne. Les transnationales vont de pair avec la mondialisation, ou lavage de cerveau planétaire. Voir Nation.

Étymologie : de trans : au-delà, au travers, et national. National, adjectif fait sur nation, qui vient du verbe latin natio, -nis : nation, venant de natus : né.

Transparence : dans le parler des journalistes et des hommes politiques le mot transparence est le plus souvent synonyme de brouillage. Exemple : Commission pour la transparence financière de la vie politique (commission-transparence point fr, qui n'a pas visiblement pris en compte les fortunes à l'étranger de certains hommes politiques français). On parle surtout de transparence depuis l'homme politique russe Mikhaïl Gorbatchev. Or la transparence gorbatchévienne se dit en russe 'glasnost' (гласность, littéralement : publicité, faire connaître quelque chose à haute voix. Le mot vient de голос [goloss], la voix). Rien à voir donc avec la transparence, ni avec une glace, comme pourrait le suggérer le mot glasnost. Ce mot a maintenant acquis droit de cité dans la vie politique française, et sert à produire un nuage de fumée à propos de toute décision gouvernementale : Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a affirmé vendredi qu'il irait "jusqu'au bout" sur la transparence, "nécessaire", du patrimoine des élus, et s'est dit ouvert à l'idée que les ministres publient également leur feuille d'impôt. Comme si cela allait changer quelque chose.


Transparence ? Hummm... Monsieur Cahuzac – et bien d'autres – restent invisibles.

Étymologie : de trans : au travers, et vieux verbe français paroir : paraître, qui vient du latin pareo, paritum, parere : se montrer, apparaître.

Transparent : signifie dans le monde de l'informatique : dont on ne s'aperçoit pas, qui passe inaperçu, qui n'est pas perceptible pour l'utilisateur, invisible. Les informaticiens confondent donc allègrement transparent et invisible. Ils doivent avoir des problèmes de vue. Certains fournisseurs d'accès internet ... détournent sans vous le dire les requêtes HTTP vers leurs serveurs proxy, qui sont appelés « proxy transparents » (c-à-d invisibles). Ou bien cette perle : « Le processus de démarrage de Windaube XP se déroule de façon totalement transparente pour l'utilisateur. Pourtant, derrière ce mécanisme se cache (sic) plusieurs processus interdépendants ». Comment peut-on se cacher derrière quelque chose de transparent ? Une preuve de plus – s'il en fallait – démontrant l'illogisme des rédacteurs de rubriques informatiques.

A donné le substantif transparence : La finalité (= but) d'un rootkit est d'obtenir un accès à l'ordinateur (backdoor) en toute transparence vis à vis de l'utilisateur (= sans que l'utilisateur ne s'en aperçoive) et de masquer l'existence d'autres outils.

Il est un autre sens de l'adjectif transparent, que loteur aimerait qu'on lui précise : Le maire de la commune, François Dreux, interrogé par l'AFP, a évoqué "un homme transparent, inconnu des services sociaux ou civils de la mairie" près de laquelle vivait le couple, dans la maison familiale de la compagne. Qu'est-ce qu'un homme transparent ? Un homme invisible ? Un homme sans histoire ?

Étymologie : voir rubrique précédente.

Transversal : ? pourvu de différentes significations ? à connotations multiples ? qui concerne différentes disciplines ? “ «Peuple» est de ces mots qu'on pourrait dire transversaux en ce sens qu'ils intéressent, au-delà des lexicographes et des historiens de la langue, les spécialistes de nombreuses disciplines ”. Transversal signifie normalement : qui passe au travers. Au travers de quoi, de quelle frontière passe le mot peuple ? A-t-il ses papiers ? Voir Compétences transversales.

Étymologie : latin trans : au travers, en travers, et versus, participe passé du verbe verto, versum, vertere ; tourner.

Trash (anglicisme, prononcer træʃ) : poubelle, en anglais. Utilisé comme adjectif, il désigne quelque chose de sale, de répugnant ou de malsain, de « gore ». Ce site vous propose une sélection de vidéos trash, dégueux (sic ; trash au singulier, dégueux au pluriel. Et puis on dit une vidéo, donc il faudrait dire : dégueuses) ainsi que des vidéos de sexe. Ou bien : La droite bling bling, c'est la droite décomplexée qui s'assume, c'est simplement l'équivalent trash de la gauche caviar. Autrement dit, la gauche, c'est caviar, la droite c'est caca. Tout ça, c'est du français trash – à cracher dessus. Équivalents proposés : dégueu (invariable), dégueulasse, répugnant, pénible (à voir, à supporter).

Étymologie : anglais trash : chose de peu de valeur, détritus. Origine inconnue.

Travail : une des grandes valeurs de notre civilisation (“ Travail, Famille, Patrie ”). Le travail, que sous-estiment les partis de gauche en essayant de le réduire au minimum (semaine de 35 heures, retraite à 55 ans et ce n'est pas fini) est par contre grandement valorisé par les partis de droite. « Travailler plus pour gagner plus », proclame volontiers un droitiste acharné, convaincu de la valeur salvatrice du travail. Nos excellents amis Allemands l'avaient bien compris, eux qui avaient inscrit sur le fronton d'entrée d'un de leurs camps de plein air : « Arbeit macht frei » : le travail rend libre. Il n'est pas inutile de rappeler que le mot travail vient du latin tripalium : instrument de torture à trois pals. Travail (pluriel travails) désigne aussi un dispositif servant à immobiliser les chevaux pour pouvoir les ferrer. Voir Travailleur, Travailleuse du sexe.

Étymologie : une étymologie communément admise pour travail est la dérivation à partir du latin tripalium, instrument à trois pals, pour entraver les animaux, ou torturer les esclaves. Le travail (pluriel travails) désigne encore maintenant le bâti où l'on entrave les chevaux pour pouvoir les ferrer. Un des premiers sens de travail est peine, gêne, fatigue. Et de nos jours encore, le travail désigne les douleurs de l'enfantement. Le latin, pour travail, utilisait le mot labor (Labor improbus omnia vincit, voir les pages rousses du petit Larose).

Tripalium, du latin tri : trois, et palus : pieu.

Travail de deuil : expression employée à tout bout de champ par les journalistes et toutes sortes de personnes, et qui est non seulement liée à la souffrance due à la perte d'un être cher (voire un chat ou un chien), mais s'applique à tous les domaines de l'existence (pour son emploi etc.)

Tirée de l'actualité (avril 2011) avec un treuil spécial cette nouvelle ahurissante : Le tronc de la jeune femme retrouvé était bien celui de Lætitia ; sa famille d'accueil est soulagée (sic). Et la mère de déclarer devant les caméras : Nous sommes soulagés, nous pouvons faire notre travail de deuil. Ou loteur vit dans un autre siècle, ou ces gens sont pour le moins étonnants : ils sont soulagés qu'on ait retrouvé le cadavre mutilé de leur fille adoptive. Ils peuvent commencer leur travail de deuil (= accepter de voir la mort en face, accepter la mort d'un être cher).

Étymologie : pour travail, voir rubrique précédente. Deuil, verbe douloir, du latin doleo, dolitum, dolere : éprouver de la douleur, souffrir. Cf. doléance, condoléance, et aussi l'espagnol doler.

« Travail de deuil » est une expression propre à la psychanalyse, créée par S. Freud. L'emploi de cette locution devrait être réservée à cette science. Son emploi abusif par les journalistes lui fait perdre son sens.Le travail de deuil est le processus intrapsychique, consécutif à la perte d'un objet d'attachement et par lequel le sujet réussit progressivement à se détacher de celui-ci (Vocabulaire de la psychanalyse, Laplanche et Pontalis, P.U.F., 7e éd. 1981).

Travail sexuel [ ou travail du sexe ] : prostitution. Définition trouvé sur un site de prostituées : « Nous considèrons le travail du sexe comme un travail, et les personnes qui vendent des services sexuels ou érotiques comme des travailleuses et travailleurs à part entière. ». Voir plus bas travailleuse du sexe. Hé oui, le plus vieux métier du monde ne dément pas sa tradition.

Il y a même un syndicat du travail sexuel : A propos d'une représentante du Syndicat du travail sexuel (STRASS) : « Je souhaiterais dire toute ma surprise... » (Le Parisien point fr).

Étymologie : pour travail, voir plus haut. Sexuel, de sexe, venant du latin sexus. Verbe seco, secatum, secare : couper, partager. Nous sommes sexués, parce que nous sommes partagés en deux : homme / femme.

Travailleur : désigne une personne qui travaille, qui accomplit un travail pour lequel elle est (en général) rétribuée. Travailleuses, travailleurs ! s'exclamait Arlette dans ses harangues. Hé bien il semble que ce mot disparaisse peu à peu du vocabulaire, non seulement des entreprises, mais aussi des syndicats. Il tend à être remplacé par le mot “ salarié ” (celui qui perçoit un salaire). Conclusion : on ne travaille plus ? Et maintenant, c'est encore pire : les salariés sont devenus des collaborateurs. Maréchal, nous voilà, et vive le STO ! Voir Travail.


Salariées, salariés !

Étymologie : voir plus haut, rubrique travail.

Travailleuse du sexe (néo-crétinisme) : prostituée dans la nouvelle classification des métiers. Les travailleuses du sexe peuvent elles aussi être victimes d'accidents du travail : chtouille ou blennoragie, sida. Antonymes : bourgeoise, femme vertueuse ou femme rangée qui, elles, sont travaillées par le sexe. Un exemple, piqué dans un article web, pas piqué des hannetons : Toujours d'après Le Matin, Nadège aurait aussi été travailleuse du sexe indépendante, domiciliée professionnellement dans un salon de massage (Voici point fr, 30.09.2012).

Selon le Ministère de la Culture (Minicul en novlangue), il paraît qu'on ne dit plus "prostitution", mais on doit dire "relations tarifées". Y a-t-il des tarifs de groupe ? des tarifs dégressifs ?

Grande victoire social(ist)e ! Selon la « loi Maquereau », les travailleuses du sexe pourront désormais exercer leur activité douze dimanches par an.

Dans cette terminologie délirante, les acteurs pornos sont désormais appelés des travailleurs de l'industrie pornographique. Ça classe. Leurs accidents de travail ? Chtouille, syphillis, sida (les mêmes que pour la catégorie socio-professionnelle citée [= classe sociale] ci-dessus).

En avril 2011, une entité rondouillarde, qui s'est penchée avec compassion sur la santé des citoyens français à propos de la grippe mexicaine, avait l'intention de “ taxer ” les clients desdites travailleuses du sexe, afin de les dissuader de commettre l'acte de chair. Une certaine Bécassine, membre du gouvernement suivant, entendait poursuivre cette vertueuse action, que dénonce même une ancienne actrice porno (Brigitte Lahaye). Ne plus fumer, ne plus boire d'alcool (cf. les nouvelles campagnes publicitaires contre l'alcool), ne plus baiser : le french government entend-il à terme interdire les Trois B ? Ça n'a pas manqué : en avril 2016, l'Assemblée a voté une loi, prétendument contre la prostitution, interdisant les actes sexuels tarifés. Avec le gouvernement actuel, on a le droit d'épouser un pédé, mais on n'a pas le droit de baiser une pute. Quelle déchéance ! Cette loi scélérate a été votée par une majorité d'hommes qui, sans doute, ont eux-mêmes profité des charmes des filles de joie. L'on nage en pleine hypocrisie. Et puis, tant qu'on y est, pourquoi ne pas taxer a posteriori (si l'on ose dire) un officiel qui s'est vanté, dans un amas de lignes appelé livre, de sa mauvaise vie en relatant des relations tarifées avec de jeunes prostitués mâles dans de lointains pays ?


Plus le droit de baiser ! Bande d'enfoirés !

Voir Gagneuse, Prostitution.

Étymologie : pour travailleuse, voir travail, plus haut. Sexuel, de sexe, venant du latin sexus. Verbe seco, secatum, secare : couper, partager.

Trekking (faux anglicisme) : alors là, ça fait plus chic dans les catalogues des agents de voyage que « randonnée ». (sens étymologique de trek : migration, comme dans Star Trek).

Étymologie : de l'afrikaans (Afrique du Sud) trek : marcher, voyager. En anglais, to trek : faire une randonnée pédestre.

Tréma : ce sont les deux petits points au-dessus de la voyelle i pour détacher le son i dans un mot : maïs (= ma-is), Anaïs (= a-na-is). Sur la voyelle e dans une syllabe terminée par -ae ou -ue, il sert à détacher le son a ou le son u : Saint-Saëns (saint-sens et non saint-sa-ens), aiguë (ai-gu et non ai-gue). Mais la méthode globale aidant, on écrit maintenant n'importe comment : Réclamé par la majorité de centre gauche après trois mois de crise politique aigüe, le départ du chef de l'Etat dépendra fortement du taux de participation (). A moins que cette graphie ne soit officiellement admise – ce qui est inadmissible.

Étymologie : du grec τρη̃μα, -ατος (tréma, -matos) : trou, point sur un dé. Verbe τιτράω (titraô) : trouer.

Tri (sélectif) : pourquoi tri sélectif ? Un tri est forcément sélectif. Sous cette dénomination redondante, typique des pignoufs officiels qui aiment pléonasmer à tout va, on entend le fait de trier les ordures ménagères afin de faciliter la tâche des éboueurs. Alors pourquoi paye-t-on des taxes municipales ? Et où vont celles-ci ? Puisque l'on est dans le néo-crétinisme, le tri sélectif est, selon un site écolo, un acte citoyen (voir ce mot), qui permet de diminuer les gaz à effet de serre, de préserver la couche d'ozone, et même de freiner la déforestation. Rien que ça ! Le tri sélectif nécessite la participation de chacun, du citoyen à la collectivité locale (blogue Le tri sélectif de Skyrock point com, 11.12.2010). Nécessite = demande, exige ? Voir PET.

Étymologie : tri, étymologie difficile.

Tribute (anglicisme, prononcer trɪbju:t ou tribioutt, en attente de définition pour le français) : le mot tribute, en anglois, signifie hommage. Dans quel sens faut-il comprendre cette annonce lue dans une page internet : découvrez les plus beaux tributes à propos d'artistes ou de prétendus chanteurs ?


Le mot hommage (s'il s'agit bien d'hommage) fait-il trop penser à homme, et appartient-il donc au vocabulaire macho pour certains partisans de la féminisation à outrance ? Ou est-ce la manie imbécile de prendre un mot anglais là où existe déjà un mot français ?

Étymologie : tribute, latin tributum, français tribut : taxe, impôt, tribut. Du verbe tribuo, tributum, tribuere : répartir entrre les tribus, attribuer, assigner. Venant de tribus : tribu, division du peuple romain, primitivement au nombre de trois (tri-).

Tricoter : c'est nouveau et ça doit vouloir vaguement dire : penser, ficeler, combiner, édifier, composer, élaborer, concocter, mijoter, voire entremêler ... Mes adversaires de façon assez malhabiles (sic) tricotent la théorie du complot et ils auront à s’en expliquer le moment venu (Bakchich point info, 29.09.2011). Ou bien : Non, notamment le scénario qui tricote le fil des intrigues du Crabe aux pinces d’or et du Secret de la Licorne (Bakchich point info, 25.10.2011). Peut vouloir dire ici : rédiger, composer, ou tout simplement écrire ou faire : Et vous croyez que c’est facile de tricoter, chaque semaine, une chronique surfant sur l’actualité ? (La Croix point com, 09.03.2012). Est-ce que les points de croix existent dans le tricot ?

Le contraire de tricoter est évidemment détricoter (= défaire, démolir, détruire), comme dans cet exemple : Comment la droite a détricoté les 35 heures (titre de L'Express point fr, 04.06.2008). Avec une forme pronominale : La mondialisation a déjà commencé à se détricoter (titre du Figaro point fr, 25.04.2011). Ce qu'on a détricoté, on peut le retricoter, comme dans cet exemple extrait d'un entretien avec un responsable d'Amnesty International : Oui, on pourrait le dire : les Etats-Unis sont en train de détricoter et retricoter le droit international (TV5 Monde, 22.10.2013). A-t-on affaire à des grand'mères passant leur temps à faire du tricot ?

Étymologie : tricot, tricoter semblent dériver de trique : sorte de bâton. XVIIIe siècle, tricoter : bouger vivement les jambes. Francique : *strikan : faire passer un objet sur un autre.

Trip (anglicisme, prononcer comme tripe) : c'est un voyage qui vous prend aux tripes, dans le sens de voyage hallucinatoire, hallucination, surtout à propos de drogues : elle est en plein trip (en pleine hallucination). Peut parfois prendre le sens de rêve, attirance : la carrière de fonctionnaire, c'est pas mon trip (c'est pas mon truc). Peut également signifier quelque chose comme 'délire' ou 'fantasme' : «Je vais au bout du trip, et tout à coup, je reçois des dizaines de messages me demandant de payer 200 euros si je ne veux pas que la vidéo soit envoyée à mon ex-femme, sur Facebook, Youtube, à mon patron...Partout quoi!» (une victime d'escroquerie par webcam, citée par Le Figaro, 07.12.2012). Comme on l'a maintes fois signalé, les mots empruntés à l'anglo-américain se distinguent par le très grand flou de leur interprétation.

Étymologie : originellement : voyage, surtout en bateau. Vieux français treper : frapper du pied, danser, venant du germanique *trippon.

Triple play (anglicisme, prononcer trɪpəl pleɪ) : oui, c'est un fait, les opérateurs français de téléphonie et les fournisseurs français d'accès internet refusent absolument de parler français. Parmi toutes les expressions angloïdes ambiantes, loteur a retenu triple play, qui ne veut pas dire triple jeu, mais triple service. Simple, isn't it ? Un seul exemple (parce qu'il est déjà midi, et diable, loteur a faim) : Free impose deux concepts : celui de box triple play et celui du forfait tout compris à 30 euros.

appel : le triple play (= offre ou service), c'est une offre de téléphonie comprenant le téléphone fixe, l'internet par adsl et la télévision numérique.

Enfin, fin du fin, il existe maintenant un quadruple play, c'est-à-dire en français bien d'chez nous, un quadruple service. Avec un marché du quadruple play désormais à 4 acteurs (ben, c'est logique, non ?), reste à savoir ce qu’il peut rester aux petits, comme Numericable. Le quadrupe play (= offre ou service) est une offre comprenant en plus des trois citées plus haut, la téléphonie mobile. De quoi rendre le client définitivement prisonnier de son opérateur. Voir Téléphonie.

Étymologie : triple, du latin triplus, venant de tres (trois). Play, old english plegian : to exercise, perform music. From west germanic *plegan, of uncertain origin (Etymonline).

Triskaïdékaphobie (ou triskaidékaphobie, néologismes) : une des pires et ridicules superstitions est cette règle qui veut qu'il n'y ait pas de chambre 13 ou d'étage 13 dans certains hôtels. Ni de place 13 dans certains avions, ni de lit 13 dans certains hôpitaux. On appelle cette peur névrotique du 13 de la triskaïdékaphobie ou triskaidékaphobie. Les Étazuniens, par exemple, sont triskaïdékaphobes.

Le 13 ferait allusion à la Cène du Christ, à laquelle auraient participé treize personnes, dont Judas, le traître. Pour les kabbalistes, le nombre 13 est la signification du Serpent, de Satan. Dans les Tarots, la lame XIII représente la Mort. Il semble, ésotériquement, que le nombre XII (l'équilibre, la perfection) soit détruit par l'adjonction d'une unité supplémentaire, et il basculerait donc dans le chaos et la mort. Voir Abracadabrantesque.


La lame XIII « La Mort » du tarot de Marseille

Il y a mieux (ou pire) que la triskaidécaphobie, c'est la paraskevidékatriaphobie ou peur du vendredi 13, comme dans cet exemple trouvé dans un article : Une telle coïncidence aurait pu rebuter plus d'un paraskévidékatriaphobe. Mais il faut croire que les Danois sont moins superstitieux que nous (), puisque le vol de vendredi était presque complet (Slate point fr, 14.09.2013). Plus fort encore, c'est l'hexakosioihexekontahexaphobie, ou peur du nombre 666. Un hexakosioihexekontahexaphobe célèbre : Ronald Reagan.

() A qui le rédacteur de l'article fait-il allusion avec ce « nous » ? Ce sont surtout les populations étazuniennes qui sont victimes d'une telle superstition.

Étymologie : treize, du latin tredecim, de tres : trois, et decem : dix.

Trisomie ou Trichromosomie 21 : présence de trois chromosomes 21 au lieu de deux dans le caryotype (ensemble des chromosomes). Provoque une dégénérescence physique et mentale, et avant on nommait ceux atteints par cette dégénérescence des mongoliens. Ont-ils plus d'espérance de guérison ou de vie en changeant le nom de la maladie ? Est-ce que les Mongols (habitants de la Mongolie) ou les mongoliens (ceux qui souffrent de mongolisme), par l'intermédiaire de leurs avocats ont fait une action de groupe, ont intenté des procès pour qu'on débaptise cette maladie, et pour qu'on remplace le nom par un terme « scientifique », qui ne parle plus ?

Le politiquement correct procède par mesures apotropaïques, c'est-à-dire destinées à conjurer le mauvais sort. C'est une attitude magique, c'est typique de la « pensée magique » des tribus animistes. Voir le mot de Pierre Desproges à ce propos.


Caryotype de la « trisomie 21 » ou mongolisme

Étymologie : de tri : trois, et du grec
σω̃μα (sôma) : corps.

Trivial (anglicisme) : cet adjectif signifiait avant : vulgaire ou grossier. Sous l'impulsion des Anglo-Américains, il a maintenant pris le sens de commun, ordinaire, banal, insignifiant, comme dans cet exemple, incompréhensible : « Les causes d'une possession sont, raconte Gabriele Amorth, aussi nombreuses que triviales » (ordinaires ? communes ? banales ?) Cf le célèbre jeu Trivial Poursuites (il ne s'agit pas de poursuites érotiques). Autre exemple, signé Le Nouvel-Obs point com : "Ce ne sont pas des effets triviaux mais des effets significatifs", insiste l'auteur. Apparemment, triviaux a ici le sens de ‘banals’.

Avec comme verbe trivialiser : rendre commun, populariser. Entendu sur Radio-Canada : « Youtube trivialise le débat politique ». Ben, mon cochon !

Étymologie : du latin trivium : carrefour à trois voies, composé de tri : trois, et via : voie, chemin. Ce qui est présent à tous les carrefours, c'est vulgaire, commun, ordinaire. Le français a dévié vers le côté vulgaire, grossier, obscène, alors que l'anglo-saxon en est resté aux sens de commun, ordinaire.

Troie (Cheval de) (vocabulaire informatique) : programme espion qui s'installe à l'insu de l'utilisateur, et qui réalise diverses actions, le plus souvent malhonnêtes : vol de mots de passe, envoi de données personnelles à des serveurs de spam etc. De nombreux programmes gratuits cachent des chevaux de Troie. Certains néo-crétins informatisés n'hésitent pas à dire et écrire troyen au lieu de cheval de Troie voire, pire, trojan en adoptant tel quel le mot anglo-saxon : Baptisé BBOS_ZITMO.B, le Trojan utilise des techniques d'obfuscation pour éviter d'être repéré, et n'est pas visible dans la liste des applications (Journal du net, 07.03.2011). Noter le terme « obfuscation », pur anglicisme inconnu des dictionnaires, et qu'on peut rendre par brouillage, masquage, obscurcissement, occultation, opacification.

Étymologie : Troie, en grec ancien
Τροία (Troia), cité légendaire d'Asie Mineure, que les Grecs assiégèrent pendant dix ans, pour enfin y pénétrer grâce à l'astuce du cheval imaginée par Ulysse. De là, cette célèbre phrase : Timeo Danaos et ferrentes dona (je crains les Grecs, même s'ils apportent des dons).

Cheval, du latin caballus : hongre, puis cheval de trait. De caballus viennent cavale, cavalerie etc. Le latin avait un autre mot pour cheval : equus.

Obfuscation, du latin offuscatio [obfuscatio → offuscatio], -nis : action d'obscurcir ; adj. fuscus : noir, sombre, basané. Cf. la fuscite : pierre opaque, d'un noir grisâtre ou verdâtre. Ou fuscipenne (oiseau) : qui a les ailes brunes.

Troll : dans le langage exotique des internautes dans les forums : personne qui inonde de messages sans rapport avec le sujet débattu, souvent dans un but agressif ou perturbateur. Ne vous fatiguez pas avec JL1, c’est un troll d’extrême gauche. Avant on aurait dit fâcheux (Molière), casse-pieds (Noël-Noël). Synonymes : pot-de-colle, emmerdeur. Révélation du journal britannique Daily Telegraph, révélation pour le moins étonnante : Le Parlement européen va débourser environ 2 millions de livres sterling (2,5 millions d'euros) pour lancer une armée des "trolls" dans les forums de discussion en ligne, afin de lutter contre l'euroscepticisme galopant. « Rigolez pas, comme dit Coluche, c'est avec votre pognon qu'ils font ça ! »

Diminutif : trollo. comme à chaque fois sous les papiers d’un supporter d’Asselineau y a 3 prévisibles trollos qui rivalisent d’ intelligence, à vous de deviner lesquels !

Étymologie : dans la mythologie nordique, les Trolls sont des génies incarnant les forces naturelles. Ils avaient surgi du corps du géant Ymir, tué par Odin. Sous l'influence de l'Église, les trolls sont devenus des lutins, des êtres de petite taille, remarquables par leur bêtise, leur grossiéreté ou leur méchanceté.

Trop : dans le langage des enfants, des jeunes néo-crétins (et des moins jeunes aussi), a pris le sens de ‘très’, ‘vraiment’ : ce mec, il est trop cool. L'ennuyeux, c'est que l'on n'a que trop tendance à employer trop à la place de 'très', qu'il semble progressivement remplacer. C'en est un peu trop ! Et comme on dit en français : « Trop est l'ennemi du bien ». «

C'est trop bon !
» s'exclame dans une publicité un gamin devant de simples patates au fromage. Il aurait pu dire : c'est très bon, c'est vraiment bon, c'est délicieux, c'est exquis, ou tout simplement hum, miam-miam, expression compréhensible par la plupart des téléspectateurs. Réclame pour un jeu vidéo, concoctée par un crétin de la pub : C'est trop délire ! (c'est vraiment délirant). Et puis le nom d'une émission de télévision destinée à la jeunesse (on s'étonnera après que les enfants parlent si mal français) : TROP LA PECHE. Magazine éducatif (sic).

Le fait de confondre très avec trop est un indice d'excès et d'appauvrissement à la fois. Nous vivons dans une période excessivement appauvrissante, accentuée par les crétins de la publicité. Et inutile de rappeler des expressions comme « j'ai trop la honte », ou « jai trop la haine », typiques du langage désarticulé des jeunes générations.

Mais il n'y a pas que les jeunes générations qui emploient trop au lieu de très ou de vraiment, par exemple : « L'iPhone 5 ? ça démarre trop bien, nous sommes déjà en rupture de stock, c'est encore mieux que le 4S l'an dernier » confie ce lundi Frank Cadoret, le directeur général grand public et professionnels de SFR (La Tribune point fr, 24.09.2012). Et voilà un directeur général qui parle comme un gamin de banlieue.

Il est possible, encore une fois, que cette mode vienne des tribus anglo-américaines : Too Funny !, ou bien he is too much !

Étymologie : du latin médiéval *troppus : troupeau. Latin classique turba, changé par métathèse : turba → trupa, puis tropus, avec changement de genre. Cf. italien troppo. Ceux qui disent trop au lieu de très ne font que suivre le troupeau.

Tsahal (Tsva Haganah Le Israel : בא הגנה לישראל : Forces de Défense Israéliennes ou F.D.I.) : tous les journalistes (ou presque) disent ou écrivent tsahal (souvent orthographié Tsahal, avec un T majuscule) à propos de l'armée israélienne, créée par David Ben Gourion en 1948. Désir d'aller vite ? Montrer un semblant de culture ?

D'autre part, ces mêmes journalistes disent « tsahal » tout court, comme si c'était un nom propre, un nom de personne. Tsahal admet que des centaines de personnes ont été tuées ou blessées dans le camp de Jénine (Le Monde point fr, 13.04.2002). Tous nos compliments à monsieur Tsahal. A ce propos, ces mêmes journalistes prononcent I
zraël (comme les Anglo-Américains) et non Israël comme on devrait le faire en français.

Les Anglo-Américains disent, eux, IDF (Israel Defense Forces) ; mais là, ça fait vraiment penser à l'Ile de France. Un exemple frappant trouvé sur le nouvel-obs point com :

Tsahal a lancé une offensive sur la bande de Gaza le 14 novembre, le plus gros assaut depuis quatre ans.
[...]
The IDF has begun a widespread campaign on terror sites & operatives in the #Gaza Strip, chief among them #Hamas & Islamic Jihad targets.

Dans le petit texte en anglais, IDF est traduit normalement « Forces de défense israëliennes » par le rédacteur : Les forces de défense israéliennes ont commencé une campagne de grande ampleur sur les sites et autorités terroristes dans la bande de Gaza, en ciblant particulièrement parmi eux le Hamas et le Jihad islamique. Noter Tsahal tout court d'une part (Tsahal a lancé une offensive), et la traduction littérale : « sur les sites et autorités terroristes » (on terror sites & operatives), au lieu de la traduction plus classique ‘contre’ (contre les sites et les autorités terroristes) d'autre part.

Tsar de toutes les Russies : bah, on ne le cite que pour l'anecdote : c'est une erreur de traduction de l'expression russe господарь всея Руси (gospodar' vsieya Roussi) : seigneur de toute LA Russie. Cela est passé dans l'usage courant. Mais il est vrai que l'immensité de l'empire russe pouvait justifier une pareille erreur... A ce propos, il n'est pas inutile de rappeler que le titre de tsar est un titre d'abord byzantin, puis bulgare que prit le souverain bulgare Siméon 1er (893 - 927). Ce n'est qu'en 1547 que le souverain russe Ivan le Terrible (Иван Грозный, Ivan Grozny) prit le titre de tsar.

Étymologie : tsar est la lecture slave de Cæsar. Cæsar provient peut-être du mot étrusque ais, aisar : dieu(x). Cf. allemand Kaiser. En ancien français, on disait csar ou czar pour tsar. Le mot tsar est sûrement emprunté à un mot byzantin transcrit цесарь (tsesar') en vieux russe, et qui signifiait : roi, empereur. En russe moderne, цесарка (tsesarka) signifie la pintade, – peut-être un gallinacé royal ?

Le féminin de tsar en français est tsarine, alors qu'en russe c'est tsaritsa (царица).

Tsunami : du japonais tsu (png : ) : port, et nami (png : ) : vague. Ce sont les grandes vagues qui arrivent jusqu'au port (pour le submerger). Le tsunami est un raz-de-marée provoqué par un séisme ou une éruption volcanique en mer. Après le déferlement du raz-de-marée de décembre 2004 en Asie du Sud-Est, tous les journaux et les journalistes ont parlé de tsunami, semblant ignorer le mot français « raz-de-marée ». Le tsunami qui a frappé le sud-est asiatique a couvert plus de 2 200 km en trois heures. Ce mot est maintenant entré dans le vocabulaire journalistique, comme si les journalistes faisaient tout pour ignorer ou abandonner le français, à tel point que c'est devenue une véritable déferlante. Mini tsunami sur une plage d'Algérie ? titre un journal. Ou bien : Séisme en Indonésie: au moins deux morts, alertes au tsunami levées. Dans la suite de cet article de 22 lignes, le mot tsunami apparaît 11 fois, et « raz-de-marée » une seule fois. (Les deux orthographes raz-de-marée et raz de marée (sans traits d'union) sont admises.)

La Vague d'Hokusai

Peut-être que le mot japonais, par son exotisme, donne plus d'ampleur à ce phénomène dans l'esprit des journalistes. A moins que ce ne soit une prise de distance par rappport à cette catastrophe... Le mot est aussi assez court, facile à prononcer et à écrire. Étant donné la paresse d'esprit régnante, c'est une explication possible pour justifier la fréquence d'emploi de ce mot. Peut-être aussi que les journalistes ne savent pas écrire « raz-de-marée » et par conséquent il n'apparaît pas sur les « prompteurs »... Dernière invention des rédacteurs d'articles : le tsunami solaire à propos d'une tempête solaire : Tsunami solaire : la Terre touchée dans la nuit du 3 au 4 août (2010).

Le mot tsunami peut être pris dans un sens figuré, et il y a maintenant toutes sortes de tsunamis : En revanche, le tsunami financier qui arrive et qui risque d'engloutir toutes les économies de la planète n'a pas trouvé moyen de lui tirer une phrase [au président de la République] (Action-républicaine point over-blog point com, 18.09.2008). Ou bien : L'investisseur privé ne comprenait pas le tsunami qui s'abattait sur l'économie mondiale (Agora-Vox, 15.11.2008). Il semble que la crise économique de 2008 ait fort inspiré les tenants du tsunami. Ou encore : Gilles Saulière, élu PS, cofondateur du club avec Antonio Duarte, refuse quasiment toute interview depuis le tsunami médiatique du 15 Mai (Bakchich point info, 01.07.2011). Autre exemple : Tsunami judiciaire pour Volkswagen. Avalanche de plaintes en France après l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "tromperie aggravée" (Le J.D.D., 04.10.2015).

P.S.1 : ceci a été écrit – sauf pour les deux derniers exemples – avant le tsunami (le vrai) qui a ravagé le Japon le 11 mars 2011, avec ses conséquences effroyables.

P.S.2 : pour ceux dont le système n'afficherait pas à l'écran les caractères chinois, loteur a dessiné les caractères du mot tsunami en document-image PNG.

Tuner (néo-anglicisme, en attente de définition) : loteur connaissait le mot tuner (prononcer tiouneur) : appareil convertissant les ondes hertziennes en signaux vidéo ou audio. Mais l'attention de loteur a été attirée par cette phrase mystérieuse pour lui : Son titre ronflait comme une vielle Ford tunée. Kekséksa ? Une vieille fortunée ? Une vieille Ford dopée ? Gonflée ? Dont on a augmenté la puissance ? Ou tout simplement transformée ? Personnalisée ?

Néo-substantif tuning (prononciation ?) : fait de personnaliser sa voiture. Exemple : Un tuning auquel on ne peut pas échapper (il s'agit dans ce cas précis d'une peinture phosphorescente pour sa voiture ; « la classe », en langage populaire).


Définition trouvée sur ce site :
«
Il existe 2 sortes de tuning, le tuning normal et le jacky tuning. La première discipline vous la connaissez tous, c'est celle qui consiste à customiser sa voiture pour la rendre plus jolie ou dira t-on ... à son goût. La seconde discipline, le jacky tuning, est celle qui nous intéresse. Elle consiste à customiser ou à tuner à outrance et du plus mauvais goût possible une voiture.
»

Étymologie : tuning, venant de tune (substantif et verbe) Le site Etymonline donne cette explication : « bring into a state of proper pitch » (= ajuster) c.1500, from tune (n.). Non-musical meaning « to adjust an organ or receiver, put into a state proper for some purpose » is recorded from 1887. Vous voilà renseignés, citoyens.

Turbo : doit signifier quelque chose comme : vitesse supérieure. Mettre le turbo. Même les informaticiens s'y mettent aussi : Turbo-Pascal, Turbo-Basic...

Étymologie : turbo, peut-être en provenance de turbine ; verbe turbiner : travailler activement.

Turbulences (Zone de ~) : mot hérité du vocabulaire de l'aviation. Signifie tout simplement troubles, problèmes : Malheureusement, depuis quelques semaines, le FDI est entré dans une zone de turbulences. On a envie de demander : « Y a-t-il un pilote dans l'avion ? »

Étymologie : latin turbulentia : trouble, perturbation. Verbe turbulento, -tare : troubler, agiter. Adjectif turbulentus : agité, turbulent. Turba : trouble d'une foule en désordre, mêlée, désordre, confusion.

Zone : emprunt au latin zona : ceinture, du grec
ζώνη (zônê) : ceinture, puis terme de géographie.

Tutoiement : de plus en plus de mise dans les sites internet : Découvre, partage et envoie tes vidéos peut-on lire sur la page d'accueil du site d'un fournisseur d'accès internet. Peut-être parce que les gestionnaires dudit site pensent n'avoir affaire qu'à des jeunes, des ados.

Étymologie : formé de tu + toi.

Tutoriel (barbarisme) : synonyme de guide, de manuel ou de méthode, voire de cours, surtout en matière informatique (mais pas uniquement). Vous trouverez sur Internet un tutoriel sur ce programme. Se retrouve souvent sous sa forme anglo-saxonne 'tutorial', avec un pluriel francisé 'tutoriaux'. On n'en est plus à un barbarisme ou à un illogisme près. En abrégé sur internet : tuto, avec le pluriel : tutos.

Étymologie : de l'anglais tutorial, venant de tutor, français tuteur. Verbe latin tutor, tutari : veiller sur, garder, protéger.

Tutoyer : le tutoiement s'emploie quand des personnes sont proches (sentiments, parenté etc.), il abolit la distance entre les êtres. Il s'emploie maintenant de plus en plus dans un sens local ou plus général : l'hydroptère tutoie la surface de l'eau. L'équipe de X a tutoyé la victoire. Ce style s'observe souvent chez les journalistes, surtout de sport. Ils ne sont vraiment pas très polis, les journalistes ; ils sont à tu et à toi avec le langage familier.

Étymologie : voir tutoiement. Montaigne disait tuoyer.

TV (anglicisme, prononcer ti:vi:) : abréviation anglaise pour télévision. La plupart des journalistes – mais pas tous – français utilisent cette abréviation anglaise au lieu de l'abréviation française 'télé'. Les journalistes français sont de grands lécheurs de fesses anglaises. C'est ainsi qu'en face de i>Télé on a BFM-TV, c'est ainsi que beaucoup de journaux écrivent Programmes TV au lieu de Programmes télé, c'est ainsi qu'une chaîne internationale de télévision francophone s'appelle TV5MONDE, etc. etc. etc. Volonté de s'aligner sur les Anglo-Saxons pour avoir une audience internationale ? TV peut être écrit en minuscules tv : Il serait pourtant illusoire de penser que sur le plateau tv se trouvait un magicien, un sauveur qui demain permettra à notre pays de passer entre les gouttes d'une crise qui frappe le vieux continent (Agora-Vox point fr, 03.05.2012).

Nota : .tv (point tv) est affecté aux domaines de société de télévision ; c'est au départ le nom de domaine de l'île de Tuvalu (Polynésie), qui a cédé les droits de .tv moyennant finances.

Twitter ou tweeter (anglicisme, prononcer twɪtə(r) ) : littéralement "gazouillis", "gazouiller" en anglois. Il s'agit d'un réseau numérique (réseau social), d'« un nouvel espace d'expression », utlisant de courts messages (micro-blogging ou micro-messagerie) par SMS, utilisant cent-quarante caractères au maximum, pour mettre ses amis et le monde entier au courant de ce qui se passe ou de ce que l'on fait. C'est la pensée réduite à cent-quarante signes. Exemple : Twitter est en effet devenu l'outil de promotion virale par excellence. Cela aurait permis, dit-on, de suivre en temps réel l'actualité dans le monde (affaire DSK, prétendues révolutions arabes...) Le slogan d'origine de Twitter est en effet What are you doing? (qu'êtes-vous en train de faire ?) Voir l'article de Wikipédia sur ce formidable outil de commmunication de l'inutile avec ses règles et ses protocoles. Il semble cependant que les réseaux sociaux et Twitter inquiètent les officiels et les agences de presse, qui n'ont plus ainsi le monopole du mensonge et du sensationnel (interdiction de la publication d'un scoop sur un réseau social chez Reuters). Et loteur a pu lire cette étonnante révélation à propos d'une mise en garde de Fr. Hollande : « Je vous demande d'être très attentifs à votre activité numérique (sic) » [...] l'avertissement visait essentiellement Twitter, devenu en quelques mois un outil politique de premier plan. Ce système de mini-messages Twitter est devenu un outil politique de premier plan, on croit rêver. On croit d'autant plus rêver que la plupart des hommes / femmes politiques sacrifient frénétiquement au rite d'envoi de messages par l'intermédiaire de ce canal débile pour un oui, pour un non. Comme le feraient des adolescents attardés. Après l'agression intolérable de pompiers, profanation inacceptable d'un lieu de prière musulman. Respect de la loi républicaine, a twitté vendredi soir le Premier ministre, Manuel Valls (Agora-Vox point fr, Slate point fr, autres media, 28.12.2015).

Comme outil politique, un des as, sinon l'AS du maniement de la « twittocratie » est sans conteste le président étazunien Picsou Trump, qui a l'air de gouverner par twitts interposés, et par décrets-lois. Mais ça, ça ne regarde que les Étazuniens.

Comme pour toute autre chose, tweet, twitt, etc. peuvent être désignés par des métaphores. Twitt, tweeter, tweet, etc peuvent être désignés sous l'appellation à prétention poétique : « réseau social à l'oiseau bleu ». Ce vendredi, nombre d'entre-eux ont ainsi publié sur le réseau social à l'oiseau bleu des créations graphiques très incisives où les codes de propagande du groupe terroriste sont détournés et ridiculisés (L'Express point fr, 11.12.2015). Noter la graphie fautive « d'entre-eux », ainsi que l'expression « codes de propagande » : lois, normes, principes, règles... Il s'agit d'un anglicisme rampant très crispant.

Twitter peut être pris comme une entité ou une personne à part entière, comme dans cet exemple : Samedi 15 novembre, Shy'm est a fait son comeback sur le plateau de "Danse avec les Stars 5" pour chanter son titre "L'Effet de Serre". Mais sa prestation a été jugée trop vulgaire par Twitter (Stara gora point com, 16.11.2014). Noter la maladresse Shy'm est a fait son comeback. On ne se relit donc pas ? A moins qu'il n'y ait, en plus, une Shy'm ouest, ou une Shy'm nord ? Autre exemple : Valérie Trierweiler se trompe et devient la risée de Twitter (Voici point fr, 24.12.2014). Noter dans les deux exemples la majuscule superflue et même superfétatoire à Twitter. Comme si twitter était une personne, alors que ce n'est qu'un système de surveillance.

Le message lui-même est appelé tweet ou twit (prononcer
twɪt), que loteur propose de rebaptiser « cui-cui » : Kévin a reçu un cui-cui de Vanessa (pour une partie de cuisses ?) Réflexion trouvée sur le site de Bernard Pivot : Pour d'autres, [...], le tweet est un moyen moderne, concis de communiquer, une nouvelle conquête de la démocratie... Qu'un outil, qui permet de pister les citoyens où qu'ils se trouvent, soit « une nouvelle conquête de la démocratie », c'est du délire. Cette assertion a été confirmée par une dépêche de l'A.F.P. à propos de votes sur Twitter concernant l'élection présidentielle étazunienne pour 2012 : [...] mais des experts saluent le renouveau du dialogue démocratique sur les réseaux sociaux. Et puis, il n'y a qu'à regarder les scènes de vaudeville qu'a provoqué le fameux message d'encouragement twitté par V. Trierweiler à O. Falorni (juin 2012) pour se rendre compte que les twits (tweets) sont de dangereux éléments de discorde ou de règlements de compte, et non des conquêtes de la démocratie. Autre exemple de règlement de compte, ce message du fils de V. Trieweiler concernant Fr. Hollande, à la suite de l'émission télévisée du 06.11.2014 : Et on dit quoi à @fhollande ? Merci pour ce moment ;) #DirectPR. — Léonard trierweiler (@trierweiler3) November 6, 2014 (tous les signes et symboles bizarres sont dans l'original ; un pas de plus vers l'embellissement du français, qui devient une langue merdique de piètre qualité dans la bouche ou sur le clavier de nos contemporains. Remarquer aussi la notation du temps, délirante, à la mode étazunienne). D'autre part, cette « nouvelle conquête de la démocratie » se révèle être un dangereux instrument de flicage, de délation, de mise au pilori : L'UMP va exclure un militant après son tweet sur la déportation des homosexuels, titre Le Monde point fr (août 2013). En tout cas, on ne peut plus rien dire, plus rien envoyer sur ce maudit réseau sans que des milliers, des millions de personnes n'en soient immédiatement au courant, et ne vous fassent condamner pour délit d'opinion. Les citoyens sont en démocratie surveillée, ils participent eux-mêmes à cette surveillance incessante. Il est donc permis de douter du prétendu rôle politique ou démocratique de ce réseau, pilori moderne. Voir Facebook.


Le tweet qui a valu à son auteur l'exclusion de son parti
Source : Le Monde point fr
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Verbe : twitter. Les cardinaux ne pourront pas tweeter pendant le conclave, titre triomphalement Le Nouvel-Obs (18.02.2013). Ces verbes peuvent, comme tous les néo-verbes à partir du globish, avoir une conjugaison spéciale, ni française, ni anglaise [les Anglais, grands simplificateurs, mettent quand même un 's' à la 3e personne du singulier au présent] : Royal tweet sa colère, affirme Yahoo. Autre exemple, trouvé sur un site consacré aux tweets : Alors, lorsqu'on ouvre son compte Twitter, on peut décider de « suivre » (follow) des gens qui nous intéressent ou qui « tweet » sur des sujets qui nous intéressent (blogue point Top rural point fr, 11.06.2009). Voir Clash. Le mot Twitter (avec T majuscule), comme vu plus haut, peut même désigner l'ensemble de ceux qui utilisent le service twitter : Audrey Pulvar commente la disgrâce d'Arnaud Montebourg à la télé : Twitter s'insurge ! (Closer-Mag point fr du 25.08.2014). Voir Twittosphère.


« Royal tweet sa colère ». Pas de 'e' à tweet.
Et le nom Royal "nu", sans prénom ni titre.

Et quand on transmet, retransmet ou fait suivre un message tweet, quand une information est répercutée par le moyen des tweets, on utilise le néo-verbe retwitter ou retweeter (les néo-verbes n'ont pas d'orthographe précise) avec le néo-substantif retweet. Un tweet qui a marqué l'Histoire. Ce message, accompagné d'une photo devenue célèbre reste à ce jour le plus retweeté de l'Histoire (titre Yaourt! du 07.11.2013). Remarquer le H majuscule du mot histoire, comme si l'histoire des tweets était un fait considérable de notre civilisation, et la virgule manquant entre 'célèbre' et 'reste'. Autre exemple : Ce faisant, ce tweet du 'Four more years' [Quatre années de plus] de Barack Obama est devenu le message le plus partagé depuis la création du réseau social (plus de 420 000 retweets en deux heures) (Le Monde point fr, 07.11.2012). Partager est le verbe consacré pour dire échanger, répercuter, (re)transmettre, (ré)expédier. Enfin, le néo-verbe retweeter peut être abrégé en RT : Ces délicieux personnages ont torturé, violé et assassiné plusieurs femmes dans les années 1970 et 1980. D'où une vague de blagues lorsque Donald Trump a RT ce tweet à l'humour douteux (Le Nouvel Obs point com, 30.09.2014). Notons au passage que ce système rudimentaire de messagerie est le vecteur de blagues douteuses qui peuvent se propager à grande échelle. Remarquons enfin que la plupart des media ont adopté ces néo-merdismes avec enthousiasme, sacrifiant ainsi le français et le plaisir de bien écrire.

Encore plus idiot : quand on retransmet en direct une information, quand on fait vivre une information en direct (comme si on y était) par l'intermédiaire de ce media, le verbe est live-tweeter. 5 ans après le raid sur la cache de Ben Laden à Abbottabad au Pakistan, la CIA a réalisé une belle opération de com : live-tweeter pendant 5 heures le raid comme s’il avait lieu (chronique Ravanello de Yahoo, 02.05.2016). Encore une fois, le français s'est considérablement enrichi grâce à ces mots sans aucun intérêt, les équivalents français pouvant être facilement proposés.

Chose révélatrice du côté m'as-tu-vu de Twitter, les plus gros « comptes » de Twitter sont occupés d'abord par des personnalités du spectacle (Lady Gaga, Justin Biber, Rihanna, Shakira et alii) ; ensuite par des personnalités politiques, comme Barack Obama. De toute façon, les plus gros « comptes » sont anglo-américains.

Selon des personnes bien renseignées Twitter, tout comme Farce-Book, récupère des données personnelles à des fins purement commerciales. Twitter est donc un moyen de communication à éviter. Le symbole de twitter représente aussi un oiseau qui vole. Mais comme le signale Sebsauvage, Twitter va vous vendre. Vendre, c'est toujours une façon de voler – ici, vos données personnelles. Loteur déconseille fortement l'usage de ce moyen de communication. Ne pas oublier que, selon l'adage populaire et vulgaire, « Dans communiquer, il y a niquer ».




Capture d'écran, avec l'autorisation de Sebsauvage.

Conséquence de l'utilisation de twitter, tout comme pour Facebook : ce réseau sert de moyen de recherches, de règlements de compte et de dénonciation. Twitter ou la délation institutionnalisée. Une utilisatrice de Twitter avait aussi de son côté lancé un avis de recherche pour retrouver cette jeune fille hargneuse à l'égard du nouveau président. Un ancien camarade de classe de la supportrice UMP n'a pas tardé à diffuser le nom de la demoiselle qui a ensuite fait le tour de la toile (Staragora point com, 11.05.2012). On ne manquera pas de mettre en garde contre ce moyen qui jette des noms à la vindicte populaire, et ce même sur le plan international. Il n'est que de lire les articles concernant telle ou telle personne, qui est soit louée, soit vilipendée sur la twittosphère à la suite d'une action ou d'une attitude que les habitués de ce réseau électronique estiment soit louable, soit méprisable : Sur les réseaux sociaux, les internautes se déchaînent, soulignant l'indélicatesse du journaliste (Pure People point com, 03.08.2012, à propos d'une maladresse du journaliste Nelson Monfort). Donc, à propos de la moindre action de qui que ce soit, « les internautes se déchaînent sur les réseaux sociaux » (Farcebook, twitter). C'est le pilori. Tout message jugé insultant, raciste, inconvenant par la communauté des twitteurs fait immédiatement l'objet de réactions, de protestations avec parfois des conséquences graves : action judiciaire, renvoi d'un salarié, passage à tabac. Il est même apparu une nouvelle forme de délinquance, appelée cyber-harcèlement : des jeunes en général publient par l'intermédiaire de twits ou de facebook des photos ou des propos désobligeants insultants, calomniateurs envers un autre jeune, et cela sera retransmis à la vitesse grand V à de très nombreuses personnes, qui se feront un malin plaisir de les retransmettre à leur tour, laissant la victime sans défense, objet de toutes les moqueries, de toutes les persécutions,– à tel point que certains se suicideront.

Substantif dérivé : twittos (parfois au singulier twitto) : utilisateur de twitter, qui aime émettre ou recevoir des messages tweets. C'est par de tels mots qu'on relève le niveau du français. Exemple : François Hollande : Les twittos se moquent de sa chorégraphie du changement (Melty buzz point fr, 24.01.2012). Ou bien : Les twittos retweetent en masse, les deux protagonistes s'empoignent (Pure Media (Ozap) point com, 08.05.2012). Ou bien encore : Il y a quelques minutes, elle [V. Trierweiler] postait le premier tweet de sa nouvelle vie de tweetos (Pure People point com, 23.07.2012). Noter le pluriel tweetos. Un autre exemple ? Bien entendu, les twittos se délectent de ce défilement. Perfide, une twittos en profite pour faire un lien avec la politique menée par François Hollande (Le Parisien point fr, 05.08.2013). Une twittos, la tweetos, des twittos... Belle élégance lexicale, issue du vocabulaire anglo-saxon. Avantage supplémentaire : pas de singulier, pas de pluriel ; le bonheur des ignares.

Barbarisme crétinoïde relevé sur le Nouvel-Obs point com du 15.11.2012 : Tsahal live-tweete son raid sur Gaza (twitte en direct ?). Le journaliste continue à donner bravement l'assaut au français : Ensuite, "IDFSpokesperson" a continué son live-tweet, en relayant une vidéo qui attesterait de la mort du chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari. Noter le participe relayant, du verbe relayer, dans le sens de retransmettre, verbe fréquemment utilisé quand il s'agit de messages twitts. On reste frappé devant les audaces de traduction des néo-rédacteurs.

Et quand des individus s'engueulent par l'intermédiaire de twitts, cela s'appelle poétiquement un twittclash ou tweetclash, comme dans cet exemple : Tweetclash entre Xavier Niel et Eric Besson sur la portabilité du numéro (de téléphone portatif ; Journal du net point com, 30.01.2012). Étant donné qu'un message par twitt ne doit compter que cent-quarante petits caractères, ce doit en faire, des twitts, pour une simple engueulade.

Quant aux scandales provoqués par des messages intempestifs par l'intermédiaire de twitter, ils sont appelés tweetgates : Et si le tweetgate n’a eu aucune incidence sur les élections législatives, au niveau national ou à La Rochelle, le journal explique que la journaliste est «anéantie» par sa bévue, que la défaite de Ségolène Royal ne lui a pas «mis du baume au cœur» (Vingt Minutes point fr, 20.06.2012).

Le succès de ce réseau social est tel que le mot twitter a été « élu » mot de l'année 2012 (en mai 2012) : Le Jury a choisi le verbe « TWITTER », un mot qui n’était pas dans la liste, mais « qui marque la volonté de prendre en compte la révolution numérique dans notre quotidien », commente Alain Rey, président du Jury (Festival du mot point fr). Que cet affreux mot étranger et onomatopéique soit élu « mot de l'année 2012 » en France en dit long sur la déliquescence du français et des Français.

Néo-adjectif : tweetesque, comme dans cet exemple : Vous pouvez retrouver l'historique de son enquête tweetesque sur Storify (, 05.09.2012). De l'avis de loteur, le choix de cet adjectif est plutôt malheureux. Le suffixe -esque, adjoint à un radical – souvent un nom propre –, signifie : qui a la qualité de, les caractéristiques de : univers dantesque, style moliéresque, etc. Le suffixe -esque ne se justifie pas ici. Sans doute une contamination due à « abracadabrantesque ».

Et l'ensemble des personnes qui utilisent les tweets pour lancer des messages s'appelle la twittosphère (encore une grande conquête linguistique) : La twittosphère s'emballait aussi sur un raccourci malheureux fait par Mitt Romney sur les femmes en réponse à une question sur la parité sur le marché de l'emploi (Le Point point fr, 17.10.2012).

Quand on donne de ses nouvelles par l'intermédiaire de ce moyen fruste de communication, on utilise son « compte twitter ». Expression désormais consacrée : on communique, on écrit sur son compte twitter ou via son compte twitter. "Effarante interview de Peillon dans le JDD : +redressement intellectuel et moral+, mot pour mot l'appel du maréchal Pétain le 25 juin 1940", a écrit M. Chatel sur son compte Twitter (La Dépêche point fr, Le Parisien point fr, 03.09.2012). Ou bien : Plus de peur que de mal, la journaliste avait tenu à rassurer les téléspectateurs sur son compte Twitter (Ozap point com, 21.08.2012). Dans les deux cas, on aurait pu écrire : par l'intermédiaire de twitter. Autre exemple : Néanmoins, Sébastien Degrave va bien et a tenu à rassurer les téléspectateurs sur Twitter (Ozap point com, 21.08.2012). Noter l'emploi de la préposition « sur », ce qui pourrait faire penser que twitter serait directement le complément du verbe rassurer (on rassure, par exemple, quelqu'un sur son état de santé). Exemple avec via : Néanmoins, le magazine a préféré décliner l'offre et se passer d'interroger celle qui se lâche chaque lundi soir via son compte Twitter pour commenter en direct l'émission (Ozap point com, 03.09.2012). Mais il est vrai que les locutions « par l'intermédiaire de » ou « en utilisant » sont infiniment plus longues à écrire et que, par conséquent, elles priveraient l'heureux possesseur dudit « compte twitter » de quelques précieuses secondes de sa vie foisonnante d'événements passionnants.

Quand un journal ou un magazine français communiquent le contenu d'un tweet, ils le font dans la langue de l'Anglo-Amérique, c'est-à-dire en globish, mais la plupart du temps sans traduction aucune. Les néo-rédacteurs supposent donc naïvement que tout le monde maîtrise l'anglo-américain en France. Cela dénote ou leur manque de conscience professionnelle, ou leur totale inféodation aux Anglo-Américains.

Breaking News: President Obama Is Re-elected to Second Term,
Networks Project http://t.co/FWtrtMos

— The New York Times (@nytimes)


I am confident in saying that President Obama is going to carry the state of Florida tonight.
http://t.co/j8NJbPob #Current2012

— Al Gore (@algore)




(D'après l'excellent . Voir Anglo-américanisation.)


Attentant de Boston : un tweet non traduit.

Attentant de Boston : un autre tweet non traduit.

D'après 20 minutes point fr, qui publie deux tweets à propos de l'attentat de Boston (avril 2013).

Les tweets, twitter et autre face-book (et tous les mots d'origine anglo-saxonne en général) enlaidissent le « paysage phonétique français » par leur phonétique désastreuse, tout comme les MacDucon et les réclames en anglais enlaidissent nos villes. C'est le linguistique Cl. Hagège qui faisait d'ailleurs remarquer qu'il y a dans nos villes plus de panneaux en anglais qu'il y avait de panneaux en allemand lors de l'occupation de la France entre 1940 et 1945 par nos excellents amis d'outre-Rhin. Tweet, twitter, facebook etc. jouent le rôle de ces anciens panneaux infâmants pour baliser maintenant la vie, les sentiments et les pensées de nos contemporains. Le tout-anglais et les réseaux sociaux, c'est l'occupation de la France par les hordes anglo-saxonnes, qui prennent glorieusement le relais de la Wehrmacht.

Étymologie : de tweet (onomatopée) : cui-cui. Et le verbe twitter signifie, littéralement, faire cui-cui, c'est-à-dire gazouiller. Pour se traiter de noms d'oiseaux ?

Tycoon (anglicisme, prononcer taɪku:n) : magnat, nabab chez les Anglo-Américains. Exemple tiré de Capital point fr du 22.08.2013 : Succès immédiat : 5 millions de ventes, quand la plupart des romans français s'écoulent à quelques dizaines de milliers d'exemplaires, et une adaptation cinéma vendue 2 millions de dollars au tycoon d'Hollywood, Steven Spielberg. Il est vrai que magnat, grand manitou et autres expressions laudatives sont inconnues du grand public français. Noter « adaptation cinéma » au lieu d'adaptation pour le cinéma.

Étymologie : du japonais 大君 (taikun) : grand seigneur. Remarquer la graphie anglo-saxonne aberrante « tycoon », au lieu de la transcription normale taikun.

Typographie : les règles de la typographie disparaissent ou sont de plus en plus anglo-saxonnisées dans les articles web, même rédigés par des journalistes de journaux ou magazines patentés. Adoption des guillemets étazuniens " " au lieu des guillemets français «  », plus d'espace ou d'espace « fine » entre les mots et les ponctuations doubles ( ; : ! ? ) et pour séparer les séries de trois chiffres (10 000) et les pourcentages (75 %). Mais peut-être cela est-il plus ou moins voulu par les néo-rédacteurs. Moins d'espaces = plus de signes pour un article. [...] comme le rapporte VSD: «Giovanna s'en est sortie.» Avec ces trucs, trois espaces ont été gagnées en quelques mots ( : et «  » accolés).

Exemple de typographie, calquée sur les Anglo-Américains :
«Manger une portion de noix au lieu de bœuf ou de porc fait baisser de 19% le risque de mourir pendant l'étude. Selon les chercheurs, le poulet ou les céréales complètes font baisser le risque de mortalité de 14%; des produits laitiers allégés ou les légumes de 10%; et le poisson de 7%.» Mais il est vrai que cet article émane de slate point fr, à la solde de l'ennemi étazunien.

Les ligatures œ, æ et leurs majuscules disparaissent, le Ç a pris la tangente, les lettres accentuées et surtout les majuscules (ou capitales) accentuées se sont esbignées. Il faut rappeler cette règle : « En français, l'accent a pleine valeur orthographique ». Et maintenant c'est la confusion la plus totale entre les signes moins, les tirets cadratins ou semi-cadratins ( - ― – ), dont voici un petit exemple : Une histoire d’amour entre deux stars aujourd’hui disparues. Une info –ou intox ?- digne d’intéresser le Sun (gala point fr). Sans parler du signe × (multiplié), rendu par les informaticiens par * (étoile) ou x (ixe).

Pourtant, avec l'informatique, il est possible d'avoir tous les signes diacritiques sur un clavier. Il semble cependant que ce ne soit pas la préoccupation principale des constructeurs ou que ce soit la volonté délibérée de la secte Micromou, qui préfèrent doubler certains caractères ( - + . / * ^ ), doubler les chiffres ou mettre même des caractères totalement inutiles (µ £). Qui d'entre nous, sur les claviers français, a souvent l'occasion d'utiliser £ ou µ dans ses lettres ou messages rédigés au clavier ? Passe encore pour le caractère $ qui sert à marquer une variable en informatique (on notera cependant la vénalité symbolique de ce choix).

Quelques trucs pour le clavier Windows :

œ = Alt - 0156 : touche Alt à gauche de la barre d'espacement + 0156 sur le clavier numérique
æ = Alt - 0230
Π= Alt - 0140
Æ = Alt - 0198

É = Alt - 144
È = Alt - 212
Ê = Alt - 0202

À = Alt - 0192
 = Alt - 0194

Ç = Alt - 128

Espace insécable = Alt - 0160 : A B
Trait demi-cadratin = Alt - 0150 : –
Point milieu (écriture inclusive) = Alt - 0183

Taper un tiret demi-cadratin éviterait la mocheté suivante (c-à-d un double tiret) : Depuis la réélection de Barack Obama --dont le couple Clinton fut en partie l'architecte-- les médias spéculent quotidiennement sur l'"inévitable" candidature présidentielle de celle qui atteint des sommets de popularité aux Etats-Unis. Le fait de taper « – dont le couple Clinton fut en partie l'architecte – » serait mieux aux yeux de loteur (qui n'est pas typographe). Autre exemple : "Je suis --touchons du bois-- non seulement en bonne santé, mais j'ai aussi une incroyable endurance et de l'énergie. Je veux juste voir ce que je pourrais faire d'autre"", avait-elle dit. Les doubles guillemets finals "" sont dans l'original, mais le rédacteur a écrit « touchons du bois » français, au lieu du traditionnel « croisons les doigts » étazunien.

La mise en page elle-même, dans les traitements de texte, suit bêtement les usages étazuniens : marges à 2,54 cm (pouce étazunien), au lieu des marges classiques ou celles établies avec le nombre d'or (1,618) : si vous fixez la marge de droite à 2 cm, celle de gauche sera 2 × 1,618 = 3,236 ou 3,24 en arrondissant. Même chose pour les marges haut (3,24 cm) et bas (2 cm). Cela donnera une mise en page agréable à regarder.

Étymologie : latin typographia : art d'imprimer. Du grec
τύπος (typos) : coup, marque, caractère imprimé, et γράφειν(graphein) : écrire.

Tyran : Voir Dictateur.

Tyrannie molle : système mondialiste et politiquement correct, tendant à réprimer tout ce qui est original, créatif ou humain. Les tyrans durs ont comme principe : « Toi, ta gueule ! », mais les tyrans mous ont adopté un autre principe : « Cause toujours, tu m'intéresses ». Mais les résultats sont les mêmes.

Notre société dérive de plus en plus vers ce genre de tyrannie ou de néo-fascisme, où il n'est plus possible de fumer, de critiquer certains groupes ou personnes, de formuler son avis ou sa pensée si cela dérange etc. Un autre aspect de la tyrannie molle est cette dérive continuelle du langage, où les mots finissent par signifier le contraire de ce qu'ils veulent originellement dire, où ils sont constamment et sciemment dévoyés.

Étymologie : latin tyrannia, emprunt au grec
τυραννία (tyrannia) ; venant de τύραννος (tyrannos) : maître absolu. Tyrannosaure, littéralement : lézard despote.

Mou, du latin mollis : mou, souple, venant de molvis.




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